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Gabon : Pourquoi le recours contre la suspension des réseaux sociaux a échoué devant la Cour constitutionnelle

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La Haute juridiction a rendu son verdict concernant la plainte déposée contre la décision de la HAC de couper l’accès à Facebook, Instagram et Youtube. Si le fond du problème touche aux libertés fondamentales, c’est une question de compétence juridictionnelle qui a scellé le sort de la requête.

Le 23 février 2026, un collectif composé de quatre citoyens (Abdul Kadir Maïmouna, Elisabeth Mabandah, Teddy Annael Akue Essimengane et Cabrel-Jeannis Ndomba Mouélé) a saisi le greffe de la Cour constitutionnelle. Leur objectif : obtenir l’annulation de la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) datée du 17 février.

Leurs arguments étaient triples : atteinte aux libertés de communication. Selon eux, le blocage global empêche l’exercice de la liberté d’expression, l’accès à l’information et le maintien des liens sociaux et professionnels, pourtant garantis par la Loi Fondamentale.

Défaut de base légale : les plaignants affirment que ni le Code de la communication de 2016, ni la loi de 2023 réorganisant la HAC, ne confèrent explicitement à cette autorité le pouvoir de suspendre de manière « totale et indéfinie » des plateformes numériques étrangères.

Disproportion de la mesure : ils dénoncent une sanction qui punit l’ensemble des utilisateurs (usages éducatifs, commerciaux, familiaux) pour répondre aux abus de quelques-uns, créant un préjudice bien supérieur aux bénéfices espérés pour l’ordre public.

La riposte de la HAC : Un acte administratif inattaquable

Le 2 mars 2026, le président de la HAC, Germain Ngoyo Moussavou, a formellement conclu à l’irrecevabilité de cette plainte en s’appuyant sur la hiérarchie des normes. Nature de l’acte : la HAC soutient que sa décision n’est ni une loi, ni un acte réglementaire soumis à publication officielle, et ne peut donc faire l’objet d’un recours pour inconstitutionnalité.

Voie de recours légale : en vertu de l’article 40 de la loi du 3 juillet 2023, les décisions de la HAC relèvent de la compétence du Conseil d’État.

Sur le fond, la HAC maintient que sa mission de régulation (article 3 de la loi de 2023) l’autorise à suspendre l’accès à des sites diffusant des contenus illégaux pour préserver l’ordre public.

Le verdict : l’incompétence de la Cour Constitutionnelle

La Cour constitutionnelle a suivi le raisonnement de la HAC. Elle a estimé que le communiqué de l’autorité de régulation n’est qu’un « acte réglementaire préparatoire ». Le point de droit majeur : la Cour constitutionnelle juge de la conformité des lois à la Constitution. Elle n’est pas compétente pour annuler des actes administratifs ou des communiqués. En conséquence, la requête a été déclarée irrecevable.
Analyse : Une « erreur d’adresse » fatale

La leçon juridique de ce dossier est que les requérants ont confondu le domaine de la Constitution (les lois) avec celui du Droit administratif (les décisions des autorités). Si l’intention était de contester un excès de pouvoir de la part de la HAC, c’est le Conseil d’Etat qui aurait dû être saisi. Pour les observateurs, la question est maintenant de savoir si les plaignants vont relancer une procédure devant la bonne juridiction ou si ce rejet marque la fin de la bataille judiciaire.

Cette décision rappelle qu’en droit, la forme est aussi importante que le fond. Si l’atteinte aux libertés semble réelle pour les citoyens, l’erreur de procédure paralyse toute action immédiate. Les plaignants choisiront-ils de porter l’affaire devant le Conseil d’Etat pour obtenir un jugement sur le fond, ou cette barrière juridique marquera-t-elle la fin de la contestation ?

Le président de la HAC que nous avons joint au téléphone, pour solliciter sa réaction par rapport a la décision de la Cour constitutionnelle, a eu le triomphe modeste : « Les compatriotes qui ont saisi la Cour constitutionnelle étaient dans leur droit. Et la Cour constitutionnelle a dit le droit. En ce qui concerne la HAC le problème est clos à ce niveau ».

 Gabon : Geoffroy Foumboula présente ses excuses aux magistrats

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Après une passe d’armes tendue avec le syndicat des magistrats (SYNAMAG), le deuxième vice-président du CESEC a choisi la voie de l’apaisement. Ce 13 mars, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a clarifié ses propos polémiques sur les réseaux criminels, tout en présentant ses excuses au corps judiciaire.

L’incident est clos, mais le débat de fond demeure. Acculé par le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) qui exigeait des excuses publiques suite à des propos jugés offensants, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso est sorti du silence. Lors d’un point presse, le vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a tenu à lever toute ambiguïté sur ses récentes déclarations concernant les crimes de sang.

L’étincelle remonte aux auditions menées par le CESEC début mars. S’appuyant sur des rapports d’experts, Foumboula avait dressé une typologie des réseaux derrière les crimes rituels, pointant du doigt des « malades mentaux » (politiciens, hommes d’affaires ou magistrats), agissant comme protecteurs ou exécutants de ces crimes.

Si cette analyse visait à dénoncer des complicités individuelles, elle a été perçue par le syndicat des magistrats comme une attaque frontale et insultante contre l’ensemble de la profession.

L’heure de l’apaisement

Face à la levée de boucliers, le vice-président 2 du CESEC a joué la carte de la diplomatie, sans pour autant renier le fond de son combat : « Si le fait d’avoir indexé cette catégorie de personnes qui ternissent l’image de ce noble corps a heurté la sensibilité de l’ensemble des magistrats, je tiens à présenter mes sincères excuses », a-t-il déclaré, précisant que son hommage allait particulièrement à ceux qui accomplissent leur mission avec intégrité.

Malgré ce tumulte, le CESEC ne compte pas ralentir ses travaux. Geoffroy Foumboula a rappelé que ces sorties s’inscrivent dans une mission constitutionnelle visant à produire un avis éclairé sur un fléau qui endeuille le pays depuis 30 ans.

Pour rappel, les experts auditionnés estiment que 90 % des crimes rituels impliqueraient des acteurs politiques, le reste se partagerait entre hommes d’affaires et leaders religieux. Un fléau qui résiste à la justice gabonaise, faute de pouvoir atteindre les véritables commanditaires. Ce chiffre souligne l’ampleur du défi pour une justice gabonaise encore à la peine pour punir les commanditaires.

Gabon : La Sing SA lance sa « Stratégie 300 » pour propulser l’innovation d’ici 2030

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L’acteur majeur de l’économie numérique au Gabon, la Sing SA, change de braquet. Avec sa nouvelle feuille de route baptisée « Stratégie 300 », l’entreprise affiche une ambition claire : structurer et accélérer l’accompagnement des startups et PME locales au cours des six prochaines années.

Accompagner la mutation numérique du Gabon n’est plus seulement un objectif, c’est une méthode. La Sing SA vient de dévoiler les quatre piliers de sa « Stratégie 300 », un plan d’action global destiné à consolider l’écosystème entrepreneurial national d’ici 2030.

Pour réussir ce pari, l’entreprise mise d’abord sur la résilience. Le premier volet de ce plan vise à sécuriser les bases financières et opérationnelles de la structure afin de mieux maîtriser les risques de croissance. Parallèlement, la Sing SA prévoit une modernisation de son outil de production via la formation intensive de ses équipes, garantissant ainsi un service de pointe aux entrepreneurs gabonais.

IA et levées de fonds : les nouveaux leviers

L’innovation ne s’arrête pas au conseil. Le troisième axe de cette stratégie introduit des solutions concrètes pour générer des revenus pérennes : Sing Capital : une branche dédiée à l’incubation de projets et à la facilitation des levées de fonds. Intelligence artificielle : le développement de services IA appliqués aux problématiques des entreprises. Conseil stratégique : un renforcement de l’expertise en organisation pour les PME.

Le dernier volet mise sur l’expansion. La Sing SA entend non seulement densifier son maillage dans les provinces gabonaises, mais aussi tisser des partenariats à l’échelle internationale pour s’imposer comme un acteur de référence sur le continent africain.

Le projet s’appuie sur un socle déjà robuste. Depuis son lancement en 2018, la Sing SA affiche un bilan flatteur : 314 startups accompagnées, 2 600 personnes formées et plus de 550 millions de FCFA mobilisés.

Cette dynamique bénéficie du soutien de l’État. La récente visite de Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, souligne l’importance stratégique de la Sing SA dans la politique de digitalisation et de création d’emplois portée par les autorités gabonaises.

Gabon : Vers une gestion foncière plus sûre et mieux maîtrisée

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Sécuriser les droits des citoyens et fluidifier l’urbanisation : tels étaient les enjeux du séminaire qui a débuté ce vendredi 12 et se poursuivra ce samedi 14 mars à Libreville. Réunis à la Chambre de commerce, les experts du secteur ont planché sur une réforme des pratiques pour mettre fin au désordre foncier.

La question de la terre reste un défi majeur au Gabon. Pour y répondre, la Plateforme de réflexion et d’action sur le foncier, l’habitat et l’environnement (PRAFHE), en partenariat avec l’École nationale du cadastre (ENCSG), a réuni les acteurs clés du domaine. Objectif : harmoniser les compétences et clarifier des procédures souvent jugées opaques.

Gabon : Vers une gestion foncière plus sûre et mieux maîtrisée

De l’immatriculation au règlement des litiges, le parcours du propriétaire est souvent semé d’embûches. Durant les travaux, l’accent a été mis sur le rôle crucial des techniciens et des officiers ministériels. Le Conservateur : pivot de la sécurisation foncière et arbitre des contentieux. Le Notaire : garant de la légalité des transactions et des étapes post-immatriculation. L’Urbanisme : une réflexion a été menée sur la « crise du lotissement » et la gestion des zones à risques pour prévenir les occupations anarchiques.

« Sécuriser les droits des citoyens »

Pour Nicéphore Ndong Bibang, président de la PRAFHE, l’urgence est à la professionnalisation. « Il est essentiel que les professionnels maîtrisent les procédures pour apporter des réponses concrètes et sécuriser les droits des citoyens », a-t-il martelé.

Gabon : Vers une gestion foncière plus sûre et mieux maîtrisée

Un constat partagé par le géographe foncier Ferdinand Allogho King‑Zok, qui pointe du doigt le manque d’information comme source principale des conflits. Selon lui, une meilleure gouvernance foncière passe inévitablement par une sensibilisation accrue des acteurs de terrain.

Au-delà de la théorie, le séminaire a plaidé pour une modernisation des outils de travail. L’ambition est claire : améliorer la qualité du service rendu aux usagers grâce à des dispositifs de performance adaptés, afin de transformer la gestion foncière en un levier de développement durable pour le pays.

Gabon : L’ultime leçon du Pr Auguste Moussirou Mouyama

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L’émotion était palpable ce jeudi 12 mars à l’Ecole normale supérieure (ENS) de Libreville. Universitaires, étudiants et membres du gouvernement se sont inclinés devant la mémoire du Pr Auguste Moussirou Mouyama, monument des lettres gabonaises, disparu le 23 février dernier à l’âge de 67 ans.

Le monde académique gabonais est en deuil, mais ses mots résonnent encore. Lors d’une cérémonie de recueillement empreinte de dignité, le Gabon a salué une dernière fois celui qui fit de la linguistique un art et de la transmission un sacerdoce.

Docteur en linguistique et figure de proue de l’Université Omar Bongo (UOB), le Pr Moussirou Mouyama a rayonné bien au-delà des frontières nationales, enseignant notamment à l’Université d’Aix-Marseille. Ancien directeur du LASCIDYL, il laisse derrière lui une production scientifique colossale. Pour ses étudiants, il n’était pas qu’un théoricien : ses cours étaient décrits comme de véritables « rivières de connaissances ».

« Un intellectuel d’exception »

Le monde politique s’est joint à cet hommage unanime. L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Patrick Daouda Mouguiama, a loué la rigueur d’un chercheur « passionné », dont la vie entière fut dédiée à la promotion des sciences du langage.

La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a quant à elle rappelé l’héritage structurel laissé par l’illustre disparu à la tête de l’ENS : « Il a modernisé l’institution et valorisé le statut des enseignants. Son engagement pour l’excellence reste notre référence. », a-t-elle reconnu.

Plus qu’un académicien, Auguste Moussirou Mouyama était un explorateur de l’identité. A travers ses travaux et ses œuvres poétiques, il a décrypté la dynamique des langues comme moteur du dialogue des cultures.

dernier hommage au Pr Auguste Moussirou Mouyama à l’ENS
Parents, amis et connaissances du disparus venus pour l’ultime aurevoir.

Alors qu’il rejoint la terre de ses ancêtres, le Professeur laisse à la communauté universitaire un héritage intellectuel immense, gravé dans l’esprit des générations qu’il a formées.

Gabon : A Libreville, la nouvelle Commission de la CEEAC entre en ordre de bataille

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Réunis dans la capitale gabonaise, les commissaires de la CEEAC ont lancé leur première retraite stratégique, un moment présenté comme fondateur pour la deuxième mandature et destiné à poser les bases d’une action régionale plus ambitieuse.

La capitale gabonaise a servi, ce lundi 9 mars, de cadre à l’ouverture des travaux de la première retraite du collège des commissaires de la deuxième mandature de la Commission de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC).

Cette rencontre stratégique s’est tenue en présence de l’ensemble des commissaires, des personnels à mandat, du Secrétaire Général ad intérim, du Directeur de Cabinet, des conseillers, de plusieurs directeurs et chefs de service, ainsi que de certains agents et fonctionnaires de la Commission de la CEEAC.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président de la Commission de la CEEAC, Son Excellence l’Ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira. A cette occasion, il a prononcé une allocution inaugurale qui s’est rapidement imposée comme un véritable cap stratégique pour la nouvelle équipe dirigeante.

Dans une intervention aux accents de feuille de route, le Président de la Commission a souligné la portée particulière de cette rencontre qui, selon lui, « marque un véritable point de départ de notre action collective ». Pour l’Ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira, cette mandature ne doit pas être jugée uniquement à l’aune de sa durée, mais surtout à travers l’ampleur des transformations qu’elle sera capable d’impulser.

Une vue des commissaires lors des travaux
Une vue des commissaires lors des travaux.

Évoquant la nécessité d’un changement structurel dans la région, il a exhorté les participants, et au-delà les populations d’Afrique centrale, à miser sur la transformation locale des abondantes ressources naturelles de la sous-région afin de consolider la position stratégique de l’Afrique centrale au cœur du continent. Car, a-t-il rappelé avec insistance, « les ressources et les potentialités seules, ne créent pas la prospérité et le développement. »

Intégration régionale et transformation économique au cœur des priorités

Dans la suite de son propos, le Président de la Commission de la CEEAC a dressé un tableau sans détour des défis qui se posent à la région. Parmi ceux-ci figurent notamment l’insécurité persistante dans certaines zones, le déficit d’infrastructures, la fragmentation des marchés, la faible diversification des économies nationales ainsi que les attentes sociales particulièrement élevées des populations.

Face à ces multiples défis, l’ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira a insisté sur une réponse centrale : l’accélération de l’intégration régionale. Celle-ci constitue, selon lui, la voie la plus efficace pour atteindre des résultats concrets aussi bien dans les domaines sécuritaire, économique et infrastructurel que dans la mise en œuvre des politiques communautaires, la mobilité des populations et la construction d’une prospérité partagée.

Le Président de la Commission a par ailleurs exprimé le souhait de voir la Commission de la CEEAC évoluer vers une institution stratège, capable d’impulser des dynamiques régionales, de coordonner les actions et, surtout, de produire des résultats tangibles. Une exigence dont dépend, a-t-il souligné, la crédibilité même de l’organisation.

Dans cette perspective, il a plaidé pour l’instauration d’une véritable culture de la performance, une mobilisation accrue des ressources et un renforcement des partenariats techniques et financiers, notamment avec le secteur privé.

L’Ambassadeur Dr Ezechiel Nibigira a également appelé les participants à s’engager pleinement dans les réformes et les transformations attendues au sein de l’organisation, rappelant que l’homme et la femme restent au cœur de toute transformation institutionnelle.

Au cours de son intervention, il a aussi précisé les priorités assignées à cette retraite. Celle-ci vise notamment à permettre aux nouveaux commissaires de mieux s’approprier l’histoire, les missions et l’architecture institutionnelle de la CEEAC. Elle doit également favoriser une évaluation lucide de la première mandature, à travers l’examen du bilan du PSIMT 2021–2025 et une analyse stratégique de l’institution.

L’un des enjeux majeurs de ces travaux demeure par ailleurs la préparation de l’avenir, avec la construction des bases stratégiques de la prochaine étape de l’organisation, notamment la finalisation de la Vision 2050 et du Plan Stratégique Indicatif à Moyen Terme 2026–2030.

Au-delà de la production de documents de référence, cette retraite poursuit un objectif plus fondamental : forger une équipe soudée, capable d’agir, de décider et de transformer l’organisation.

En conclusion, l’Ambassadeur Dr. Ezechiel Nibigira a exprimé sa confiance dans la capacité des participants à mettre à profit leurs compétences, leur expérience et leur énergie afin d’ouvrir une nouvelle étape dans l’édification d’une Afrique centrale plus unie, mieux connectée, plus stable et plus prospère.

Au terme de ces travaux stratégiques, les commissaires de la CEEAC devront démontrer que cette nouvelle mandature ne sera pas seulement une transition institutionnelle, mais bien le point de départ d’une dynamique capable de transformer durablement l’intégration et le développement de l’Afrique centrale.

Gabon : La SEEG et SUEZ s’unissent pour que « chaque goutte d’eau compte »

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La Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) et le groupe français SUEZ ont lancé, ce 12 mars à Libreville, la phase opérationnelle de leur partenariat stratégique. Ce plan de 132 milliards de FCFA vise à transformer durablement l’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire.

Le ton de la rencontre a été marqué par un geste fort. Lors du lancement officiel au siège de la SEEG, l’Administrateur directeur général, Steeve Saurel Legnongo, a choisi de rester debout. « Je ne pourrai pas m’asseoir tant que les Gabonais n’auront pas d’eau », a-t-il déclaré. Une posture symbolique pour illustrer l’urgence de la situation et la détermination de l’entreprise face aux pénuries chroniques qui frappent le pays.

Chaque goutte compte : un engagement concret pour améliorer la distribution d’eau dans le Grand Libreville.
Chaque goutte compte : un engagement concret pour améliorer la distribution d’eau dans le Grand Libreville.

Conclu initialement en avril 2025, ce partenariat entre désormais dans le vif du sujet. Prévu pour une durée de cinq ans, il prévoit le renforcement des capacités de production et l’optimisation des réseaux de distribution, tant dans le Grand Libreville que dans les centres urbains de l’intérieur.

Pour la direction de la SEEG, chaque avancée est cruciale face à une demande galopante et des infrastructures vieillissantes. « Chaque goutte d’eau supplémentaire compte : elle peut soulager des populations et redonner de l’espoir à de nombreux foyers », a martelé Steeve Saurel Legnongo.

Expertise technique et transfert de compétences

Le groupe SUEZ apportera son savoir-faire international pour moderniser les infrastructures existantes. L’intervention se concentrera sur plusieurs leviers. Sur la maintenance : détection et réparation systématique des fuites. La modernisation des réseaux de distribution : réhabilitation des conduites et introduction de technologies de pointe. Une gestion transparente : optimisation du système de facturation et lutte contre la fraude.

Alexandre Duzan, directeur général de SUEZ, a souligné que le potentiel hydrique du Gabon est un atout majeur. « Le Gabon dispose d’importantes ressources en eau. Le défi est aujourd’hui essentiellement opérationnel », a-t-il précisé. Ce modèle de coopération a déjà fait ses preuves ailleurs sur le continent, notamment au Sénégal, où l’accès à l’eau a été significativement amélioré.

Au-delà de l’aspect technique, le partenariat inclut un volet de transfert de compétences pour les équipes locales de la SEEG. Dans un contexte de mécontentement social lié aux coupures répétées, les attentes sont immenses. Les Gabonais espèrent désormais voir les promesses de ce programme de 132 milliards de FCFA se traduire, dès les prochains mois, par une amélioration concrète de leur quotidien.

Gabon : Les femmes parlementaires s’arment pour une influence réelle dans la Ve République

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Clap de fin pour l’atelier de formation des femmes parlementaires ce 11 mars à Libreville. Après deux jours de travaux intensifs, députées et sénatrices disposent désormais de nouveaux leviers pour transformer leur présence législative en un véritable moteur de développement.

Passer de la figuration à l’action. Réunies autour du thème « Femmes parlementaires au cœur du développement du Gabon », les élues de la Ve République ont achevé un cycle de formation stratégique visant à renforcer leur impact au sein de l’hémicycle.

L’enjeu de cette rencontre était double : maîtriser les nouveaux codes de la Ve République et affiner les outils de contrôle de l’action publique. Les modules de formation ont mis l’accent sur le leadership féminin et la responsabilité législative, permettant aux parlementaires de mieux peser dans les processus de décision.

La clôture des travaux a été marquée par une forte présence institutionnelle, sous l’égide de la présidente du Sénat, Huguette Yvonne Nyana-Ekoume, et du président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye. Des figures du gouvernement, telles que Brigitte Onkanowa (Défense) et Laurence Ndong (Fonction publique), ont également rehaussé l’éclat de la cérémonie.

Pour nourrir ces réflexions, l’atelier a bénéficié du soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de l’expérience de figures politiques africaines de premier plan : Eve Bazaiba (RDC) et Aïssata Tall Sall (Sénégal). Ces expertes ont partagé leurs parcours et leurs stratégies pour aider les élues gabonaises à briser le plafond de verre parlementaire.

« Plus qu’un symbole, une force de frappe »

Le message final de cet atelier est sans équivoque : la présence des femmes au Parlement ne doit plus être une simple question de quota ou de symbole. Elle doit désormais se traduire par une influence concrète sur les politiques publiques.

En se dotant de ces outils techniques et politiques, les femmes parlementaires entendent devenir des actrices incontournables du redressement du pays et de la consolidation de la nouvelle architecture institutionnelle du Gabon.

Trois piliers de la nouvelle influence féminine. Au sortir de cet atelier, trois axes majeurs ont été définis pour accroître l’efficacité des élues. Il s’agit entre autres de la maîtrise technique : utilisation rigoureuse des mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale (questions orales, commissions d’enquête). La solidarité transpartisane : création de réseaux de soutien entre députées et sénatrices pour porter des projets de loi communs. Le leadership de proximité : renforcement du lien avec les populations civiles pour transformer les besoins sociaux en textes législatifs concrets.

Gabon : Le maire de Libreville Pierre Matthieu Obame Etoughe fixe le cap de la « rupture »

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Salubrité, sécurité, éducation : l’édile de la capitale gabonaise a réuni son nouveau cabinet le 10 mars 2026. Entre exigences d’intégrité et feuille de route ambitieuse, Pierre Matthieu Obame Etoughe mise sur une administration de proximité pour transformer le quotidien des Librevillois.

Passer des paroles aux actes. Reçu à l’Hôtel de Ville ce 10 mars, le nouveau cabinet de Pierre Matthieu Obame Etoughe connaît désormais sa mission. Autour de la table : adjoints, conseillers chefs de départements et conseillers techniques ont été sommés d’incarner le renouveau de la municipalité.

Pour le maire, l’urgence est de faire face aux défis persistants de la capitale, rues encombrées, insécurité latente et accès inégal aux services de base. La réponse municipale reposera sur trois piliers : compétence, proximité et intégrité. « Vous êtes désormais les bras armés de cette transformation », a martelé l’édile, avant de dresser les priorités de son mandat : la salubrité urbaine, le renforcement de la sécurité, l’éducation et la relance du dynamisme économique.

Au-delà des grands axes stratégiques, c’est un véritable changement de culture administrative que réclame Pierre Matthieu Obame Etoughe. Exit donc l’inertie, place à l’efficacité. Les 16 conseillers chefs de département ont pour consigne de coordonner des groupes de travail agiles (chargés d’études et de missions) afin de traduire les orientations politiques en projets concrets. « L’institution attend de vous une rupture avec les méthodes du passé », a insisté le maire, rappelant que la discipline et la transparence seront les juges de paix de cette nouvelle équipe.

Gabon : Le maire de Libreville Pierre Matthieu Obame Etoughe fixe le cap de la « rupture »
Pierre Matthieu Obame Etoughe : « Vous êtes les bras armés de la transformation de Libreville ».

Un rayonnement par l’action.

L’ambition affichée est de bâtir une administration moderne, capable de favoriser l’inclusion sociale dans tous les quartiers. Pour les habitants, cette nouvelle ère doit se traduire rapidement par une ville plus propre et des services publics mieux coordonnés. En plaçant l’amélioration de la qualité de vie au centre de chaque initiative, la mairie de Libreville espère insuffler un nouvel élan au rayonnement de la capitale gabonaise.

Une architecture de combat pour Libreville. Pour traduire ses ambitions en actes, le maire s’appuie sur une équipe structurée autour de 16 conseillers chefs de département. Véritables chevilles ouvrières de la municipalité, ils coordonnent des groupes de travail composés de conseillers techniques, de chargés d’études et de chargés de missions. Leur mission est de transformer les orientations stratégiques en projets de quartier (assainissement, éclairage, soutien scolaire) avec une obligation de proximité et de résultats.

Prochaines étapes : le terrain comme juge de paix. L’heure n’est plus aux longs discours. Dès les prochaines semaines, les premières descentes sur le terrain sont attendues pour évaluer l’avancement des chantiers prioritaires. Ce déploiement opérationnel marquera le véritable test pour la nouvelle équipe municipale. Le rayonnement de Libreville dépendra désormais de sa capacité à transformer ces promesses en une réalité tangible pour chaque citoyen.