Le Mouvement d’Ethique et de Gouvernance (MEG) a réuni ce vendredi 19 juin 2026, à l’immeuble Arambo de Libreville, le gotha administratif et politique du pays. Objectif : ancrer l’intégrité et la redevabilité au cœur de l’action publique, un défi herculéen à l’heure où la Transition promet de redessiner les institutions nationales.
L’immeuble Arambo de Libreville a connu, ce vendredi, un grand oral sur la morale publique. Face à un parterre de hauts fonctionnaires, d’universitaires, de figures de la société civile et de membres du gouvernement, le Mouvement d’Éthique et de Gouvernance (MEG) a lancé un plaidoyer rigoureux pour une transformation radicale des pratiques administratives. Sous le thème volontariste « La bonne gouvernance n’est pas une utopie mais un choix », cette conférence-débat s’est imposée comme un espace d’introspection critique, alors que le pays traverse une phase charnière de restructuration de ses institutions et de lutte contre la corruption.
Rompre avec la culture de l’impunité administrative
Au centre des débats, cinq piliers ont été érigés en urgences nationales : l’intégrité des agents publics, la transparence financière, la participation inclusive des citoyens, la performance de l’État et la responsabilité pénale des décideurs.
Pour la présidente du MEG, le Dr Edmiaune Zouga Mvomo, la moralisation de la vie publique ne doit plus se limiter à des déclarations d’intention ou à des chartes oubliées au fond des tiroirs ministériels. « La bonne gouvernance est un choix que chaque dirigeant, chaque agent public et chaque citoyen doit poser au quotidien. La refondation de notre Etat passera nécessairement par le respect strict des principes d’intégrité et de redevabilité », a-t-elle martelé. La présidente a rappelé que le Gabon dispose d’une fenêtre de tir historique pour restaurer le contrat social et réparer le lien de confiance, profondément distendu, entre le peuple et ses institutions.
La Justice au centre du dispositif de contrôle
Invité de marque de ce forum, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Auguste Emane, a apporté la caution politique de l’exécutif à cette initiative citoyenne. Le membre du gouvernement a profité de cette tribune pour lier directement la réforme judiciaire en cours à l’assainissement du climat des affaires et de la gestion publique. « La justice joue un rôle central dans la consolidation de l’État de droit. Sans transparence et sans respect des règles, il ne peut y avoir de développement durable ni de confiance envers l’État », a solennellement affirmé le ministre.

Le Garde des Sceaux a également insisté sur le durcissement à venir des audits administratifs et des mécanismes de contrôle. L’accent a été mis sur la nécessité de doter les organes de lutte contre la corruption de pouvoirs accrus pour traquer les conflits d’intérêts et les détournements de deniers publics, des fléaux qui plombent l’efficacité des investissements de l’Etat.
Vers une charte de l’éthique républicaine
La conférence s’est conclue par un consensus fort des participants sur la nécessité de traduire ces concepts théoriques en indicateurs de performance concrets dans les ministères. Le MEG plaide pour l’instauration de mécanismes d’évaluation réguliers où les gestionnaires publics devront rendre des comptes directement aux citoyens, notamment via des budgets participatifs ou des plateformes de signalement des abus.
L’optimisme affiché à l’immeuble Arambo témoigne d’une prise de conscience : la transition institutionnelle du Gabon ne se fera pas uniquement par des décrets, mais par un changement profond de mentalité. Reste désormais le défi le plus complexe : transformer ces résolutions académiques en une réalité tangible et mesurable dans le quotidien des administrations gabonaises.
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