La Nation Arc-en-ciel traverse une vague majeure de violences xénophobes et de chasse à l’homme ciblant les ressortissants étrangers, principalement africains. Ce climat d’extrême tension est alimenté par des milices privées et des groupes anti-immigration. Ces mouvements ont fixé un ultimatum au 30 juin 2026, exigeant le départ de tous les migrants en situation irrégulière.
La fin de l’apartheid en Afrique du Sud s’est déroulée au début des années 1990, marquant l’effondrement du système de ségrégation raciale institutionnalisée mis en place en 1948, et qui avait été dénoncé par l’ensemble des États africains. Aujourd’hui, avec la souveraineté retrouvée au pays de Mandela, la violence a totalement changé de camp. Les peuples africains, qui se croyaient solidaires de leurs frères sud-africains, en sont aujourd’hui les victimes expiatoires, sacrifiées sur l’autel d’une lutte interne.
Le comble de cette « chasse aux sorcières » est que ce sont les Africains noirs qui sont pourchassés dans les rues de Pretoria et d’autres grands centres urbains de l’Azanie.
De la fin de l’apartheid au choc de la violence fraternelle
Pour plusieurs observateurs du continent, ces scènes de xénophobie sont la réminiscence d’un passé cauchemardesque, dont les populations originaires du reste de l’Afrique paient le prix. Il s’en faudrait de peu pour que certains Sud-Africains se croient délaissés par leurs « frères », à l’image de Caïn attribuant son désamour avec le Créateur à son frère Abel. Si cette crise et la traque des Africains ne constituent pas une première, les victimes se comptent cette fois-ci majoritairement au sein des ressortissants de pays anglophones, notamment le Ghana et le Nigeria.
Des milices organisées et des méthodes violentes
Le déroulement et les tactiques des violences semblent très organisés. Les milices d’autodéfense, comme « Operation Dudula » et le collectif « March on March », s’octroient le droit de contrôler illégalement les papiers d’identité des passants dans la rue. Ces mêmes groupes contraignent les commerces tenus par des non-Sud-Africains à fermer définitivement leurs portes. Des milliers d’étrangers sont chassés de leurs logements. Des dizaines de maisons et de stands de fortune sont incendiés ou appropriés illégalement. Des attaques physiques sanglantes ont éclaté à Durban, Pietermaritzburg et Mossel Bay, causant la mort de plusieurs ressortissants mozambicains, malawites et ghanéens.
L’exode et les rapatriements d’urgence avant l’ultimatum
Concernant les causes profondes de la crise, le pays subit un taux de chômage structurel avoisinant les 32 %. Une grande partie de la population locale accuse les migrants d’aggraver la pauvreté, le manque de services publics et la criminalité. Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis plus de trente ans, est pointé du doigt pour son incapacité à résoudre la crise économique.
Terrifiés, des milliers de migrants se massent près des postes de police, des mosquées ou dans des centres d’hébergement temporaires pour fuir les lynchages. Face à l’imminence de l’ultimatum du 30 juin, de nombreux pays africains organisent le retour de leurs citoyens. Plus de 15 000 Malawites ont déjà fui le pays. Le Ghana et le Nigeria ont affrété des vols d’urgence pour rapatrier leurs ressortissants, face à l’inaction perçue des forces de l’ordre locales.
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