AccueilA La UneCECA-GADIS : croire pour tenir, le pari de la résilience d’Isabelle Essonghé

CECA-GADIS : croire pour tenir, le pari de la résilience d’Isabelle Essonghé

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Il y avait, dans le discours prononcé par Isabelle Essonghé à l’occasion de la Fête nationale, une dimension inattendue. Alors que CECA-GADIS traverse une période de transformation, l’Administratrice-directrice générale a choisi de convoquer non seulement les ressorts du management, mais aussi ceux de la foi. Entre Ésaïe et l’épître aux Hébreux, son message dessine une conviction : lorsqu’une organisation traverse la tempête, elle a besoin de stratégie, mais aussi de confiance.

Le moment était solennel. Après avoir parlé des difficultés de l’entreprise, de la concurrence, des restructurations et de la nécessité de s’adapter, Isabelle Essonghé introduit une référence biblique. « Si vous ne croyez pas, vous ne pourrez pas tenir. » — Ésaïe 7:9.  La formule pourrait sembler spirituelle. Elle est pourtant parfaitement cohérente avec la logique du discours. Car la dirigeante ne demande pas à ses collaborateurs de croire aveuglément. Elle les invite à croire en ce qu’ils ont construit, en leurs compétences et dans l’histoire de l’entreprise.

« Croyez en vous-mêmes, en ce que vous avez appris et acquis », leur dit-elle, avant de rappeler les années d’expérience accumulées par certains collaborateurs : « 5, 10, 15, parfois 20 ans et plus ». La foi devient ici un langage de résilience professionnelle.

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Refuser le récit de la fin

L’un des mérites du discours est précisément de ne pas nier le contexte difficile. Isabelle Essonghé parle de turbulence, de concurrence, de changements stratégiques et de restructuration. Mais elle refuse d’en tirer une conclusion catastrophiste. « La période que nous traversons n’est pas seulement une épreuve ; elle peut aussi devenir une opportunité », affirme-t-elle. La phrase constitue presque une doctrine. Une crise peut détruire une organisation ; elle peut aussi l’obliger à devenir meilleure.

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Derrière ce raisonnement se trouve une conception dynamique de l’entreprise. Une organisation qui survit est une organisation qui apprend, ajuste ses méthodes et accepte de remettre en cause ses habitudes. La dirigeante invite ainsi ses équipes à « nous réinventer », à « gagner en efficacité » et à « améliorer nos pratiques ».

De l’entreprise à la nation

Le parallèle avec le Gabon donne au discours une portée supplémentaire. À l’occasion de l’indépendance nationale, Isabelle Essonghé rapproche le destin de CECA-GADIS de celui du pays : « À l’image de notre nation, qui se reconstruit par l’engagement, le courage et la volonté commune de progresser, notre entreprise doit avancer avec détermination. » La comparaison n’est pas anodine. Elle inscrit l’entreprise dans un récit plus large : celui d’une reconstruction fondée sur le travail, la responsabilité et la volonté collective.Le message devient alors double. Il s’adresse aux salariés en tant que collaborateurs, mais également en tant que citoyens réunis autour d’une même fête nationale.

Une vision du leadership fondée sur la confiance

La seconde référence biblique vient achever cette construction. « La foi est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas », rappelle Isabelle Essonghé en citant l’épître aux Hébreux (Hébreux 11:1).  Cette conclusion donne une cohérence particulière à l’ensemble du discours. Après le diagnostic vient l’action ; après l’action, la confiance. Et c’est peut-être là que se révèle le plus nettement la posture de la dirigeante : elle ne promet pas que tout sera facile ; elle cherche à convaincre que tout n’est pas joué.

Autour d’un repas copieux, à l’esplanade du magasin Géant CKdo, Isabelle Essonghé aura donc livré bien davantage qu’un message de Fête nationale. Elle aura posé les contours d’un leadership fondé sur trois piliers : lucidité pour regarder la difficulté, stratégie pour la combattre et confiance pour entraîner les hommes et les femmes dans la bataille. Sa dernière référence à la foi résonne ainsi comme une philosophie de gouvernance : une organisation peut changer de visage, de méthode et de modèle sans perdre son identité, à condition de conserver ce qui fait sa première force, c’est à dire la capacité collective à croire en son avenir et à travailler pour le construire.

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