Devant les hauts cadres de l’administration réunis le 3 décembre à l’auditorium Arambo, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, a livré un diagnostic sans concession et a fixé le cap pour la gestion des investissements 2026. Sous la houlette du Vice-président du Gouvernement, la ministre a clairement indiqué que garantir le bien-être des Gabonais et en finir avec l’histoire des projets inachevés dépendra d’un engagement inébranlable : la planification rigoureuse et le suivi transparent du colossal budget alloué.
Réaffirmant l’engagement de l’équipe gouvernementale, la ministre a rappelé que la Loi de finances 2026, dotée d’un budget d’investissement de 2119,2 milliards de francs CFA, est à la mesure du projet de société en cours. Elle a posé le défi d’emblée : l’efficacité de cet investissement dépendra avant tout de la méthode utilisée.
Une priorité absolue : achever les chantiers existants
La première orientation stratégique majeure pour 2026 est la finalisation des 675 projets répertoriés à travers le pays et qui se trouvent à différents niveaux de réalisation ou de maturation. Pour y parvenir, environ 1000 milliards de francs CFA du budget total seront alloués spécifiquement à cette tâche. « Nous nous étions entendus que pour l’année 2026, le premier travail que nous ferions avec notre budget d’investissement sera d’amener ces projets à terme », a affirmé la ministre Mvono.

Elle a ensuite insisté sur le respect scrupuleux des engagements budgétaires. « Le ministre d’État en charge des finances l’a dit, nous n’aurons pas de hors budget, nous allons y travailler. Donc tous ces investissements sont dans la loi de finances donc il va falloir les finaliser », a-t-elle martelé.
Fin de l’improvisation : la maturation des projets, un impératif
La seconde méthode essentielle est l’accélération de la phase de maturation des nouveaux projets. La ministre a identifié trois niveaux clés dans la gestion des investissements (l’idée, les termes de référence/études, et le financement) et a révélé que son ministère a reçu une dotation de 159 milliards de francs CFA pour financer les études nécessaires. Ces études sont capitales pour déterminer le mode de financement optimal : secteur privé, partenariat public-privé, ou prise en charge totale par l’État.
L’objectif est clair : prévenir les gaspillages observés par le passé. « Il va falloir que nous accélérions la phase de maturation des projets pour que ces projets soient mis en œuvre. Nous avons une dotation de 159 milliards pour pouvoir faire des études qui vont nous permettre d’amener nos projets à bon terme et éviter que nous ayons ces éléphants blancs », a-t-elle insisté.
Transparence et responsabilité partagée
La démarche du ministère de la Planification inclut la mise en place d’une nouvelle méthode de suivi garantissant cohérence et transparence dans le séquençage des investissements. Un nouveau système de gestion des investissements publics sera d’ailleurs présenté aux cadres pour un suivi rigoureux et partagé. « Tout ce que nous allons faire au cours des prochaines années vise à mettre en place ce projet de société, ces ambitions qui devraient se manifester à la fin par le bien-être des Gabonais », a déclaré la ministre, avant d’interpeller l’assemblée sur l’attente citoyenne. « Nous avons conscience de la question que les Gabonais nous posent souvent : en quoi est-ce que ça change notre vie ? », a-t-elle conclu, soulignant que cet impératif de changement est au cœur de l’ambition gouvernementale.
La ministre Louise Pierrette Mvono a conclu son intervention en insistant sur la nécessité d’une collaboration sans faille entre les différentes administrations. Le nouveau système de suivi, loin de « bloquer la machine », est là pour « la faciliter », a-t-elle assurée, transférant ainsi la lourde charge de la responsabilité et de la réussite de ces investissements aux mains des hauts cadres présents.


