La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a officialisé la fin des travaux sur ses installations d’Owendo, amorçant une reprise pas à pas du courant après soixante-douze heures de paralysie.
Le calvaire des populations du Grand Libreville s’estompe peu à peu. Après trois jours consécutifs d’une coupure générale d’électricité qui a paralysé la commune d’Owendo, ses zones industrielles et la périphérie de Bikélé, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a annoncé ce mardi la fin des travaux de réparation sur son poste source de 20 kV. L’annonce de ce rétablissement progressif apporte un premier soulagement aux milliers de ménages et d’opérateurs économiques durement éprouvés par cette panne prolongée.
Dans un communiqué officiel diffusé en matinée, la direction de la SEEG a confirmé l’achèvement des interventions techniques complexes menées sur le site de la centrale thermique. L’entreprise a souligné que la phase de réalimentation des différents circuits de distribution avait débuté aux premières heures de la journée. Le fournisseur d’énergie avertit toutefois que le retour complet à la normale s’effectuera par paliers afin de stabiliser le réseau et d’éviter de nouvelles surcharges.
L’origine de cette crise remonte au week-end dernier. Un incendie d’une rare violence avait ravagé une partie des installations électriques hautement stratégiques d’Owendo. Le sinistre a instantanément plongé dans l’obscurité des dizaines de quartiers, impactant par ricochet le troisième arrondissement de la commune de Ntoum via l’axe de Bikélé. Privés d’énergie, les résidents ont dû composer avec des nuits de forte chaleur, l’impossibilité de conserver les denrées périssables et l’arrêt brutal des services de proximité.
Commerces asphyxiés et grogne citoyenne
Sur le terrain et à travers l’écho des réseaux sociaux, la colère des usagers s’est avérée à la mesure des préjudices subis. Cette énième panne d’envergure a cristallisé le mécontentement général face à la fragilité chronique du réseau interconnecté de l’Estuaire.
Le bilan est particulièrement lourd pour le secteur informel et les structures commerciales de la zone portuaire. Les petits commerçants, tenanciers de dépôts de produits frais et gestionnaires d’équipements frigorifiques déplorent d’importantes pertes financières, leurs stocks de marchandises étant devenus impropres à la consommation. Pour ces acteurs économiques, ce retour progressif du courant reste insuffisant pour masquer l’urgence d’une modernisation profonde des infrastructures de la SEEG.