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Gabon : Fête de la Libération Makokou 2026, Charlette et Laetitia, deux commerçantes de la Libération

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À Makokou, la Fête de la Libération ne se raconte pas seulement au rythme des discours, des défilés militaires et des inaugurations. Elle se vit aussi au bout des routes, sur les étals et à la force des bras.

Parmi les visages de cette troisième édition, deux jeunes Gabonaises attirent l’attention : Meyo Charlette et Mawouili Mboumba Laetitia. Venues de Port-Gentil avec une cargaison de poissons fumés, elles ont surtout voyagé avec une bonne dose d’audace.

Makokou accueille, ce 30 août 2026, la troisième édition de la Fête de la Libération. Dans la capitale provinciale de l’Ogooué-Ivindo, les cérémonies officielles occupent naturellement le devant de la scène. Pourtant, derrière le protocole, les uniformes et les infrastructures inaugurées, d’autres histoires racontent, elles aussi, une certaine idée de la transformation du Gabon : celles de femmes et d’hommes qui entreprennent, prennent des risques et vont à la rencontre de nouveaux marchés.

L’histoire de Meyo Charlette et Mawouili Mboumba Laetitia commence à Port-Gentil, dans la province de l’Ogooué-Maritime, où elles résident. Le 24 août, les deux jeunes femmes prennent la route avec leur commerce et leurs ambitions. Direction Makokou, une ville qu’elles n’avaient encore jamais visitée.

Le périple les conduit par Omboué, Mandji, Yombi, Fougamou, Lambaréné, Bifoun, Ndjolé et Lalara, avant leur arrivée à Makokou le 26 août. Plusieurs centaines de kilomètres ont été parcourus pour une raison simple : vendre leurs produits, découvrir la ville et fêter la Libération.

Quatre ans de savoir-faire

Derrière cette aventure se trouve d’abord le savoir-faire de Meyo Charlette, spécialisée depuis quatre ans dans la commercialisation du poisson fumé. Son activité commence auprès des pêcheurs, à qui elle achète le poisson frais. Elle se charge ensuite elle-même de le fumer et de le saler avant de le proposer à la vente.

Sur son étal, la diversité attire le regard. Tortues fumées, bossus, dorades, « sans nom », machoirons, mulets, carpes et larés composent une offre qui rappelle toute la richesse des produits halieutiques gabonais.

À ses côtés, Mawouili Mboumba Laetitia apporte une autre compétence, tout aussi importante : le marketing. Là où Charlette maîtrise la transformation et le produit, Laetitia s’emploie à le valoriser, à le présenter et à attirer les clients. Deux profils, deux savoir-faire, une même aventure commerciale.

Quand l’entrepreneuriat prend la route

Leur présence à Makokou n’est donc pas le fruit du hasard. Elle illustre une réalité souvent moins visible derrière les grands rendez-vous nationaux : entreprendre, c’est parfois accepter de quitter ses habitudes, de parcourir des kilomètres et de tenter sa chance là où l’on n’a encore aucun repère.

Charlette et Laetitia ont choisi de relever le défi. Elles auraient pu rester sur leur marché habituel de Port-Gentil. Elles ont plutôt décidé de tenter l’expérience ailleurs, à Makokou, à la faveur de la Fête de la Libération.

Cette démarche prend un relief particulier dans un contexte où le président de la République, le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, encourage les Gabonais à investir davantage dans l’entrepreneuriat et à prendre une part active au développement économique du pays.

À leur manière, Charlette et Laetitia répondent à cet appel. Pas avec de grands discours, mais avec du travail, du poisson fumé, un voyage de plusieurs jours et la volonté farouche de trouver leur place sur un nouveau marché.

La Libération, aussi une affaire d’initiative

À Makokou, leur histoire constitue l’une des belles découvertes de cette Fête de la Libération. Car la libération d’un pays ne se mesure pas uniquement à la grandeur de ses cérémonies officielles. Elle se traduit aussi par la capacité de ses citoyens à créer, produire, vendre et prendre des initiatives.

Sur les routes entre Port-Gentil et Makokou, Charlette et Laetitia ont transporté bien plus que des poissons fumés. Elles ont transporté une ambition : celle de faire grandir leur activité au-delà de leur province, de rencontrer de nouveaux clients et de transformer une opportunité en expérience de vie.

À Makokou, les projecteurs de la Fête de la Libération éclaireront les cérémonies et les grands symboles de la République. Mais, sur les marchés, deux jeunes femmes rappellent une autre vérité : le Gabon de demain se construira aussi avec celles et ceux qui osent prendre la route, créer leur activité et croire en leurs propres capacités. Charlette et Laetitia sont venues vendre du poisson fumé ; elles repartiront peut-être avec un bagage bien plus précieux : la preuve qu’au Gabon, l’audace sait ouvrir de nouveaux marchés.

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