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Déguerpissements à Okala, Diba Diba et au Lac Bleu : Joseph Lapensée Essingone interpelle l’État sur le sort des familles

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En déplacement samedi 7 novembre sur plusieurs sites concernés par les opérations de déguerpissement dans le nord de Libreville, le président de L’Éveil de la pensée citoyenne, Joseph Lapensée Essingone, a été confronté à la détresse des familles. Il appelle les autorités à ne pas réduire ces opérations à une simple question de libération du domaine public.

Derrière les engins de démolition et les constructions rasées, il y a des familles qui doivent désormais trouver où dormir, des parents confrontés à l’incertitude et des enfants dont la scolarité sera directement affectée.
C’est cette réalité sociale que Joseph Lapensée Essingone a voulu mettre en lumière, samedi 7 novembre 2026, lors d’une visite à Okala, Diba-Diba et au Lac Bleu, trois zones concernées par les déguerpissements engagés depuis le 4 novembre.

Alors que cette journée devait initialement marquer la rentrée politique de sa plateforme, L’Éveil de la pensée citoyenne, l’ancien candidat a la Présidentielle de 2023 a préféré se rendre auprès des populations touchées par les démolitions.
Sur place, les échanges avec plusieurs familles lui ont permis de mesurer l’ampleur du désarroi. Déception, insatisfaction et sentiment d’abandon dominent les témoignages recueillis.

Derrière les habitations détruites, des familles confrontées à l'incertitude et à de nouvelles difficultés quotidiennes.
Derrière les habitations détruites, des familles confrontées à l’incertitude et à de nouvelles difficultés quotidiennes.

Mais au-delà des habitations détruites, c’est surtout le sort des enfants qui interpelle l’homme politique. Pour de nombreux parents, l’urgence n’est plus seulement de reconstruire ou de retrouver un toit, mais de savoir comment assurer la continuité scolaire de leurs enfants dans ces nouvelles conditions de vie. « Beaucoup ne savent même pas dans quelles conditions ils pourront aborder la semaine à venir », rapporte-t-il.

L’État peut-il déguerpir sans accompagner ?

Pour Joseph Lapensée Essingone, la restauration de l’autorité de l’État ne saurait justifier la relégation de la dimension humaine des opérations au second plan. Il rappelle avoir déjà exprimé ses réserves lors des premières démolitions, notamment dans la zone située derrière l’Assemblée nationale, à Plaine-Orety.

Son principal reproche porte sur une approche qu’il estime trop centrée sur la récupération du domaine public, au détriment des conséquences sociales immédiates.
« La question des déguerpissements ne peut être abordée uniquement sous l’angle de la libération du domaine public », insiste-t-il.

Loin de contester frontalement le principe de l’autorité publique, le président de L’Éveil de la pensée citoyenne plaide pour une autre manière de conduire ces opérations : plus anticipée, plus responsable et davantage attentive aux conditions de relogement et à la vulnérabilité des ménages concernés.

« Il est possible de concilier l’autorité de l’État, le respect du domaine public et la protection de la dignité humaine », estime-t-il.

Une opération d’aménagement à l’épreuve de l’humanisme

Cette sortie remet sur la table une question fondamentale : comment restaurer l’ordre urbain sans aggraver la précarité des populations concernées ? Car si la puissance publique dispose de prérogatives pour faire respecter le domaine public, la conduite de telles opérations soulève également des exigences de responsabilité sociale, particulièrement lorsque des familles se retrouvent brutalement privées de leur cadre de vie.

« Au-delà des constructions détruites, ce sont des familles, des projets de vie et parfois des années de sacrifices qui sont brutalement bouleversés », rappelle Joseph Lapensée Essingone.

Son appel aux dirigeants tient en une exigence : exercer l’autorité avec fermeté, mais sans perdre de vue les conséquences humaines des décisions publiques. « Construire un État fort ne devrait jamais signifier fragiliser davantage un peuple déjà confronté à de nombreuses difficultés », prévient-il.

Rappelons que la réussite d’une politique de réorganisation urbaine ne se mesurera pas uniquement au nombre de constructions démolies ou d’espaces récupérés, mais aussi à la capacité de l’État à prévenir la précarisation des populations affectées.

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