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Gabon : Contre le fléau de la drogue, ANRTG et « Cri d’une mère » au chevet d’une jeunesse en péril

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De Libreville à Port-Gentil, l’ombre de la toxicomanie s’étend, brisant des trajectoires de vie et déchiquetant le tissu familial. Face à cette urgence sanitaire et sociale, les associations ANRTG et « Cri d’une mère » lancent une offensive de sensibilisation ce vendredi 15 mai au quartier Rio. Objectif : briser le tabou et offrir une issue aux victimes du « désœuvrement social ».

Le constat est alarmant. Partout dans le pays, les signaux d’alerte passent au rouge. Entre interpellations massives de trafiquants et multiplication des drames humains, le Gabon fait face à une vague de consommation de stupéfiants sans précédent. Cannabis, produits de synthèse, mélanges artisanaux… la panoplie du pire s’installe dans les quartiers, entraînant dans son sillage déscolarisation, troubles psychiatriques et délinquance urbaine.

C’est dans ce contexte de « déliquescence des familles » que l’Association nationale de réinsertion des toxicomanes du Gabon (ANRTG) et l’ONG « Cri d’une mère » ont choisi de porter le fer. Ce vendredi 15 mai, le carrefour Rio deviendra le théâtre d’une mobilisation citoyenne majeure sous le thème : « Tous contre la drogue chez les jeunes ».

Placée sous le slogan évocateur « La drogue détruit des vies : informons, parlons, agissons », cette journée dédiée à la santé mentale ne sera pas une simple série de discours. Elle réunira un plateau d’experts multidisciplinaires : spécialistes de l’Agence nationale du médicament (ANMAPS), addictologues du centre de cure de Melen et psychologues. L’originalité de l’événement réside également dans le témoignage d’anciens consommateurs, qui viendront prouver par l’exemple que la réinsertion est possible.

Le combat d’une vie, le cri d’un cœur

Derrière cet engagement public se cachent des blessures intimes. La présidente de l’association « Cri d’une mère » incarne ce combat au plus haut point. Ayant elle-même lutté pour arracher son fils aux griffes de l’addiction à travers de douloureuses cures de désintoxication, elle transforme aujourd’hui son calvaire personnel en rempart pour les autres familles. Son message est un appel à la solidarité : personne n’est à l’abri, mais personne ne doit rester seul.

Une vision partagée par Arnaud Engono-Mba, président de l’ANRTG. Pour lui, le manque de structures d’écoute est le principal obstacle à la guérison. « Plusieurs jeunes veulent bien sortir de là, mais ils ne savent pas comment faire, ni vers qui se tourner », martèle-t-il. Cette journée se veut donc être cette boussole qui manque tant à une jeunesse égarée.

Au-delà de la sensibilisation : le défi de la prise en charge

Si l’initiative de Rio promet de susciter un électrochoc nécessaire, elle pose aussi la question de la pérennité du suivi. Dans un pays où le trafic semble prospérer sur le terreau du chômage, la sensibilisation doit s’accompagner d’une réponse institutionnelle forte.

Entre prestations artistiques et échanges directs, les organisateurs espèrent transformer ce 15 mai en un point de départ. Car derrière les statistiques de la criminalité se cachent des vies à reconstruire et une dignité à restaurer. Pour l’ANRTG et « Cri d’une mère », le message est sans équivoque : face à la drogue, le silence est le premier complice.

Repérer et Agir : Le guide pratique

Comment identifier les premiers signes d’addiction ? L’entrée dans la drogue s’accompagne souvent de changements comportementaux brusques. Soyez attentifs à ces quelques comportements. L’isolement soudain : Un jeune qui se coupe de ses amis habituels et délaisse ses activités favorites. Les troubles de l’humeur : irritabilité inhabituelle, agressivité verbale ou épisodes de profonde tristesse. Les signaux physiques : yeux rouges, perte de poids rapide, troubles du sommeil ou de l’appétit. La dérive scolaire ou financière : absentéisme répété, baisse brutale des notes ou besoins d’argent inexpliqués.

Où trouver de l’aide au Gabon ?

Le déni est le premier obstacle. Si vous êtes concernés, ne restez pas seuls. Voici quelques contacts très importants : Centre de Santé Mentale de Melen : le point de référence pour les cures de désintoxication et le suivi psychiatrique. L’ANRTG : pour une orientation vers des parcours de réinsertion et un soutien par les pairs. « Cri d’une Mère » : une écoute privilégiée pour les parents et un accompagnement dans le processus de soin.

En cas de crise psychotique ou d’overdose, contactez immédiatement les services de secours les plus proches ou le unités des Sapeurs-pompiers.

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