Pendant que certains médias disposent de budgets publics importants, de bâtiments ultramodernes et d’équipements de dernière génération, c’est une web télévision indépendante qui parcourt aujourd’hui le Gabon profond pour raconter la réalité des populations. Avec son Grand Reportage consacré à l’axe Mbigou–Malinga, GMTtv démontre qu’en télévision, les moyens ne remplacent ni la vision éditoriale, ni le journalisme de terrain. Une leçon qui interpelle directement l’audiovisuel public dont l’essentiel des moyens sont à la disposition de la toute-puissante Gabon24.
Ils sont partis de Mbigou, ont parcouru plus de cent kilomètres jusqu’à Malinga, un téléphone en guise de caméra, pour écouter ceux que l’actualité oublie trop souvent. À Kambamongo, ils découvrent un dispensaire fermé depuis plusieurs années. À Dienga, une école envahie par les herbes où plus aucun enfant n’étudie. À Bolapessa, un jeune diplômé revenu au village malgré l’absence d’opportunités. À Lélendé, une aberration administrative qui complique la vie des habitants. À Levinda, un chef de canton raconte l’isolement de tout un territoire. À Baposso, un village autrefois prospère lutte désormais contre l’abandon, le manque de réseau téléphonique et les éléphants qui détruisent les plantations.
Le journalisme ne se fait pas depuis un plateau télé
Cette immersion soulève une question qui dépasse largement GMTtv.

Comment une web télévision privée, avec des moyens infiniment plus modestes, parvient-elle à produire ce que les grandes chaînes publiques ne proposent presque jamais ? Car pendant que GMTtv parcourt les pistes de la Boumi-Louetsi et de la Louétsi-Bibaka, combien de reportages de cette nature ont été réalisés par les médias publics pourtant dotés de moyens considérablement supérieurs ?
Une télévision nationale ne se mesure pas uniquement à la qualité de ses studios ou de ses régies numériques. Elle se mesure à sa capacité à aller vers les citoyens, à documenter les réalités du pays profond et à éclairer les décideurs sur les attentes des populations.
Des moyens importants… mais quelle stratégie éditoriale ?
Depuis plusieurs années, l’État a investi massivement dans la modernisation de l’audiovisuel public à travers Gabon24. Bâtiments flambant neufs, équipements dernier cri, effectifs renforcés, véhicules, budgets de fonctionnement : les investissements sont considérables. Pourtant, la révolution éditoriale se fait toujours attendre. À l’heure où les réseaux sociaux imposent l’instantanéité, la valeur ajoutée d’une télévision ne réside plus dans la simple diffusion de communiqués officiels ou dans la reprise de contenus déjà largement visibles sur Internet.
Elle réside dans l’enquête, le documentaire, le grand reportage, le récit des territoires oubliés. Sur ce terrain, une simple web télévision vient de démontrer qu’il est possible de faire beaucoup avec peu.
Le message du président de la République mérite d’être entendu
À plusieurs reprises, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a appelé les institutions à sortir des bureaux pour aller au contact des populations. Cette exigence concerne aussi les médias publics.
Le reportage « De Mbigou à Malinga » rappelle qu’une télévision de service public ne peut se limiter à couvrir l’agenda institutionnel. Elle doit raconter le quotidien des Gabonais, mettre en lumière les fractures territoriales, révéler les difficultés des villages sans dispensaires, des écoles fermées, des cultivateurs confrontés aux éléphants, des populations privées de réseau téléphonique ou de soins de proximité.
En donnant la parole à ceux que l’on entend rarement, GMTtv ne signe pas seulement un reportage. Elle rappelle ce qu’est la mission première d’un média : aller sur le terrain, informer, documenter et rendre visibles les réalités du pays. C’est précisément ce que les Gabonais sont en droit d’attendre de toute télévision qui bénéficie d’importants moyens publics.
Félicitations à Harold Leckat et à toute l’équipe de GMTtv !!!!









