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Gabon : Alerte sanitaire ou litige commercial, l’AGASA brise le silence sur l’affaire SOBRAGA

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La guerre des normes et de la communication fait rage à Libreville. Face à la résurgence virale sur les réseaux sociaux du témoignage de Marcelle Eyang Noutchet, mettant en cause la qualité des boissons de la Société des Brasseries du Gabon (SOBRAGA), l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) est sortie de sa réserve ce mardi 23 juin 2026. Par le biais d’un communiqué officiel, l’organisme public tente d’éteindre l’incendie en révélant que ce dossier, vieux de deux ans, avait déjà été arbitré et clos en mars 2025.

L’affaire prend sa source à l’automne 2024 lors d’une tentative d’exportation de produits de la SOBRAGA vers la France. Suite aux alertes des autorités douanières et sanitaires françaises, l’AGASA avait mené une contre-enquête rigoureuse en s’appuyant sur des laboratoires partenaires. Les conclusions de l’époque mettaient en lumière des divergences techniques majeures. Des seuils européens dépassés : les boissons ZombiesBanana Mama et Gin Tonic affichaient des teneurs en composants supérieures aux limites strictes de l’Union européenne. Un flou logistique : des failles de traçabilité flagrantes entachaient les lots de Kit Regab et Racines. Un imbroglio douanier : un contentieux lié au régime fiscal frappait la boisson Whisky Cola.

Le choc des normes : Europe vs Codex Alimentarius

Pour l’autorité sanitaire gabonaise, il s’agit d’un faux procès scientifique. L’AGASA insiste sur un fait crucial : une non-conformité sur le sol européen ne signifie en rien que le produit est toxique ou impropre à la consommation au Gabon. « Les boissons incriminées par la France étaient conformes, dans leur composition, aux normes CODEX Alimentarius de l’OMS et de la FAO en vigueur en République gabonaise », tranche fermement le communiqué de la direction générale.

L’agence rappelle une réalité du commerce international : les exigences sanitaires varient drastiquement d’un continent à l’autre. Le produit gabonais répond aux lois gabonaises, basées sur les standards de l’ONU pour l’alimentation.

Une « opération commerciale qui a mal tourné »

Balayant d’un revers de la main les accusations de complaisance, l’AGASA dénonce une manipulation de l’opinion publique. Elle fustige : « Une tentative de transformation d’une opération commerciale qui a mal tourné en une affaire d’insécurité alimentaire. »

Selon l’organisme, le cœur du problème n’est pas sanitaire, mais purement financier et contractuel. Tout en appelant les populations à la plus grande vigilance face aux rumeurs numériques, l’agence réaffirme son rôle de bouclier pour la santé des consommateurs nationaux.

Malgré le verdict de l’AGASA, le dossier laisse un goût amer et de nombreuses questions en suspens. Si la conformité légale locale est établie, le préjudice économique, lui, est bien réel pour l’exportatrice Marcelle Eyang Noutchet, qui évoque de lourdes pertes financières suite au refoulement de sa marchandise. Entre rigidité de la réglementation européenne, défense du label gabonais et détresse des opérateurs économiques, cette affaire expose les défis colossaux de l’exportation agroalimentaire africaine.


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