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Sylvia Bongo et la mémoire sélective : quand l’accusée crie au racisme pour faire oublier le traumatisme des Gabonais

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Dans une interview accordée à France 24 publiée ce 6 mars 2026, Sylvia Bongo tente de réécrire l’histoire. Racisme, victimisation, dénégations : l’ancienne Première dame du Gabon se pose en victime. Mais derrière cette mise en scène médiatique se dressent les faits, les témoignages du procès et surtout le souvenir d’un système de pouvoir qui a longtemps méprisé et traumatisé les Gabonais.

Dans cet entretien, lorsque le journaliste pose une question savamment orientée : « Est-ce que vous pensez qu’il y a un élément peut-être de racisme ? », Sylvia Bongo répond sans détour : « Oui, dès le départ. On m’a traitée de sale blanche ». Elle ajoute que son fils a été qualifié de « le fils de la sale blanche ».

Ces propos sont graves. Mais ils apparaissent pour le moins paradoxaux. Car si Sylvia Bongo dénonce aujourd’hui un prétendu racisme, beaucoup de Gabonais se souviennent d’un autre visage du pouvoir exercé pendant les années de règne de son époux, Ali Bongo Ondimba.

Pendant cette longue période, le premier cercle du pouvoir était largement constitué d’étrangers, tant dans l’entourage politique que dans les réseaux d’influence et de gestion économique. Toute leur intendance était concentrée et géré par les étrangers et même leurs cercles d’amis. Que cela soit Ali Bongo, Sylvia ou Noureddin Bongo Valentin, tous leurs amis proches étaient des étrangers, et le prouver est la chose la plus facile.

Profond mépris pour les élites nationales

Pour beaucoup d’observateurs, ce choix systématique relevait moins d’un simple cosmopolitisme que d’un profond mépris pour les élites nationales. Une forme de distance sociale et politique qui a nourri, au fil des années, un ressentiment populaire massif.

Lorsque Sylvia Bongo jouissait à outrance des richesses du Gabon, en ce moment le racisme ne figurait point. Rions.

La distance avec le pays apparaît d’ailleurs clairement dans leurs propres déclarations. Lorsque l’épouse d’Ali Bongo conclut en disant avec fierté : « Je ne retournerai jamais au Gabon », cela étonne peu de monde. Car pendant toutes ces années de règne sans partage, cette famille n’a jamais réellement montré d’attachement au pays ni à sa culture.

La même logique apparaît dans les propos de Noureddin Bongo. Dans un entretien accordé au magazine Le Point le 7 novembre 2025, il déclarait : « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas physiquement retourner au Gabon ».

Plus révélateur encore, lors d’une interview exclusive accordée au média Brut Afrique en 2025, il affirmait depuis Londres : « I am very much British by spirit. » (Je suis très Britannique d’esprit.).

Tout est dit, tout est clair.

Le procès et la mécanique du pillage

Dans la même interview, l’ancienne Première dame nie catégoriquement les accusations de détournement de fonds. Pourtant, les éléments révélés lors du procès Bongo-Valentin dressent un tableau radicalement différent.

Les audiences ont mis au jour ce que plusieurs témoins ont décrit comme un système organisé de captation des ressources publiques. Selon de nombreux témoignages entendus à la barre, Sylvia Bongo donnait des instructions directes pour des virements vers des comptes privés, utilisant un réseau d’intermédiaires, d’émissaires et de gestionnaires financiers.

Plusieurs protagonistes ont reconnu devant les juges recevoir des instructions venant directement de Sylvia et de son fils. Dans un contexte où Ali Bongo, affaibli par la maladie, était largement absent de la gestion quotidienne, l’ancienne Première dame apparaissait comme le véritable centre de décision.

Une comédie politique

Parlant au nom d’un président diminué, usurpant parfois sa signature selon les accusations du dossier, Sylvia Bongo était devenue la vraie gestionnaire du Gabon.

Dans ces conditions, quand Sylvia parle aujourd’hui de racisme, cela ressemble à une diversion. Et lorsqu’elle nie les détournements, cela s’apparente pour beaucoup à une comédie politique.

Car une question demeure entière : comment justifier la fortune colossale accumulée au fil des années, entre comptes européens, propriétés de luxe et placements dans les paradis fiscaux ?

Les pleurs médiatiques et les tentatives de victimisation ne suffiront pas à effacer la mémoire collective. Car pour une grande partie des Gabonais, l’histoire est déjà écrite : celle d’un pouvoir familial qui a confondu État et patrimoine privé.

Et les interviews, aussi soigneusement mises en scène soient-elles, ne pourront pas effacer la vérité. Si Sylvia Bongo a versé les larmes de crocodile, la barbarie – subie par les Gabonais lors des 14 ans de leur règne – relève d’un fait implacable.

Gabon : Trois gendarmes aux arrêts à Lambaréné pour un trafic de drogue « record »

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L’implication de forces de l’ordre dans les réseaux de stupéfiants franchit un nouveau palier au Gabon. Trois gendarmes ont été interpellés à Lambaréné avec une cargaison de drogue d’une ampleur inédite. Ils sont actuellement aux mains du B2.

C’est un coup de filet qui secoue le chef-lieu du Moyen-Ogooué. Selon des sources proches du dossier, les trois militaires, officiers de police judiciaire (OPJ), n’ont pas seulement été pris en flagrant délit : la quantité de drogue saisie pourrait être l’une des plus importantes jamais enregistrées impliquant des agents des forces de sécurité dans le pays.

Face à la gravité des faits, la procédure s’est accélérée. Les suspects ont été immédiatement transférés et mis à la disposition de la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM). Les enquêteurs s’attellent désormais à démanteler les ramifications de ce réseau : l’objectif est de déterminer si ces agents bénéficiaient de complicités plus larges pour acheminer la marchandise.

L’affaire de Lambaréné n’est malheureusement pas un cas isolé. En novembre 2024, 34 officiers et sous-officiers de police avaient déjà été suspendus pour leur implication supposée dans des trafics similaires.

Ce que dit la loi

Au Gabon, le trafic de stupéfiants est lourdement sanctionné par le Code pénal. Les mis en cause risquent des peines allant de 10 à 20 ans de réclusion criminelle et des amendes pouvant atteindre le quintuple de la valeur de la drogue saisie. Pour ces gendarmes, la qualité d’agent de la force publique constitue une circonstance aggravante, entraînant généralement une radiation immédiate du corps avant le jugement pénal.

Cette arrestation s’inscrit dans une volonté de reprise en main disciplinaire. Les autorités multiplient les signaux de fermeté pour restaurer l’image de l’uniforme. « Il ne peut y avoir d’impunité pour ceux qui sont censés faire respecter la loi », confie une source sécuritaire. Cette affaire est désormais perçue comme un test pour la hiérarchie, déterminée à épurer les rangs des éléments compromis.

Gabon : La presse gabonaise pleure la disparition de Loïc Ntoutoume

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Le paysage médiatique national s’est réveillé sous le choc ce jeudi 5 mars 2026. Loïc Ntoutoume, plume reconnue du média en ligne Gabonreview, s’est éteint à Libreville des suites d’une maladie. Une perte majeure pour une profession dont il était l’une des figures engagées.

Hospitalisé depuis quelques jours dans une clinique de la capitale, le journaliste luttait contre une affection médicale qui l’avait conduit en soins intensifs. C’est au sein d’une structure sanitaire du quartier Bessieux que le décès a été constaté ce jeudi.

« Tout le monde pleurait, sa femme est inconsolable », a témoigné, bouleversé, l’un de ses confrères présent sur les lieux. La nouvelle de sa disparition a immédiatement suscité une vague d’émotion dans les rédactions de Libreville, où l’homme était particulièrement apprécié pour son professionnalisme.

Journaliste de terrain et d’analyse, Loïc Ntoutoume s’était imposé au fil des années comme un pilier de la rédaction de Gabonreview. Son engagement et son amour du métier l’avaient conduit à traiter les dossiers les plus complexes de l’actualité nationale, faisant de lui une source d’information crédible pour l’opinion publique.

Sa rigueur et sa passion pour le journalisme d’investigation et de proximité laissent aujourd’hui un vide difficile à combler dans l’espace numérique gabonais.

Témoignages : « Une plume rigoureuse et une voix fraternelle »

Dans les rédactions de Libreville, les hommages affluent pour saluer la mémoire de Charlus Dubois Ntoutoume Ondo, que beaucoup appelaient simplement par son surnom de signature « Loïc Ntoutoume». Ses confrères gardent le souvenir d’un professionnel exigeant, mais surtout d’un homme d’une grande humanité.

« C’était un passionné qui ne comptait pas ses heures pour vérifier une information. Pour la presse en ligne, il était un modèle de persévérance », confie un journaliste de la place. Au-delà de ses compétences techniques, c’est son esprit de confraternité qui restera gravé : « Il avait toujours un mot d’encouragement pour les plus jeunes. Sa disparition est un rappel brutal de la fragilité de notre corporation. »

Face à ce départ prématuré, la grande famille de la presse se mobilise. Les rédactions locales, à l’instar de  celle de Gabonclic.info, multiplient les messages de soutien. Dans ce moment de profonde douleur, nos pensées accompagnent ses collègues de Gabonreview, ainsi que sa famille biologique et ses proches.

La rédaction s’associe à la douleur des siens. Que son âme repose en paix.

[Tribune Libre] Vie chère au Gabon : ce que la crise du détroit d’Ormuz révèle de notre modèle économique

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Dans un monde globalisé, les crises géopolitiques lointaines finissent toujours par frapper à la porte des économies nationales. La tension autour du détroit d’Ormuz en est une illustration frappante : ce qui semble se jouer entre grandes puissances au Moyen-Orient pourrait, en réalité, révéler les fragilités profondes du modèle économique du Gabon et constituer un véritable Game changer stratégique pour le pays et la région

Situé entre le golfe Persique et l’océan Indien, ce passage maritime stratégique concentre une part essentielle du commerce mondial d’hydrocarbures. Toute perturbation de ce corridor, notamment dans un contexte de tensions impliquant l’Iran, entraîne presque immédiatement une hausse du prix du pétrole, une augmentation du coût du transport maritime et, par ricochet, une inflation mondiale sur les produits alimentaires et les biens manufacturés.

Pour les économies fortement industrialisées, ces fluctuations peuvent être amorties par une production nationale importante. Pour des pays dont la structure économique demeure fortement dépendante des importations, comme le Gabon, les effets sont beaucoup plus immédiats.

Le paradoxe d’un pays pétrolier dépendant des importations

Le Gabon est souvent présenté comme une économie riche en ressources naturelles. Le pétrole, le bois et le manganèse constituent l’essentiel de ses exportations, les hydrocarbures représentant à eux seuls près de 80 % des exportations nationales et environ 40 % du PIB.

Le produit intérieur brut du pays se situe autour de 20 à 21 milliards de dollars, avec une croissance modérée oscillant entre 2 et 3 % par an.

Mais derrière cette richesse apparente se cache une fragilité structurelle : le pays importe 60% de ses besoins alimentaires, dont 90% du blé et une grande partie du riz, ainsi que des carburants raffinés, malgré la production locale de pétrole brut, et la majorité des biens manufacturés.

Chaque hausse du coût du transport maritime ou de l’énergie se répercute directement sur le panier de la ménagère.

Lorsque 60 % de l’alimentation d’un pays dépend des importations et que près de 20 % du pétrole mondial transite par un seul détroit, la géopolitique cesse d’être une abstraction : elle devient une variable directe du pouvoir d’achat des ménages.

L’inflation et la pression sur le pouvoir d’achat

Officiellement, l’inflation officielle au Gabon est restée relativement modérée (2 à 4 % ). Mais certains produits essentiels importés peuvent connaitre des hausses ponctuelles de 10 à 30 %, exposant directement les ménages à la volatilité mondiale. Les crises récentes : pandémie, guerre en Ukraine, perturbations logistiques ont déjà montré la vulnérabilité de l’économie gabonaise face aux chocs extérieurs.

La lutte contre la vie chère : une réponse nécessaire mais insuffisante

Conscientes de cette pression sociale, les autorités gabonaises ont engagé plusieurs mesures destinées à protéger le pouvoir d’achat des populations :

•⁠  ⁠Suspension temporaire de certaines taxes sur les produits de première nécessité ;

•⁠  ⁠Encadrement des prix de certains biens essentiels ;

•⁠  ⁠Mise en place d’une centrale d’achat nationale pour sécuriser l’approvisionnement et limiter les marges spéculatives.

Ces initiatives traduisent une volonté politique de répondre aux préoccupations sociales liées au coût de la vie. Toutefois, leur efficacité dépend également de facteurs externes. Une forte hausse des prix mondiaux de l’énergie ou du transport peut rapidement limiter l’impact de ces mesures.

Une crise révélatrice des fragilités structurelles

La crise actuelle agit comme un révélateur. Elle met en lumière trois vulnérabilités majeures :

1.⁠ ⁠Une dépendance persistante aux importations alimentaires ;

2.⁠ ⁠Une transformation industrielle locale encore limitée ;

3.⁠ ⁠Une dépendance aux produits pétroliers raffinés malgré la production nationale de brut.

Chaque crise internationale finit par se traduire par une hausse du coût de la vie, rappelant que la stabilité du pouvoir d’achat ne peut se réduire à des mesures fiscales ou réglementaires.

Cette situation, si elle est bien analysée et maitrisé, peut devenir un véritable Game changer stratégique.

Vers un tournant stratégique stratégique pour le Gabon et l’Afrique

La crise autour du détroit d’Ormuz pourrait constituer un moment de vérité et d’opportunité pour le Gabon. Elle impose une réflexion stratégique profonde et rappelle que la stabilité économique et sociale ne peut reposer uniquement sur des mesures à court terme. La véritable réponse réside dans une transformation structurelle de l’économie :

•⁠  ⁠développer la production locale pour réduire la dépendance alimentaire ;

•⁠  ⁠accroitre la transformation industrielle in situe ;

•⁠  ⁠renforcer l’agriculture et les infrastructures logistiques ;

•⁠  ⁠sécuriser l’approvisionnement énergétiques et la souveraineté sur les produits raffinés.

Si le Gabaon saisit cette opportunité, ce choc pourrait devenir un catalyseur de résilience économique, transformant la vulnérabilité actuelle en levier stratégique pour le pays et pour la région d’Afrique centrale.

Dans un monde interdépendant, la géopolitique influence directement le quotidien des populations. Pour le Gabon, la lutte contre la vie chère ne pourra être durable que si elle s’accompagne d’une transformation structurelle profonde du modèle économique national, capable de résister aux chocs extérieurs

Car le véritable enjeu n’est pas seulement de gérer les crises internationales lorsqu’elles surviennent. Il est de construire une économie suffisamment résiliente pour qu’un conflit lointain, fût-il situé au cœur du détroit d’Ormuz, ne puisse plus décider du prix du panier de la ménagère gabonaise et qu’un choc mondial puisse se transformer en Game changer stratégique pour le Gabon et l’Afrique centrale.

Arthur N’Doungou

Sébé-Brikolo (Okondja) : Luc Okenkali, 28 ans déjà !

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Il est des hommes que le temps n’efface pas. Vingt-huit ans après sa disparition, le nom de Luc Okenkali résonne encore comme une promesse d’excellence, de service et de fidélité à la Patrie.

Né vers 1949 à Ayandja, devenu Ayanabo, village situé à 30 km d’Okondja, Luc Okenkali doit son destin à une campagne d’évangélisation menée par les prêtres de la mission catholique d’Okondja. Nous sommes en 1956-1957 lorsque ces missionnaires décèlent chez l’enfant une intelligence rare parmi les jeunes de son âge et décident de l’inscrire à l’école catholique de la ville.

Après son cursus primaire, il réussit le concours d’entrée au Lycée national Léon Mba. Son BEPC en poche — déjà père d’un enfant — il se présente au concours de l’École des instituteurs de Mouila. Reçu, il en sort instituteur et exerce près de trois ans dans le Haut-Ogooué, semant les premières graines de son engagement pour l’éducation.

Ambitieux et déterminé, il passe ensuite le concours de l’ENEST et, en 1974, devient professeur des lycées et collèges, option histoire-géographie. Affecté deux ans au CES d’Okondja, puis une année au CES de Mounana, il confirme sa vocation de pédagogue. En 1976, il réussit le concours de l’ENEST et sort inspecteur de l’Éducation nationale. Il sert une année dans le Woleu-Ntem et une autre dans la Nyanga, portant partout la rigueur et l’exigence.

Confiance renouvelée des siens

En 1980, il franchit un nouveau cap : candidat au 2e siège de la Sébé-Brikolo, il entre en politique avec la bénédiction de Jean-Pierre Lemboumba Lepandou, à l’époque ministre de l’Economie et des Finances. Trois mandats de député, jusqu’en 1995, témoignent de la confiance renouvelée des siens. Notamment de Paul Toungui, à l’époque ministre de l’Economie et des Finances qui aura vu en lui, tout au long de leur collaboration, un homme de confiance doté d’une loyauté à toute épreuve. En 1996, il est nommé conseiller politique du président de la République, Omar Bongo. Mais le 2 mars 1998, il est rappelé auprès du Tout-Puissant.

Le Lycée Luc Okenkali d’Okondja, qui porte son nom, demeure le témoignage vivant de la reconnaissance d’un peuple et l’illustration concrète des valeurs qu’il a incarnées toute sa vie : rigueur, discipline, exigence et sens du devoir. Le lycée ne porte pas seulement son nom ; il prolonge son combat. Il rappelle à chaque élève d’Okondja que l’ascension sociale est possible lorsque la discipline rencontre la détermination.

Servir, protéger, élever

La Fondation Luc Okenkali perpétue son héritage à travers des actions humanitaires et sociales, prolongeant son œuvre au-delà de la vie et surtout pour inscrire dans la durée l’esprit de représentativité qui a guidé son engagement public. La Fondation apparaît ainsi comme la continuité naturelle de cette mission. Elle traduit en actes concrets ce qu’il a incarné en paroles et en décisions : servir, protéger, élever. À travers ses œuvres sociales, son soutien aux plus vulnérables et ses initiatives en faveur de la jeunesse, elle grave dans le marbre de l’action ce que trois mandats ont scellé dans la mémoire collective.

Le 2 mars demeure une date empreinte de gravité, un souvenir douloureux qui ravive l’absence. Pourtant, à chaque 2 mars, la Sébé-Brikolo se rassemble – dans le silence des cœurs – dans la dignité pour honorer l’un de ses fils, un enseignant, un homme d’État, un bâtisseur. Vingt-huit ans ont passé, mais l’empreinte de Luc Okenkali reste vive dans la mémoire collective, telle une flamme constante qui continue d’éclairer le chemin des générations.

Gabon : Libreville accueille la 31e Coupe de la coopération nippo-gabonaise de judo

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Le gymnase Phoenix sera le théâtre, ce samedi 14 mars, de la 31e édition de la Coupe de la coopération nippo-gabonaise. Au-delà du symbole diplomatique, cette compétition constitue un test majeur pour les judokas nationaux à l’approche de l’Open de Dakar.

C’est un rendez-vous historique du calendrier sportif gabonais qui s’apprête à reprendre ses droits. Organisée par la Fédération gabonaise de judo (Fégajudo) avec l’appui de l’ambassade du Japon, cette 31e édition se déroulera sous le regard de l’ambassadeur Yoshio Ando et du président de la fédération, Me Hugues Désiré Boguikouma.

La compétition ne se limitera pas aux athlètes de l’Estuaire. Des judokas venus de plusieurs ligues de l’intérieur du pays sont attendus sur le tatami du gymnase Phoenix. Au total, 14 catégories seniors (7 chez les dames, 7 chez les messieurs) seront en lice pour décrocher l’or.
L’enjeu est de taille : pour de nombreux combattants, cette coupe représente une occasion unique de se mesurer à l’élite nationale dans un cadre compétitif de haut niveau.

Cap sur l’Open de Dakar 2026

Plus qu’un simple tournoi de gala, cette rencontre sert de répétition générale. La Fégajudo compte sur cet événement pour affiner la préparation des athlètes présélectionnés pour l’Open de Dakar 2026, prévu du 23 au 27 mars au Sénégal. Pour ces sportifs, chaque combat sera déterminant avant de s’envoler vers la capitale sénégalaise, qui accueillera également les futurs Jeux Olympiques de la Jeunesse.

Le Japon, berceau et parrain du judo gabonais

Cette 31e édition rappelle les liens profonds qui unissent le « Pays du Soleil Levant » au Gabon. Depuis plusieurs décennies, le Japon soutient activement la Fégajudo à travers des dons d’équipements (tatamis, judogis) et l’envoi régulier d’experts et de volontaires de la JICA (Agence japonaise de coopération internationale). Ce tournoi annuel est devenu, au fil du temps, le symbole de cette transmission technique et des valeurs de respect et de discipline propres à cet art martial.

Gabon : Fly Gabon baisse légèrement ses prix sur les vols domestiques

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A compter du 16 mars 2026, la compagnie nationale Fly Gabon appliquera une nouvelle politique tarifaire à la baisse sur ses lignes intérieures. Objectif affiché est de rendre le ciel gabonais plus accessible tout en clarifiant une offre désormais segmentée en trois formules.

Bonne nouvelle pour les usagers du ciel gabonais. Dans un communiqué publié ce jeudi, la compagnie Fly Gabon a annoncé une révision à la baisse de ses tarifs pour l’ensemble des vols domestiques. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 16 mars prochain, vise à « préserver le pouvoir d’achat » des voyageurs et à dynamiser le transport aérien national.

Si les prix chutent à l’intérieur du pays, ils resteront stables pour les dessertes régionales (Afrique centrale). Fly Gabon a toutefois précisé qu’elle ferait un effort commercial notable en ne répercutant pas les nouvelles redevances et taxes aéroportuaires sur le prix final des billets internationaux, absorbant ainsi elle-même ces coûts supplémentaires.

Trois couleurs, trois tarifs

Pour gagner en transparence, la compagnie abandonne le tarif unique au profit de trois nouvelles formules de services en cabine économique, inspirées des standards internationaux. Vert Essentiel : L’offre « low-cost » pour les voyageurs sans bagages, privilégiant la rapidité. Jaune Avantage : un compromis offrant plus de flexibilité et une franchise bagages accrue. Bleu Prestige : la formule premium incluant un maximum d’avantages et de services à bord. « Cette approche permet aux passagers de connaître dès la réservation le prix final et les services inclus », explique la direction de Fly Gabon.

Cette offensive tarifaire s’inscrit dans la stratégie de développement de la jeune compagnie, qui cherche à s’imposer comme le leader du transport aérien en Afrique centrale. En simplifiant ses offres, Fly Gabon espère non seulement attirer une nouvelle clientèle, mais aussi renforcer la fidélité de ses usagers actuels par une « meilleure lisibilité » des coûts.

Quelle que soit la formule choisie, Fly Gabon garantit que le prix affiché lors de la sélection de la « couleur » sera le prix final payé par l’usager, sans frais cachés de dernière minute.

Vers un ciel plus inclusif

Avec cette refonte tarifaire, Fly Gabon ne se contente pas de baisser ses prix, la compagnie ajuste son modèle économique aux réalités locales. En segmentant son offre, le transporteur national répond à une double exigence : la compétitivité face à la route et la modernisation de ses services. Reste désormais à savoir si cette stratégie suffira à fluidifier les déplacements entre les provinces et à répondre aux attentes croissantes de fiabilité des voyageurs gabonais.

Éric Joël Békalé Etoughet : la compétence au-dessus des clivages

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Dans un paysage politique longtemps marqué par l’exclusion des voix dissidentes, la nomination d’Éric Joël Békalé Etoughet comme Ambassadeur itinérant, chargé de la diplomatie culturelle, marque un tournant symbolique. Elle illustre une conception renouvelée de la gouvernance où l’expertise l’emporte sur l’appartenance partisane. L’Etat-Nation est-il en construction ?

Au milieu du flot de décisions issues du Conseil des ministres du 29 janvier 2026, un acte fort est passé presque inaperçu : la nomination d’Éric Joël Békalé Etoughet au cabinet de la ministre des Affaires étrangères, Marie Edith Tassyla Doumbeneny, en qualité d’Ambassadeur itinérant chargé de la diplomatie culturelle. Un choix qui surprend, tant l’intéressé est aujourd’hui une figure de l’opposition et un allié d’Alain Claude Bilie-By-Nze.

Là où les 14 ans de gouvernance d’Ali Bongo avaient ancré l’habitude d’écarter, voire d’humilier tout opposant, le président Brice Clotaire Oligui Nguema signe et valide un acte de rupture. Il prouve qu’au-delà des appartenances, c’est la compétence qui prime, refusant de céder à la facilité d’associer au développement du pays que les griots du pouvoir.

Le parcours d’un intellectuel engagé

Né en 1968 dans un quartier modeste de Libreville, Éric Joël Békalé-Etoughet incarne le parcours d’un intellectuel forgé par l’effort et la conviction. Diplômé en Sciences politiques à Paris et ancien élève de l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Libreville, il intègre, en 1998, le corps diplomatique avec le grade de Conseiller des Affaires étrangères.  Mais au-delà du diplomate, il est d’abord une plume engagée.

Auteur d’une quinzaine d’ouvrages et président de l’Union des écrivains du Gabon (Udeg), il s’est imposé comme une voix critique, attentive aux fractures sociales et aux réalités du peuple. Son engagement n’est pas resté cantonné aux sphères intellectuelles.

Ancien ministre délégué aux Transports sous Ali Bongo Ondimba, il a toujours assumé une parole libre, mêlant réflexion politique et expression littéraire.

Le 1er janvier 2025, il marque un tournant décisif en quittant le Parti démocratique gabonais (PDG). Sa démission, officialisée en février, prend la forme d’un poème cinglant, véritable acte de rupture et affirmation de liberté.

Dans la foulée, il rejoint la plateforme « Ensemble pour le Gabon » (EPG), dirigée par Alain-Claude Bilie-By-Nze, assumant pleinement un choix politique fondé sur la fidélité à ses convictions plutôt qu’aux logiques partisanes.

Ce parcours singulier, à la croisée de la diplomatie, de la littérature et de l’engagement politique, révèle un homme dont la trajectoire repose sur la compétence, la pensée et l’indépendance d’esprit, faisant de lui l’une des figures intellectuelles et diplomatiques marquantes de sa génération.

La vitalité d’une démocratie apaisée

En proposant Éric Joël Békalé-Etoughet au poste d’Ambassadeur itinérant chargé de la diplomatie culturelle, Marie-Edith Tassyla Doumbeneny fait le choix assumé de la compétence et de l’intérêt supérieur de l’État. Elle reconnaît en lui un diplomate chevronné, un acteur culturel influent et un patriote capable de porter la voix et l’image du Gabon au-delà des frontières.

Là où certains auraient pu s’arrêter à ses affiliations politiques, la ministre a su discerner l’expérience, le professionnalisme et la valeur d’un homme au service de la nation. Ce choix s’inscrit pleinement dans l’esprit de la Constitution, qui consacre l’égalité des citoyens et garantit à chacun le droit de servir l’État indépendamment de ses opinions.

Il traduit une évolution significative de la culture politique nationale, où la liberté d’expression cesse d’être perçue comme un facteur d’exclusion pour devenir un élément constitutif du débat démocratique.

Au-delà d’une simple nomination, cette décision envoie un signal fort sur la maturité institutionnelle du Gabon. Elle démontre que la vitalité démocratique repose sur la pluralité des idées et la capacité à mobiliser les compétences sans considération partisane.

En confiant la diplomatie culturelle à un homme de lettres et de pensée, le Gabon affirme sa volonté de conjuguer excellence, ouverture et apaisement, tout en consolidant les fondements d’une République où le mérite l’emporte sur les clivages politiques.

Gabon : IUSO-SNE et GMT unissent leurs forces pour l’employabilité des étudiants

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L’Institut Universitaire des Sciences de l’Organisation Sophie Ntoutoume Emane (IUSO-SNE) et le groupe de communication GLOBAL MEDIA TIME (GMT) ont officialisé, ce mardi 3 mars 2026 à Libreville, un partenariat stratégique destiné à renforcer l’employabilité des étudiants et à rapprocher davantage l’enseignement supérieur du monde professionnel.

Signée pour la période 2026-2029, cette convention vise notamment à structurer un dispositif d’alternance permettant aux apprenants de conjuguer formation académique et immersion professionnelle.

La délégation de l’IUSO-SNE était conduite par son directeur général, Aristide Edzegue Mendame, accompagné du secrétaire général de l’institut, du directeur des partenariats ainsi que de deux autres collaborateurs. Face à eux, l’équipe de GLOBAL MEDIA TIME conduite par son gérant, Harold Leckat Igassela, a réaffirmé l’importance de bâtir des passerelles solides entre l’université et l’entreprise.

Au cœur de cet accord figure la mise en place d’un système d’alternance reposant sur un équilibre entre théorie et pratique : 30 % de formation à l’IUSO-SNE et 70 % d’immersion au sein des structures de GLOBAL MEDIA TIME. L’objectif est clair : permettre aux étudiants d’acquérir des compétences directement opérationnelles tout en développant une culture professionnelle fondée sur la rigueur, l’innovation et l’esprit d’initiative.

Pour Aristide Edzegue Mendame, cette convention vient formaliser une collaboration déjà amorcée entre les deux institutions. Elle s’inscrit également dans la dynamique nationale visant à renforcer les partenariats entre les établissements d’enseignement supérieur et les acteurs du secteur privé afin de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

Rapprocher le savoir académique et l’exigence du terrain

Prenant la parole lors de la cérémonie, Harold Leckat Igassela a insisté sur la portée de cet engagement. « La signature de cette convention n’est pas un simple acte administratif. C’est un engagement réciproque. Un engagement à rapprocher le savoir académique et l’exigence du terrain, à offrir aux étudiants de l’IUSO-SNE une immersion réelle dans le monde professionnel et à renforcer également les compétences de nos équipes. À GLOBAL MEDIA TIME, nous croyons que la formation n’est pas un supplément : c’est le socle de toute ambition durable », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’alternance, ce partenariat prévoit également la participation des professionnels de GMT à des conférences, forums métiers et séminaires organisés par l’institut. De son côté, l’IUSO-SNE accompagnera la montée en compétences des collaborateurs du groupe à travers des programmes de formation continue adaptés aux évolutions du secteur des médias et de la communication.

La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère conviviale autour d’un mini-cocktail, offrant aux participants un moment d’échange et de networking. Un instant qui symbolise l’esprit de ce partenariat : construire ensemble un pont durable entre la formation académique et les exigences du monde professionnel.

Gabon : Le SIENFP sort du silence pour tenter de « sauver l’année scolaire »

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Face à une paralysie qui dure depuis plus de deux mois, le Syndicat des Inspecteurs de l’Education nationale et de la Formation Professionnelle (SIENFP) a brisé le silence ce 4 mars 2026. Entre diagnostic technique et appel au dialogue, le corps d’encadrement se pose en médiateur critique pour éviter le spectre d’une année blanche.

L’alerte est sérieuse. Ce mercredi, lors d’un point de presse très attendu, le SIENFP a dressé un constat sans concession de la crise qui mine l’école gabonaise. Pour Loïque Anicet Moundounga Bidjele, Secrétaire général de l’organisation, l’heure n’est plus aux tergiversations : « Notre responsabilité est double : protéger l’école et contribuer à la stabilité du système éducatif. »

Loin de se limiter à une simple observation des grèves, les inspecteurs pointent du doigt une accumulation de « défaillances systémiques ». Selon le syndicat, la crise actuelle est le symptôme de maux profonds : gestion poussive des carrières administratives ; lourdeurs bureaucratiques persistantes ; absence d’outils fiables pour le suivi des décisions ; dialogue social intermittent et souvent stérile.

Pour le SIENFP, ces dysfonctionnements ont fini par provoquer une rupture de confiance majeure entre la base et la tutelle.

Les dysfonctionnements administratifs et la lenteur des traitements de carrière fragilisent le système.
Les dysfonctionnements administratifs et la lenteur des traitements de carrière fragilisent le système.

Concilier droit de grève et continuité du service

Dans un discours équilibré, les responsables syndicaux ont rappelé un principe républicain essentiel : la nécessité de concilier le droit de grève des enseignants avec l’exigence de continuité du service public. Toutefois, pour le syndicat, cette continuité ne s’obtiendra pas par la contrainte.

« La stabilité du système ne repose ni sur la force, ni sur des promesses, mais sur la cohérence entre les engagements et leur exécution », ont martelé les conférenciers. Le SIENFP appelle ainsi à la mise en œuvre immédiate de « mesures administratives concrètes et vérifiables » pour restaurer la crédibilité de l’Etat auprès des partenaires sociaux.

Une main tendue pour la sortie de crise

En tant que garant de la cohérence pédagogique, le syndicat des inspecteurs se dit prêt à accompagner toute initiative de sortie de crise crédible. Le message adressé au gouvernement est limpide : la balle est dans le camp des autorités.

Pour sauver ce qui reste de l’année scolaire, l’État doit désormais transformer ses engagements en actes palpables. Car au-delà des revendications corporatistes, c’est l’avenir de milliers d’élèves gabonais qui se joue dans ce bras de fer qui n’a que trop duré.