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Gabon :  Plus de 600 occupants à Essassa interpellent la SNI et la mairie de Ntoum

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Le dossier foncier d’Essassa, dans la commune de Ntoum, reste sous haute tension. Le jeudi 7 mai 2026, un collectif de riverains a été reçu par le maire, Zéphirine Etotowa Ntutume. Au cœur des griefs : les méthodes de la Société nationale immobilière (SNI), jugées abusives par les occupants qui craignent d’être dépossédés de leurs terres.

Face à l’édile de Ntoum, les membres du collectif des habitants de « derrière Berthe et Jean», représentant plus de 600 personnes, ont exprimé leur vive indignation. Par la voix de leur porte-parole, Simplice Ibouanga, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « harcèlement » de la part de la Société nationale immobilière (SNI).

Alors qu’une procédure de régularisation foncière des parcelles bâties et non bâties avait été initialement annoncée, les résidents estiment aujourd’hui que l’opération a changé de nature. Selon le collectif, le projet s’apparente désormais à une vaste entreprise de commercialisation de terrains, au mépris des occupants historiques.

Le maire de Ntoum a échangé avec les représentants des occupants des terrains d’Essassa.
Le maire de Ntoum a échangé avec les représentants des occupants des terrains d’Essassa.

Crainte d’éviction et droits bafoués

Les populations concernées redoutent d’être les « grands oubliés » de ce projet d’aménagement urbain. Elles exigent le respect scrupuleux des dispositions légales, notamment en matière d’indemnisation et de relogement, ou une intégration concrète au projet immobilier porté par la SNI. Cette situation illustre une problématique récurrente dans les zones périurbaines du Grand Libreville, où la pression foncière alimente régulièrement les fractures sociales.

Se voulant rassurante, le maire de Ntoum a rappelé la mission de service public de la SNI dans le développement urbain et la construction de logements sociaux. Tout en promettant de transmettre ces doléances aux plus hautes autorités, Zéphirine Etotowa Ntutume a invité le collectif à structurer davantage son dossier pour donner du poids à ses revendications.

A l’issue de l’audience, les représentants des riverains ont reçu pour mission d’établir un fichier exhaustif des personnes impactées. Ce recensement constitue désormais l’étape cruciale pour espérer une sortie de crise concertée dans ce dossier particulièrement sensible.

La SNI, entre aménagement urbain et missions de service public

Bras séculier de l’Etat gabonais en matière de politique de l’habitat, la Société Nationale Immobilière (SNI) a pour mission principale la gestion du patrimoine immobilier de l’Etat, la construction de logements sociaux et l’aménagement de parcelles viabilisées.

Depuis quelques années, la SNI s’est engagée dans une vaste opération de régularisation foncière à travers le pays. L’objectif officiel est de permettre aux occupants de parcelles situées sur le domaine privé de l’Etat d’obtenir des titres de propriété définitifs. Cependant, sur le terrain, cette mission se heurte souvent à la réalité des occupations coutumières ou spontanées.

A Essassa, comme dans d’autres zones du Grand Libreville, l’équilibre est précaire entre l’impératif de développement urbain (normes d’urbanisme, voiries, réseaux divers) et le respect des droits des populations déjà installées. Ce dossier met en lumière le défi majeur du foncier au Gabon : transformer des quartiers informels en zones urbaines structurées sans léser les citoyens les plus vulnérables.

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