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Gabon, Elections locales : Haresse Kengué, figure d’une révolution sociale d’un « arrondissement abandonné »

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Dans une expression sincère et ancrée dans les réalités sociales les plus ardues, cette fille du 6e arrondissement de Libreville, a annoncé sa candidature aux élections locales, pour mieux assister une population à l’abandon.

Militante active sur le terrain, la future candidate aux prochaines locales s’impose pour assurer la défense de la dignité des femmes, des enfants et de tous les oubliés dans un arrondissement qui semble marginalisé. Son engagement va bien au-delà d’un discours politique, il est le cri d’une communauté en quête de justice sociale.

Dans un ton à la fois bouleversant et résolu, Haresse Kengué dresse le portrait d’un 6e arrondissement négligé, où l’accès à l’eau, à la santé et à la sécurité serait considéré comme un luxe. Derrière les mots, des images ahurissantes : un mineur contraint de puiser de l’eau la nuit ; une femme qui accouche dans une brouette, ou encore une autre violée dans un silence complice. Par ces exemples poignants, la candidate expose des drames humains devenus banals à force d’inaction politique. Elle refuse de détourner le regard et appelle à une prise de conscience collective.

Bien avant son projet de candidature, Haresse Kengué s’est toujours illustrée par son action au service des plus vulnérables. A travers l’Association des filles-mères du Gabon, forte de plus de 400 membres, elle a porté des projets concrets : caravanes de sensibilisation, accès à la planification familiale, lutte contre le VIH, autonomisation des femmes. Ses interventions reposent sur une proximité authentique dans les quartiers, où elle milite sans relâche pour redonner aux femmes leur dignité et leur pouvoir d’agir.

Aussi, face à l’oubli dont est l’objet sa circonscription, la future candidate entend transformer l’indignation en force d’action. Elle propose la création d’une brigade citoyenne de suivi et de transparence pour garantir la bonne gestion des projets publics. Sa démarche ne se veut ni populiste ni idéologique, mais fondée sur le respect, la justice et la vigilance citoyenne, laisse-t-elle entendre. Dans ce combat social, elle invite la population du 6e arrondissement à ne plus quémander, mais à revendiquer haut et fort sa part de dignité républicaine.

Gabon, Municipalité de Libreville : Enfin, une réelle volonté de salubrité publique

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Les équipes de l’hôtel de ville de la capitale sont sur les artères avec des bulldozers et autres machines propres à dégager les trottoirs et les places publiques d’occupants illégaux.

Cette opération qui aurait pu intervenir depuis des années, serait la suite logique des déguerpissements initiés par le gouvernement, il y a quelques temps, dans les quartiers insalubres de Libreville, où les constructions anarchiques et illégales rivalisent avec la norme publique. Déjà, grâce à aux actions entreprises par une décision municipale, certains quartiers deviennent de plus en plus viables par le simple fait d’un ordre imposé par les autorités actuelles de l’hôtel de ville. Une opération qui pourrait certainement aboutir à une véritable urbanisation de la capitale et par le même coup permettre une sécurisation des rues et ruelles à travers la ville.

Les citadins de Libreville ne demandaient pas autre chose à la précédente équipe, qui semblait privilégier les discours et autres menaces superflues à la force légitime de la loi. Le délégué spécial Adrien Nguema Mba semble décidé à faire respecter l’ordre dans la commune. « Le délégué spécial voudrait lutter de toutes ses forces contre l’anarchie et l’insalubrité dans les rues de Libreville. Et pour arriver à ses fins, il exploite toutes les pistes que lui donnent les textes qui administrent la commune », dixit un conducteur d’engin de l’hôtel de ville. Et depuis le début de cette semaine, les machines s’activent dans le dégagement des espaces publics et les rues, à la grande satisfaction des riverains. Une logique qui devrait faire un réel plaisir à l’ancien Premier ministre Jean Eyeghe Ndong, qui s’indignait, il y a quelques années, de l’occupation anarchique des trottoirs et autres espaces publics à travers la ville. « A qui payez-vous les loyers des trottoirs qui appartiennent à tout le monde », avait-il ironiquement demandé à un vulcanisateur, dont l’atelier obligeait les usagers à marcher sur la chaussée au risque de se faire écraser par des chauffeurs peu attentifs.

Mais, selon plusieurs Librevillois, il ne s’agit pas seulement de casser, mais il faudrait aussi aménager les places dégagées pour une utilisation plus conséquente et profitable à la population. La nuisance sonore nocturne trouverait aussi un terme avec l’opération en cours. Car des espaces, comme les abords de l’échangeur de Nzeng Ayong, naguère transformés en un véritable capharnaüm, laissaient croire que la ville n’avait aucune loi qui régit les commerces. Les bars et autres lieux de beuveries étaient sans aucun doute les propriétés des chefs de ces espaces, qui remplissaient aussi les fonctions de dealers et autres proxénètes, conséquence de l’insécurité et des tapages nocturnes.

Les opérations actuelles dans la ville répondent concrètement aux attentes de la population, dont les habitations jouxtant les garages et autres ateliers bruyants, n’avaient plus une véritable vie sereine. Comme au carrefour STFO, en cours de nettoyage, où les garages sont situés au beau milieu de la chaussée, les habitants des maisons adjacentes vivant le supplice dans un silence contraint. Le pire est que les responsables de la mairie, qui n’ignoraient pas l’existence de ces garages et autres ateliers, étaient conscients de ce désordre, mais comme par une complicité tacite, ils détournaient leurs regards de cette chienlit, comme sur un terrain conquis.

Vivement que la présente opération débarrasse Libreville et pour longtemps de ce chaos intolérable, devenu étouffant. Le Gabon, comme toutes les nations en voie de développement, mérite une capitale à la hauteur des ambitions de ses gouvernants. N’en déplaise à ceux qui ne pensent qu’à leurs seuls intérêts au détriment du bien commun.

Gabon : Législatives 2025, la CNLCEI rappelle aux candidats l’obligation de la déclaration de leurs biens

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À l’approche des futures échéances électorales, la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite a rappelé aux postulants ce devoir essentiel. Une démarche pour la transparence, dans un contexte où la moralisation de la vie publique demeure un enjeu majeur.

Dans un communiqué rendu public, la CNLCEI invite les candidats à retirer les formulaires de déclaration de biens, à son siège, sis au quartier London à Libreville. Conformément à l’article 8 de la loi n°041/2020 du 22 mars 2021, « tout candidat à une élection politique doit verser au dossier de sa candidature le récépissé de déclaration des biens en cours de validité ». Le communiqué rappelle que « Les formulaires de Déclaration des biens sont disponibles au siège de l’Institution ».

La déclaration des biens vise à garantir l’intégrité des candidats et à renforcer la confiance des citoyens envers leurs futurs représentants. Toutefois, cette obligation semble ne pas s’appliquer aux candidats des élections locales, pourtant prévues à la même date.

En 2023, l’exigence de déclaration des biens s’était heurté aux problèmes logistiques, notamment dans les zones rurales. La CNLCEI avait proposé la création de délégations provinciales, une mesure encore non concrétisée. En réactivant cette obligation pour les législatives de 2025, l’institution met à l’épreuve la volonté politique de l’Etat. L’enjeu sera d’en garantir une application équitable et sans favoritisme.

Gabon, travaux de réfection d’un tronçon routier à Nzeng-Ayong : Le délégué spécial du 6ᵉ arrondissement éclaire ses administrés

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Alors que les travaux de réhabilitation de la buse située sur l’axe pharmacie – rond-point de Nzeng-Ayong, initiés sous la houlette du ministère des Travaux publics, battent leur plein, Ghislain Wilfried Issiembi, dans une interview accordée à la rédaction de Gabonclic.Info, revient sur les enjeux de ce chantier d’envergure, son impact sur la circulation, l’accompagnement des populations et la communication autour du projet.

Gabonclic.info : Monsieur le délégué spécial, comment avez-vous accueilli le lancement de ces travaux dans votre arrondissement ?

Wilfried Issiembi : C’est une excellente nouvelle, non seulement pour les usagers de ce tronçon, mais aussi pour l’ensemble des habitants du 6ᵉ arrondissement. Les travaux ont effectivement démarré, entraînant une interruption temporaire du trafic routier. Les automobilistes sont donc contraints de faire de longs détours pour entrer ou sortir de Nzeng-Ayong. Il faut préciser que cette zone est la « vitrine » de notre arrondissement. Cela dit, nous comprenons que ces désagréments soient mal vécus. Et comme on dit, « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». Les travaux dureront trois mois, et une fois terminés, la circulation sera entièrement rétablie.

Quels sont les mécanismes mis en place par la mairie pour accompagner les riverains, les usagers et les commerçants pendant cette période ?

Notre premier devoir, c’est de bien communiquer. Il est essentiel d’expliquer à tous que ces travaux sont effectués dans l’intérêt général. Nous avons sensibilisé les usagers et les opérateurs économiques sur le fait que, malgré les désagréments, tout reviendra bientôt à la normale. Nous avons principalement échangé avec les commerçants, car certains d’entre eux ressentent déjà un impact sur leurs activités. Pour faciliter la circulation, plusieurs itinéraires alternatifs ont été proposés : par le Fromager, chez le Général, GP ou en passant par la SGA vers les PK jusqu’au PK5. Globalement, les populations ont bien accueilli ces ajustements car elles étaient déjà préparées pour la circonstance.

Pourtant, certains disent ne pas avoir été informés. Que leur répondez-vous ?

Je comprends leur réaction, mais ces travaux étaient prévus depuis longtemps. Ils avaient juste été repoussés à cause de la présidentielle. Nos équipes ont informé les commerçants et les habitants concernés. Des alertes ont été données sur le terrain. Le président de la République et le ministère des Travaux publics ont pris toutes les dispositions nécessaires pour que ces travaux puissent enfin débuter. Il est donc surprenant d’entendre que certains n’étaient pas au courant. Cela dit, nous restons à l’écoute de tous.

Avez-vous un message particulier pour les populations du 6e arrondissement ?

J’invite tout le monde à faire preuve de compréhension et à faciliter le travail de l’entreprise en charge des travaux. Cela passe par la patience, le respect des déviations et une attitude citoyenne. Dans trois mois, nous aurons une voie entièrement réhabilitée, pour le bonheur de tous.

Propos recueillis par Darrelle Mamba

Gabon : Conseil interministériel, Barro Chambrier appelle les membres du gouvernement à intensifier les efforts sur le terrain

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Réunis en séance de travail ce 17 juillet 2025, les membres de l’équipe gouvernementale a ont été interpellés par Alexandre Barro Chambrier. Le Vice-président du gouvernement a livré une communication musclée, invitant les ministres à une mobilisation entière autour des projets prioritaires édictés par le chef de l’État.

À quelques semaines du cap des trois mois d’exercice du premier gouvernement du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Vice-président du gouvernement a tenu une adresse au ton ferme. Objectif : rappeler à chaque membre du gouvernement que la responsabilité collective, la rigueur et la maîtrise des outils de gestion doivent guider leurs actions. Pour Alexandre Barro Chambrier, aucune place ne doit être laissée à l’improvisation. Chaque ministre est appelé à prendre des décisions éclairées, fondées sur une compréhension fine des procédures et des enjeux.

Le Vice-président a également insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux des chantiers engagés. Identifier les blocages, proposer des solutions concrètes et réajuster en cas de besoin. Telle est la ligne de conduite qu’il souhaite voir adoptée par chacun de ses collaborateurs. Une culture de l’évaluation permanente doit désormais s’ancrer dans les pratiques gouvernementales.

Barro Chambrier plaide enfin pour une action coordonnée, axée sur les résultats, tout en appelant l’équipe gouvernementale à faire de l’excellence un réflexe, à travers des mécanismes de suivi rigoureux. Objectif affiché : répondre efficacement aux attentes des populations et donner un nouveau souffle à l’action publique.

Gabon : Centre hospitalier régional de Makokou, le ministre de la Santé inspecte les travaux de transformation

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En visite officielle dans la province de l’Ogooué-Ivindo, le Professeur Adrien Mougougou, s’est rendu le 16 juillet 2025 au Centre hospitalier régional de Makokou, actuellement en pleine phase de réhabilitation et d’extension.

Une descente de terrain du ministre pour s’assurer de l’avancement des travaux de réfection, de la bonne installation des équipements sanitaires récemment livrés, ainsi que leur mise en service effective au profit des populations locales.

Depuis plusieurs mois, cet établissement hospitalier fait l’objet d’un ambitieux programme de modernisation, dans le cadre du renforcement du plateau technique et de ses structures sanitaires. Pour le Professeur Adrien Mougougou, il était primordial de constater de visu l’évolution du chantier et de s’assurer que le matériel réceptionné, notamment grâce au soutien du Président de la République, a bien été installé et mis à la disposition des soignants. « Nous avons reçu du matériel, qui nous avait été d’ailleurs remis par le président de la République. Donc il était question de venir nous assurer que ce matériel a été bien installé, que des formations des utilisateurs ont été faites et surtout que les populations en bénéficient. Car malgré la poursuite du chantier, l’hôpital continue parallèlement à assurer les soins », a déclaré le Professeur Adrien Mougougou.

Le ministre a également salué les efforts des équipes techniques qui assurent les travaux tout en facilitant la prise en charge des patients. Non sans indiquer que la livraison du chantier se fait de manière progressive, avec une échéance fixée autour de la clôture du programme dans cette région du pays.

Cette visite du patron du secteur de la santé marque une étape importante dans la dynamique de réforme du système de santé engagée par les autorités du pays. Elle traduit une volonté affirmée de faire des centres de santé provinciaux de véritables pôles d’excellence en matière de soins, d’équipement et de professionnalisme.

Football : Pierre-Emerick Aubameyang, finalement près de poser ses valises à Al Ettifaq

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L’avenir de l’ancien capitaine des Panthères du Gabon semble se dessiner à nouveau sous les projecteurs du championnat saoudien. Libéré de son contrat avec Al-Qadsiah au début du mois de juillet, l’attaquant gabonais qui a beaucoup été cité à Olympique de Marseille ces dernières semaines pour un éventuel retour serait actuellement en négociations avancées avec Al Ettifaq, un autre club de l’élite saoudienne, selon plusieurs sources concordantes.

À 36 ans, l’attaquant gabonais conserve une solide cote sur le marché. Et son profil intéresserait particulièrement les dirigeants d’Al Ettifaq, désireux de renforcer leur secteur offensif après la blessure de leur buteur attitré, Moussa Dembélé. Aubameyang, libre de tout engagement, représente une opportunité stratégique : joueur d’expérience, disponible immédiatement et sans indemnité de transfert.

Les deux parties discuteraient actuellement des modalités d’un contrat de deux saisons, avec une volonté affichée de conclure rapidement. Toutefois, des divergences subsistent sur certains aspects financiers, notamment en ce qui concerne les primes et les droits d’image. «Les discussions avancent, mais il reste encore quelques points à clarifier », a indiqué une source proche du club saoudien.

Arrivé à Al-Qadsiah en 2024, en provenance de l’Olympique de Marseille, Aubameyang avait participé activement à la promotion du club en première division saoudienne, inscrivant plusieurs buts décisifs. Sa capacité à peser sur les défenses et son expérience européenne sont aujourd’hui recherchées par une formation d’Al Ettifaq qui souhaite jouer les premiers rôles cette saison.

Alors que la Saudi Pro League continue d’attirer des stars internationales, le nom d’Aubameyang reste synonyme de vitesse, d’efficacité et de leadership, autant d’atouts qui pourraient faire la différence dans un championnat de plus en plus relevé.

Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a été faite, ni par le joueur ni par le club. Mais selon plusieurs observateurs, la signature pourrait intervenir dans les prochains jours, si les discussions aboutissent.

Gabon, témoignage : l’Adjudant-chef Hugues Otha Ololikamba, une autre victime de la famille Ali Bongo

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En s’attaquant au pouvoir actuel, auquel les Gabonais doivent leur sortie de plusieurs années d’obscurantisme, pendant lesquelles l’injustice et le mépris étaient érigés en mode de gouvernance, Ali Bongo, son épouse et leur rejeton Nourredin ont assurément ouvert la boîte de pandore depuis leur exil européen. Eux qui, des années durant ont usé de l’arbitraire pour clouer au pilori tous ceux qui osaient penser différemment, dénoncent aujourd’hui les travers d’un système judiciaire qu’ils ont mis en place et allègrement entretenu pendant plus d’une décennie. « L’arroseur arrosé », dirait-on. Après Grégory Laccruche Alihanga, c’est au tour de l’adjudant-chef Otha, un ancien militaire de la Garde républicaine, de révéler le calvaire que lui ont fait subir Ali Bongo et son épouse. Son péché : avoir été l’aide de camp de Ntoutoume Emane, passé dans l’opposition en octobre 2015, et avoir une sœur engagée en politique aux côtés de Jean Ping. Rien que cela ! Un témoignage poignant qui lève le voile, une fois de plus, sur les violences multiformes auxquelles ont été soumis nombre de Gabonais pendant les 14 ans de règne d’Ali Bongo. Ci-dessous la narration complète d’une péripétie effroyable.

« Au moment où le vent de la liberté d’expression et du respect des libertés individuelles et collectives souffle à travers notre  pays, le Gabon, depuis l’avènement salutaire à la tête de la magistrature suprême de son Excellence, le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema, j’ai décidé en mon âme et conscience, de briser la glace du silence afin d’associer ma voix à celles de tous ceux qui ont payé le prix fort de la gestion agressive, démentielle, hasardeuse et chaotique du règne de monsieur Ali Bongo Ondimba, appuyé par ses thuriféraires et exécutants en tête desquels son épouse madame Sylvia Bongo et leur rejeton Nouredin Bongo Valentin, 14 années durant

Qui suis-je?

Je suis Adjudant-chef à la retraite Hugues Otha Ololikamba, engagé à la garde présidentielle depuis le 1er septembre 1991, où j’ai servi d’abord au groupement blindé d’intervention dirigé à l’époque par le capitaine Grégoire Kouna.

Après avoir passé avec brio le concours des services spéciaux, à l’issue duquel je suis sorti premier au grade de caporal-chef parmi les six candidats retenus sur 60 participants, j’ai intégré la Direction générale des services spéciaux de la présidence de la République en 1998.

Je rappelle que ce concours était placé sous la direction du commandant Bernard ragou, directeur général adjoint des services spéciaux, la Direction générale des services spéciaux étant dirigée par le général d’Armée Fernand Nere Odja, cumulativement avec ses fonctions de directeur généralde la sécurité rapprochée de feu le Président Omar Bongo Ondimba.

En janvier 1999, monsieur Jean François Ntoutoume Emane est nommé Premier ministre. Il sollicite alors du Président Omar Bongo Ondimba mon détachement à ses côtés.

Son souhait ayant été exaucé, j’ai donc assumé les fonctions d’aide de camp puis de chef de service de liaison et chef de service du protocole, y compris lorsque Ntoutoume Emane a été élu Maire de Libreville, soit plus d’une dizaine d’années, avant de regagner la Garde Présidentielle devenue plus tard Garde Républicaine.

En 2017 ma vie a basculé

La réélection du candidat Ali Bongo Ondimba à la magistrature suprême, en 2016, s’est faite dans la douleur et a entrainé beaucoup de remous sociaux et de contradictions dans le pays. De nombreux collaborateurs du candidat Jean Ping ont été traqués et persécutés. Ma sœur cadette étant une fidèle collaboratrice de monsieur Ping, n’a pas été épargnée. Et de là, à voir les répercutions étendre leurs tentacules jusqu’au palais, il n’y avait qu’un pas.

Le 12 septembre 2017, Alors que je servais la République avec abnégation et loyauté durant plus de 26 ans, c’était à la grande surprise de tous que, ce matin-là, toute ma vie professionnelle et même sociale a basculé.

Comme à l’accoutumée, je me suis levé, me suis apprêté et me suis dirigé vers un frère et voisin du quartier afin qu’il me dépose à l’entrée de la Garde Républicaine pour mon service, puisque ma voiture était en révision chez un mécanicien de la place.

Malheureusement, au moment où je me trouvais au cabinet de l’ancien Commandant en chef de la Garde Républicaine, le général Grégoire Kouna, j’ai été interpellé, puis incarcéré au motif que je donnais des informations à l’opposition gabonaise, sans qu’on ne me brandisse la moindre preuve de ces allégations. J’ai été gardé dans les geôles de la Garde Républicaine du 12 septembre au 11 novembre 2017. Trois mois de rudes épreuves, trois mois de pénitence, trois mois de privation de liberté sans le moindre contact avec ma famille. Tout cela pour rien.

Et, cerise sur gâteau, après un conseil de discipline monté de toutes pièces, j’ai été radié des effectifs de la Garde Républicaine par un arrêté signé par le ministre de la Défense nationale de l’époque Monsieur Etienne Massard Kabinda, pour « comportement en service ou en privé portant gravement atteinte à l’honneur de la Garde Républicaine ».

Ni les responsables de la Garde Républicaine et moins encore monsieur le ministre de la Défense nationale n’a daigné me brandir la moindre preuve de ma culpabilité.

Cet arrêté du ministre de la Défense, du 28 décembre 2017, me mettait automatiquement à la retraite à jouissance différée et sans perte de mes droits.

Malgré tout cela et comme si cela ne suffisait pas, face à leur soif inassouvie, mes bourreaux ont redoublé d’agressivité. Le 19 février 2020, au moment où je croupissais sous le poids de la peine qui m’était injustement infligée, je reçois un appel de la Direction des affaires financières me demandant de me présenter pour les formalités administratives en rapport avec ma retraite qui ne devrait intervenir qu’en 2024.

Croyant enfin percevoir une lueur d’espoir, j’ai vite déchanté, car c’était sans compter sans les appétits inextinguibles de mes détracteurs de me voir complètement laminé et peut-être, pourquoi pas, quitter ce monde ?

Arrivé au service administratif et financier, j’ai été à nouveau incarcéré le 19 février 2020 par des agents des services spéciaux et transféré à la DGR, au motif que j’avais diffamé la première dame Sylvia Bongo Ondimba. Ici, j’ai était détenu pendant deux semaines, avant d’être libéré le 04 mars de 2020.

Les conséquences

Depuis neuf ans, père d’une famille nombreuse, je traverse des moments extrêmement difficiles aussi bien sur le plan financier que sur le plan matériel à tel point que je ne parviens même plus à scolariser mes enfants et à assumer valablement mes fonctions de chef de famille. Où est donc ma raison de vivre ?

Toute cette clochardisation programmée a eu pour conséquences fâcheuses, la dislocation de ma famille. Mon épouse m’a quitté, mes enfants vivent çà et là et moi-même je vivote.

Ma démarche administrative et juridique

Cette situation ne peut demeurer sans suite et les auteurs impunis, loin s’en faut. Grâce à la restauration des valeurs républicaines et à l’avènement d’une justice impartiale, je me réserve le droit d’ester en justice afin que mes tortionnaires puissent répondre de leurs actes. Le droit doit être dit et la justice rendue. »

Gabon : Transformation locale du manganèse, Oligui Nguéma fait plier Eramet 

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Reçu au palais présidentiel d’Oyem, le 17 juillet 2025, par le président de la République, le directeur général d’Eramet, Paulo Castellari, a finalement annoncé que le groupe minier pourrait accompagner le Gabon dans la transformation locale de son manganèse.

Le pessimisme affiché par la présidente du groupe Eramet, Christel Bories, quant à la mise en pratique de la décision relative à l’interdiction de l’exportation du manganèse brut, à l’horizon 2029, prise par les autorités de Libreville, n’a pas produit le résultat souhaité. Après l’annonce faite par l’Etat, lors du Conseil des ministres du 30 mai 2025, la présidente d’Eramet est montée au créneau pour démontrer que le pays faisait fausse route. « Le Gabon n’a pas intérêt à se tirer une balle dans le pied », a-t-elle asséné. Arguant entre autres, l’impossibilité pour le Gabon de produire de l’énergie nécessaire pour alimenter une usine de transformation de ce calibre ou que le pays gagnerait bien plus en exportant du brut que du minerai transformé. Tout y est passé pour justifier une posture aux allures de fin de non-recevoir dans un emballage de belles manières, avant de proposer l’aide d’Eramet au pays d’Oligui Nguéma pour une décision éclairée. Surréaliste !

Réticence maladroite

Mais les arguments d’Eramet n’ont pas ébranlé la détermination du gouvernement gabonais. Loin s’en faut. Marcel Abéké, qui a dirigé la Comilog, filiale d’Eramet qui exploite le manganèse au Gabon, pendant plus de deux décennies, n’est pas allé par le dos de la cuillère pour battre en brèche les arguments de Christel Bories. Avec la sérénité qu’on lui connait, l’homme est passé sur les plateaux de la télévision nationale pour déconstruire, pièce par pièce, les propos pessimistes de la présidente d’Eramet et soutenir la décision des autorités. Selon l’ancien ministre du Pétrole, à la lumière des réalités du terrain, la sortie de la présidente du groupe ne montre « aucune volonté de réaliser l’objectif des autorités gabonaises. « Nous voulons mieux gérer nos ressources naturelles. On aimerait que les gens nous respectent et respectent nos choix. Quand nous avons pris une décision, ils doivent s’y faire », assène-t-il. Non sans soutenir que le pays dispose de la ressource humaine qualifiée pour exploiter ses mines.

Cette analyse d’un technicien chevronné, ancien haut cadre de la maison Eramet est, à n’en point douter, venu conforter les autorités gabonaises dans leur initiative. Le Gabon ne fera pas marche arrière. Résolument engagé dans la quête de la souveraineté économique, Brice Clotaire Oligui Nguéma reste serein alors qu’au Boulevard de Grenelle, siège d’Eramet à Paris, l’inquiétude va crescendo. Ici, on a sûrement suivi le président gabonais dire à Trump « vous êtes le bienvenu pour investir sinon d’autres pays pourront venir à votre place ». Cela aura suffit pour mettre les collaborateurs de Christel Bories sur la route de Canosa. Car Eramet qui occupe la première place mondiale dans l’exploitation du manganèse doit cet exploit au Gabon.

Deux millions de tonnes seront transformés localement

La mine de Moanda est en effet l’une des plus grandes au monde et le Gabon est le 2e producteur du manganèse de la planète après l’Afrique du Sud. Au Boulevard de Grenelle on a bien compris que cela vaut bien un détour par Oyem. Car avec le temps, tout peut arriver. L’argent amassé au Gabon depuis belle lurette permet bien de prendre des jets privés à souhait. Mais cette fois ce n’est pas pour atterrir sur les splendides pistes de Dunkerque (France), de Kvinesdal, Porsgrunn et Sauda (Norvège) ou de Marietta (États-Unis), villes où Eramet a implanté des usines pour transformer le manganèse extrait au Gabon. C’est bien à Oyem, chef-lieu de la province du Woleu Ntem (nord du Gabon) qu’atterrit le jet de Paulo Castellari, venu conforter l’idée de Brice Oligui Nguema par l’adhésion d’Eramet à sa stratégie. Engagement est alors pris de construire des unités de transformation au Gabon. Le groupe s’engage à transformer localement deux millions de tonnes de manganèse, avec à la clé la création de 16 000 emplois directs et indirects. Une centrale électrique et un siège digne de ce nom vont également être érigés au Gabon par Eramet.

La fermeté, la détermination d’Oligui Nguéma ont donc fini par payer. Sa vision en faveur de l’industrialisation du Gabon afin de permettre au pays de jouir pleinement de ses ressources naturelles prend ainsi forme. Et la marche vers la souveraineté économique du pays est irréversible.

Gabon : Ali Bongo, le retour de trop ? Quand l’ancien président souffle sur les braises du PDG

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Depuis son exil médical à Londres, Ali Bongo Ondimba a cru bon de reprendre les rênes du Parti Démocratique Gabonais. Mais loin de rassembler, sa déclaration du 14 juillet 2025 ouvre une ère de chaos et de fractures irréversibles dans une formation politique déjà à bout de souffle.

Ali Bongo reprend la main… à distance

C’est depuis la capitale britannique que l’ancien président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a tenté un retour inattendu sur la scène politique nationale. Dans un discours solennel, diffusé le 14 juillet 2025, l’ex-chef d’État a annoncé « reprendre fermement les choses en main » au sein du Parti Démocratique Gabonais (PDG), dont il se revendique toujours président. Il y dénonce un « coup de force interne » ayant permis l’installation d’un « directoire illégal et autoproclamé », qu’il accuse d’avoir été mis en place avec la « complicité du pouvoir actuel ».

Ali Bongo affirme que ce basculement s’est produit à partir du 7 mars 2024, date à laquelle il dit avoir confié une mission de réorganisation à certains cadres du parti, avant d’être trahi. Il accuse les bénéficiaires de cette délégation d’avoir usurpé son autorité, pointant clairement du doigt une « ingérence inadmissible » du régime de transition dans les affaires internes du PDG.

Dans la foulée, il annule « tous les actes posés » depuis cette date, sauf les démissions actées, et rétablit la légitimité des instances issues de ses dernières décisions prises entre décembre 2022 et juillet 2023. Il confirme avoir signé, le 14 mai 2025, la nomination de Ali Akbar Onanga Y’Obegue comme Secrétaire général du PDG. Un homme de confiance, selon lui, pour avoir maintenu une ligne d’« opposition constructive » face au nouveau régime.

Se défendant de toute ambition présidentielle, Ali Bongo rappelle qu’il s’est retiré de la vie électorale depuis septembre 2024, mais conserve la présidence du parti. Il entend ainsi initier une réforme statutaire permettant à un autre profil de porter les couleurs du PDG lors des futures joutes électorales. Pour lui, le PDG entre désormais en opposition frontale face au pouvoir d’Oligui Nguema.

Un schisme fatal : le PDG au bord de l’implosion

Mais cette reprise en main, imposée depuis Londres, pourrait bien précipiter le PDG dans une crise existentielle. En désavouant de manière frontale la tendance dirigée par Blaise Louembe – bien plus populaire, mieux organisée, et clairement alignée avec la transition menée par le Général Brice Clotaire Oligui NguemaAli Bongo provoque un cataclysme au sein d’un parti déjà fissuré.

En donnant les clés du PDG à Ali Akbar Onanga Y’Obegue, considéré comme l’incarnation de la ligne dure et dissidente, il ravive les tensions internes, transforme la division en guerre ouverte, et oppose deux directions antagonistes : l’une fidèle à la transition, l’autre hostile. C’est un tremblement de terre politique, une hécatombe qui ne dit pas son nom. La riposte de Blaise Louembe ne saurait tarder, et l’avenir immédiat du PDG s’annonce jalonné de démissions, d’exclusions et de profondes dissidences. Ali Akbar, réputé intransigeant, ne lâchera rien. Tel que c’est parti, c’est un bras de fer à mort.

Le PDG, historiquement puissant, n’est plus qu’un champ de ruines idéologiques. Une chose est désormais certaine : ce parti ne fera pas long feu. La mécanique de l’autodestruction est lancée.

Ali Bongo, un fauteur de troubles aux allures d’ingrat

Le timing et le contenu de cette déclaration interrogent jusque dans les cercles diplomatiques. En relançant une guerre d’ego au sein du PDG, Ali Bongo compromet les efforts de paix menés par le président angolais João Lourenço, qui avait usé de tout son poids pour négocier sa libération ainsi que celle de sa famille.

Ce retour maladroit sur la scène politique, loin d’apaiser, jette une ombre sur la stabilité nationale. Il constitue une forme de déstabilisation contre-productive, voire dangereuse. Alors que le Gabon tente de se reconstruire, Ali Bongo, plutôt que de faire profil bas et demander pardon au peuple gabonais qu’il a écrasé durant quatorze longues années, choisit la confrontation.

Le PDG, patrimoine politique hérité de son père, Omar Bongo Ondimba, aurait pu être le socle d’une reconstruction consensuelle. Au lieu de cela, Ali Bongo souffle sur les braises et confie les rênes à un va-t-en-guerre, Ali Akbar, dont le nom incarne davantage la provocation que la conciliation. C’est un coup de grâce porté à ce qui fut autrefois le plus grand parti du pays.

Ali Bongo devrait se taire à jamais

À l’heure où le Gabon peine à refermer les plaies de son histoire récente, cette sortie d’Ali Bongo n’apporte ni clarté, ni apaisement. Elle amplifie les fractures internes d’un PDG déjà moribond et tend dangereusement le climat politique national. Pour beaucoup, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un dernier baroud d’honneur d’un homme que l’Histoire ne retiendra que pour son entêtement.

Il aurait dû rassembler. Il a choisi de diviser. Il aurait pu reconstruire. Il a préféré détruire. Il aurait pu se taire. Il parle encore. Mais pour combien de temps ?