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Gabon – Journées médicales ASESGAS 2025 : la diaspora gabonaise du Sénégal engagée pour la santé de leurs compatriotes

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L’Association des étudiants et stagiaires gabonais en santé au Sénégal (ASESGAS) continue son engagement pour la sécurité sanitaire de la communauté gabonaise dans ce pays d’Afrique de l’ouest, avec l’organisation des journées de consultations et de soins. Cet événement, devenu incontournable, a pour but d’aider la communauté gabonaise vivant au pays de la Teranga, notamment en matière de prévention et d’accès aux soins.

Créée pour rassembler les étudiants et stagiaires gabonais au Sénégal, dans le domaine de la santé, l’ASESGAS ne se contente pas d’être une simple association d’étudiants. Depuis 2019, elle agit directement sur le terrain pour aider les personnes qui ont peu ou pas accès aux soins médicaux.

L’édition 2023 avait permis de soigner gratuitement plus de 400 personnes, pour 2025, l’objectif est de faire encore mieux. Les services proposés incluent : des consultations de médecine générale, des dépistages de maladies comme le diabète, l’hypertension ou les infections sexuellement transmissibles, des séances de sensibilisation sur les maladies chroniques et les alertes sur les comportements à risque, en particulier à l’endroit des jeunes, notamment dans les milieux estudiantins.

Ces journées ne se limitent pas à l’aide médicale. L’ASESGAS veut aussi comprendre les besoins de santé réels des Gabonais au Sénégal. Pour cela, elle collecte de manière anonyme des données médicales, afin de mieux cibler les problèmes de santé, identifier les populations à risque et proposer des solutions aux autorités gabonaises et sénégalaises. « Beaucoup de jeunes de la diaspora souffrent ou meurent à cause de maladies qu’on aurait pu détecter plus tôt. Avec ces journées, on veut changer les choses », explique Richard Meyo M’Emane, président de l’ASESGAS.

Cette initiative est soutenue par l’ambassade du Gabon au Sénégal et plusieurs partenaires du secteur médical. Elle aide aussi à renforcer les liens entre la diaspora, les professionnels de santé, les autorités gabonaises et les autres communautés présentes au Sénégal. C’est aussi une façon pour les jeunes professionnels gabonais de s’engager bénévolement et de se former sur le terrain.

Avec les Journées médicales ASESGAS, la jeunesse gabonaise montre qu’elle peut être actrice du changement, en plaçant la solidarité, la santé et la responsabilité collective au cœur de ses actions.

Gabon : l’Etat pourrait renforcer sa collaboration avec les ONG

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Le gouvernement souhaite établir une relation plus structurée avec les organisations de défense des droits humains. C’est le principal message de la rencontre du mardi 20 mai à Libreville entre le ministre de la Justice, Dr Séraphin Akure Davain et les représentants des Organisations non gouvernementales légalement enregistrées dans le pays.

Près de 80 organisations actives sur l’ensemble du territoire national ont participé à cette réunion de prise de contact. À l’issue des échanges, le ministre a annoncé une nouvelle exigence : les ONG devront désormais produire des rapports d’activités réguliers. Selon les autorités, cette mesure permettra de mieux appréhender les réalités du terrain, d’adapter les réponses institutionnelles et de renforcer le partenariat avec les bailleurs internationaux. «Le travail des ONG, souvent mené avec peu de moyens et beaucoup de dévouement, mérite d’être soutenu, mais aussi mieux coordonné », a déclaré Dr Akure Davain, cité par Gabonreview.

Cette volonté de renforcer le dialogue a été saluée par les acteurs présents, notamment Paola Minko, directrice générale des Droits de l’Homme, qui a conduit la délégation des ONG. Elle a souligné que cette initiative constitue une étape importante dans la reconnaissance du rôle de la société civile dans la défense des droits fondamentaux.

Reste à savoir si cette dynamique annoncée se traduira par des améliorations concrètes pour les populations, en particulier celles plus exposées aux inégalités d’accès à la justice et à la protection des droits humains.

Gabon : Une semaine dédiée à la culture et aux traditions

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Le Musée national des arts, Rites et Traditions accueille, du 19 au 24 mai 2025, la deuxième édition des Journées portes ouvertes.

Placée sous le thème : « L’avenir des musées au sein des communautés en évolution constante », la Journée internationale des musées (JIM) met en lumière le rôle central de la culture dans la construction d’une identité nationale vivante et partagée. Ces journées rappellent la mission fondamentale des musées : transmettre les savoirs, préserver les patrimoines, favoriser le dialogue entre les cultures. L’édition 2025 propose une programmation variée, destinée à célébrer la richesse culturelle du Gabon tout en valorisant la créativité contemporaine de ses artistes.

Une ouverture solennelle et symbolique

Le lancement officiel, tenu ce lundi 19 mai, a été fait en présence de Madame Armande Longo épouse Moulengui, ministre de la Jeunesse, des sports, du rayonnement culturel et des arts, chargée de la Vie associative. Dans son allocution commémorative, la ministre a souligné que l’art et le patrimoine sont des piliers essentiels de l’identité nationale, appelant les jeunes à s’approprier les métiers de la culture. Son discours a été suivi de chants et danses traditionnels, avant une visite marquante de la grotte du musée, un espace sacré abritant les masques traditionnels de différentes ethnies, dont le masque tsogho Ghetsangutsede, utilisé lors des rites funéraires ou encore Mukuji chez les punus. Une immersion unique dans les racines profondes de l’âme gabonaise.

Tradition et modernité main dans la main

Outre les expositions classiques, le public peut découvrir divers arts culinaires, bijoux, vêtements, tableaux, accessoires en pagne et objets de décoration murale, révélant un subtil mélange entre héritage ancestral et créativité moderne. Madame la ministre s’y est également prêtée au jeu en visitant les différents stands. Parmi les originalités saluées : la glace à la crème parfumée à l’odika ou à la saveur Bissone, symbole d’une innovation enracinée dans les traditions locales.

Une semaine pour découvrir, apprendre et transmettre

Tout au long de la semaine, les visiteurs auront accès à un programme varié : ateliers de formation, jeux de société traditionnels, animations théâtrales, projections de films et documentaires. Des activités ouvertes à tous, conçues pour faire du musée un lieu vivant, accessible, et fédérateur.

À travers ces Journées portes ouvertes, le Gabon réaffirme son engagement à préserver, transmettre et faire rayonner son patrimoine culturel, tout en préparant les générations futures à reconnaître la richesse de leurs racines. Une expérience de découverte — ou de redécouverte — à ne pas manquer.

Journées portes ouvertes au Musée national du Gabon : l’artisanat gabonais mis à l’honneur

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Dans le cadre de cette Journée, célébrée le 18 mai et dont l’ouverture officielle s’est tenue le 19 mai 2025 au Musée national du Gabon, le public ainsi que la presse ont été invités à redécouvrir la richesse du patrimoine culturel à travers une série d’expositions et d’animations mettant l’artisanat traditionnel au cœur de l’événement.

Parmi les temps forts de cette deuxième édition, une exposition inédite et visuellement remarquable a retenu l’attention : celle de Edwige Natacha Mbazoghe, artisane autodidacte résidant à Bikélé. Elle a présenté avec fierté ses créations artisanales, alliant pagne et tissus modernes dans des pièces uniques et originales. Une passion née de la débrouillardise et de l’amour du tissu : « Je confectionne de petits accessoires en pagne que j’associe avec d’autres tissus », confie-t-elle. De ses mains sont façonnés des bonnets, bandeaux, pochettes, porte-monnaie, boucles d’oreilles, éventails, bracelets, babouches, chapeaux, ou encore des sacs frappés de la carte du Gabon.

Mais son travail ne s’arrête pas à la mode : « Je fais aussi des tabliers assortis, des gants de cuisine, des maniques, des couettes recouvertes de tissu africain et même des rideaux. » Tout est entièrement fabriqué par elle-même, sans aucune aide extérieure. « Je travaille seule, chez moi. Je commence à la main pour faire les découpages, puis je passe à la machine. »

Une présence remarquée au musée

Sa participation à l’événement a été pour elle une vitrine idéale pour faire découvrir son univers créatif. « C’est quand il y a des expositions comme celle-là que je confectionne plusieurs articles pour exposer. Pour le moment, je n’ai pas encore de local, donc tout se passe à la maison », explique-t-elle avec humilité.

Journées portes ouvertes au Musée national du Gabon : l’artisanat gabonais mis à l’honneur

En ouvrant ses portes à des talents comme Edwige Mbazoghe, le Musée national a permis de valoriser le travail des créateurs locaux, dont les œuvres, souvent méconnues, témoignent d’un savoir-faire riche et d’une créativité profondément enracinée dans la culture gabonaise.

L’artisanat, pilier vivant du patrimoine gabonais

En mettant à l’honneur des profils tels que celui de Edwige Mbazoghe, la Journée internationale des musées 2025 a rappelé combien l’artisanat local constitue un pilier essentiel de notre patrimoine vivant. Plus qu’une simple exposition, cette rencontre a été un hommage vibrant à la créativité féminine et à cette capacité remarquable de faire rayonner le Gabon à travers les gestes précis et inspirés de ses artisanes.

Journées portes ouvertes au Musée national du Gabon : l’artisanat gabonais mis à l’honneur

« J’espère pouvoir un jour ouvrir mon propre atelier et transmettre ce savoir-faire », a souhaité Edwige Mbazoghe, déterminée à faire de sa passion une référence.

Gabon :  Changement à la tête de SOGEVAL, Petit-Lambert Ovono passe le flambeau

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Libreville, le 19 mai 2025 – La Société gabonaise de l’évaluation des politiques publiques entame une nouvelle phase de son développement, marquée par un changement de leadership. Son président fondateur a officiellement annoncé son départ de la tête de l’organisation à l’occasion d’une conférence de presse tenue à Libreville.

Cette décision intervient dans un contexte institutionnel important : Petit Lambert Ovono a été nommé à la tête d’un tout nouveau département rattaché à la présidence de la République, incarnant une innovation majeure dans la gouvernance nationale, avec pour mission de suivre, évaluer et orienter l’action publique afin qu’elle réponde plus efficacement aux attentes des populations.

Dans un discours empreint d’émotion, le fondateur de SOGEVAL a déclaré : « Je quitte ces fonctions avec le sentiment du devoir accompli et la conviction que la relève est assurée. » Il a salué les efforts conjoints menés avec ses collaborateurs et partenaires, et a réaffirmé son attachement aux valeurs fondatrices de l’organisation.

Ce changement de direction marque également l’arrivée d’un nouveau leadership. Le flambeau est désormais entre les mains d’un membre de la diaspora gabonaise, connu pour son engagement associatif et son expertise dans la gestion de projets de développement : Madame Marthe Eunice Bakoukou, cadre supérieure de santé et à l’assistance publique, elle dirige actuellement un centre d’addictologie. Elle est reconnue pour son engagement associatif et son expertise dans la gestion de projets de développement.

Elle sera épaulée dans ses fonctions par deux autres femmes aux profils tout aussi solides : Madame Sarah Diko, administratrice scolaire et étudiante à l’École nationale d’administration (ENA), en qualité de secrétaire générale et Madame Mpami Sharon, qui assurera le secrétariat permanent.

La passation officielle est prévue dans les prochains jours lors d’un événement à Libreville. L’objectif est clair: maintenir le cap et renforcer l’impact de SOGEVAL à travers une approche innovante, inclusive et résolument tournée vers les territoires. « Je continuerai à accompagner cette dynamique portée par SOGEVAL et ses partenaires. C’est en conjuguant les énergies que nous reconstruirons le pays », a déclaré M. Ovono.

Avec cette nouvelle page qui s’ouvre, SOGEVAL entend poursuivre son engagement pour l’évaluation des politiques publiques au service du développement, en phase avec les priorités du pouvoir en place et les aspirations profondes des citoyens gabonais.

Gabon : Annie Flore Batchiellilys et le sens de la responsabilité face à l’héritage pour la postérité

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A l’occasion du lancement de la deuxième édition des journées portes ouvertes au musée national du Gabon, l’artiste gabonaise a accordé un entretien riche de sens sur les enjeux culturels, mémoriels et éducatifs liés à cet événement.

Présente en tant qu’interlocutrice engagée, l’artiste chanteuse a souligné l’importance de ce rendez-vous culturel et éducatif. « C’est une journée très importante, surtout en cette période où nous avons perdu beaucoup de nos valeurs », a-t-elle déclaré. Pour elle, cette initiative est bien plus qu’une simple rencontre, c’est un moment de recentrage, de réapprentissage, de souvenir, mais surtout un appel à la responsabilisation face à l’héritage que chaque génération lègue à la suivante.

L’artiste a confié s’être investie pleinement dans cette édition. « L’année dernière, j’étais là sans vraiment y être. Cette année, je ne pouvais pas rater cela, car il faut voir ce qui se fait pour mieux faire la prochaine fois », a-t-elle expliqué. Elle invite d’ailleurs toutes les familles à y participer, accompagnées de leurs enfants : « Notre histoire, nous devons l’apprendre, la comprendre, pour mieux la transmettre et la préserver. »

Elle conclut en saluant la pertinence de cette thématique et en donnant rendez-vous au public, tous les jours jusqu’au 24 mai au Musée national, pour découvrir les richesses de notre patrimoine culturel.

Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) : Entre naufrage hérité, remous sociaux et espoir de relance

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Moins de deux ans après la chute d’Ali Bongo Ondimba et la reprise de la CNNII par EBOMAF, la Compagnie nationale de navigation gabonaise tangue toujours entre dettes, salaires impayés et malentendus. Entre mémoire d’une gestion calamiteuse, contestations sociales et droit de réponse musclé du concessionnaire, l’heure est venue de jeter l’ancre du dialogue.

Créée par décret n°6300/PR/MMPME du 3 octobre 2013, la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII), aussi appelée C2N2I, avait pour mission stratégique de relancer le transport fluvial et côtier entre Libreville, Port-Gentil et Lambaréné, dans une logique d’intégration territoriale et de désenclavement. Elle succédait à la défunte Compagnie nationale de navigation intérieure (CNI), disparue dans un silence pesant de faillite.

Mais très vite, sous le règne d’Ali Bongo Ondimba, la CNNII devient l’exemple type d’une entreprise publique à la dérive. Flotte obsolète, fonds propres négatifs, recettes englouties dans une masse salariale pléthorique, malversations financières et absence de vision logistique plongent la structure dans un coma profond. Un audit réalisé par KPMG révèle une situation désastreuse : aucun investissement structurant, 76 % des revenus absorbés par les salaires, et une dette colossale auprès des fournisseurs.

Lorsque le général Brice Clotaire Oligui Nguema prend le pouvoir le 30 août 2023, il hérite d’un Gabon institutionnellement sinistré et d’une CNNII qui n’était plus que l’ombre d’elle-même, incapable d’assurer la moindre liaison maritime régulière. L’urgence est claire : restructurer ou disparaître.

L’option EBOMAF ou l’espoir d’un sauvetage maritime

Dans une tentative de redressement, l’État gabonais signe, le 5 février 2025, un contrat de concession de 20 ans avec le groupe burkinabé EBOMAF. L’objectif est double : relancer les activités maritimes et moderniser les infrastructures de la CNNII. Selon les termes de l’accord, l’État devait : apurer les dettes sociales et aux fournisseurs, doter EBOMAF des titres fonciers nécessaires et élaborer un plan social pour accompagner la transition.

En contrepartie, EBOMAF devait acquérir une nouvelle flotte, assainir les comptes, et relancer les lignes stratégiques. Une équipe mixte, incluant un directeur général désigné par EBOMAF, est mise en place pour gérer la période transitoire. Sur le papier, tout semble balisé.

Colère sociale : que réclament les employés de la CNNII ?

Mais trois mois après cette signature, la colère gronde sur les quais. Les agents de la CNNII, réunis au sein d’un collectif, dénoncent une situation devenue, selon eux, intenable. Ils revendiquent : le paiement de 19 mois d’arriérés de salaires, y compris les mois de novembre et décembre 2024, une clarification immédiate du partenariat entre l’État, EBOMAF et la direction actuelle et le respect de leur dignité professionnelle, estimant être abandonnés par leur tutelle et traités comme des variables d’ajustement.

 Ils reprochent également à EBOMAF d’avoir acquis des navires inadaptés à la navigation locale, dont plusieurs seraient inutilisables, un manque de dialogue, notamment sur la gestion interne et la réorganisation du personnel et la mise à l’écart du directeur général qui, selon eux, est désormais marginalisé dans les prises de décision.

Droit de réponse musclé d’EBOMAF

Face à ces critiques, le département Communication et relations publiques d’EBOMAF-Gabon S.A a publié, le 8 mai 2025, un droit de réponse tranchant, qualifiant les accusations des agents de « déformation des faits« . L’entreprise y affirme : « La concession n’est pas entrée en vigueur, car l’État n’a levé aucune des conditions suspensives prévues au contrat ».  

Elle souligne également que les titres fonciers de la CNNII promis par l’État ne sont pas disponibles : certains terrains appartiennent à des privés, les dettes sociales n’ont pas été apurées, et les comptes de la CNNII sont sous saisie judiciaire. En conséquence, les recettes ont été orientées vers un compte séquestre EBOMAF pour assurer les charges vitales, « loin d’un détournement, mais par souci de survie ».

Concernant la direction, EBOMAF précise : « Le directeur général n’a jamais été écarté. Il a été désigné par nous pour piloter cette phase transitoire. C’est son refus d’assumer pleinement ses fonctions qui a généré la confusion. »

Enfin, l’entreprise réaffirme sa bonne foi et son attachement au contrat : « Les griefs évoqués ne sauraient être imputés au concessionnaire, qui attend encore que l’État respecte sa part des engagements.»

Relancer dans la sérénité

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas fait le choix d’EBOMAF au hasard. Il sait que relancer la CNNII passe par un acteur audacieux, capable d’assumer une reprise à haut risque. Et le groupe burkinabé, malgré les remous, a maintenu son engagement. Ce qui démontre un certain courage entrepreneurial.

EBOMAF est prêt à accompagner la politique de redressement impulsée par le chef de l’État, à condition que les bases soient posées clairement. Il est désormais crucial que les deux parties – employés et direction – se parlent franchement. Car derrière les tensions, c’est une ambition collective qui doit survivre : celle d’un Gabon réconcilié avec ses eaux, ses ports et ses citoyens. Le dialogue est la seule voie pour sortir de cette tempête.

Rendu du différend Gabon-Guinée équatoriale à la CIJ : un verdict à la Salomon, un casse-tête en héritage

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La décision était très attendue, mais elle laisse un goût amer : en tranchant certaines questions tout en éludant d’autres, la Cour internationale de justice (CIJ) de la Haye n’a pas mis fin au différend entre le Gabon et la Guinée équatoriale ; elle l’a simplement transformé. Ce qui devait être un point final s’avère n’être qu’un point-virgule ; ouvrant inéluctablement la voie à de nouvelles négociations.

Ce lundi 19 mai 2025, la CIJ a rendu son verdict dans le différend qui oppose le Gabon et la Guinée équatoriale sur trois volets majeurs : la frontière terrestre, la frontière maritime et la souveraineté des îles Mbanié, Conga et Cocotiers. Un litige ancien, mêlant enjeux historiques, politiques et économiques, qui mobilisent depuis des décennies les deux États voisins.

Ce que la CIJ a tranché

Il convient de rappeler que ce différend portait sur trois éléments précis :

La frontière terrestre : la Cour a reconnu la Convention franco-espagnole de 1900 comme seul titre juridique valide. En conséquence, la frontière terrestre retenue est une ligne droite, et non celle épousant le tracé de la rivière Kyé, comme soutenu par la Guinée équatoriale. Par effet domino, plusieurs territoires actuellement équato-guinéens, notamment aux abords de Mongomo et Ebebiyin, doivent revenir au Gabon.

La frontière maritime : ici, la Cour ne tranche pas. Elle estime qu’aucune limite maritime officielle n’existe à ce jour entre les deux pays, et renvoie les parties à la table des négociations. Autrement dit, tout est à construire : du partage des zones économiques exclusives à la gestion des ressources halieutiques et pétrolières.

Les îles Mbanié, Conga et Cocotiers : la CIJ reconnaît la souveraineté de la Guinée équatoriale, estimant qu’elles étaient historiquement sous contrôle espagnol. En vertu du principe de succession d’État, elles reviennent donc à Malabo.

Un verdict en trompe-l’œil

À première vue, le verdict semble tranché. Mais à y regarder de près, la réalité est plus confuse, voire complexe. Sur trois points litigieux, un seul a été clairement arbitré, et encore, des zones d’ombre subsistent.

Commençons par les îles. Il est vrai que la Guinée équatoriale en sort victorieuse, mais la géographie joue contre elle : Mbanié est littéralement à un jet de pierre de Libreville, bien plus proche du Gabon que de Malabo. L’île Mbanié devient une enclave de la Guinée Equatoriale dans le territoire Gabonais, comme le Lesotho l’est en Afrique du Sud. Ce qui veut dire que les ressources maritimes (pétrolières en off-shore et halieutiques) ont une forte probabilité d’être la propriété du Gabon.

L’aspect cocasse de ce rendu demeure la frontière terrestre. La Cour attribue plusieurs zones à la souveraineté gabonaise. Soit. Imaginer aujourd’hui Malabo se délester de Mongomo ou d’Ebebiyin relève du fantasme diplomatique. Mongomo n’est pas une bourgade quelconque : c’est une ville-phare, en plein essor, avec ses infrastructures flambant neuves, sa Basilique de l’Immaculée Conception, son stade, ses projets agro-industriels ambitieux et, surtout, son poids symbolique dans la politique équato-guinéenne. C’est la ville natale de plusieurs figures du pouvoir. Comment croire qu’un tel bastion pourrait être simplement « remis » au Gabon, même par un arrêt de la plus haute juridiction internationale ?

Quant à la frontière maritime, le rendu de la CIJ ouvre la porte à des négociations longues, techniques et éminemment politiques. Définir une frontière en mer, ce n’est pas seulement tracer une ligne : c’est déterminer qui exploitera les hydrocarbures, qui gérera la pêche, qui contrôlera les couloirs maritimes. Ce verdict n’est pas une solution finale, c’est une nouvelle étape de différend aux ramifications identitaires, économiques et géopolitiques. Il faudra bien plus qu’un arrêt de la CIJ pour réconcilier cartes, mémoires et intérêts. Désormais, il appartient aux deux parties de s’asseoir, une fois de plus, autour d’une table pour trouver un compromis acceptable par tous.

En quête d’une police républicaine : Hermann Immongault appelle à « un changement profond »

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Dans un contexte de refondation des institutions gabonaises sous la Cinquième République, le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, a lancé un message fort à la Police nationale, prônant exemplarité, rigueur et engagement total au service de l’État.

Libreville, 19 mai 2025. – C’est un message solennel et porteur d’ambition que le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Hermann Immongault, a adressé aux Forces de police nationale lors d’une importante cérémonie à l’École nationale de police d’Owendo. Devant des troupes rassemblées et plusieurs hauts gradés, le ministre a appelé à une réforme profonde de l’institution policière dans le cadre de la Cinquième République.

 La cérémonie, marquée par la remise de médailles d’honneur et la valorisation de la bravoure policière, fut aussi l’occasion de saluer le leadership du président de la République, chef de l’État et du Gouvernement, chef suprême des Forces de défense et de sécurité, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour « la confirmation espérée de son élu au sein du premier gouvernement de la Cinquième République ». S’inscrivant dans la dynamique réformatrice initiée par le CTRI, Hermann Immongault a rappelé que « la Cinquième République n’est pas un simple slogan. Elle impose un changement profond de notre manière de servir l’État ».

Il a exhorté les policiers à se détourner des pratiques contraires à l’éthique républicaine : « Contrôles abusifs et non autorisés, racket, dérives sur les réseaux sociaux », en appelant à « incarner l’exemplarité, la rigueur et le respect de leur mission et des citoyens ».

Le ministre a également mis en lumière la réforme de la Police nationale engagée par le décret n°431/PR/MIS du 25 novembre 2024, visant à adapter les capacités des forces aux nouveaux défis sécuritaires : criminalité organisée, violences basées sur le genre, incivilités, et protection des droits humains. Cette réforme s’est concrétisée par la création de nouvelles unités spécialisées, la formation et le déploiement de 944 sous-officiers et le recrutement de plus de 1 000 agents en formation.

Sur le plan logistique, des avancées notables ont été soulignées : réhabilitation de commissariats à Lastoursville, Port-Gentil, Essassa, ou encore à Bikélé, Nzeng-Ayong et Mouila. Le ministre a aussi évoqué la construction de nouvelles infrastructures, notamment un centre de commandement moderne à Akéminidjongoni.

Pour une police citoyenne et efficace

Mais au-delà des discours et des projets de réforme, la réalité du terrain impose une réaction urgente. Les populations gabonaises ne cessent de dénoncer la corruption généralisée au sein de la Police nationale. Pour les automobilistes, les plaintes sont devenues quotidiennes : contrôles routiers abusifs, extorsions de fonds, intimidations… Le racket semble être érigé en méthode de travail, transformant certains agents en oppresseurs plutôt qu’en protecteurs.

Sur les réseaux sociaux, les images de policiers en uniforme, en état d’ébriété avancé, mêlés à des bagarres publiques, ou adoptant des comportements grossiers, circulent et choquent. Ces dérives ternissent l’image de l’uniforme et sapent la confiance des citoyens dans leur police.

Face à cette situation, la Cinquième République doit impérativement s’accompagner d’une refondation morale de la police gabonaise. Il ne peut y avoir de sécurité crédible sans éthique. Le ministère de l’Intérieur est donc appelé à engager de véritables réformes, profondes et visibles, en matière de discipline, de déontologie et de contrôle.

Cela passe par l’adoption et l’application stricte d’un code d’éthique renforcé, signé et respecté par tous les agents ; la création d’une cellule de contrôle interne réellement indépendante, dotée de pouvoirs d’enquête et de sanction ; l’instauration de formations régulières sur les droits humains et le comportement professionnel ; la protection effective des lanceurs d’alerte internes ou citoyens ; la mise en œuvre de sanctions exemplaires, allant de la suspension à la radiation pour les agents coupables de corruption, d’abus ou d’indignité ; et enfin, par la généralisation d’outils de transparence comme les caméras-piétons pour documenter les interventions.

L’objectif est clair : restaurer l’honneur de la fonction policière et faire émerger une police républicaine, respectueuse, proche des populations, digne de la Cinquième République. Comme l’a résumé le ministre Immongault : « Porter l’uniforme engage. Être policier, c’est servir la loi dans la dignité et l’honneur. C’est protéger les citoyens, parfois au péril de sa propre vie. »

Il est temps que ces mots trouvent écho dans les actes.

Mali : Le Premier ministre dévoile un plan gouvernemental d’action ambitieux devant le CNT

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Dans son discours solennel tenu le vendredi 16 mai 2025 devant le Conseil national de Transition (CNT), le général de division Abdoulaye Maïga a présenté le plan d’action gouvernemental pour la période 2025-2026. Ce plan, articulé autour de huit axes prioritaires, vise à répondre aux défis multidimensionnels auxquels le pays est confronté.

«Par la grâce du Tout-Puissant et Miséricordieux, j’ai le plaisir de me tenir devant vous, ce matin, pour vous présenter le Plan d’action du gouvernement pour la période 2025-2026», a déclaré le Premier ministre, chef du gouvernement, exprimant sa gratitude envers le Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, pour la confiance à lui accordée.

Les huit axes du plan d’action, issus des orientations du Président de la Transition ont été présentés comme suit : le renforcement de la défense et de la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles, la satisfaction des besoins fondamentaux de la population, l’amélioration de la carte sanitaire, l’amélioration du système éducatif, l’apaisement du climat social, le renforcement de notre diplomatie, la création de conditions pour des élections transparentes et apaisées.

Sécurité et Défense : Priorité absolue

«La défense et la sécurité s’érigent au premier plan des priorités du gouvernement», a souligné le Premier ministre Maïga. Des mesures concrètes sont prévues, notamment l’acquisition de nouveaux équipements militaires, la construction de camps, le recrutement de 15 000 soldats supplémentaires et le renforcement de la présence de l’État dans les zones d’insécurité.

Réformes et Développement : Un cap vers l’avenir

Le plan d’action prévoit également des réformes institutionnelles, la lutte contre la corruption et des initiatives pour améliorer la vie quotidienne des Maliens. «La satisfaction des besoins fondamentaux de la population est au cœur des priorités du président de la Transition», a affirmé le Premier ministre. Des efforts seront déployés pour assurer la souveraineté alimentaire, améliorer l’accès à l’eau et à l’électricité et développer les infrastructures.

Santé, Éducation et Cohésion Sociale : Investir dans l’humain

Le gouvernement s’engage à renforcer le système de santé, à améliorer la qualité de l’éducation et à promouvoir la cohésion sociale. Selon le Premier Ministre Maïga : «Nos valeurs d’entraide et de vivre ensemble seront mises en avant». Des initiatives sont prévues pour soutenir les jeunes, les femmes et les personnes vulnérables.

Diplomatie et Élections : Un Mali souverain et stable

Le plan d’action met l’accent sur le renforcement de la diplomatie malienne et la création de conditions pour des élections transparentes et apaisées. «L’action publique est guidée par les principes fondés sur le respect de la souveraineté de l’Etat», a soutenu le chef du gouvernement.

Engagements et Responsabilité : Un appel à l’unité

Le général Abdoulaye Maïga a conclu son discours en appelant à la responsabilité, à la redevabilité et à l’exemplarité. «Aucune réussite ne sera possible dans la haine destructrice et la division», a-t-il déclaré. Il a aussi souligné l’importance de l’unité nationale pour la réussite du présent plan d’action et pour l’avenir du Mali.