Sans escorte ni protocole, la ministre de la Santé a effectué une visite inopinée à l’Institut des maladies infectieuses Pr Daniel Gahouma, le 7 avril 2026. Objectif : confronter les discours officiels à la réalité du terrain.
Dans les couloirs de l’Institut Pr Daniel Gahouma, aucune mise en scène. Urgences, salles de soins, chambres d’hospitalisation : tout a été passé en revue. Ici, un patient patiente, là, un soignant s’affaire avec des moyens limités. Délais de prise en charge, hygiène, disponibilité du matériel : Elsa Joséphine Nkana Ayo a tout scruté sans complaisance.
Au chevet des malades, la ministre a pris le temps de l’écoute. Entre les plaintes et les témoignages de reconnaissance envers un personnel souvent à bout de souffle, elle a obtenu une photographie sans filtre d’un système vacillant mais qui tient debout.

Le message adressé aux équipes est sans ambiguïté : retour aux fondamentaux. Respect strict de l’éthique, amélioration immédiate de l’accueil et exigence accrue dans l’organisation des services. En clair : remettre le patient au centre de l’action, et non plus seulement au cœur des discours.
Cette descente surprise n’a rien d’anodin. Elle intervient dans le sillage du séminaire national sur l’éthique médicale, dont l’ambition était d’élever la qualité des soins. Un cap désormais testé à l’épreuve du réel.
Reste à savoir si ce « coup de pression » produira des effets durables. Au-delà des rappels à l’ordre, c’est toute la mécanique hospitalière (moyens, formation, gouvernance) qui appelle des ajustements profonds. A Libreville, les patients n’attendent plus de promesses, ils attendent des résultats.


