De retour au Gabon, l’icône du cinéma gabonais revient auréolée d’un hommage international.
Il est des retours qui ressemblent à de véritables consécrations. Celui de Jean-Claude MPAKA au Gabon, après sa participation à la 4ème édition du Festival de Montagne, organisée récemment à Ouzoud, au Royaume du Maroc, en est assurément un. Invité par la Direction du Festival, Jean-Claude MPAKA est parti représenter le Gabon dans un rendez-vous cinématographique qui a rassemblé des professionnels et des acteurs du 7ème Art venus de plusieurs horizons.
Jean-Claude MPAKA en est revenu avec une distinction qui dépasse largement le cadre d’un simple festival : un hommage à l’homme, à l’artiste et à l’ensemble d’une œuvre qui a marqué le cinéma gabonais.
Quand le talent gabonais franchit les frontières
À Ouzoud, dans ce cadre majestueux du Maroc, le cinéma s’est une fois affirmé comme un langage universel. Aux côtés du réalisateur marocain Daoud Oulad Sayed et de l’acteur marocain Saad Mouaffak, Jean-Claude MPAKA a reçu l’hommage pour son élogieux parcours au cours de la cérémonie organisée par la Fondation Sawt Al Jabal pour le Patrimoine et le Développement Durable, lors du festival dédié à la promotion du patrimoine et de la création cinématographique.
Un festival qui a pu rassembler des comédiens, réalisateurs et professionnels venus d’Égypte, d’Afghanistan, du Kazakhstan, de la Turquie, d’Italie, du Burkina Faso, du Maroc… qui se sont retrouvés pour célébrer la création et la diversité des expressions cinématographiques.
Au milieu de cette constellation internationale, Jean-Claude MPAKA a particulièrement retenu l’attention. Son parcours, son expérience, la justesse de son interprétation et cette capacité singulière à donner vie aux personnages qu’il incarne ont trouvé un écho particulier auprès des festivaliers.
Son jeu de scène, fait de présence, de maîtrise et de profondeur, témoigne d’un artiste qui n’a jamais considéré le cinéma comme un simple métier, mais comme un véritable moyen d’expression, de transmission et de témoignages.
Un hommage qui sonne comme une consécration
Le moment fort de cette 4ème édition restera incontestablement l’hommage rendu à Jean-Claude MPAKA. Cette distinction prend une dimension particulière lorsqu’elle est décernée loin de son pays, devant un public et des professionnels avertis venus d’horizons différents.
Elle nous rappelle une vérité essentielle : le talent authentique ne connaît pas de frontières. Jean-Claude Mpaka porte désormais bien plus qu’un nom et une carrière. Il porte une part de l’histoire du cinéma gabonais et, à travers son parcours, contribue à faire connaître le savoir-faire artistique du Gabon au-delà de ses frontières.
Un ambassadeur du cinéma gabonais
Son retour au pays revêt ainsi les allures d’un retour triomphal. Car derrière les applaudissements et les honneurs reçus au Maroc, se dessine une réalité plus profonde : celle d’un artiste dont la carrière constitue un témoignage vivant de la vitalité du cinéma gabonais.
Jean-Claude Mpaka est de cette génération d’acteurs qui ont contribué à donner au comédien africain une véritable place dans le paysage cinématographique. Par son talent, sa longévité et son engagement artistique, il appartient désormais à ces figures dont le parcours mérite d’être raconté, transmis et célébré.
Son hommage à Ouzoud est donc aussi, indirectement, un hommage du cinéma gabonais, à ses pionniers, à ses artisans et à tous ceux qui continuent de croire que les histoires africaines peuvent conquérir les écrans du monde.
Le Gabon peut être fier
À Jean-Claude MPAKA, le Gabon doit donc plus que des félicitations. Il lui doit la reconnaissance de la Nation artistique, celle que l’on adresse aux hommes et aux femmes qui, par leur talent et leur persévérance, ont porté haut les couleurs de leur pays.
De Libreville à Ouzoud, le même talent. Du Gabon au Maroc, le même artiste. Et désormais, une reconnaissance qui franchit les frontières. Jean-Claude Mpaka revient du Maroc honoré. Mais il revient grandi dans le regard du monde. Et avec lui, c’est tout le cinéma gabonais qui gravit une marche supplémentaire vers les sommets.
Il revient avec cette reconnaissance qui appartient à tous ceux qui considèrent la culture et le cinéma comme des vecteurs essentiels du rayonnement du Gabon.
C’est une fierté pour son pays.
Dans un contexte où les talents africains cherchent plus que jamais à franchir les frontières, cette distinction est loin d’être anodine. Elle démontre que le talent et le mérite peuvent s’exprimer, séduire et être reconnus sur les grandes scènes internationales. Le talent ne se décrète pas. Il se construit, se travaille et finit par être reconnu. Au-delà des apparitions, une carrière artistique se mesure aussi à ce qu’elle laisse derrière.
Le parcours de Jean-Claude Mpaka témoigne de la fidélité à un art exigeant, dans un environnement où les carrières artistiques ne sont jamais acquises. Il a fallu durer, créer, interpréter, se renouveler, résister aux difficultés. Et surtout continuer à croire au cinéma.
Ouzoud, le sommet symbolique
Il y a quelque chose de profondément symbolique dans cette consécration. C’est dans une ville connue pour ses paysages montagneux exceptionnels que Jean-Claude MPAKA a été célébré. C’est dans un environnement dominé par les montagnes et les célèbres cascades d’Ouzoud que Jean-Claude MPAKA a reçu cette marque de reconnaissance.
Comme si les hauteurs du Maroc venaient rappeler que certaines carrières se concrétisent patiemment, marche après marche, rôle après rôle, film après film, jusqu’à atteindre le sommet… Comme si, après des années consacrées à son art, l’acteur venait naturellement d’atteindre ce sommet : une montagne pour décor ; le cinéma pour langage ; le talent pour passeport, et la reconnaissance internationale pour couronnement.
L’image est là. Elle est à la hauteur du moment. Lorsqu’un artiste gabonais est reconnu à l’étranger, son succès ne lui appartient jamais totalement. Il devient aussi celui de son pays. À Ouzoud, Jean-Claude MPAKA a porté avec lui une partie de son identité culturelle gabonaise faite de créativité, de diversité et de richesse humaine.
Ouzoud a célébré l’acteur. Le Gabon célèbre aujourd’hui l’artiste.
L’histoire, elle, retiendra l’œuvre.
Par Ndong Assoumou Désiré, Sociologue – Polémologue
