Au Gabon, l’élan d’Octobre Rose se heurte chaque année à une réalité locale implacable : le coût prohibitif des traitements, l’opacité des données épidémiologiques et l’isolement des malades. Face à ces impasses, le président fondateur du parti pour les 7 Merveilles du Peuple Gabonais (7MP), Joël Ngoueneni Ndzengouma, tape du poing sur la table. Lors d’une conférence de sensibilisation organisée le 14 octobre 2026 à Libreville, le leader politique a réclamé une refonte globale de la stratégie nationale. Son ambition ? Transformer l’activisme saisonnier en un engagement d’État permanent et contraignant.

L’illusion d’Octobre Rose : l’urgence d’une mobilisation continue. « Nous faisons déjà bien, mais nous pouvons faire mieux. » C’est par ce constat, teinté d’exigence, que Joël Ngoueneni Ndzengouma a ouvert les débats au siège de sa formation politique, à la Cité Damas. Entouré d’expertes et de figures de la société civile, parmi lesquelles Rita Medza, la sage-femme Daysi Christelle Ondo-Anguillet, Alix Messa et Edna Julienne Engone, l’homme politique a d’emblée refusé de céder à l’autosatisfaction des rituels roses d’octobre.
Pour les panélistes, l’enjeu ne réside plus dans la seule célébration d’une campagne annuelle, mais dans la pérennisation des mécanismes de lutte. Les discussions, centrées sur le cancer du sein, ont mis en lumière une vérité crue : la maladie ne s’arrête pas au 31 octobre, et la prise en charge des patientes gabonaises exige une vigilance de chaque instant.


Un tableau clinique alarmant et un système de soins sous tension
Le diagnostic émis durant la rencontre est sans appel. Les indicateurs épidémiologiques égrainés par le président du 7MP font froid dans le dos : chaque année, le Gabon enregistre environ 145 nouveaux cas de cancer du sein et pleure la perte de 400 femmes. Derrière ces chiffres dramatiques se cache un angle mort institutionnel : une absence chronique de données sanitaires centralisées et fiables, indispensable boussole de toute politique publique efficace.

Au-delà des statistiques, c’est le parcours du combattant des malades qui a été disséqué. Face au coût exorbitant des protocoles, Joël Ngoueneni Ndzengouma a interpellé le corps médical. Il appelle à une articulation sans faille entre la prévention de masse, le dépistage précoce, la rapidité du diagnostic et l’accès effectif aux plateaux techniques, qu’il s’agisse de chirurgie oncologique, de chimiothérapie ou de radiothérapie.
Rompre l’isolement : le plaidoyer pour un pacte psychosocial et associatif
Pour inverser la courbe, le leader du 7MP estime que l’État ne pourra pas faire cavalier seul. Il exhorte les pouvoirs publics à nouer un partenariat stratégique et financier avec les organisations non gouvernementales (ONG). Ces dernières, actrices de première ligne, s’avèrent cruciales pour déployer des campagnes de dépistage de proximité, structurer la collecte de données sur le terrain et briser l’isolement des communautés rurales.
Mais la thérapie ne saurait être uniquement médicale. Joël Ngoueneni Ndzengouma a insisté sur l’urgence de bâtir un véritable bouclier psychosocial. Pour le parti, soigner le corps ne suffit pas s’il n’y a pas, en parallèle, un soutien psychologique institutionnalisé et une aide sociale matérielle pour les familles, souvent asphyxiées financièrement par la maladie. Mettant le Gabon face à ses responsabilités économiques, il a lancé un point de comparaison direct : « Avec les moyens dont dispose notre pays, comparativement au Togo et au Bénin dont la situation est semblable à celle du Gabon, nous devons faire mieux. »
La chair et le sang : la dimension humaine au cœur du combat
Preuve que le sujet dépasse les clivages technocratiques, la rencontre s’est achevée dans une vive émotion collective. Une patiente, engagée dans un bras de fer personnel contre le cancer, a choisi de s’exprimer à visage découvert. Son témoignage poignant a rappelé l’absolue nécessité d’un environnement familial et amical solide pour maintenir l’observance des soins et garder espoir.

En guise de solidarité concrète, une enveloppe financière lui a été remise à la clôture des échanges. Alors que d’autres actions sur le terrain ont été annoncées par le 7MP, le défi gabonais reste entier : réussir la transition d’une médecine de l’événementiel vers une politique de santé publique universelle, juste et accessible 365 jours par an.












