AccueilA La UneTransformation locale du manganèse, or, diamant, bois… : resserrer les rangs derrière Oligui Nguema !

Transformation locale du manganèse, or, diamant, bois… : resserrer les rangs derrière Oligui Nguema !

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Les nations qui refusent de transformer leurs richesses finissent toujours par enrichir les autres. Le Gabon est-il enfin en train de rompre avec cette fatalité historique ? L’incontournable développement du Gabon, peu importe l’angle d’observation, passe par là. Dès lors, les bénéficiaires jusque-là de cette situation ne voient pas d’un bon œil l’émergence de cette nouvelle donne. D’où le devoir pour tous les patriotes de soutenir le président de la République face forcément aux pressions internationales.

Depuis son arrivée au pouvoir, le 30 août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema a imposé un mot d’ordre qui tranche avec les habitudes du passé : le développement. Routes, ponts, voiries urbaines, logements sociaux, modernisation de Libreville, réhabilitation des infrastructures scolaires et sanitaires, développement des zones économiques spéciales, renforcement de l’accès à l’eau et à l’électricité, relance de plusieurs chantiers longtemps abandonnés ; le rythme des investissements donne le sentiment d’un pays engagé dans une nouvelle dynamique.

Mais au-delà des infrastructures visibles, c’est surtout la philosophie économique du nouveau pouvoir qui marque une rupture. L’objectif affiché est clair : faire en sorte que le Gabon transforme davantage ses ressources sur le territoire national, afin de créer des emplois, de la valeur ajoutée et des recettes fiscales.

Cette ambition s’est matérialisée par deux annonces majeures. La première concerne l’interdiction progressive des importations de poulet de chair à l’horizon 2027, à l’effet de stimuler la production nationale. La seconde, beaucoup plus stratégique encore, vise la transformation locale du manganèse à partir de 2029. Une décision qui a provoqué une onde de choc dans les milieux économiques tant nationaux qu’internationaux.

Car il faut avoir le courage de le reconnaître : transformer localement les richesses gabonaises revient à réduire considérablement les marges de ceux qui, depuis des décennies, ont prospéré grâce à l’exportation brute des ressources nationales. Lorsque le minerai quitte le pays sans être transformé, l’essentiel des bénéfices industriels est réalisé ailleurs. En décidant de remonter la chaîne de valeur, le Gabon remet en question un ordre économique établi depuis longtemps.

Cette nouvelle orientation pourrait également conduire à une réévaluation profonde de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Dans plusieurs régions du pays, malgré des décennies d’exploitation des ressources naturelles, les populations continuent de vivre dans des conditions précaires. L’exigence d’une RSE plus efficace et plus transparente risque de bousculer certaines habitudes et certains intérêts.

Pressions internationales et défis nationaux

À cela s’ajoutent les réalités de la géopolitique. Dans un contexte international marqué par le retour de politiques migratoires plus strictes aux États-Unis, plusieurs pays africains subissent des pressions croissantes concernant la coopération migratoire. Les restrictions américaines visant certains pays, dont le Gabon, illustrent la capacité des grandes puissances à utiliser les instruments diplomatiques et migratoires comme moyens de pression.

Face à ces défis, une question s’impose : les Gabonais sont-ils prêts à soutenir durablement la vision de transformation portée par leur président ?

La réponse semble naturellement positive tant l’ambition de développement paraît réelle et visible. Cependant, un autre danger menace cette dynamique : celui des faux soutiens. Ceux qui se réclament aujourd’hui du chef de l’État tout en affichant arrogance, mépris envers leurs compatriotes, goût excessif pour le bling-bling ou fanatisme politique rendent un très mauvais service au président de la République. En s’attaquant systématiquement aux voix discordantes, ils fragilisent l’image d’un pouvoir qui a pourtant besoin d’unité nationale.

L’histoire politique gabonaise enseigne une leçon simple : les courtisans sont souvent les premiers à quitter le navire lorsque les vents deviennent contraires. Beaucoup soutiennent un homme lorsqu’il distribue des postes et des privilèges ; beaucoup moins nombreux sont ceux qui soutiennent véritablement une vision.

Or, le débat fondamental n’est pas de savoir si Brice Clotaire Oligui Nguema doit réussir ou échouer. Le véritable enjeu est de savoir si le Gabon peut encore se permettre de reporter son développement. La transformation locale des ressources, la création d’industries nationales, la diversification économique et la souveraineté productive ne constituent plus des options idéologiques. Elles sont devenues des nécessités historiques.

Face aux pressions extérieures, aux résistances des intérêts établis et aux calculs des nouveaux bénéficiaires du système, Oligui Nguema devra tenir bon. Mais sa véritable force ne viendra ni des applaudissements des nouveaux jouisseurs ni des flatteries des opportunistes. Elle viendra du peuple gabonais, seul capable de soutenir durablement un projet national.

Car au bout du compte, le développement du Gabon n’est pas un débat. C’est un impératif. Et les nations qui renoncent à leur souveraineté économique finissent toujours par écrire leur histoire avec l’encre des autres.

L’histoire ne retiendra ni les intrigues des salons climatisés ni les privilèges des nouveaux courtisans. Elle retiendra seulement une question : lorsque le moment de transformer le Gabon s’est présenté, les Gabonais ont-ils choisi le courage du développement ou le confort de la dépendance ?


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