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Gabon : Le CNR s’insurge contre le manque de logements sociaux

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Alors que le discours présidentiel du 16 août met en avant l’embellissement de Libreville et les grandes réalisations, la Coalition pour la Nouvelle République (CNR) et les partis politiques alliés pointent un angle mort : le logement des familles gabonaises. Dans leur déclaration du 22 août, ils rappellent que le déficit dépasse 200 000 logements et dénoncent la poursuite des déguerpissements sans solutions de relogement toujours à la hauteur des besoins.

« Aucun chiffre sur les logements sociaux livrés. Aucun état précis du déficit national. Aucun véritable bilan du rapport entre la croissance démographique et l’offre disponible », énumère la coalition.

L’hôtellerie de prestige, et le reste

Ce silence sur le logement populaire tranche avec la place accordée, dans le discours présidentiel, aux capacités d’accueil hôtelières destinées aux touristes et aux hôtes de marque — un développement que la CNR relève avec une question simple : « qui parle du toit du Gabonais ordinaire ? »

La coalition situe cette omission dans un contexte précis : celui de l’embellissement de Libreville engagé en vue du sommet de l’Union africaine, longuement développé par le Chef de l’État. Mais « cet embellissement ne doit pas faire oublier les familles déguerpies, celles dont les logements ont été détruits et qui demeurent parfois sans solution satisfaisante de relogement », prévient la déclaration.

Les tours du front de mer, le décor du progrès

La CNR étend cette critique à l’ensemble des grandes réalisations vitrines du mandat. « Une Nation ne peut se satisfaire de bâtir pour l’image si elle ne bâtit pas également pour la vie quotidienne de son peuple », affirme la déclaration, qui va plus loin encore : « Le clinquant des immeubles futuristes du front de mer ne fera jamais, à lui seul, le bonheur d’une Nation. »

Le constat rejoint celui que la coalition dresse ailleurs dans le texte sur l’eau et l’électricité, où elle s’interroge sur l’avenir des « tours flambant neuves » si les réseaux qui doivent les alimenter demeurent aussi fragiles que ceux des administrations existantes. Un même fil conducteur : la promesse d’une capitale moderne ne dispense pas de répondre aux besoins essentiels de ceux qui l’habitent.

L’esthétique et la justice

La déclaration établit un lien explicite entre urbanisme et État de droit : « L’esthétique d’une capitale ne saurait se construire au détriment de la justice sociale », affirme la CNR, ajoutant que l’embellissement de la ville « doit aller de pair avec le respect de l’État de droit et une justice équitable, à l’abri de toute impression de traitement à géométrie variable. »

Cette exigence de justice, la coalition la prolonge au-delà du seul logement. Elle rappelle que les victimes des crises post-électorales, de 1993 à 2016, « attendent toujours qu’un véritable processus de vérité, de justice, de réparation, de pardon et de réconciliation soit engagé » — et réitère son plaidoyer pour la mise en place d’une Commission Vérité-Justice-Réparation-Pardon-Réconciliation.

Ce qui reste debout quand la façade tombe

En creux, c’est une hiérarchie des priorités que la CNR appelle à inverser. Une route, un immeuble, une cité administrative : « aucune réalisation de prestige ne suffit à répondre aux attentes d’une famille qui peine à se nourrir, à se soigner, à scolariser ses enfants ou à accéder à l’eau et à l’électricité », résume la déclaration.

Le message final de la coalition ne réclame pas l’arrêt des grands chantiers. Il demande un ordre des priorités : « Ils demandent que l’on bâtisse d’abord ce qui répond aux besoins essentiels du pays. » Avant les esplanades, le toit. Avant les inaugurations, les familles qui attendent toujours la leur.

Si le rythme de livraison n’est peut-être pas aussi accéléré qu’espéré face à l’immensité de la demande, il serait toutefois injuste de fermer les yeux sur la dynamique en cours. Depuis son arrivée au pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema a véritablement impulsé la construction de nouveaux logements sociaux et relancé des chantiers à l’arrêt depuis des années. Entre la contestation légitime de l’opposition et la volonté manifeste du Chef de l’État de combler ce retard historique, le chantier du logement gabonais est enfin bel et bien ouvert.

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