Salaires versés « au-delà du 30 du mois », primes amputées jusqu’à 50 000 F CFA, camion de collecte vendu « sans le consentement des conseillers municipaux » et agents qui rentrent à pied : le Collectif des agents de la mairie d’Okondja a saisi le Gouverneur du Haut-Ogooué, Jacques Denis Tsanga, sous couvert du Préfet de la Sébé-Brikolo, Claude Myriyan Agnima. Dans un courrier enregistré à la préfecture le 21 octobre 2026, il dénonce un climat social fragilisé, alors que le nouveau mandat municipal « vient à peine de commencer ».

Enregistré sous le n° 003/CAMO/2026, le courrier porte sur la « dénonciation des conditions de traitement des agents de la mairie d’Okondja » et formule une demande d’intervention. Les auteurs évoquent « une accumulation de problèmes » qui touche tant les rémunérations que les conditions de travail. Leur démarche, assurent-ils, « ne vise ni la confrontation ni la déstabilisation de l’institution municipale », mais cherche à trouver une issue pacifique à une situation qui affecte leur vie professionnelle et familiale.
Des salaires sans date certaine
Les agents déplorent des « retards récurrents » dans le paiement de leurs salaires. « Aucune date précise de versement ne nous est communiquée », écrivent-ils : les paiements interviennent parfois au-delà du 30 du mois, créant « une incertitude permanente » qui compromet leurs obligations familiales et sociales. Cette instabilité financière est d’autant plus mal vécue que les primes, elles aussi, subissent des retards ou des suspensions, sans que les agents ne disposent d’informations claires sur leur calcul.


Voirie : travailler sans protection ni véhicule
Le service de la voirie joue un rôle essentiel dans la salubrité de la ville, mais ses agents seraient privés de tenues adaptées, de bottes, de gants et d’imperméables. Ils doivent pourtant poursuivre leurs activités sous la pluie, « au risque de compromettre leur santé et leur sécurité ». Côté charroi, la situation est tout aussi critique : le tricycle est immobilisé pour des problèmes d’entretien, tandis que le Canter affecté aux ordures ménagères aurait été vendu sans l’aval des conseillers. Conséquence directe : les agents vont désormais au travail à pied. « Comment exiger des agents un rendement satisfaisant lorsque les moyens nécessaires ne sont pas réunis ? », interrogent-ils.
Un contraste dénoncé
Le collectif salue les efforts de la Délégation spéciale, qui ont contribué au changement de catégorie de la mairie. Mais les retombées salariales et les avantages semblent profiter « principalement aux membres du bureau du Conseil municipal », maire et adjoints en tête, tandis que les agents perçoivent un net d’environ 140 900 F CFA. Ils ne contestent pas ces avantages : ils dénoncent « le contraste » entre la précarité des agents et les bénéfices accordés aux responsables municipaux.
Des retenues sur primes contestées
C’est leur « principale préoccupation ». Sur une prime annoncée de 90 000 F CFA, certaines retenues atteindraient 50 000 F CFA, sans explications précises sur les motifs et le calcul appliqué. Sept des seize agents de la voirie seraient concernés. Les auteurs s’interrogent sur une retenue de 50 000 F pour une seule journée d’absence, « si tel est effectivement le motif invoqué », tout en reconnaissant la nécessité de contrôler la présence. Ils réclament un examen objectif et la régularisation des retenues injustifiées.
Le dialogue dans l’impasse
Selon le collectif, la rencontre sollicitée avec le maire, Claude Ella Nziet, aurait reçu une réponse sèche : les agents pouvaient aller se plaindre « auprès de l’autorité de leur choix ». Reçus par le Préfet de la Sébé-Brikolo, Claude Myriyan Agnima, ils ont été orientés vers la mairie. Mais le vendredi 16 octobre 2026, le maire aurait refusé de les recevoir, estimant que le Préfet pourrait trouver une solution. « Nous nous retrouvons ainsi dans une situation d’impasse », déplorent-ils, tout en réclamant un cadre de concertation indispensable pour éviter une aggravation des tensions.
Face à ce blocage, le Collectif des agents de la mairie d’Okondja ne demande « aucun privilège », mais exige le respect de leurs droits et une meilleure considération de leur contribution au fonctionnement de la municipalité. Alors que le nouveau mandat municipal vient à peine de commencer, ils estiment qu’il est « encore possible de prévenir une dégradation du climat social » en privilégiant l’écoute et le dialogue. Mais pour ces agents, l’urgence est réelle : sans réponses appropriées, c’est la relation de confiance au sein de la collectivité qui risque de se fragiliser davantage, laissant planer le spectre d’une crise sociale durable.












