C’est la fin d’une cavale qui tenait la province du Haut-Ogooué en haleine. Moins d’une semaine après le cambriolage audacieux de l’hôtel de ville de Franceville, les fins limiers de la Direction générale des recherches (DGR) ont intercepté le principal suspect à Akiéni. Derrière ce coup d’éclat nocturne se cache en réalité un scénario rocambolesque : un agent de sécurité aux abois, des bureaux de l’édile saccagés et un butin hétéroclite qui mène tout droit son auteur derrière les barreaux de la prison de Yéné.
Une traque méthodique sur la piste des mines d’or. C’est à Akiéni, localité située à plus d’une centaine de kilomètres du lieu du forfait, qu’Alain Bignoumba, un agent de sécurité de 46 ans, a vu sa cavale s’interrompre. Pensant avoir semé les forces de l’ordre, l’homme s’y était terré temporairement. Selon les éléments de l’enquête, le suspect planifiait de s’évanouir dans la nature en rejoignant un site d’exploitation aurifère clandestin, une zone propice à la clandestinité. Si le principal suspect est désormais sous les verrous, la traque se poursuit pour son complice présumé, qui aurait réussi à prendre la fuite vers une zone d’orpaillage isolée.
Le loup dans la bergerie : les aveux d’un employé aux abois
L’enquête a rapidement mis en lumière une réalité glaçante : le coup a été préparé de l’intérieur. Alain Bignoumba n’était autre qu’un agent de sécurité de l’hôtel de ville, employé par la société Mpili Gardiennage. Fort de sa parfaite connaissance des lieux et des habitudes de la maison, il a profité de son accès privilégié pour orchestrer le cambriolage. Face aux enquêteurs, le suspect est passé aux aveux, justifiant son acte par le désespoir : il affirme avoir accumulé trois mois d’arriérés de salaire et faire face à de graves difficultés financières.
Armés de leur double des clés, les deux complices ont pu s’introduire sans effraction majeure dans le bâtiment, avant de méthodiquement fouiller plusieurs bureaux, dont celui du premier magistrat de la ville.
Un butin dérisoire et un aller simple pour la prison de Yéné
Si le duo espérait réaliser le casse du siècle en mettant la main sur des coffres remplis de plusieurs millions de francs CFA, la réalité a été bien plus modeste. Après avoir forcé et saccagé plusieurs portes et armoires, les cambrioleurs ont dû se contenter d’un butin hétéroclite : la somme de 430 000 francs CFA, un ordinateur portable, quelques bouteilles de boisson et, de manière plus surprenante, deux costumes appartenant au maire.
Présenté devant le juge d’instruction du tribunal de première instance de Franceville, Alain Bignoumba a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Yéné. Les investigations de la DGR se poursuivent activement pour localiser le second fuyard et récupérer l’intégralité des biens dérobés.
