Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, 305 boursiers gabonais reçoivent une formation d’élite à l’Ethiopian Aviation University. Un investissement massif destiné à fournir les futurs cadres techniques de la nouvelle compagnie nationale.
Le Gabon ne veut plus seulement acheter des avions, il veut former ceux qui les pilotent et les entretiennent. Dans le cadre de la refondation de son pavillon national, le gouvernement de la République a choisi de miser sur le capital humain. Quelque 305 étudiants gabonais, sélectionnés sous l’égide du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, se préparent actuellement aux métiers très fermés de l’aéronautique civile. L’objectif est limpide : bâtir de toutes pièces la structure humaine capable d’accompagner l’envol de Fly Gabon et de briser la dépendance du pays vis-à-vis des expertises étrangères.
L’élite de l’air en formation en Ethiopie
Pour concrétiser cette ambition, Libreville s’est tourné vers le leader incontesté du ciel africain. C’est à l’Université d’Aviation Éthiopienne (Ethiopian Aviation University) d’Addis-Abeba, véritable hub d’excellence continentale, que les apprenants ont été envoyés. Divisés en deux vagues successives, la première ayant décollé en novembre 2024 et la seconde en juin 2025, ces jeunes Gabonais font face aux exigences strictes des standards internationaux de l’aviation.
Le déploiement des effectifs illustre une cartographie précise des besoins du secteur :
- 95 élèves pilotes pour s’installer dans les cockpits ;
- 69 ingénieurs et 32 techniciens pour la maintenance au sol ;
- 24 contrôleurs aériens pour sécuriser les tours de contrôle nationales ;
- 85 membres d’équipage commercial pour le service à bord.
Le ministre des Transports au rapport à Addis-Abeba
Cette initiative ne souffre d’aucun amateurisme politique. Preuve de l’importance capitale du dossier, le ministre d’Etat, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a personnellement effectué une visite d’inspection en Ethiopie. Accompagné du directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), le membre du gouvernement est allé évaluer la rigueur des infrastructures pédagogiques et mesurer la progression de la future élite de l’air.
Face aux étudiants, le ministre d’Etat a troqué la langue de bois pour un discours de responsabilité. Il a rappelé que chaque bourse octroyée représentait un investissement financier lourd pour l’État gabonais, exigeant en retour une discipline de fer et des résultats d’excellence.
Sécuriser la chaîne de valeur aéronautique
Pour l’ANAC, ce programme dépasse le cadre de la simple formation professionnelle. Il s’agit de structurer de manière durable l’écosystème aérien du pays. Jusqu’à présent, le manque de personnels qualifiés locaux constituait un goulet d’étranglement pour le développement des compagnies nationales successives.
En anticipant les besoins en compétences techniques sur plusieurs années, le Gabon s’assure de posséder un vivier national prêt à intégrer les cockpits, les hangars de maintenance et les centres de contrôle. Le grand défi de l’aviation civile gabonaise s’écrit désormais loin des frontières nationales, avec la promesse d’un retour sur investissement crucial pour la souveraineté économique du pays.

