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Gabon : Le maire de Franceville serre la vis sur la protection des mineurs

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Sécurité des enfants, lutte contre l’oisiveté et décentralisation fiscale : Fernand Paulin Joumas dit Salamba a fixé le cap pour 2026. Lors d’une série d’audiences à l’Hôtel de Ville le 10 février dernier, l’édile a annoncé des sanctions fermes contre la négligence parentale dès le mois prochain.

L’heure est à la rigueur à Franceville. Le maire du chef-lieu du Haut-Ogooué a réuni les acteurs éducatifs et sociaux pour une mise au point musclée. Au cœur des échanges : une dérive sociétale qui voit de jeunes enfants livrés à eux-mêmes dans les artères de la cité.

L’édile a fermement dénoncé l’exposition des mineurs aux vices des adultes. « Il est inadmissible que des enfants soient commissionnés pour acheter de l’alcool », s’est insurgé Fernand Paulin Joumas dit Salamba.

La riposte municipale débutera en mars : tout mineur errant sans surveillance sera systématiquement reconduit à son domicile. Les parents s’exposeront, dès lors, à des sanctions administratives. En complément, le maire a alerté sur les « cyber-dangers » et la pénétration inquiétante des stupéfiants en milieu scolaire.

Vers une taxe municipale sur le privé

Le volet économique n’a pas été en reste. Dans le cadre du processus de décentralisation, la municipalité prévoit d’instaurer une taxe locale sur les établissements privés. Si le maire a promis une contribution « modérée », il a rappelé que la solidarité fiscale est le moteur du développement urbain.

La journée s’est achevée par une rencontre avec les représentants du personnel municipal. La présidente du syndicat municipal, Lydie Flore Okoumba, a porté les doléances des agents, axées sur : le paiement régulier des salaires et la gestion des plans de carrière.

Saluant l’ouverture du dialogue, le secrétaire général, Serge Moumbana, a pris acte de la création d’une commission paritaire chargée d’étudier la faisabilité de ces revendications.

Entre inquiétude et adhésion : la réaction des directeurs d’écoles

Du côté des chefs d’établissements privés, l’accueil des annonces municipales est mitigé. Si la lutte contre l’errance juvénile fait l’unanimité, la nouvelle taxe suscite des interrogations. « Nous comprenons la nécessité de contribuer au développement de Franceville, mais nos budgets sont déjà sous pression. Nous espérons que cette taxe restera symbolique pour ne pas impacter les frais de scolarité des parents », confie un responsable de secteur. Un dialogue technique devrait s’ouvrir prochainement pour fixer les modalités de ce prélèvement.

Focus : Ce que dit la loi sur la responsabilité parentale

L’initiative du maire Salamba s’appuie sur le cadre légal gabonais qui protège l’intégrité de l’enfant. La protection contre les substances. Selon le Code pénal gabonais, la vente ou la remise d’alcool à des mineurs de moins de 18 ans est strictement interdite et passible de poursuites. L’obligation de surveillance : la loi dispose que les parents sont civilement responsables des dommages causés ou subis par leurs enfants mineurs. Le délaissement de mineur est un délit puni par la loi lorsqu’il compromet la santé ou la sécurité de l’enfant. Le rôle de la commune : dans le cadre de la décentralisation, le maire dispose de pouvoirs de police pour assurer le bon ordre, la sûreté et la salubrité publique dans sa circonscription.

Gabon : Le maire Arnaud Sandri Nombo en immersion pour muscler l’administration locale

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Le maire de la commune d’Owendo, Arnaud Sandri Nombo, a bouclé ce vendredi 13 février une tournée d’inspection au sein des deux mairies d’arrondissement de la cité portuaire. Objectif : confronter les rapports administratifs à la réalité du terrain et remobiliser les troupes autour des exigences d’efficacité et de proximité.

Loin du confort des bureaux de l’Hôtel de ville, l’édile a opté pour un dialogue direct avec les agents municipaux. Confrontés à la vétusté des infrastructures et à un manque criant de moyens, ces derniers ont exposé sans filtre leurs difficultés quotidiennes. « Une commune ne peut fonctionner que si ses services travaillent en parfaite synergie », a martelé Arnaud Sandri Nombo, rappelant que les mairies d’arrondissement sont le « premier visage » de l’État pour les administrés.

Le « discours de vérité »

Cette visite de proximité n’est pas qu’un exercice de style. Elle pose les jalons de la feuille de route municipale pour 2026. Le maire a annoncé deux priorités majeures : la modernisation des outils administratifs pour briser la lenteur des procédures ; le renforcement des capacités via la formation continue des agents.

En clôturant sa tournée par la levée des couleurs au 2e arrondissement, Arnaud Sandri Nombo a voulu marquer le retour de la discipline régalienne. Pour les populations d’Owendo, l’attente est désormais concrète : transformer ces promesses de « synergie » en une accélération réelle du service public.

Coopération Gabon-Ethiopie : Cap sur le concret pour les infrastructures

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En marge du 37e Sommet de l’Union Africaine, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a multiplié les échanges économiques. Au cœur des priorités : un partenariat stratégique avec des investisseurs éthiopiens pour transformer le paysage sanitaire et urbain du Gabon.

Le constat est sans appel : routes saturées, déficit de logements et structures de santé précaires pèsent sur le quotidien des Gabonais. C’est pour répondre à cette urgence que le chef de l’État a reçu, ce week-end à Addis-Abeba, une délégation d’hommes d’affaires éthiopiens de premier plan. Spécialisés dans les grands travaux et le traitement des eaux, ces opérateurs proposent des solutions clés en main pour moderniser les services publics essentiels.

Un catalogue de projets structurants

Les discussions ont porté sur trois piliers majeurs : santé : Construction d’hôpitaux modernes équipés de systèmes de traitement des eaux de pointe. Habitat : Lancement de programmes de logements sociaux pour résorber la crise immobilière. Transport : Réalisation d’infrastructures routières durables pour désenclaver les territoires.

Au-delà du béton et de l’acier, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema place le capital humain au centre de cette coopération. Pour le Chef de l’État, ces chantiers ne doivent pas être de simples enclaves techniques, mais de véritables incubateurs d’emplois.

L’objectif est donc clair : transformer chaque projet d’infrastructure en opportunité pour la jeunesse gabonaise. Cela passe par le transfert de compétences et l’intégration de la main-d’œuvre locale, afin que la « prospérité partagée » ne soit plus un slogan, mais une réalité salariale et professionnelle.

Si l’enthousiasme est de mise, le défi reste celui de la mise en œuvre. Les investisseurs éthiopiens se disent prêts à engager les études de faisabilité dès que possible, sous la supervision des administrations compétentes. Toutefois, dans un pays habitué aux effets d’annonce, l’opinion publique attend désormais un calendrier précis et le premier coup de pioche.

Comme le souligne le suivi des sommets sur le site officiel de l’Union Africaine, ces partenariats Sud-Sud sont cruciaux, mais leur succès au Gabon se mesurera à l’aune des premiers chantiers livrés.

FOCUS : Le « Modèle éthiopien », une référence continentale

L’Éthiopie s’est imposée, en une décennie comme un leader africain du BTP. Grâce à des institutions comme l’Ethiopian Construction Design & Supervision Works Corporation, le pays a développé une expertise unique dans la construction rapide de logements à bas coûts et de barrages hydroélectriques. C’est ce savoir-faire, alliant coûts maîtrisés et délais réduits, que les investisseurs souhaitent aujourd’hui exporter vers Libreville.

Gabon : Deux semaines de travaux pour curer les caniveaux dès ce samedi à Nzeng-Ayong

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Le ministère des Travaux publics lance une opération d’envergure pour libérer les ouvrages hydrauliques du quartier. Jusqu’au 26 février, la circulation sera fortement perturbée entre Gaboprix et le Fromager.

C’est un chantier crucial contre les inondations. Par voie de communiqué ce 13 février, le ministre des Travaux publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, a officialisé le coup d’envoi de travaux de curage à Nzeng-Ayong, dans le sixième arrondissement de la commune de Libreville. L’objectif est clair : dégager les lits de rivières et les canalisations obstrués pour fluidifier l’évacuation des eaux pluviales.


Le déploiement des engins impactera trois secteurs névralgiques du quartier : Fromager, Fin Goudron et Gaboprix. Les opérations débutent ce samedi 14 février et devraient s’achever le jeudi 26 février 2026. Pendant ces 13 jours, le trafic sera alterné ou ralenti dans les deux sens de circulation sur ces axes stratégiques.

Pour limiter les embouteillages, les autorités appellent les usagers à la « plus grande vigilance ». Le ministère recommande notamment : le strict respect de la signalisation temporaire ; l’obéissance aux consignes des agents de circulation sur place et le recours aux voies secondaires pour contourner les points noirs.

Tout en présentant ses excuses pour les désagréments, Edgard Moukoumbi a assuré que les équipes resteraient mobilisées pour un rétablissement rapide de la fluidité routière.

Gabon : Le cri d’alarme de « Sans-Famille », un test de vérité pour l’État de droit

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La visite du ministre de la Justice, Augustin Emane, à la prison centrale de Libreville le 12 février dernier, a mis en lumière l’état de déliquescence avancée du système carcéral gabonais. Entre surpopulation record et détentions préventives abusives, le gouvernement est au pied du mur.

Ce n’était pas une simple visite protocolaire. En franchissant les portes de la prison centrale de Libreville le 12 février, le ministre de la Justice, Augustin Emane, a percuté de plein fouet une réalité brutale : celle d’un système pénitentiaire à bout de souffle. Loin des discours officiels, l’établissement agit désormais comme un révélateur des failles d’un État de droit en quête de dignité.

4 000 détenus pour 300 places : l’enfer du nombre

Le diagnostic est sans appel et les chiffres donnent le tournis. Conçu initialement pour accueillir 300 pensionnaires, l’établissement en compte aujourd’hui près de 4 000. Dans ce huis clos étouffant, six à dix détenus s’entassent dans des cellules prévues pour deux.

Ici, la privation de liberté ne se limite plus à la sanction judiciaire, elle se transforme en une épreuve de survie quotidienne. Dans ces conditions, la prison ne remplit plus sa mission de correction : elle broie les corps et les esprits.

Le fléau de la détention préventive

Au cœur de cette crise se cache une pathologie judiciaire bien connue : l’explosion des détentions préventives. Ce qui devrait être l’exception est devenu la règle, conséquence directe des lenteurs administratives et d’un manque de moyens criant.

Face à ce constat, la création d’une commission d’enquête administrative par le Garde des Sceaux sonne comme un aveu lucide. L’Etat reconnaît implicitement que de nombreux citoyens croupissent derrière les barreaux sans base légale solide. Si la promesse de libérations rapides est un signal fort, elle place la crédibilité de la justice gabonaise sous haute surveillance. Car en matière de liberté, libérer trop tard revient à commettre une nouvelle injustice.

Gabon : Le cri d’alarme de « Sans-Famille », un test de vérité pour l’État de droit
La commission d’enquête administrative permettra en de désengorger la prison.

Réinsérer : l’impossible mission ?

Si Augustin Emane a tenu à saluer les efforts de réinsertion, la réalité du terrain rend l’exercice presque héroïque. Comment former, soigner ou préparer un retour à la vie civile dans un tel contexte de saturation ?

Pour que la réinsertion ne reste pas un slogan creux, elle nécessite un investissement massif de l’Etat dans l’humain et une volonté sociétale d’accueillir les anciens détenus. Sans cela, la prison restera ce qu’elle est aujourd’hui : une usine à récidive où l’insécurité se nourrit de la précarité carcérale.

La prison de Libreville est aujourd’hui le miroir grossissant des contradictions du pays. Le gouvernement fait face à une responsabilité historique : réformer la chaîne pénale et humaniser la détention pour restaurer la confiance des citoyens envers leur justice. Au-delà des murs de « Sans-Famille », c’est le choix d’une société plus juste qui se joue.

Gabon : La FETRAG sonne la fin des chefferies syndicales par les élections professionnelles

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Le débat syndical est loin d’être clos. Réunie en conférence de presse le 12 février 2026 à l’espace PMI de Libreville, la Fédération des travailleurs du Gabon (FETRAG) a remis sur la table une question aussi sensible que structurante : la tenue des élections professionnelles à l’échelle nationale. Un rendez-vous annoncé, de manière provisoire, pour mars 2026, mais déjà au cœur de fortes divergences entre organisations syndicales.

Face aux journalistes, Jocelyn Louis Ngoma, secrétaire général de la FETRAG, n’a pas tergiversé : pour son organisation, l’élection professionnelle ne saurait être indéfiniment repoussée. Elle concerne aussi bien les travailleurs du secteur privé que ceux de la fonction publique et doit, selon lui, permettre de restituer la parole aux salariés eux-mêmes. « Si certains refusent d’y aller, nous irons seuls au privé », a-t-il tranché, répondant aux réticences exprimées par plusieurs leaders syndicaux de la fonction publique. En cause : le manque de financement. Un argument que la FETRAG juge insuffisant pour justifier un nouveau report d’un scrutin très attendu.

Des journalistes à l’espace PMI de Libreville lors de la conférence de la FETRAG.
Des journalistes à l’espace PMI de Libreville lors de la conférence de la FETRAG.

La souveraineté des salariés en question

Au-delà du calendrier, la sortie de la FETRAG s’inscrit dans une critique plus profonde du fonctionnement syndical au Gabon. Et Jocelyn Louis Ngoma de préciser que les élections professionnelles constituent avant tout « la manifestation de la souveraineté des salariés ». Un principe fondamental, trop souvent confisqué, selon lui, par des dirigeants syndicaux installés durablement à la tête des organisations. « Un leader syndical n’est ni un chef d’entreprise, ni un propriétaire. Il n’est qu’un porte-parole », a-t-il rappelé, dénonçant l’éternisation de certains responsables syndicaux, symptôme, à ses yeux, d’un déficit de démocratie interne.

La réalité est triste : des syndicats deviennent plus puissants que les travailleurs qu’ils sont censés défendre. Non par la force, mais par l’indifférence ou le désengagement des salariés eux-mêmes. « Les travailleurs ne consultent les syndicats que lorsqu’ils sont dans la difficulté», a encore regretté le secrétaire général de la FETRAG.

Un plaidoyer pour un syndicalisme réformiste

La FETRAG revendique ainsi un nouveau courant syndical, qu’elle qualifie de réformiste, rompant avec les pratiques héritées d’un syndicalisme historiquement politisé. D’après Jocelyn Louis Ngoma, trop de syndicats auraient perdu de vue leur mission première : la défense des intérêts des travailleurs, au profit du positionnement et d’intérêts personnels.

Au cœur de ce plaidoyer, un seul appel direct aux travailleurs : l’implication. Prendre une carte d’adhésion, payer sa cotisation, participer à la vie syndicale sont des actes qui permettent un fonctionnement. Car, rappelle le secrétaire général de la FETRAG, ce sont ces actes qui donnent aux salariés le pouvoir de contrôler leurs dirigeants, voire de les révoquer conformément aux statuts. « Même moi, vous pouvez me chasser », a affirmé Jocelyn Louis Ngoma, insistant sur le caractère collectif et impersonnel de l’organisation syndicale une fois créée.

Si elles se tiennent effectivement en mars 2026, les élections professionnelles pourraient ainsi servir de révélateur. Reste à savoir si ce message arrivera aux oreilles des salariés. Car, comme l’a martelé Jocelyn Louis Ngoma, sans eux, le syndicalisme n’est qu’une coquille vide.

Gabon : La Task Force Okoumé fait sa mue pour un impact social renforcé

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L’ONG Task Force Okoumé a franchi une étape décisive de sa structuration ce vendredi 13 février. Réunie en Assemblée générale à la Chambre de commerce de Libreville, l’organisation a procédé à l’installation officielle de son nouveau bureau, plaçant la cohésion sociale et le soutien aux institutions au cœur de sa feuille de route.

C’est dans une atmosphère solennelle que le président de l’ONG, Fabrice Djoué, a pris ses fonctions entouré de son équipe. Devant un parterre de coordinateurs et d’invités, le leader de la structure a réaffirmé l’ADN de l’organisation : la promotion de l’inclusion économique et d’une citoyenneté responsable.

Pour ce nouveau mandat, la Task Force Okoumé ne compte pas faire de la figuration. Fabrice Djoué a tracé une ligne directrice claire articulée autour de trois axes majeurs. Le social : renforcer la solidarité et l’équité. L’économie : dynamiser l’entrepreneuriat et l’innovation locale. L’institutionnel : garantir une gouvernance transparente et axée sur les résultats. « La crédibilité d’une organisation ne se proclame pas, elle se construit par le travail, la discipline et la loyauté », a martelé le président, appelant ses membres à faire de l’ONG un partenaire stratégique incontournable du développement national.

Les membres de la Task Force Okoumé nombreux lors de l'évènement.
Les membres de la Task Force Okoumé nombreux lors de l’évènement.

Un appel à l’unité et à l’action de terrain

La porte-parole et conseillère, Mme Claire Elise Le Flem née Mboul’Mounombi, a emboîté le pas en insistant sur la nécessité d’un « nouveau départ ». Pour elle, l’efficacité de l’ONG se mesurera à sa capacité à dialoguer avec les citoyens et à produire des résultats tangibles sur le terrain.

Gabon : La Task Force Okoumé fait sa mue pour un impact social renforcé

En clôture de cérémonie, Fabrice Djoué a tenu à saluer la vision du pésident de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il a notamment loué les efforts du chef de l’État pour la restauration de la confiance entre les institutions et le peuple, inscrivant l’action de la Task Force Okoumé dans cette dynamique de climat social apaisé.

L’installation des membres du bureau a marqué le top départ d’une phase d’expansion pour l’ONG, désormais en ordre de marche pour accompagner les transformations sociales en cours au Gabon.

Gabon : Vers une paralysie totale du secteur de la formation professionnelle ?

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Réunis en front commun ce vendredi 13 février 2026 à Libreville, les syndicats de la formation professionnelle (SYNEPFOP, SYNFEP et SYFOP) ont lancé un ultime cri d’alarme. Face à ce qu’ils qualifient de « mépris » des autorités, les formateurs durcissent leur mouvement de grève, menaçant l’année académique en cours.

Le centre de formation Basile Ondimba d’Oloumi a servi de cadre, ce vendredi, à une démonstration de force syndicale. Alors que le front social reste instable à l’Education nationale, c’est désormais la Formation professionnelle qui s’enfonce dans la crise. En grève depuis novembre dernier, les agents passent à la vitesse supérieure, dénonçant l’inertie d’un gouvernement sourd à leurs revendications.

Au cœur de la discorde : le non-paiement chronique des compléments de salaires et des vacations. Pour Marc Gnassa Poutou, président du SYNFEP, la situation est devenue intenable. « Le travail a été fourni, mais la reconnaissance financière reste bloquée, plongeant de nombreux agents dans une précarité inacceptable », a-t-il martelé lors du point de presse.

Un sentiment d’injustice partagé par Edmond Hendet Ngadi, président du SYNEPFOP, qui place le débat sur le terrain de la dignité humaine : « L’excellence de la formation ne se construit pas sur le mépris des formateurs. Nous demandons simplement le respect des engagements pris par l’État. »

Au-delà des portefeuilles, c’est l’outil pédagogique qui prend l’eau. Les syndicats alertent sur un risque imminent de désorganisation des examens. Le blocage des vacations du DTS 2025 impacte déjà le calendrier inter-stages et hypothèque l’organisation du CFP 2025, ainsi que les concours d’entrée pour la future cohorte 2026/2028.

Gabon : Vers une paralysie totale du secteur de la formation professionnelle ?

Prince Prosper Engonga, président du SYFOP, ne cache pas son inquiétude pour la jeunesse : « L’avenir des apprenants est directement menacé. Sans résolution immédiate, nous risquons une année blanche ou des diplômes dévalués », a-t-il martelé.

Des ateliers vides et des carrières bloquées

Outre les arriérés financiers, la coalition pointe du doigt le délabrement des conditions d’apprentissage. Comment former des techniciens qualifiés sans matériel dans les ateliers ? Pour les syndicats, cette « impossibilité technique » vide l’enseignement de sa substance. A cela s’ajoute le gel des régularisations administratives et un manque de transparence dans les promotions internes, nourrissant un sentiment de frustration généralisée.

Si les syndicats se disent encore ouverts au dialogue, le ton n’en demeure pas moins ferme. La coalition exige désormais des « actes administratifs concrets » et un échéancier de paiement immédiat. Pour les leaders syndicaux, la balle est dans le camp du gouvernement : toute paralysie totale du système sera de sa responsabilité exclusive.

Dans les couloirs des centres de formation, l’inquiétude grandit. Entre des formateurs déterminés et des autorités muettes, les apprenants se retrouvent, une fois de plus, les premières victimes d’une crise qui semble s’installer dans la durée.

Séminaire sur l’environnement à Bruxelles : le Gabon, laboratoire de l’économie verte

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À Bruxelles, le Gabon s’est affirmé comme un modèle de transition écologique devant une jeunesse panafricaine mobilisée, déterminée à peser dans les débats mondiaux sur le climat et la souveraineté économique.

Ce jeudi 12 février 2026, l’Ambassade de la République gabonaise à Bruxelles a servi de cadre à un séminaire stratégique intitulé : « Le Gabon, laboratoire de l’économie verte : biodiversité, opportunités et partenariats ». Organisée en collaboration avec l’Élite Marocaine des Jeunes Leaders (EMJL), plateforme engagée pour la coopération panafricaine et la mobilisation des diasporas, la rencontre s’inscrit dans la continuité des liens d’amitié et de coopération entre le Gabon et le Maroc. En ouverture, Messieurs Daoud Mekni, Directeur général de l’EMJL, et Haroun Benouaziz, Responsable du Pôle des Marocains de l’Étranger, ont dressé une cartographie stratégique du Gabon, expliqué le choix du pays comme modèle africain de transition écologique et appelé à une meilleure compréhension des trajectoires de développement du continent.

Face à une jeunesse venue du Maroc, d’Égypte et du Gabon, Son Excellence Eudes Régis Immongault Tatangani, Ambassadeur du Gabon à Bruxelles, a délivré un message ferme : avec plus de 88 % de couverture forestière et un bilan carbone positif, le Gabon demeure un puits de carbone stratégique à l’échelle mondiale. L’économie verte, a-t-il soutenu, constitue un levier de souveraineté économique. La justice climatique doit cesser d’être théorique : les pays forestiers ne sauraient être les gardiens gratuits du climat mondial. La valorisation des services écosystémiques passe par des mécanismes financiers équitables, notamment les crédits carbone, l’Article 6 de l’Accord de Paris et les obligations vertes. Dans cette logique, le Gabon entend réduire l’exportation brute de ses ressources naturelles et privilégier leur transformation locale et durable.

Les politiques publiques soutenant cette vision ont été détaillées par le Dr Willy Souo, Premier Conseiller, tandis que la dimension sécuritaire, indissociable de la crédibilité environnementale, a été exposée par Monsieur Arsène Emvahou, Attaché de Défense, évoquant la lutte contre le braconnage, la surveillance des espaces stratégiques et la gestion des conflits homme-faune.

Au terme des échanges, une conviction s’est imposée : l’économie verte est désormais un enjeu géopolitique majeur, et la jeunesse africaine entend structurer un dialogue actif entre diasporas pour y prendre toute sa place.

Bob Mengome, “Matricule 212” : l’urgence d’une solidarité autour d’une famille en détresse

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Arrêté en janvier, placé sous mandat de dépôt, privé de visites et désormais au cœur d’un appel à la solidarité nationale, le cas de Bob Mengome dépasse le simple fait judiciaire. Il interroge la justice et les droits humains. Mais aujourd’hui c’est toute une famille en détresse qui crie à l’aide.

Le 15 janvier 2026, Bob Mengome, activiste connu pour ses critiques acerbes du régime du président Brice Clotaire Oligui Nguéma, est interpellé. Après plusieurs jours passés dans les locaux de la police judiciaire, à la demande du parquet qui exige des investigations complémentaires, il est présenté devant un magistrat instructeur. Le 19 janvier 2026, la décision tombe : placement sous mandat de dépôt et transfert à la prison centrale de Libreville. Les charges retenues sont lourdes : trouble à l’ordre public et incitation à la haine. Assisté par son conseil, Maître Jean-Paul Moumbembé, l’homme que ses soutiens surnomment déjà “Matricule 212” entre officiellement dans une séquence judiciaire hautement scrutée.

Un mur de silence : L’alerte rouge de SOS Prisonniers

Mais au-delà des poursuites, c’est le régime de détention qui suscite l’indignation. Selon l’ONG SOS Prisonniers Gabon, la famille de Bob Mengome se heurte depuis plusieurs semaines à un refus systématique de visites, malgré la présentation régulière d’un permis de communiquer délivré par le tribunal compétent. Aucune décision écrite ni notification formelle ne justifierait ce blocage. Le dimanche 8 février dernier encore, ses parents se sont vu refuser l’accès sans explication. Depuis, silence total. L’ONG évoque une violation grave des droits fondamentaux et alerte sur l’état de santé du détenu, jugé préoccupant. Privé de contacts avec les siens, l’activiste serait fragilisé, dans un contexte carcéral déjà réputé difficile.

Appel à la chaîne de solidarité nationale

Derrière le détenu, il y a pourtant une épouse et cinq enfants. Deux sont en classes d’examen au public (Terminale et 3ᵉ), trois autres poursuivent leur scolarité dans le privé (4ᵉ année, 1ʳᵉ année et crèche), sans compter les charges quotidiennes : alimentation, transport scolaire, factures d’eau, tickets EDAN, abonnements téléphoniques, télévisuels et à Internet. Face à l’urgence, une chaîne de solidarité nationale est lancée.

Les contributions volontaires peuvent être envoyées via Airtel Money (074 85 12 59, Mme Obone Ngoua Bienvenue) ou Moov Money (062 08 22 95, Mme Ada Evoung). Chaque geste, même modeste, peut préserver la dignité d’une famille plongée dans l’angoisse. Car au-delà du débat politique, c’est une réalité humaine qui s’impose : l’absence d’un père ne suspend ni la faim ni les échéances scolaires. Soutenir cette famille aujourd’hui, c’est refuser que la détresse devienne leur seule perspective.