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At the request of the people, Gabonese people want to know what risks Gabon faces from the war taking place in the Middle East.

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Au début du mois de mars 2026, j’ai écrit une mini-série sur la géopolitique à l’intention des enfants d’Afrique, pour leur permettre de comprendre, sans complaisance aucune, comment le monde actuel fonctionne depuis le 15ème siècle. La guerre d’agression faite par l’Ordre occidental à l’Iran me servant de toile de fond.

J’étais loin de me douter que cette mini-série plairait aux lecteurs, lesquels me demandent en masse d’écrire une nouvelle série sur la guerre au Moyen Orient. Ce qui est extraordinaire, c’est que je ne l’ai pas publiée sur un support particulièrement visible, je l’ai juste partagée à certains de mes amis. Et il s’avère qu’un journal en ligne, Gabonclic.info pour ne pas le citer, l’a publiée à grande échelle et les lecteurs ont aimé.

Avant de commencer cette nouvelle série à la demande des lecteurs, je vais d’abord répondre à leur question, la plus récurrente qui consiste à savoir : QUE RISQUE LE GABON PAR RAPPORT A CE QUI SE PASSE AU MOYEN ORIENT ?

Je vais étendre volontairement cette question à toute l’Afrique. Car, même si on ne veut pas s’en rendre compte, un seul pays africain qui sort du lot peut servir de locomotive pour toute l’Afrique. A contrario, un pays africain qui patine et reste englué, tire toute l’Afrique par le bas.

La guerre d’agression faite à l’Iran par l’Ordre occidental n’est pas une guerre lointaine pour l’Afrique, donc pour le Gabon. C’est le plus grand recalibrage géopolitique depuis la guerre froide qui s’opère actuellement.

Le 28 février 2026, l’Empire lance son opération d’agression contre l’Iran, afin de discipliner, au sens colonial du terme, ce pays et son peuple qui restent insoumis depuis 6000 ans. L’Empire a appelé cette opération de discipline EPIC FURY. Et, oh surprise, pour l’Empire, l’Iran réplique par une opération VRAIES PROMESSES 4, au point où le suzerain fait part de son étonnement : il ne s’attendait tout simplement pas à ce que celui qu’il méprise réagisse.

Quelque temps après, l’Iran continue sa réplique et applique sa loi votée un an plutôt par son parlement, loi qui dispose que l’Iran peut fermer le Détroit d’Ormuz lorsqu’elle est agressée par une menace extérieure. C’est ce que l’Iran fait avec intelligence, une vraie Masterclass, en refusant l’accès au Detroit d’Ormuz à tous les pays qui lui sont hostiles, et en laissant passer les pays amis. Donc, contrairement à la désinformation communément répandue, le Détroit d’Ormuz n’a jamais été fermé.

Le Détroit d’Ormuz est une voie maritime par laquelle passe 1/5ème du pétrole mondial chaque jour. Le tri sélectif opéré par l’Iran pour passer par le Détroit d’Ormuz a pour conséquences que le Brent a explosé de plus de 16 pour cent en quelques jours. Le gaz devant alimenter l’Europe a bondit de 40 pour cent.

Le Brent est l’une des principales références mondiales pour la fixation du prix du pétrole brut, représentant environ 60 % du pétrole échangé dans le monde. Ce genre de pétrole est extrait principalement de la mer du Nord. Il s’agit d’un pétrole léger et doux par sa faible teneur en soufre, ce qui facilite son raffinage en essence et en diesel.

La question qui se pose est de savoir si tout cela concerne l’Afrique. La réponse est : Oui, absolument !

J’ai vérifié auprès de la Banque Africaine de Développement (BAD) et voici ce que j’ai découvert. 39 pays africains sur 54 sont des importateurs nets de pétrole. Un doublement du prix du pétrole pourrait réduire le PIB médian d’un pays importateur africain de 6 pour cent dès la première année. Au Kenya et en Ethiopie, le prix du carburant a augmenté de 15 pour cent en une semaine. En Afrique de l’ouest les engrais, dérivés du gaz, ont vu leurs prix grimpés de 50 pour cent. Or, le Kenya et l’Ethiopie ne sont pas reconnus comme des pays pétroliers.

En ce qui concerne le Gabon, le monde entier sait que le Gabon est un pays pétrolier. Il ne devrait donc pas subir une augmentation des prix du pétrole pour les populations locales. Mais le pétrole gabonais baigne dans un flou artistique. Le Gabon est-il un pays producteur de pétrole ou un pays exportateur de pétrole ? Parfois même il est importateur du pétrole !

La différence principale entre un pays producteur de pétrole et un pays exportateur de pétrole réside dans l’utilisation du pétrole : un producteur extrait le brut de son sous-sol, tandis qu’un exportateur vend son surplus de production (et ses produits raffinés) sur le marché international après avoir satisfait sa consommation locale.
Où se situe réellement le Gabon dans cette configuration ? Seuls ceux qui sont dans le secret des Dieux peuvent répondre à cette question.

En géopolitique, chaque crise crée des gagnants. La question est de savoir si l’Afrique pourrait sortir gagnante de cette crise.

Les exportateurs nets de pétrole comme le Nigeria, l’Angola ou l’Algérie qui, soit dit en passant, vient de voter une loi déclarant crime contre l’humanité la colonisation française sur le sol algérien. Ces trois pays africains pourraient enregistrer une hausse de 4 à 9 pour cent de leur PIB si les prix du pétrole doublent. D’après les modélisations de la BAD, ce sont des milliards que ces pays vont engranger. Des milliards qui, s’ils sont bien investis, vont apporter la prospérité aux populations de ces pays.

Cette crise a des opportunités qui vont bien au-delà du pétrole. Le Moyen Orient était le hub énergétique et logistique du monde. Ce hub est en train de brûler. L’Afrique est bien placée pour jouer un tel rôle, tout en évitant de commettre les mêmes erreurs que les monarchies du Golfe qui se sont données corps et âmes à l’Empire et n’ont récolté que mépris.

Ce qui se passe actuellement au Moyen Orient devrait permettre aux dirigeants africains, qui n’en avaient pas encore pris conscience, qu’il faut que leurs pays recouvrent enfin leur totale souveraineté.

Il est désormais clair qu’après cette crise, des dirigeants africains qui accepteraient encore la néo colonisation aiment, à n’en point douter, la servitude volontaire.

Les dirigeants africains qui prétextaient avoir encore les mains liées par la néo colonisation, non seulement ont vu en mondovision ce que ça fait de s’abandonner totalement entre des mains étrangères, mais ils doivent également profiter du boulevard ouvert par l’Iran qui a mis à nu l’Ordre occidental, ses sous ordres et ses satrapies, et en faire un levier de développement.

Car, une réalité brutale s’impose toujours en géopolitique : les pays qui ne disposent pas d’outils d’anticipation stratégiques sont condamnés à subir les chocs décidés ailleurs.

Maître Paulette OYANE ONDO
Avocate au Barreau du GABON

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