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Gabon–Guinée équatoriale : Libreville suspend le dialogue frontalier

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Un nouvel épisode de tension vient assombrir les relations entre le Gabon et la Guinée équatoriale. À peine signé à Addis-Abeba, l’Accord d’engagement conjoint destiné à encadrer les discussions sur le différend frontalier a été suspendu par Libreville, qui accuse Malabo d’avoir dénaturé le contenu du texte et de diffuser des déclarations jugées mensongères.

Le processus de règlement du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée équatoriale connaît un sérieux coup d’arrêt. Alors qu’un Accord d’engagement conjoint avait été signé le 28 juillet dernier à Addis-Abeba, l’ambassade du Gabon en Éthiopie a officiellement annoncé la suspension de ce mécanisme de dialogue. Une décision qui intervient sur fond de désaccord profond entre les deux parties quant à l’interprétation et à la portée de l’accord conclu sous l’égide de l’Union africaine.

Selon la diplomatie gabonaise, cet accord avait pour vocation d’instaurer un cadre propice à des discussions sereines entre les deux pays voisins et de définir les modalités d’application de l’arrêt rendu par la CIJ. Libreville tient toutefois à préciser que ce texte ne saurait être assimilé à une exécution anticipée de la décision de la juridiction internationale, pas plus qu’il ne constituerait une reconnaissance formelle des frontières internationales entre les deux États souverains.

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Libreville dénonce une interprétation unilatérale

Le Gabon reproche à la Guinée équatoriale d’avoir donné au document signé une lecture qu’il considère comme contraire à sa lettre et à son esprit. Les autorités gabonaises dénoncent notamment des déclarations qu’elles qualifient de « mensongères » et « trompeuses », qui auraient été relayées par des canaux officiels ainsi que sur les réseaux sociaux locaux.

Selon Libreville, ces prises de position tendraient à présenter une délimitation territoriale favorable aux intérêts de Malabo, une interprétation que le gouvernement gabonais rejette catégoriquement. L’absence, à ce jour, d’un démenti officiel de la Guinée équatoriale aurait également contribué à renforcer les tensions et conduit les autorités gabonaises à interrompre le processus engagé. « Cette suspension demeurera en vigueur jusqu’au rétablissement de la vérité », précise clairement le communiqué gabonais.

Trois conditions pour renouer le dialogue

Pour Libreville, la reprise des négociations reste néanmoins possible, mais elle est subordonnée à des conditions précises. Le Gabon demande d’abord le retrait des déclarations qu’il juge mensongères. Il exige ensuite des garanties reposant sur la bonne foi mutuelle, ainsi que le respect des principes de confiance et de considération réciproques.

Pour les autorités gabonaises, ces exigences ne constituent nullement un signe de faiblesse. Elles s’inscrivent, au contraire, dans les principes consacrés par l’acte constitutif de l’Union africaine, notamment en matière de respect mutuel et de règlement pacifique des différends.

Un enjeu territorial plus large que l’île Mbanié

Derrière cette crise diplomatique se profile une question territoriale qui dépasse la seule souveraineté sur l’île Mbanié. Si la Guinée équatoriale obtient la pleine souveraineté sur cet îlot contesté, le Gabon récupérerait, en contrepartie, plusieurs zones frontalières stratégiques, notamment dans les régions d’Ebebiyin et de Mongomo.

Or, Libreville estime que cet aspect du dossier serait insuffisamment mis en avant dans la communication de Malabo. Pour les autorités gabonaises, une présentation partielle des termes de l’accord risque de nourrir les incompréhensions et d’affaiblir la confiance indispensable au règlement définitif du différend.

Préserver l’esprit d’Addis-Abeba

La suspension du processus ne doit toutefois pas conduire à l’enlisement. Les accords de paix et les engagements conclus à Addis-Abeba ne sauraient être réduits à une simple parenthèse diplomatique. Pour préserver les acquis obtenus et éviter que les tensions ne prennent le dessus, le Gabon et la Guinée équatoriale devront, tôt ou tard, renouer avec la voie du dialogue.

La coopération, la transparence et la recherche de compromis doivent demeurer les fondements de cette relation de voisinage. Au-delà des divergences actuelles, les deux pays ont intérêt à privilégier l’apaisement et à préserver l’esprit des engagements pris sous l’égide de l’Union africaine. Car la paix durable ne se construit ni par les déclarations unilatérales ni par la confrontation, mais par la confiance, la bonne foi et la volonté partagée de trouver une issue juste et pacifique au différend.

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