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30 ans de prévention en Afrique : entre acquis historiques et nouveaux défis

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Réunis à Libreville les 29 et 30 avril 2026, les experts de la sécurité au travail ont célébré la 30e édition de la Journée africaine de la prévention des risques professionnels (JAPRP)organisée par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Ce bilan, tourné vers l’horizon 2040, révèle une mutation profonde du paysage institutionnel gabonais.

En ouverture, le Dr Olivier Rebienot Pellegrin, Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), a rappelé les enjeux cruciaux de la prévention. Avec 1 250 actions de sensibilisation menées, il note l’émergence d’une culture de prévention « bien ancrée mais perfectible ». Pour renforcer cet élan, il préconise l’augmentation du nombre d’inspecteurs spécialisés sur le terrain.

La ministre des Affaires sociales, le Dr Armande Longo-Moulengui, a souligné que cette commémoration est un moment stratégique d’évaluation lucide. Selon elle, la sécurité au travail est désormais une « priorité stratégique de l’État », soutenue par un cadre juridique renforcé.

30 ans de prévention en Afrique : entre acquis historiques et nouveaux défis

Le défi de la conformité

Malgré ces avancées, le rapport final souligne un point critique : près d’un quart des entreprises contrôlées ignorent encore les normes de sécurité. Cette situation impose une intensification des contrôles et un meilleur accompagnement face aux risques dits «émergents ».

L’Interafricaine de la prévention (IAPRP), structure pivot depuis 1996, continue d’harmoniser les standards continentaux, notamment via les réseaux spécialisés du secteur pétrolier (RALI PRP). Les débats ont convergé vers une recommandation majeure : la mutualisation des forces entre la CNSS, la Comilog et le secteur pétrolier pour instaurer une Politique nationale de sécurité et santé au travail (SST).

Cap sur 2040 : digital et capital humain

L’ambition pour les quinze prochaines années se veut globale. La CNSS mise sur la transition numérique avec le portail e-cnss et un futur Observatoire des accidents de travail. Parallèlement, des leaders comme Comilog et Olam se concentrent sur le capital humain, intégrant la nutrition et les risques psychosociaux pour transformer la sécurité en une culture partagée à tous les échelons.

Cependant, les syndicats (ONEP et COSYGA) ont rappelé les dures réalités du terrain : sous-déclaration des risques et méconnaissance des troubles musculosquelettiques (TMS). En clôture, le Dr Nothhurge Ditengou (DGSST) a posé un diagnostic sans concession, déplorant une action étatique trop dispersée. Elle appelle à l’adoption immédiate d’une politique nationale unique pour centraliser les données et harmoniser les moyens de contrôle sur l’ensemble du territoire.

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