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Gabon : A Libreville, une grève de la faim pour sortir l’Ogoulou de l’oubli

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Depuis le mardi 14 avril, la place de l’Indépendance à Libreville est le théâtre d’un face-à-face silencieux mais déterminé avec le pouvoir. Wilfrid Kombe Nziengui, originaire de Mimongo, y observe une grève de la faim pour dénoncer l’enclavement et le dénuement de son département d’origine, l’Ogoulou. Une action qui interpelle directement le sommet de l’Etat.

Tout a commencé par une vidéo en direct sur Facebook. Un cri de détresse numérique qui, en quelques heures, s’est mué en un acte de résistance physique au cœur de la capitale gabonaise. Rejoint par d’autres jeunes de sa localité, Wilfrid Kombe Nziengui a transformé son indignation individuelle en un mouvement de contestation citoyenne.

Gabon : A Libreville, une grève de la faim pour sortir l’Ogoulou de l’oubli

Les revendications de ces « fils de l’Ogoulou » sont claires : ils exigent la fin d’un sous-développement qu’ils jugent chronique. « Nous avons décidé de nous lever pour protester contre l’abandon dont nous sommes victimes », martèle le leader du mouvement. Les yeux sont désormais rivés vers le Palais Rénovation, les grévistes interpellant directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, sur l’urgence d’un plan de sauvetage pour Mimongo.

Le défi de la décentralisation

Sur place, le constat est en effet alarmant. Le chef-lieu du département semble figé dans le temps, accumulant les carences : absence de voirie et d’éclairage public, inexistence de pharmacie ou de station-service et un centre médical aux abois. En saison des pluies, l’enclavement devient total, rendant les infrastructures scolaires quasi inaccessibles. Ce marasme économique nourrit un chômage massif, poussant la jeunesse vers un exode rural qui vide le département de ses forces vives.

Au-delà de la survie immédiate, cette grève de la faim pose la question de l’efficacité des politiques de développement local. En réclamant des conditions de vie dignes, les jeunes de Mimongo placent les autorités face à leurs promesses de décentralisation.

Pour ces manifestants, il ne s’agit plus de se satisfaire de discours, mais d’obtenir des actions concrètes et tangibles. Ce bras de fer sur la place de l’Indépendance rappelle que, malgré la l’entrée du Gabon dans la Ve République, le sentiment d’abandon des provinces reste une plaie vive qu’il faudra refermer pour garantir la cohésion nationale.

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