Une semaine après le passage du chef de l’État, les travaux de réhabilitation des voiries urbaines ont été officiellement lancés ce 21 avril à la foire municipale. Entre urgence sociale et impératif économique, ce chantier se veut une réponse concrète au délabrement avancé des routes de la cité pétrolière.
Le constat est sans appel : à Port-Gentil, circuler est devenu un défi quotidien. Quartiers isolés, nids-de-poule et chantiers à l’arrêt paralysent la capitale économique gabonaise. Cette réalité, partagée par de nombreuses communes du pays, freine non seulement l’économie locale mais entrave l’accès des populations aux services de base.
L’effet Oligui Nguema
Le déclic est venu du sommet de l’État. Lors de sa récente visite, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait pointé du doigt l’isolement de la ville et la léthargie des projets d’infrastructure. Sept jours plus tard, le coup d’envoi est donné.
Pour Françoise Assengone Obame, Gouverneure de l’Ogooué-Maritime, l’enjeu dépasse le simple bitumage. Il s’agit de « recoudre » un tissu urbain fragmenté et de rendre leur mobilité aux habitants. Un discours soutenu par le maire, Pascal Houangni Ambouroue, qui espère une transformation durable du paysage urbain.

Le coût du mauvais état des routes
Au-delà du confort, le délabrement des voiries pèse lourdement sur le portefeuille des Port-Gentillais. Pour les commerçants, les ruptures de stocks et le surcoût du transport des marchandises alimentent l’inflation des produits de première nécessité. Côté transport public, les taximen, confrontés à une usure prématurée de leurs véhicules (amortisseurs, pneus, trains roulants), répercutent souvent ces frais sur les tarifs de course ou évitent certains quartiers enclavés. La réhabilitation des routes est donc, avant tout, un levier de pouvoir d’achat.
Sur le terrain, l’entreprise « Le Roi des Chantiers » affiche ses ambitions. Avec une trentaine d’engins mobilisés, le déploiement technique se veut massif pour rompre avec les lenteurs du passé. Cependant, dans un contexte où les effets d’annonce ont souvent pris le pas sur les réalisations, l’opinion reste prudente.
Ce chantier port-gentillais fait figure de test national. Au-delà des routes de la cité pétrolière, c’est toute la problématique de l’enclavement du Gabon qui est posée. Pour les autorités, l’objectif est double : prouver leur capacité d’action immédiate et assurer la pérennité de ces infrastructures.