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Grande Loge du Gabon : que cachent vraiment les Assemblées provinciales de Jacques-Denis Tsanga ?

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A un peu plus d’un mois de l’Assemblée générale annoncée pour le 14 novembre, la Grande Loge du Gabon (GLG) donnerait l’image d’une obédience traversée par des tensions peu compatibles avec les valeurs qu’elle revendique : sérénité, fraternité, dialogue, tolérance et recherche de la lumière. Depuis l’arrivée de Jacques-Denis Tsanga à sa tête, après le départ du Grand maître Ali Bongo Ondimba, plusieurs voix internes feraient état d’un malaise profond et persistant. La convocation des Assemblées provinciales dans le Haut-Ogooué et le Moyen-Ogooué, prévues ce samedi 26 septembre, ajouterait une nouvelle zone d’interrogation.

À l’approche de la grande Assemblée générale du 14 novembre, les Grandes Loges Provinciales devraient, conformément aux textes, tenir leurs propres assemblées. C’est dans ce cadre que Jacques-Denis Tsanga aurait décidé d’organiser la réunion du 26 septembre. Mais le contexte lui donnerait une portée particulière. Des « Frères de Lumière », mécontents, se seraient montrés réticents à participer, signe, selon eux, du malaise traversant l’obédience. Surtout ceux du Woleu-Ntem, frondeurs, qui n’auraient pas accepté la délocalisation de leur assemblée à Lambaréné dans le Moyen-Ogooué.

Bien plus, croyances ou pas, certains frères s’interrogeraient même sur l’effet que pourrait produire, dans le Haut-Ogooué, le rassemblement d’hommes vêtus de noir, les corbeaux, image qui ferait écho, selon eux, à des propos – qui donnent froid dans le dos – attribués à un activiste. Ils évoqueraient aussi la mise à l’écart de l’ADG de Comilog et se demanderaient si cette succession d’événements ne pourrait pas annoncer une nouvelle étape dans le rapport de force autour du Grand Maître. Si ce n’est le chant de cygne d’un Grand Maître. Il s’agirait toutefois d’une lecture interne.

Les mêmes interrogations auraient déjà été formulées lors d’une précédente assemblée. Des frères se souviendraient que Jacques-Denis Tsanga aurait tenu à organiser une réunion alors que les électeurs étaient appelés à se prononcer sur le référendum, décision qu’ils disent n’avoir jamais comprise. Aujourd’hui, tandis que le chef de l’État se trouve à Port-Gentil, ils se demandent pourquoi réunir la confrérie à Franceville et Lambaréné. À leurs yeux, les énergies devraient être tournées vers la capitale économique.

Au reste, derrière cette réunion se profilerait surtout l’enjeu du 14 novembre. Des « Frères de Lumière » souhaiteraient une pluralité de candidatures à l’élection. Certains soupçonneraient Jacques-Denis Tsanga de vouloir briguer un nouveau mandat et de verrouiller le processus.

Une fraternité mise à l’épreuve

Au-delà de la réunion provinciale, c’est le fonctionnement même de la GLG qui serait questionné. Une organisation présentée comme un espace de dialogue, de tolérance et de recherche de la lumière peut difficilement donner durablement le sentiment que les désaccords se règlent dans la défiance. Une participation en baisse, si elle était avérée, constituerait un signal préoccupant : une institution fraternelle vit aussi de l’adhésion de ses membres.

Le malaise pourrait également traduire une rupture progressive entre le Grand Maître et une partie des « Frères ». La contestation porterait alors sur une méthode de gouvernance. Plusieurs publications avaient déjà fait état, en 2026, de tensions internes et d’une baisse de l’engagement à l’approche de l’échéance électorale.

Dès lors, que cacherait réellement cette succession de réunions et de crispations ? Certains frères pourraient y voir une simple nécessité statutaire, d’autres une manœuvre destinée à consolider des positions avant novembre, voire une opération liée aux ressources financières. Ces hypothèses devraient être distinguées des faits vérifiables. Des informations publiées en mars faisaient état de difficultés financières et d’un projet immobilier autour du siège présenté comme une piste de recettes.

Novembre, une échéance sous tension

Le problème serait donc moins la tenue de l’Assemblée que le climat dans lequel elle interviendrait. Lorsque la réunion statutaire nourrit les soupçons et que l’élection concentre la méfiance, le malaise dépasserait une simple divergence de procédure.

Jacques-Denis Tsanga avait succédé à Ali Bongo Ondimba à la tête de la GLG en février 2024, dans une séquence qui avait modifié les équilibres de l’obédience. Depuis, les tensions rapportées par plusieurs médias montrent que l’enjeu de novembre ne serait pas seulement celui d’un renouvellement de mandat, mais aussi celui de la capacité de la GLG à restaurer la confiance entre ses membres.

La GLG entrerait ainsi dans une période sensible. Si les soupçons persistent, chaque décision, candidature et dépense pourrait être scrutée. L’Assemblée de novembre pourrait devenir le révélateur des fractures accumulées. Pour une institution fondée sur le dialogue et la tolérance, il faudrait démontrer que la fraternité peut encore l’emporter sur les rapports de force.

En somme, selon nos informations, les « frères sentinelles » insisteraient sur la désignation des candidats au souverain grand comité. « C’est à ce niveau, soupçonne l’un des membres de cette obédience, que le Grand Maître Jacques Denis Tsanga pourrait aisément préparer sa stratégie de passage en force. Car, ne peut être élu et installé que ceux qui ont été désignés dans les processus antérieurs à la Grande Loge du Gabon ».

Jointe par notre rédaction ce matin, une source proche du Grand Maître, Jacques Denis Tsanga explique : « depuis l’arrivée de l’actuel Grand Maître, des changements notables ont été apportés. Notamment la gestion plus rationnelle des fonds, la recherche des sources de financement autonomes, la radiation des membres non à jour des cotisations, la fermeture des loges illégales…Toutes choses qui tracent la voie à un nouveau mandat pour Jacques Denis Tsanga ». Question : la Grande Loge du Gabon (GLG) va-t-elle se réunir dans la salle des fêtes du gouvernorat de Franceville pour réduire les coûts ? Si la réponse est oui, est-ce normal ?

Dans tous les cas, estime un membre très actif de cette voie de connaissance : « la Grand Loge du Gabon tombe progressivement de charybde en scylla. Si rien n’est fait d’ici là, elle risque de devenir une structure sans âme. La prise de conscience de cette situation s’impose à tout le monde ». Est-ce possible ?

Wait and see !

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