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[Tribune libre] Gabon : Libreville dans le noir, une souffrance sans mots

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SEEG l’enfer du samedi et la parole présidentielle à l’épreuve.

Tout est difficile.  C’est devenu invivable. Insupportable. Inhumain.

En attendant 2027, pourrons nous résister à cette avalanche de de coupure devenues pour les populations un phénomène de tic-tac, tic-tac.

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En tout cas, ce que vivent les populations de Libreville n’a pas de mots justes et vrais.

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Comment pouvons-nous décrire ce que vit la capitale gabonaise depuis des mois ?

Comment vivre cette souffrance muette des familles entières plongées dans le noir, sans pouvoir la nommer ?

On dit chaque jour : « coupure », mais, le mot est trop faible sinon insignifiant au regard du rythme intempestive du courant qui jouerait au yo-yo matin, midi et soir.

C’est une amputation grave à la vie des populations vivantes à Libreville.

Ce samedi encore, Libreville a gémi, crié,  étouffé et interpelle la dame aux tresses pour une meilleure gestion et distribution de l’électricité.

Ce samedi 26 septembre encore, la SEEG nous a imposé une série infernale de coupures. Pas une, pas deux. Une série. Toutes les 15 à 20 minutes, le courant s’en va, revient, s’en va. Un jeu sadique avec les nerfs des Gabonais.

Comment vivre cela ? Comment travailler ? Comment conserver nos appareils qui, à ce rythme, vont mourir ? Réfrigérateurs, climatiseurs, téléviseurs, congélateurs… Chaque délestage brutal est un coup de poignard dans le pouvoir d’achat déjà exsangue des ménages.

Nous ne sommes plus dans le délestage. Nous sommes dans la maltraitance énergétique.

Et le plus grave, au-delà du désagrément matériel, c’est le doute qui s’installe. Le doute sur la parole de l’État.

Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fait de la restauration de la dignité du Gabonais et de la fiabilisation de l’énergie une promesse solennelle. Une promesse de rupture.

Or, que vaut cette promesse quand un samedi entier est transformé en calvaire ? Quand Libreville et certains pans de l’intérieur du pays vivent au rythme d’un interrupteur fou ?

La question n’est plus technique. Elle est morale et politique. La SEEG peut-elle encore nous parler de « maintenance » et d’ « incidents techniques » quand le problème est structurel, quotidien, et prévisible ?

Et nous, professionnels de l’audiovisuel et de la presse, nous posons la question avec angoisse : Comment croire à une meilleure situation de diffusion en 2027 ?

Comment préparer les grands rendez-vous internationaux, la modernisation de nos médias, si nous ne sommes même pas capables de garantir 24 heures continues d’électricité un samedi ?

On nous dit : « Attendez 2027 ».

2027 sera-t-elle l’année de la délivrance comme dit par le Ministre en charge du secteur Énergie ?

 2027, les nouvelles centrales ?

 2027, la fin du calvaire ?

 2027, le Gabon nouveau en matière d’électricité ?

Mais comment demander à un peuple épuisé d’attendre encore 15 mois dans le noir et dans l’incertitude à autant d’interrogation?

Comment lui demander de croire, quand chaque jour qui passe détruit un peu plus ce qui lui reste d’appareils, de courage, d’espoir ?

La souffrance est d’autant plus grande que nous avons cru.

Nous avons cru à la parole du Président de la République pourtant sincère mais ni suivie, ni exécutée dans la norme.

Malheureureusement, le suivi inquiète et les questions sont nombreuses sans communication forte pour rassurer.

 Nous croyons encore que le coup de la Libération est aussi le coup de la lumière, le coup libérateur dans tous les domaines d’activités du pays.

Alors la question se pose, crue, brutale, existentielle :  en attendant 2027, pourrons-nous résister ?

Résisterons-nous physiquement, moralement et psychologiquement avec ces surtensions qui tuent nos appareils ?

Résisterons-nous moralement, avec ce sentiment d’abandon ?

Les populations de libreville  interpellent les Autorités pour une plus grande consideration et estime, car la souffrance par rapport à l’électricité a atteint son paroxyme.

Que ceux qui ont la charge de la SEEG et les plus Hautes Autorités   entendent ce cri silencieux sans mots dire.

 Car, nul ne l’ignore,  le silence d’un peuple dans le noir est plus assourdissant que toutes les plaintes possibles.

Guy-Roger LENDIRA, Journaliste

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