Il est des hommes qui, après avoir quitté la salle de classe, continuent d’enseigner dans les cœurs. À Okondja, “Papa Monsieur” n’est plus seulement un souvenir : il est une empreinte vivante.
À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignant célébrée ce 23 mars, Estelle Flore Angangou a bouleversé les consciences en rendant un hommage vibrant à son défunt père, Feu Angangou Antoine Faustin. Sur sa page Facebook, ses mots résonnent comme une prière et une reconnaissance infinie : « Merci Papa Monsieur ! »
Instituteur principal, cet homme d’exception a consacré 35 années de sa vie à l’éducation. « Il a formé de milliers jeunes cadres d’aujourd’hui », écrit-elle, rappelant que derrière chaque réussite, il y a parfois une craie, une voix, une exigence. Père aimant et éducateur rigoureux, il incarnait cette double identité si rare que sa fille résume avec émotion : « Papa Monsieur », une expression « symbole fort » mêlant à la fois « le père (papa) et l’enseignant (monsieur) ».
À l’école comme à la maison, l’homme imposait respect et discipline. « L’avoir comme Maître à l’école, et comme Père à la maison était assez rude », confie-t-elle. Mais derrière cette rigueur, il y avait un amour profond : « son amour pour l’éducation, son dévouement pour la jeunesse et envers sa communauté ». Enseignant, directeur d’école, puis cadre de l’administration scolaire, il « dépose la craie et s’éloigne du tableau » après une carrière exemplaire.
« Pédagogue hors pair », « orateur convaincant et ouvert d’esprit », il marquait durablement tous ceux qui croisaient son chemin. Aujourd’hui encore, son souvenir plane sur l’école Christ Roi d’Okondja, où il a contribué à forger des générations entières.
Dans un souffle empreint de dignité, sa fille élargit son hommage : « Avec lui, j’ai également une pensée pour tous ses collègues… A ceux qui ne sont plus de ce monde, Reposez en paix ! » Une manière de rappeler que toute une génération d’enseignants a bâti les fondations silencieuses de la nation.
Mais au-delà de l’hommage filial, c’est tout le département de la Sébé-Brikolo qui célèbre cet homme. Car “Papa Monsieur”, celui que tout Okondja appelait affectueusement Bellamy, n’appartient plus seulement à une famille. Il appartient désormais à tous ceux qu’il a formés, guidés, parfois corrigés, mais toujours élevés.
Et dans le cœur d’Estelle Flore Angangou, une certitude demeure, douce et puissante : dire « Merci Papa Monsieur », c’est dire merci à la vie elle-même.


