La deuxième édition du Gabon Economic Forum (GEF) s’est ouverte ce samedi 27 juin 2026 au Palais des congrès de la Cité de la Démocratie à Libreville. Devant un parterre de près de 2000 décideurs, les pouvoirs publics et le patronat ont affiché une ambition commune sacrosainte : sceller une alliance stratégique pour faire émerger des entreprises locales robustes, capables de porter la transformation industrielle du pays et de donner naissance aux futurs «champions» nationaux.
Le Palais des congrès de la Cité de la démocratie a été le point de mire, ce samedi, des grands débats économiques du pays. Cette deuxième édition du Gabon Economic Forum, portée par la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), a pris une dimension particulièrement politique. Preuve de l’importance cruciale de l’événement pour les autorités du pays, l’ouverture des travaux a été rehaussée par la présence du Vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier.
Le poids lourd du patronat n’a pas manqué le rendez-vous : plus d’un millier d’entreprises membres de la FEG étaient représentées. Un rouleau compresseur économique qui pèse à lui seul près de 80 % du produit intérieur brut (PIB) et génère environ 90 % de l’emploi formel national. Consacrées aux défis brûlants de la compétitivité, de l’investissement et du chômage, ces assises alternent séances plénières et ateliers thématiques. Elles accoucheront d’une « Déclaration de Libreville du secteur privé », véritable feuille de route assortie d’un mécanisme rigoureux de suivi des recommandations.

Le défi de la souveraineté économique face à la ZLECAF
C’est le Recteur de l’Université Omar Bongo, le Pr Jean-Jacques Ekomié, qui a donné le ton lors de la conférence inaugurale. L’universitaire a brillamment posé les jalons théoriques de la consolidation d’un tissu entrepreneurial performant. Pour lui, la compétitivité gabonaise passe inévitablement par une accélération de la politique de transformation locale des matières premières, une orientation stratégique aujourd’hui hissée au sommet de l’État.
Dans un contexte continental marqué par l’intégration des marchés, cette industrialisation locale s’impose comme le seul bouclier viable. « Une souveraineté économique ne se décrète pas, elle se construit dans le cadre d’un partenariat agissant entre les pouvoirs publics et le secteur privé », a martelé le Pr Ekomié. Un plaidoyer qui rappelle une réalité implacable : aucun pays ne s’est développé durablement sans entreprises fortes, et l’entreprise ne saurait être un acteur périphérique du développement, elle en est le moteur exclusif.
Prévisibilité et sécurité juridique
Prenant le relais à la tribune, le président de la Fédération des entreprises du Gabon, Alain-Claude Kouakoua, a exposé sans détour la vision du patronat. Loin de solliciter des traitements de faveur, le secteur privé gabonais exige avant tout des règles du jeu claires et pérennes pour investir sereinement. « Le secteur privé ne réclame ni privilège ni passe-droits, il demande la prévisibilité, la sécurité juridique, la transparence et le respect des engagements qui lui permettent d’investir, de produire, d’innover, de former et d’embaucher », a clarifié le patron des patrons.

Alain-Claude Kouakoua a formellement appelé l’exécutif à la conclusion d’un « pacte de confiance » bilatéral, indispensable pour libérer l’investissement privé et accélérer la création massive d’emplois durables.
L’engagement ferme de l’État pour les investisseurs nationaux
La réponse des autorités ne s’est pas fait attendre. En clôture de cette séquence protocolaire d’ouverture, le Vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, a tenu à rassurer pleinement les opérateurs économiques sur les intentions de l’État. Répondant directement aux attentes formulées par la FEG, il a réaffirmé le soutien indéfectible du gouvernement envers le tissu entrepreneurial local. « Aucune nation ne peut atteindre une prospérité durable sans un secteur privé dynamique, compétitif et créateur d’emplois. Pour atteindre ces objectifs, nous devons effectivement renforcer le partenariat entre l’État et le secteur privé. L’Etat est pleinement engagé à soutenir les investisseurs nationaux », a solennellement déclaré le Vice-président de la République.
Au-delà des simples déclarations d’intention, cette deuxième édition du Gabon Economic Forum s’affirme comme le point de départ d’une refonte structurelle. En alignant l’agenda politique et les impératifs des opérateurs privés, Libreville jette les bases d’une gouvernance économique partagée, condition sine qua non pour bâtir une économie gabonaise résiliente, diversifiée et conquérante.
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