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Gabon : Oligui Nguema promet jusqu’à 10 % des recettes de l’Etat aux collectivités locales

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Au-delà des grands chantiers nationaux et des réformes structurelles évoqués dans son discours sur l’état de la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé un signal fort aux collectivités locales. Un engagement qui pourrait marquer un tournant dans la mise en œuvre effective de la décentralisation au Gabon.

Face au Parlement réuni en Congrès, le chef de l’État a annoncé la volonté du gouvernement d’accroître progressivement les ressources allouées aux communes et aux départements. « Le Gouvernement a décidé d’allouer progressivement, en fonction des capacités budgétaires de l’État, entre 5 à 10 % des recettes au bénéfice des Collectivités Locales », a-t-il déclaré.

Cette annonce répond à une revendication ancienne des élus locaux, confrontés depuis plusieurs années à l’insuffisance des moyens financiers pour faire face aux attentes des populations. Routes dégradées, éclairage public défaillant, difficultés d’accès à l’eau potable ou encore insalubrité : les défis du développement local demeurent nombreux. Le président de la République a d’ailleurs indiqué que cette dynamique était déjà amorcée. « Depuis cette année 2026, plusieurs Collectivités Locales, notamment les Communes et les Départements, ont vu leur plafond budgétaire augmenter », a-t-il précisé.

Les maires et les présidents des conseils départementaux impliqués

Si cette hausse des dotations ouvre des perspectives nouvelles pour les exécutifs locaux, elle s’accompagne également d’une exigence accrue en matière de gouvernance. Conscient des critiques régulièrement formulées sur la gestion des ressources publiques au niveau local, Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé les responsables des collectivités à faire preuve d’exemplarité. « J’invite les présidents des Conseils départementaux et les maires à une gestion rigoureuse, transparente et collégiale des dotations mises à leur disposition en se conformant à leur obligation de reddition des comptes », a-t-il insisté.

Derrière cet appel se dessine une autre ambition : celle de rompre avec une certaine culture de gestion décriée par les citoyens eux-mêmes. Car transférer davantage de ressources aux collectivités implique, en contrepartie, une plus grande responsabilité dans leur utilisation.

Au Gabon, la décentralisation a souvent été perçue comme une promesse inachevée. Si les textes existent, leur application s’est longtemps heurtée à la faiblesse des transferts financiers et au maintien d’une forte centralisation des décisions. En annonçant l’affectation progressive d’une part des recettes de l’État aux collectivités locales, l’Exécutif semble vouloir franchir une nouvelle étape. Reste désormais à traduire cette volonté politique en réalisations concrètes au profit des populations.

Car au-delà des pourcentages et des mécanismes budgétaires, c’est la capacité des mairies et des conseils départementaux à améliorer le quotidien des citoyens qui sera le véritable baromètre de cette réforme. Pour les élus locaux, le message présidentiel est donc double : davantage de moyens, mais aussi davantage d’obligations. Dans une République qui se veut plus proche des territoires, la reddition des comptes pourrait bien devenir le nouveau visage de la gouvernance locale.

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