La 2e édition du Salon du livre jeunesse s’est ouverte ce mardi 7 avril à Libreville. Un rendez-vous crucial pour tenter de réconcilier les jeunes Gabonais avec la lecture, à l’heure où le numérique gagne du terrain sur la formation intellectuelle.
Le diagnostic est sans détour : le livre recule, et avec lui, une part essentielle de l’apprentissage. Aux côtés de Camélia Ntoutoume Leclercq et de Charles Edgar Mombo, le ton de cette deuxième édition a été donné d’emblée. Derrière les discours officiels, une préoccupation majeure s’impose : comment réinstaller durablement la lecture dans un quotidien saturé d’écrans ?
Dans les écoles comme dans les universités, la qualité des savoirs est en jeu. Sans lecture régulière, difficile de forger des esprits critiques capables d’analyse et de recul. Pour Sylvie Ntsame, initiatrice de l’événement, ce salon doit être un « espace de reconquête ». Tables rondes, ateliers d’écriture et rencontres avec les auteurs sont autant de leviers pour redonner au livre une dimension vivante, loin de la seule contrainte scolaire.

Une ambition sous-régionale
L’ouverture a également marqué les esprits par sa dimension internationale. Avec la présence de la Camerounaise Edith Félicie Noëlle Ntgoeto Zam, le rendez-vous s’élargit à la sous-région. La littérature jeunesse africaine, encore trop peu visible, cherche ici à affirmer sa place. Les échanges autour de l’expérience camerounaise rappellent une réalité partagée : les défis sont les mêmes de part et d’autre de la frontière.

Mais au-delà des intentions, une question demeure : cet élan suffira-t-il ? La promotion de la lecture ne peut se limiter à une grand-messe annuelle. Elle exige des politiques durables, des bibliothèques de proximité et une volonté politique continue.
Jusqu’au 11 avril, Libreville vibrera au rythme des pages. Reste à savoir si, une fois les stands démontés, les livres continueront de trouver leur place dans le quotidien des jeunes Gabonais.


