L’Ivindo Economic Forum, organisé à Makokou, a réuni des acteurs économiques pour débattre des modèles d’infrastructures et de capital-investissement nécessaires au développement de l’Ogooué-Ivindo. Les discussions ont souligné que le désenclavement et la croissance durable de la province reposent autant sur la concrétisation de projets d’équipements que sur des mécanismes de financement privé adaptés aux réalités locales.
Comment transformer l’Ogooué-Ivindo en un territoire capable de produire, d’entreprendre et d’attirer durablement les investisseurs ? Cette question cruciale a polarisé les débats de l’Ivindo Economic Forum, qui s’est tenu le 26 août 2026 à Makokou, en marge des célébrations de la Fête nationale de la Libération, cet événement a rassemblé l’élite économique du pays pour penser l’avenir d’une province au potentiel immense, mais historiquement marginalisée.
Au-delà du béton : Repenser l’écosystème du développement local
Autour du thème central « Quels modèles d’infrastructures numériques, énergétiques, logistiques et de capital-investissement pour une croissance économique durable en Ogooué-Ivindo ? », plusieurs hauts responsables du secteur économique et financier ont posé les jalons d’une réflexion qui dépasse la simple construction d’infrastructures physiques.

Dans cette vaste province, véritable poumon vert du Gabon, le constat est unanime : bâtir des routes, interconnecter les réseaux numériques ou stabiliser l’accès à l’énergie sont des prérequis indispensables, mais insuffisants. Pour briser définitivement le carcan de l’enclavement, la province doit impérativement se doter de mécanismes financiers agiles, capables de métamorphoser ces chantiers en véritables leviers de création de richesse.


Un panel d’experts au chevet du tissu économique ogivin
Pour explorer ces pistes de rupture, le forum a réuni un plateau d’intervenants de premier plan, chacun apportant une pièce maîtresse à l’architecture du projet régional : Acheul Jacques Mayombo, Directeur des Opérations du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) ; Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, Directeur Général de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) ; Fabrice Ulric Assoumou Essono, Directeur Général d’Okoumé Capital ; Alban Etho, Directeur Général de la Société de Garantie du Gabon (SGG).
Leurs échanges ont mis en lumière un impératif catégorique : arrimer les grands projets d’infrastructures aux réalités quotidiennes des populations locales. Dans l’Ogooué-Ivindo, l’enjeu ne se résume pas à tracer des voies de communication ; il s’agit de structurer le territoire pour qu’il devienne une terre d’accueil fertile pour les entreprises, un espace sécurisé pour les capitaux et un incubateur d’activités génératrices de valeur ajoutée.
Le financement privé, chaînon manquant de la transformation
Dans cette équation de la relance, le capital privé et l’accompagnement institutionnel apparaissent comme les véritables déclencheurs de croissance. Le capital-investissement, couplé à des mécanismes de garantie robustes et au mentorat des entrepreneurs locaux, doit permettre à la province de franchir un palier historique. L’ambition affichée est de passer du statut de « territoire à fort potentiel » à celui d’économie régionale pleinement productive et souveraine.
Pour le FGIS et ses filiales, cette démarche participe d’une doctrine globale de développement territorial. Il ne s’agit plus de financer des projets isolés, mais de stimuler des investissements à fort impact social et environnemental, dont les retombées économiques se feront directement ressentir dans le panier de la ménagère et sur l’emploi des jeunes Ogivins.
Passer des promesses de Makokou aux chantiers concrets
L’avenir de l’Ogooué-Ivindo ne dépendra donc pas uniquement de la seule exploitation de ses abondantes ressources naturelles. La bataille de la diversification se gagnera sur le front de la convergence entre infrastructures modernes, financements innovants et émergence d’un patronat local dynamique.
Alors que les lampions du forum se sont éteints à Makokou, commence désormais la phase la plus critique : la matérialisation des résolutions. Pour la province, le véritable test de crédibilité débute là où s’arrêtent les discours officiels. C’est à la lueur des chantiers concrets et de la transformation visible du quotidien des populations que se mesurera le succès de cette union sacrée pour l’Ogooué-Ivindo.












