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Gabon : L’ARCEP valide l’alliance stratégique entre Airtel et Moov Africa

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Trois semaines après sa signature, l’accord de mutualisation des pylônes entre les deux géants de la téléphonie a reçu le feu vert du régulateur. Un tournant réglementaire et économique qui redessine le paysage numérique gabonais.

Le paysage des télécommunications gabonaises franchit un cap historique. L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a officiellement validé le contrat de partage d’infrastructures unissant Airtel Gabon et Moov Africa Gabon Télécom. Cette approbation institutionnelle, survenue trois semaines après la signature initiale de l’accord, marque l’aboutissement d’un long processus de conformité juridique et technique.

Cinq ans pour rationaliser le réseau national

Scellé pour une durée initiale de cinq ans, ce partenariat stratégique repose sur un principe clé : la mutualisation des infrastructures passives, et plus particulièrement des pylônes disséminés à travers le pays. Concrètement, l’accord met fin à l’ère de la duplication stérile des équipements. Désormais, chaque opérateur pourra louer ou partager les installations existantes de son concurrent, évitant ainsi le déploiement coûteux et redondant de nouvelles structures métalliques.

Pour le régulateur, cette étape s’apparente à une consécration de son rôle de garant du marché. Lors de la cérémonie de validation à Libreville, Célestin Kadjidja, président du Conseil de régulation de l’ARCEP, a rappelé la rigueur de la procédure : « L’institution a minutieusement examiné le contrat, en amont et en aval de sa conclusion, pour s’assurer du strict respect de la législation en vigueur. » Endossant son costume d’arbitre républicain, le patron de l’ARCEP a fermement invité les deux opérateurs à honorer scrupuleusement les clauses de cette convention.

La fin du « gaspillage » et le défi de la qualité

Chez les opérateurs, cette décision est accueillie comme une victoire économique et managériale. Thomas Herbert Gutjahr, directeur général d’Airtel Gabon, n’a pas caché sa satisfaction en pointant du doigt les aberrations du passé. Selon lui, voir chaque opérateur ériger ses propres tours de transmission à quelques mètres d’intervalle constituait un véritable « gaspillage » financier et environnemental. La mutualisation offre une réponse pragmatique, optimisant le rendement de chaque site actif.

Un avis pleinement partagé par son homologue de Moov Africa Gabon Télécom. Le directeur général, Zouheir Jorio, voit dans cet accord un puissant levier de croissance. Les importantes économies d’échelle générées par l’arrêt des chantiers redondants ne seront pas thésaurisées, elles ont vocation à être massivement réinvesties dans la modernisation des équipements et l’extension de la couverture réseau.

En validant cette alliance, l’ARCEP pose les jalons d’une gestion durable des infrastructures numériques au Gabon. L’objectif final reste social : transformer ces gains de productivité industriels en une amélioration concrète, quotidienne et inclusive du réseau internet et mobile pour l’ensemble des populations gabonaises.

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