Au Forum des bâtisseurs de l’économie africaine à Abidjan, Marie-Madeleine Mborantsuo n’est pas seulement venue représenter le Gabon. Elle est venue défendre une conviction profonde : l’avenir du continent se construira dans ses universités, par sa jeunesse et grâce à l’excellence. Une vision qui, au fil d’une journée riche en émotions, s’est révélée aussi intime que continentale.
Le prestigieux cadre du Latrille Event à Abidjan a accueilli, le 18 juin, la 16e édition du Forum des bâtisseurs de l’économie africaine, placée sous le thème : « Excellence, leadership, impact: l’Afrique construit son avenir ». Parmi les personnalités présentes, une figure a particulièrement retenu l’attention : le Dr Marie-Madeleine Mborantsuo. Magistrate hors hiérarchie et présidente honoraire de la Cour constitutionnelle du Gabon, elle préside aujourd’hui l’Université Internationale de Libreville-Berthe et Jean (UILBJ). A la tête d’une importante délégation gabonaise, elle porte un projet éducatif ambitieux, conçu pour répondre aux grands défis du continent.
Prenant la parole, le Pr Jacques François Mavoungou, recteur de l’UILBJ, a rappelé les fondements de cette aventure académique née en 2014 sous l’impulsion du Dr Carles Luce Donald Kambangoye. L’objectif initial n’était pas de créer une institution supplémentaire, mais de bâtir un véritable pôle d’excellence capable de former des cadres compétitifs à l’échelle internationale.
Implantée sur 80 hectares et dimensionnée pour accueillir à terme 20 000 étudiants, l’université dispose de laboratoires de médecine, de physique et de chimie de pointe. Le recteur a salué le soutien constant de Marie-Madeleine Mborantsuo dans la concrétisation de cette vision. L’identité scientifique de l’UILBJ repose désormais sur trois axes majeurs : la pharmacopée et les plantes médicinales locales, le développement agricole au service de la souveraineté alimentaire, et l’accompagnement juridique de l’intégration économique à travers la ZLECAF.
La matière grise comme premier gisement du continent
Lors de son intervention, Dr Marie-Madeleine Mborantsuo a dépassé le cadre strict du panel consacré à l’éducation et à l’emploi pour replacer la formation au cœur du destin africain. Pour elle, l’éducation constitue un levier de souveraineté indispensable à la transformation structurelle du continent. « Le premier gisement de l’Afrique n’est ni l’or, ni le pétrole, ni le cobalt, ni le bois. La plus grande richesse dont l’Afrique a besoin pour se bâtir, c’est sa jeunesse. C’est la matière grise », a-t-elle martelé dans son allocution.
En marge des travaux, la présidente de l’UILBJ a également lancé un appel vibrant aux femmes africaines. « Il faut se former, il n’y a pas d’âge pour cela. J’ai moi-même soutenu ma thèse d’Etat à l’Université d’Aix-Marseille alors que j’étais en exercice à la présidence de la Cour constitutionnelle. J’appelle à la conscience de toutes les femmes et de toutes les jeunes filles à se mettre résolument aux côtés des hommes pour bâtir les économies de notre continent ».
Entre hommages, distinctions et devoir de mémoire
La journée s’est achevée par un dîner de gala au cours duquel le Dr Marie-Madeleine Mborantsuo a reçu deux distinctions majeures : un Lifetime Achievement Award à titre personnel, ainsi qu’un prix d’excellence décerné à l’UILBJ.
Au moment de recevoir cette seconde récompense, l’émotion a gagné l’assistance lorsque la lauréate a révélé l’histoire profondément humaine derrière la création de l’établissement. Ce projet était celui de son fils, le Dr Carles Luce Donald Kambangoye, qui avait consacré toute son énergie à offrir à la jeunesse africaine une formation d’élite sur son propre sol. Le destin en a malheureusement décidé autrement. « C’est la raison pour laquelle, chaque fois que l’on parle de Berthe et Jean, j’ai une larme au coin de l’œil. Dieu l’a rappelé à lui à peine deux mois après avoir obtenu les autorisations nécessaires pour ouvrir l’université », a-t-elle confié. Depuis ce drame, elle poursuit cette œuvre comme un devoir de mémoire et une promesse sacrée.
La soirée a également été marquée par des hommages rendus au Premier ministre ivoirien, le Dr Robert Beugré Mambé (représenté par le ministre Siandé Fofana et le maire de Grand-Bassam), ainsi qu’à M. Russel, l’initiateur du forum.
Des débats du matin aux distinctions de la nuit, un fil conducteur s’est imposé : la certitude que l’éducation demeure la clé de la transformation africaine. L’Université Internationale de Libreville-Berthe et Jean apparaît ainsi comme bien plus qu’un établissement d’enseignement supérieur. Elle s’impose comme un héritage vivant, une vision politique et un laboratoire d’avenir destiné à façonner les bâtisseurs de l’Afrique de demain.
En savoir plus sur Gabonclic.info
Subscribe to get the latest posts sent to your email.