Loin des success-stories édulcorées, l’Administrateur directeur général du groupe CECA-GADIS donne rendez-vous aux entrepreneurs le 27 février prochain à Libreville. Objectif : décortiquer la face cachée de la réussite lors d’un échange sans détour.
L’entrepreneuriat n’est pas un long fleuve tranquille, et Isabelle Essongue compte bien le rappeler. Le vendredi 27 février 2026, à 18 heures au restaurant Ô’MUMBAÏ, la patronne du géant de la distribution gabonaise animera un « Apéro Networking » sous un angle inhabituel : « Le parcours entrepreneurial sous le prisme de l’échec ». Co-organisé par l’agence EDN’COM et l’association APJA, l’événement vise à déconstruire le mythe de la victoire permanente.
Pour cette figure majeure de l’économie nationale, l’échec ne doit plus être un sujet tabou, mais un levier d’apprentissage. À la tête de CECA-GADIS, Isabelle Essongue a piloté des restructurations lourdes et des arbitrages stratégiques complexes. Son intervention promet de s’éloigner des théories managériales pour se concentrer sur la résilience concrète : comment gérer une erreur coûteuse ? Comment pivoter après une décision infructueuse ?
« L’objectif n’est pas de glorifier la chute, mais d’en extraire les leçons indispensables », soulignent les organisateurs.
Le format privilégie l’interactivité, avec une séance de questions-réponses conçue pour briser la distance entre le leader et son auditoire.
Un écosystème en construction
Ce rendez-vous ne se veut pas ponctuel. Pensé comme un jalon mensuel, l’Apéro Networking ambitionne de structurer un véritable réseau d’affaires à Libreville, où l’expérience prime sur la posture. En ciblant les jeunes actifs, les porteurs de projets et les étudiants, le partenariat entre EDN’COM et l’APJA mise sur une transmission intergénérationnelle basée sur la réalité du terrain.
Avec un tarif d’entrée fixé à 15 000 FCFA (sur réservation), le pari est lancé : parler des revers d’aujourd’hui pour mieux sécuriser les succès de demain.
Lors du 5ᵉ Comité de pilotage des projets eGabon et Gabon Digital, le ministre de l’Économie numérique a affiché une fermeté inédite. Face à une coordination interministérielle jugée trop lente, l’heure n’est plus aux diagnostics, mais aux résultats concrets.
Le message est passé comme un électrochoc. Le week-end dernier, devant ses collègues de la Fonction publique, de la Planification et de la Santé, Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, a mis les points sur les « i ». Si les fondations de la transformation numérique de l’État gabonais sont posées, le passage à l’acte, lui, piétine. « Nous passons d’une phase de structuration à une phase d’exécution accélérée », a martelé le ministre, pointant du doigt un taux de décaissement des financements insuffisant et une synergie gouvernementale encore trop fébrile.
Priorité au décaissement et à la performance
Pour sortir de l’inertie, le Comité de pilotage a acté une thérapie de choc. Le nouveau mot d’ordre ? La redevabilité. Chaque projet sera désormais passé au crible d’indicateurs de performance (KPI) stricts. Pour éviter que les budgets ne dorment dans les tiroirs alors que les besoins sur le terrain sont immenses, une accélération des décaissements a été ordonnée.
Gabon Digital, un chantier stratégique désormais jugé à l’aune des résultats concrets pour les citoyens.
Au-delà de l’aspect financier, le chantier s’attaque à l’humain et au droit. Le renforcement du cadre juridique et la formation massive des agents publics deviennent les piliers de cette stratégie. L’objectif est clair : garantir que les infrastructures déployées ne soient pas des « coquilles vides », mais des outils pérennes au service de l’usager.
Le numérique comme remède à la lenteur administrative
Pour Mark Alexandre Doumba, le programme Gabon Digital doit cesser d’être une abstraction institutionnelle. La finalité est sociale : dématérialiser les procédures pour réduire les délais et accroître la transparence.
Dans un pays où la lourdeur bureaucratique reste un frein à la croissance, ce virage vers une administration 2.0 est attendu au tournant par les citoyens et les partenaires au développement. En s’alignant sur la vision de modernisation du chef de l’État, le Comité de pilotage s’est engagé à faire du numérique le moteur de la nouvelle économie nationale. Mais après les discours, c’est désormais l’épreuve du terrain qui servira de juge de paix.
Focus : Gabon Digital, un projet à 68 millions de dollars
Financé en partie par la Banque mondiale, le projet Gabon Digital vise à améliorer la délivrance des services publics (santé, protection sociale) grâce à l’identité numérique et à l’interopérabilité des systèmes de l’État. Le défi majeur reste la consommation des crédits alloués pour transformer ces millions en services concrets pour le citoyen gabonais.
Dans les supermarchés et hypermarchés de la capitale, la nouvelle mercuriale publiée le 23 février 2026 commence déjà à se faire sentir. La décision du gouvernement de suspendre, pendant six mois, certains droits et taxes sur 105 produits essentiels se traduit concrètement par une baisse des prix affichés en rayons. Une application rapide qui contraste avec les doutes souvent exprimés par les consommateurs quant à l’efficacité immédiate de ce type de mesure.
Les réductions concernent principalement les produits alimentaires de grande consommation. Le riz importé, la farine de blé, le sucre, l’huile végétale, les pâtes alimentaires et le lait en poudre sont désormais proposés à des prix plus bas ces dernières semaines. Dans plusieurs grandes surfaces, les responsables indiquent avoir ajusté les tarifs presque aussitôt après l’annonce officielle, conformément aux nouvelles directives gouvernementales.
Le secteur des matériaux de construction bénéficie également de cette dynamique. Le ciment, les fers à béton, les tôles et certains équipements de base affichent désormais des prix plafonnés, aussi bien dans les grandes enseignes que dans certains dépôts spécialisés. Cette évolution suscite l’espoir d’une baisse progressive des coûts de construction et, à terme, d’un impact positif sur les loyers et le prix du logement, dans un contexte marqué par la hausse continue des matériaux.
Malgré ces premiers résultats encourageants, des disparités persistent dans certains commerces de proximité où des prix restent au-dessus des plafonds annoncés. Cette situation souligne la nécessité de contrôles réguliers par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Pour les autorités publiques, l’objectif est clair : faire de cette baisse des prix une mesure durable afin de soulager réellement le panier de la ménagère et améliorer le pouvoir d’achat des populations.
Le diplomate chevronné a été nommé ce lundi 24 février pour succéder à Abdou Abarry. Il assurera la transition à la tête du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) basé à Libreville.
L’information est désormais officielle. Le Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) a annoncé la nomination de Parfait Onanga-Anyanga en qualité d’administrateur par intérim. Il assure dès à présent les fonctions de Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, succédant au Nigérien Abdou Abarry dont le mandat, débuté en 2022, est arrivé à son terme.
Avec plus de trente ans d’expérience au sein des instances internationales, Parfait Onanga-Anyanga est une figure bien connue de la diplomatie onusienne. Ancien ambassadeur, il a notamment occupé le poste stratégique de représentant spécial auprès de l’Union africaine et dirigé la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).
Son parcours académique et professionnel témoigne d’une expertise rare : formé à l’Université Omar-Bongo, à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l’ENA, il a collaboré avec des personnalités de premier plan telles que Kofi Annan, Ban Ki-moon ou encore Jean Ping.
Les défis d’une transition stratégique
Dans l’attente d’une nomination permanente, l’intérim de Parfait Onanga-Anyanga s’inscrit dans un agenda dense. Ses priorités sont clairement définies. Diplomatie préventive : renforcer la médiation et la consolidation de la paix. Processus démocratiques : soutenir la stabilité politique dans la sous-région. Coopération sécuritaire : intensifier les liens avec la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).
Le choix d’un diplomate gabonais pour diriger, même temporairement, l’institution basée à Libreville souligne l’influence diplomatique du pays. Cette nomination renforce le rôle du Gabon comme hub régional pour la paix et valorise l’expertise de ses cadres sur l’échiquier mondial.
Bio express : Parfait Onanga-Anyanga, l’expert de la diplomatie de terrain
Diplomate de carrière chevronné, Parfait Onanga-Anyanga incarne l’expertise gabonaise au sein des Nations unies depuis plus de trois décennies.
Un parcours de haut niveau. Avant de prendre la tête de l’UNOCA, il occupait la fonction stratégique de Représentant spécial auprès de l’Union africaine à Addis-Abeba. Gestionnaire de crises : il s’est illustré dans la pacification de zones complexes, notamment en dirigeant la MINUSCA en République centrafricaine et le Bureau des Nations unies au Burundi. Conseiller stratégique : il a évolué dans le premier cercle des décideurs mondiaux, officiant auprès des Secrétaires généraux Kofi Annan et Ban Ki-moon.
Double cursus académique : Son expertise s’appuie sur une formation solide entre l’Université Omar-Bongo de Libreville, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en sciences politiques et à l’Ecole nationale d’administration (ENA).
Ainsi promet, la main sur le cœur, le ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale et de l’Instruction civique. Dans l’entretien ci-après, réalisé dimanche dernier en collaboration avec le journal « La Loupe », Camélia Ntoutoume-Leclercq détaille les engagements fermes pris par le gouvernement concernant : « la régularisation des situations administratives en attente ; l’apurement de certaines primes statutaires telles que les vacations après l’audit ; l’octroi des postes budgétaires ». Alors que plus de 82 % des cours ont repris sur l’ensemble du territoire, selon le ministère, la question demeure : l’école gabonaise est-elle réellement sortie de la zone de turbulences ou simplement engagée dans une accalmie fragile ? Entre promesse d’« aucune année blanche », calendrier réajusté et réforme structurelle annoncée, le gouvernement joue désormais sa crédibilité sur un terrain sensible : celui de l’avenir immédiat de milliers d’élèves, notamment en classes d’examen, et de la stabilité durable de l’école publique.
Gabonclic.Info : Madame la ministre d’État, après plus d’un mois de grève, quel est le taux exact de reprise des cours au niveau national ?
Camelia Ntoutoume-Leclercq : à ce jour, le taux de reprise des cours au niveau national est estimé à plus de 82 %, avec des disparités selon les provinces et les établissements. Dans plusieurs académies, la reprise est effective et les enseignements se déroulent normalement. Nous poursuivons un suivi quotidien, afin d’atteindre une reprise totale dans les meilleurs délais.
Comment expliquez-vous que, dans certaines localités, comme l’Ogooué-Maritime, les enseignants n’aient pas totalement repris ? Qu’est-ce qui coince ?
Les réalités locales sont parfois spécifiques. Dans certaines zones, notamment dans la province de l’Ogooué-Maritime, des préoccupations liées aux régularisations des situations administratives individuelles subsistent. Nous avons diligenté des missions d’écoute et de dialogue, afin d’apporter des réponses concrètes. Il ne s’agit pas d’un blocage global, mais de situations ciblées en voie de règlement. Le cas, par exemple, des établissements confessionnels, qui ont eu plus de difficultés. Celles-ci aussi liées à une méconnaissance de ce qui est fait pour les enseignants de cet ordre d’enseignement. Il faut se souvenir que le président de la République leur avait accordé 1000 postes budgétaires, en cours de traitement.
Lors de ma rencontre avec les directeurs des différents ordres d’enseignement, à savoir les catholiques, protestants, Alliance chrétienne et islamique, je leur ai annoncé l’organisation des concours conjoints pour les professeurs d’écoles et des quotas pour les concours des professeurs de l’enseignement général et technique. Il en sera de même pour les concours internes, afin de permettre l’évolution de leur carrière comme Conseiller pédagogique.
Camélia Ntoutoume Leclercq (Ministre d’Etat, ministre de l’Education nationale et de l’instruction civique)
Pouvez-vous détailler les engagements budgétaires pris par le gouvernement et donner un calendrier clair d’exécution ?
Le gouvernement a pris des engagements fermes concernant : la régularisation des situations administratives en attente ; l’apurement de certaines primes statutaires telles que les vacations après l’audit ; l’octroi des postes budgétaires. Un calendrier d’exécution a été arrêté en concertation avec les ministères du Budget et de la Fonction publique, dans le cadre de la commission interministérielle tripartite : les premières opérations sont déjà en cours et s’échelonneront sur les prochains mois, avec une priorité donnée aux situations les plus anciennes. J’ai donné des instructions fermes au comité technique pour que, contrairement à ce qui a été fait par la Solde pour le mois de février, le choix aléatoire des bénéficiaires ne se fasse plus. Nous devons faire, pour les bénévoles, des quotas par province et rattraper le cas de l’Ogooué-Ivindo, qui a particulièrement attiré mon attention. Pour les sortants écoles, tenir compte des disciplines et du classement des palmarès.
Pour les régularisations des situations administratives, le fichier est détenu par la Fonction publique, et j’ai demandé à ma collègue qu’au-delà de la liste nominative à nous faire parvenir, nous souhaitons connaître l’ancienneté des agents et donner des quotas pour le Primaire, le Secondaire général et le Secondaire technique, afin de toucher tout le monde, et que la liste des bénéficiaires soit validée en commission.
Nous tenons à présenter nos excuses pour l’inversion intervenue dans le calendrier d’exécution des mesures gouvernementales. En effet, les dispositions initialement prévues pour le mois de février, notamment la prise en compte des 148 sortants des écoles seront finalement exécutés au mois de mars. Pour le mois de février, c’est la programmation initialement prévue pour mars qui a été retenue. Le reste du calendrier demeure inchangé jusqu’à son terme, conformément aux indications communiquées par le directeur de la Solde, au nom du ministre en charge du Budget. Nous veillerons au strict respect de ce nouvel échéancier.
Quel dispositif concret est prévu pour rattraper le mois de cours perdu ?
Plusieurs mesures ont été envisagées : réaménagement du calendrier scolaire ; réduction encadrée de certaines périodes de congés ; renforcement des volumes horaires hebdomadaires ; ajustement des périodes d’évaluation. L’objectif est clair : éviter toute année blanche et garantir l’acquisition effective des compétences.
Ne craignez-vous pas que cette reprise inégale accentue une école à deux vitesses ?
C’est une préoccupation légitime. C’est pourquoi, nous veillons à harmoniser les dispositifs de rattrapage, afin d’éviter tout déséquilibre entre établissements publics et privés. L’équité territoriale et sociale demeure une priorité absolue. Toutefois, nous rappelons que les revendications des enseignants sont légitimes, mais ils savent aussi qu’au moment des examens, l’épreuve ne fera pas de distinction si tu es un enfant du Moyen-Ogooué, de la Ngounié ou encore de l’Ogooué-Maritime. L’épreuve est bien nationale.
Le dialogue avec les syndicats est-il désormais institutionnalisé ?
Oui ! nous avons toujours prôné la nécessité du dialogue social. N’oublions pas que la grève a été déclenchée alors que j’étais démissionnaire. Depuis le 1er janvier, date de notre confirmation, nous travaillons pour maintenir le dialogue et nous avons reçu toutes les tendances de SOS Éducation, le SENA, le SYTECHPRO et tous les autres partenaires sociaux. La mise en place d’un cadre permanent de concertation est nécessaire et le travail du comité technique suivi-évaluation apprend nos services à être décloisonnés.
Le dialogue social sur des dossiers transversaux ne doit plus être conjoncturel, ni réactif. Il doit être structuré, régulier et orienté vers la prévention des crises.
Quelles mesures structurelles sont prévues pour améliorer les conditions de travail ?
Au-delà des revendications financières, nous avons engagé : un programme de réhabilitation des infrastructures scolaires avec des équipements modernes ; la construction des logements d’astreinte pour les enseignants. Puis, un programme d’accès à la propriété, soit de logements, soit de terrain, est en cours de réflexion ; le renforcement des recrutements se poursuit et nous devons souligner que le chef de l’Etat y attache du prix car, il autorise, à chaque fois, une liste additive ; la modernisation progressive des outils pédagogiques et les premiers manuels gabonais au secondaire avec la collection « Concorde ».
Ces actions s’inscrivent dans une dynamique impulsée par le président de la République, Son Excellence Monsieur Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place l’éducation au cœur de la transformation nationale.
Reconnaissez-vous une part de responsabilité de l’État dans cette crise ?
Toute crise sociale appelle une introspection collective. L’État assume sa responsabilité dans la nécessité d’améliorer les mécanismes d’anticipation. Mais il faut aussi reconnaître que des contraintes budgétaires structurelles existent. Notre devoir est d’y répondre avec méthode, responsabilité, et en tenant compte de la soutenabilité de la dépense publique.
Quel accompagnement pour les élèves en classes d’examen ?
Un plan spécifique est prévu pour les classes de 3e et de Terminale : cours intensifs de renforcement ; mise à disposition de supports pédagogiques complémentaires ; encadrement renforcé dans les établissements ; aménagement technique des examens, si nécessaire. Aucun candidat ne sera abandonné, mais je rappelle que l’épreuve est nationale.
Quelle est votre vision pour éviter des grèves prolongées à l’avenir ?
Nous devons engager une réforme structurelle articulée autour de trois piliers : stabilisation du dialogue social ; programmation budgétaire pluriannuelle sécurisée ; revalorisation nécessaire et progressive de la fonction enseignante.
L’éducation doit sortir du cycle des crises répétitives, d’autant plus que ce sont nos enfants qui en payent le prix fort. Cette année, beaucoup de nos bacheliers ne pourront pas passer les concours des grandes écoles ou solliciter des inscriptions dans de grandes universités à travers le monde car, le deuxième trimestre se terminera le 28 mars.
Certains Gabonais estiment que plus de 40 % des ressources devraient être consacrées à l’éducation. Que leur répondez-vous ?
L’éducation est une priorité stratégique. Toutefois, la gestion de l’État implique un équilibre entre plusieurs secteurs essentiels : santé, sécurité, infrastructures. L’augmentation progressive de la part budgétaire dédiée à l’éducation est un objectif, mais elle doit être soutenable et réaliste. En 2026, l’État a fait déjà un grand pas en lui accordant 10% du budget.
Vous avez publié un message à l’occasion du mercredi des Cendres. En langage simple, cela renvoie à quoi ?
Ce message rappelait une vérité simple en cette période de carême, où il nous ait fortement recommandés : la prière, le partage, la pénitence. Au-delà de toute crise, n’oublions pas que nous sommes de simples mortels, la perfection n’est pas de ce monde. Portée par ces 3 P, ma modeste personne cultive l’humilité, la solidarité et le sens du devoir qui guide mes actions. Dans un contexte de tensions, il invite chacun à la responsabilité, à l’apaisement et au dialogue.
À vous le clavier, Madame la ministre d’État, pour le dernier mot.
Je veux rassurer les parents, les élèves et les enseignants : il n’y aura pas d’année blanche. L’école gabonaise traverse une période de tension, mais elle se relèvera plus forte. Nous sommes engagés dans une transformation profonde visant à bâtir une école plus stable, plus équitable et plus performante. L’éducation demeure la clé de notre souveraineté et de notre développement. Ensemble, dans la responsabilité et le dialogue, nous réussirons.
Il est des faits qui questionnent notre modèle de société. Des activités qui, depuis la nuit des temps, ont bercé plusieurs générations pour finir par devenir « patrimoine national ». C’est le cas du Groupe Ceca-Gadis, avec son magasin Gaboprix qui est un point de rencontres dans la plupart de localités de notre pays. C’est pourquoi, quand le Groupe Ceca-Gadis éternue, le Gabon s’enrhume. Nous y sommes ! Ces derniers mois, le Groupe Ceca-Gadis ferme progressivement certaines de ses enseignes sur le territoire national dont l’emblématique magasin CK2 à Libreville. Un arrêt d’activités lié à plusieurs contraintes économiques qui asphyxient le secteur de la grande distribution au Gabon. Dans cette tribune, l’auteur en relève quelques-unes avant d’appeler à « une refondation du modèle de distribution au service de la stabilité économique et de la résilience nationale ». Lecture !
Christophe NZE MBA*
Il est des événements économiques dont la portée dépasse largement leur dimension sectorielle. La fermeture progressive des enseignes du groupe CECA-GADIS, longtemps considéré comme le fleuron de la grande distribution moderne au Gabon, s’inscrit précisément dans cette catégorie. L’image des galeries désertées du centre commercial CK2, autrefois lieu d’intense activité commerciale et sociale, constitue aujourd’hui une représentation saisissante d’un basculement silencieux, mais profond de l’économie nationale.
En effet, pendant plusieurs décennies, CECA-GADIS n’a pas seulement été un acteur économique parmi d’autres : il a incarné un pilier structurant du système commercial gabonais. Ce groupe a joué un rôle déterminant dans la modernisation des circuits d’approvisionnement, ainsi que dans la sécurisation de l’accès des ménages aux biens de consommation essentiels.
Ainsi, son influence dépassait largement le cadre strict de la distribution pour s’inscrire au cœur du fonctionnement global de l’économie nationale. Dans ce contexte, la fermeture progressive de ses enseignes ne peut être interprétée comme une simple défaillance entrepreneuriale liée à des difficultés conjoncturelles. Elle révèle, au contraire, des fragilités structurelles profondes du modèle économique de distribution au Gabon, caractérisé par une forte dépendance aux importations, des coûts logistiques élevés, une concurrence asymétrique avec le secteur informel et une vulnérabilité accrue aux fluctuations du pouvoir d’achat.
Accident entrepreneurial isolé ou émergence d’une crise systémique ?
Dès lors, cette évolution appelle une analyse plus large dépassant le cas particulier de l’entreprise. C’est pourquoi, une interrogation centrale s’impose : la disparition progressive de CECA- GADIS constitue-t-elle un accident entrepreneurial isolé, ou traduit-elle l’émergence d’une crise systémique annonçant une recomposition du modèle de distribution et, plus largement, de la souveraineté commerciale du Gabon ?
Pour répondre à cette question, il convient d’examiner le rôle stratégique que jouait cet acteur dans l’économie nationale. Dans une économie fortement dépendante des importations, les grandes surfaces jouent un rôle crucial d’intermédiation entre les marchés internationaux et la consommation intérieure. CECA-GADIS remplissait précisément cette fonction stratégique en centralisant les flux d’importation, en optimisant les coûts logistiques et en organisant la distribution à grande échelle. Cette position centrale lui conférait également une influence macroéconomique significative.
Au-delà de sa fonction commerciale, le Groupe exerçait, en effet, un rôle indirect mais déterminant dans la régulation macroéconomique. En effet, en raison de son poids sur le marché, il influençait la formation des prix, limitait les comportements spéculatifs et contribuait à la modération inflationniste. Sa disparition progressive affaiblit donc un mécanisme essentiel de stabilisation du marché intérieur.
Facteurs majeurs de fragilisation de la grande distribution
Toutefois, cet affaiblissement ne saurait être compris sans analyser les contraintes structurelles qui pèsent sur le secteur. Parmi les facteurs majeurs de fragilisation de la grande distribution figure le niveau particulièrement élevé des coûts logistiques au Gabon. Ceux-ci incluent, notamment, les frais portuaires, les délais administratifs, les coûts de transport internes ainsi que la multiplicité des prélèvements parafiscaux. À ces contraintes s’ajoute un environnement concurrentiel profondément déséquilibré.
En effet, la grande distribution fait face à la concurrence structurelle du secteur informel, qui bénéficie d’avantages significatifs en termes de coûts d’exploitation, de fiscalité et de flexibilité opérationnelle. Cette pression concurrentielle est d’autant plus forte qu’elle s’inscrit dans un contexte macroéconomique marqué par l’érosion du pouvoir d’achat car, la grande distribution demeure étroitement dépendante du niveau de consommation des ménages.
Or, la stagnation des revenus réels et les contraintes budgétaires pesant sur les ménages gabonais ont limité la croissance de la demande, réduisant ainsi les marges des distributeurs. Selon l’approche keynésienne, la baisse du revenu disponible entraîne mécaniquement une contraction de la consommation, laquelle se répercute sur l’ensemble du système économique. Dans un tel contexte, la vulnérabilité de la grande distribution apparaît inévitable.
L’urgence d’une refondation des politiques commerciales et industrielles
Face à ces évolutions, la fermeture progressive des enseignes CECA-GADIS annonce donc une transformation profonde du modèle de distribution au Gabon. Cette mutation pourrait se traduire par l’émergence de modèles hybrides combinant distribution formelle, digitalisation des circuits commerciaux et développement des circuits courts. Cette transition ouvre également la voie à une réflexion stratégique sur la souveraineté économique de notre pays.
Par ailleurs, cette recomposition met en évidence la nécessité de renforcer l’intégration entre la production locale et les réseaux de distribution, afin de réduire la dépendance aux importations et d’accroître la résilience du système économique. Elle souligne ainsi l’urgence d’une refondation des politiques commerciales et industrielles.
En définitive, la fermeture des enseignes CECA-GADIS ne constitue pas un événement isolé, mais bien le symptôme d’un déséquilibre structurel du modèle de distribution au
Gabon. Elle met en évidence les limites d’un système fondé sur des coûts logistiques élevés, une concurrence asymétrique et une forte dépendance aux importations. Ce phénomène révèle également un enjeu stratégique majeur : la nécessité de repenser la souveraineté commerciale nationale à travers la modernisation des infrastructures logistiques, la structuration du commerce intérieur et le développement de la production locale.
Ainsi, loin d’être une simple crise d’entreprise, la disparition progressive de CECA-GADIS doit être interprétée comme un moment charnière, appelant une refondation du modèle de distribution au service de la stabilité économique et de la résilience nationale.
Ils avaient bâti une vision. Aujourd’hui, les habitants parlent d’abandon. Dans le chef-lieu de la Sebé-Brikolo, le contraste entre l’époque des « pères fondateurs » et la situation actuelle nourrit nostalgie, colère et interrogations sur l’avenir d’une ville pourtant portée par l’exploitation du manganèse.
C’est un message publié sur Facebook qui a ravivé le débat. Hugues Yambimbi, fils d’Okondja, y écrit : « Les pères fondateurs d’Okondja. Avec vous, Okondja avait un schéma directeur, une vision et un sens du vivre-ensemble très abouti… Après vous, Okondja ressemble à Bagdad, à Tripoli. Aucun rêve et ce, malgré l’exploitation du manganèse. »
La formule est brutale. La comparaison violente. Mais faut-il y voir une insulte ? Non. Et le dire n’est nullement une offense. C’est l’expression d’une douleur collective. Car derrière l’exagération assumée, le tableau d’une ville en déliquescence est, lui, bien réel.
L’époque des bâtisseurs
Dans la mémoire collective, trois figures incarnent l’âge d’or d’Okondja : Jérôme Okinda, Jean Pierre Lemboumba Lepandou et Paul Toungui. Siégeant à la table décisionnelle du Conseil des ministres à différentes périodes, ces responsables politiques ont marqué la ville par des investissements structurants : boucherie moderne, cinéma, station-service, aérodrome, bitumage des routes, accès à l’eau et à l’électricité, construction massive des logements sociaux….
Au-delà des infrastructures, leur action s’est traduite par une politique assumée de promotion des cadres locaux, des filles et fils de la Sébé et de la Bayi-Brikolo. Encadrement des bacheliers, stratégies pour l’octroi de bourses, soutien multiforme aux initiatives locales : une dynamique de développement articulée autour du capital humain.
Le tournant après le départ de Paul Toungui
Le départ de Paul Toungui du gouvernement est perçu par beaucoup comme le point de rupture. Depuis lors, selon de nombreux observateurs locaux, la ville a amorcé une lente descente vers le sous-développement. Les membres du gouvernement qui ont suivi, Luc Oyoubi, Mathias Otounga Ossibadjouo, Arnauld Engandji, Max Samuel Oboumadjogo et Elvis Ossindji sont accusés par leurs détracteurs d’avoir manqué de leadership. La critique est sévère : guerre d’ego, rivalités de clans, absence de vision concertée pour le développement local.
Pendant que les querelles internes occupaient le devant de la scène, les projets structurants, eux, étaient au ralenti, avant de disparaître.
Le 30 août 2023 : l’espoir d’un renouveau
Le 30 août 2023, l’arrivée au pouvoir du Général Brice Clotaire Oligui Nguema a suscité un immense espoir à Okondja comme ailleurs au Gabon. Beaucoup y ont vu l’occasion d’un nouveau départ.
Dans la foulée, certains pensaient que Brigitte Onkanowa incarnerait la relance du rayonnement de la ville. Deux ans plus tard, le constat dressé par une partie de la population est amer : l’inertie aurait remplacé l’élan attendu.
Moyens colossaux, résultats maigres
Malgré les ressources dégagées pendant la Transition, un seul chantier majeur a effectivement abouti à ce jour : la station-service Gab’Oil. Les autres projets accumulent retards et interrogations : lycée technique agricole abandonné, plateau sportif inachevé, extension de la gendarmerie au point mort, marché municipal en retard inexpliqué, boulangerie et centre commercial toujours attendus.
Pendant ce temps, la problématique de l’eau et de l’électricité demeure « la croix et la bannière », pour les habitants. Les voiries urbaines sont en piteux état, renforçant le sentiment d’abandon.
Une ville minière sans rêve ?
La publication de Hugues Yambimbi qui circule sur les réseaux sociaux résume, à elle seule, la profondeur du malaise. Certes, comparer Okondja à Bagdad ou à Tripoli, villes meurtries par la guerre, relève d’une provocation assumée. Mais derrière la formule choc se cache une interrogation légitime, presque lancinante : comment une localité portée par une richesse minière stratégique peut-elle afficher un tel déficit d’infrastructures visibles, durables et fonctionnelles ?
Oui, la comparaison dérange. Elle choque même. Mais la violence des mots n’est que le reflet de la violence du ressenti. Ville minière par excellence, Okondja, malgré l’exploitation du manganèse, peine encore à garantir l’essentiel : des routes praticables, une distribution stable d’eau et d’électricité, des chantiers achevés.
Ce que dit Hugues Yambimbi n’est ni une attaque personnelle, ni un règlement de comptes. C’est un signal d’alarme. Un cri lucide face à une réalité qui, elle, ne relève d’aucune exagération.
Entre nostalgie et exigence de résultats
L’histoire d’Okondja met en lumière une question plus large : le développement local repose-t-il sur des hommes providentiels ou sur des institutions solides et une planification rigoureuse ? Les habitants ne demandent ni miracles, ni discours. Ils réclament des routes praticables, de l’eau au robinet, de l’électricité stable, des écoles fonctionnelles et des projets achevés.
À Okondja, le débat n’est plus idéologique. Il est existentiel. Car au-delà des noms et des générations politiques, c’est l’avenir d’une ville entière qui se joue. Ici, le rêve ne demande qu’à renaître. Encore faut-il lui redonner un schéma directeur, une vision… et un sens du vivre-ensemble.
En mission officielle dans la capitale économique ivoirienne, le ministre gabonais de l’Habitat, le ministre Mays Mouissi, a rencontré son homologue ivoirien, Moussa Sanogo. Objectif : décortiquer la stratégie de la Côte d’Ivoire pour résorber la crise du logement et l’adapter au contexte gabonais.
Le Gabon passe à l’offensive sur le front de l’habitat. La semaine dernière, Mays Mouissi, ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, a multiplié les échanges avec son homologue, Moussa Sanogo, figure de proue de la politique urbaine ivoirienne. Au cœur de cette audience, facilitée par l’ambassadeur Fabrice Boussougou Boussougou : le transfert de compétences et de savoir-faire.
Industrialiser la production de logements. Libreville ne s’en cache plus, elle veut s’inspirer du succès ivoirien pour produire des logements décents à grande échelle. Les discussions techniques ont ciblé trois leviers stratégiques. Le cadre réglementaire : créer un environnement sécurisant pour attirer les investisseurs immobiliers. Le financement : explorer les mécanismes de Partenariats Public-Privé (PPP) qui ont fait leurs preuves à Abidjan. La planification : maîtriser l’étalement urbain pour des villes plus inclusives.
Une coopération Sud-Sud concrète
Plus qu’une simple visite de courtoisie, cette immersion gabonaise en terre ivoirienne marque une volonté de passer à la vitesse supérieure. En s’appropriant les mécanismes de financement et de planification de la Côte d’Ivoire, le Gabon entend moderniser sa politique nationale pour répondre aux besoins pressants des populations.
Cette alliance entre Libreville et Abidjan illustre une diplomatie pragmatique, où le partage d’expérience devient le moteur du développement urbain africain.
Les 3 piliers du financement ivoirien en 2026
Selon l’Agence Ecofin, la stratégie de la Côte d’Ivoire repose sur une mobilisation massive de capitaux, avec un objectif de construire 60 000 logements sociaux nécessitant environ 600 milliards FCFA. L’État comme facilitateur de crédit : Le gouvernement ivoirien a mis en place des mécanismes permettant de prendre en charge 30 % à 50 % du coût final du logement. Cela réduit l’apport initial demandé aux familles modestes.
La force du Partenariat Public-Privé (PPP) : dans le cadre du nouveau Plan National de Développement (PND 2026-2030), la Côte d’Ivoire mise sur le secteur privé pour financer plus de 70 % des investissements globaux. Cela passe par des garanties d’État pour sécuriser les banques et les promoteurs immobiliers.
Soutien des bailleurs internationaux : des institutions comme la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement) et la SFI (Société Financière Internationale) soutiennent activement ces projets par des décaissements massifs pour la construction à grande échelle.
Le Centre de conférences de Sipopo (Guinée Équatoriale) a accueilli, le 20 février dernier, les travaux du Comité des représentants permanents (COREP) de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Cette rencontre technique, étape cruciale avant la session ordinaire du Conseil des ministres, s’est concentrée sur la soutenabilité financière de l’institution.
Au cœur des échanges : l’examen du rapport d’exécution budgétaire 2025 et l’analyse minutieuse du projet de budget pour l’exercice 2026. Ces documents, assortis de leurs annexes techniques, constituent la feuille de route financière de l’organisation sous-régionale. Les conclusions du COREP seront soumises prochainement à l’arbitrage final du Conseil des ministres.
Le Gabon, garant d’une gestion équilibrée
Représentant le Gabon sous les instructions de Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny, ministre des Affaires étrangères, Freddy Nze Ekekang (Commissaire général à l’Intégration régionale) a porté la voix du pragmatisme.
Dans un environnement économique régional complexe, la délégation gabonaise a insisté sur un point clé : l’augmentation projetée du budget 2026 doit impérativement s’aligner sur la capacité contributive réelle des États membres.
À travers cette participation active, le Gabon réitère sa vision d’une intégration régionale qui ne soit pas seulement politique, mais solidaire et économiquement viable. Cette position s’inscrit dans la continuité des efforts de la CEEAC pour renforcer la gouvernance communautaire tout en respectant les équilibres financiers de chaque nation partenaire.
Le véritable saut qualitatif de Nkoltang réside dans sa gestion des risques environnementaux. Contrairement à l’anarchie de Mindoubé, le nouveau site prévoit un système rigoureux de confinement. Les casiers de stockage seront dotés de membranes géosynthétiques de haute densité, créant une barrière étanche pour empêcher l’infiltration des résidus toxiques dans les sols.
L’innovation majeure repose sur le traitement des lixiviats, le « jus de décharge » hautement polluant issu de la fermentation des déchets et des eaux de pluie. « Les effluents seront captés et traités sur place grâce à une station d’épuration dédiée, évitant toute contamination des nappes phréatiques environnantes », indiquent les experts du projet.
Vers une valorisation énergétique
Au-delà de la simple protection des sols, le CTVD de Nkoltang s’inscrit dans une logique d’économie circulaire. Le projet prévoit la capture du biogaz, gaz à effet de serre produit naturellement par la décomposition des matières organiques. Cette récupération permet non seulement de réduire l’empreinte carbone du Grand Libreville, mais ouvre également la voie, à terme, à une production d’énergie verte.
En sanctuarisant ces 79 hectares selon les standards de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Gabon s’aligne sur les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, transformant une crise sanitaire en un modèle de résilience écologique.