Réuni en assemblée générale le mardi 28 avril à la Chambre de commerce de Libreville, le Groupement des entreprises de l’eau et de l’électricité du Gabon (G3E-Gabon) a porté Auguste-Marie Mavioga à sa tête. Entre ambitions économiques et défis structurels, le groupement entend s’imposer comme le partenaire incontournable de l’Etat pour relever le défi de l’accès aux services de base.
Dans le paysage économique gabonais, le G3E-Gabon ne compte plus faire de la figuration. Plus de deux ans après sa création, ce collectif qui fédère l’expertise des petites et moyennes entreprises (PME) du secteur de l’énergie a franchi une étape clé de son développement. Avec un poids économique non négligeable (un chiffre d’affaires cumulé estimé à 50 milliards de FCFA) le groupement affiche une ambition claire : transformer le potentiel technique local en levier de souveraineté énergétique.
L’élection d’Auguste-Marie Mavioga à la tête de l’entité marque une volonté de continuité et de montée en puissance. Succédant à Parfait Duffy Bibang-Bi-Obame, le nouveau promu connaît parfaitement les rouages de l’organisation pour en avoir assuré le secrétariat général. Son mandat s’ouvre sous le signe de la « valorisation » et de l’« équité ».
Pour le nouveau président, l’enjeu est double : assurer une gestion transparente interne pour consolider la confiance des membres, mais surtout porter haut la voix des PME gabonaises face aux donneurs d’ordres.
Le défi de l’accès aux marchés publics
Longtemps restées en marge des grands chantiers nationaux, les entreprises du G3E espèrent aujourd’hui briser le plafond de verre. Auguste-Marie Mavioga n’a d’ailleurs pas manqué de pointer du doigt les obstacles historiques qui entravaient l’accès des PME locales aux marchés publics. Cependant, le ton se veut résolument optimiste. Selon le groupement, le climat actuel insufflé par le gouvernement, sous l’égide du président Brice Clotaire Oligui Nguema, offre une fenêtre de tir inédite. L’objectif est désormais d’aligner l’expertise technique du secteur privé sur les priorités régaliennes : mettre fin au stress hydrique et résorber les déficits énergétiques qui touchent encore une partie de la population.
En se positionnant comme un interlocuteur privilégié de l’Etat, le G3E-Gabon veut démontrer que le génie gabonais est prêt à prendre sa part de responsabilité. « Nous sommes prêts à mettre notre expertise au service de la nation », a réaffirmé le président élu, soulignant que l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’électricité ne peut se faire sans un tissu de PME locales fortes, réactives et financièrement saines.
A l’heure où la relance économique par la commande publique est au cœur des débats, le G3E-Gabon pose ses jalons : il ne s’agit plus seulement de sous-traiter, mais de bâtir les infrastructures de demain.