À Epassendjet, ce 28 août, la mémoire a pris corps. En inaugurant le Mémorial Emmanuel Issoze Ngondet, à la veille de la célébration de la troisième édition de la Fête de la Libération, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, n’a pas seulement dévoilé un joyau architectural. Il a posé un acte de reconnaissance envers un fils de l’Ogooué-Ivindo dont le parcours aura traversé les grandes sphères de l’État et de la diplomatie gabonaise.
Érigé sur la terre natale de l’ancien Premier ministre, le mémorial prend une dimension particulière. Il devient un lieu de mémoire, mais aussi de transmission. À travers cet édifice, la République rappelle que les grandes carrières au service de l’État ne doivent pas disparaître avec ceux qui les ont incarnées.
Le choix d’Epassendjet n’est donc pas anodin. C’est ici, dans cette localité de l’Ogooué-Ivindo, que l’histoire personnelle d’Emmanuel Issoze Ngondet a commencé. C’est ici également que la Nation vient aujourd’hui déposer sa reconnaissance.

Issoze Ngondet, de la diplomatie aux sommets de l’État
Né à Makokou le 2 avril 1961, Emmanuel Issoze Ngondet a été un diplomate de carrière. Il entre au ministère des Affaires étrangères en 1988, avant d’occuper plusieurs fonctions dans les représentations diplomatiques du Gabon au Cameroun, au Royaume-Uni, au Canada et en Allemagne. Son parcours le conduit ensuite à la direction des zones Amérique et Europe du ministère des Affaires étrangères.

Sa carrière diplomatique prend une nouvelle dimension lorsqu’il est nommé ambassadeur du Gabon en Corée du Sud, avec des accréditations en Thaïlande et aux Philippines. Il sera également ambassadeur en Éthiopie et représentant permanent auprès de l’Union africaine et de plusieurs institutions internationales, avant de représenter le Gabon auprès des Nations unies.
De la diplomatie, il franchit les portes du gouvernement. Ministre de l’Énergie et des Ressources hydrauliques en 2009, puis ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique en 2011, il prend en 2012 les commandes du ministère des Affaires étrangères. En septembre 2016, il accède à la Primature, qu’il occupera jusqu’en janvier 2019.
Ce parcours donne tout son sens au mémorial d’Epassendjet. Il ne célèbre pas seulement un ancien Premier ministre. Il rend hommage à un diplomate devenu ministre, puis chef du gouvernement, dont l’essentiel de la carrière aura été consacré à l’État et au rayonnement international du Gabon.
Un héritage pour les générations futures
Au-delà de l’homme et de ses fonctions, le mémorial pose une question essentielle : que restera-t-il de ceux qui ont servi la République lorsque les générations auront changé ?
La réponse est désormais inscrite à Epassendjet. Elle tient dans la pierre, mais surtout dans le devoir de transmission. La mémoire d’Emmanuel Issoze Ngondet devient ainsi un repère pour une jeunesse appelée à comprendre que servir l’État, représenter son pays et exercer des responsabilités publiques constituent aussi une histoire de devoir, de constance et d’engagement.
Une coordinatrice au cœur de la célébration
Et dans cette séquence où mémoire, territoire et République se rencontrent, la présence de Huguette Nyana Ekoume Epse Awori Onanga, présidente du Sénat et coordinatrice générale de cette troisième édition de la Fête de la Libération, n’est pas passée inaperçue. Depuis plusieurs mois, elle accompagne la préparation de cette célébration à Makokou, dont elle entend en faire un moment d’unité, de partage et de mise en valeur de l’Ogooué-Ivindo.
À Epassendjet, la République a donc fait plus qu’inaugurer un monument. Elle a transformé une mémoire individuelle en patrimoine collectif. Et désormais, chaque pierre du mémorial rappellera qu’un pays qui sait honorer ses serviteurs sait aussi donner à sa jeunesse des raisons de croire en l’avenir.












