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Suspension des réseaux sociaux au Gabon : Le PDG, d’ancien « coupeur » à nouveau défenseur des libertés ?

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Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) vient de publier un communiqué fustigeant la récente décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC). Entre mémoire courte et stratégie de survie, c’est le cri d’alarme paradoxal de l’ancien maitre des coupures numériques.

Le mardi 17 février 2026, à la « surprise générale », la HAC annonçait la suspension des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire « jusqu’à nouvel ordre ». Cette mesure radicale a immédiatement fait réagir le Secrétariat Exécutif du PDG.

Dans un communiqué daté du 19 février 2026 et signé par sa Secrétaire Générale, Angélique Ngoma, le parti exprime son « étonnement » et sa « circonspection ». Invoquant l’article 14 de la Constitution du 19 décembre 2024, le PDG affirme que le droit d’informer et de communiquer revêt un « caractère fondamental » qui s’impose aux pouvoirs publics. Le parti redoute ouvertement la montée d’une « grogne sociale aux conséquences incalculables », s’inquiétant d’une mesure « non circonscrite dans le temps ».

Le Miroir de l’Histoire : Un passé de restrictions numériques systématiques

Cependant, cette défense ardente des libertés numériques résonne étrangement aux oreilles des Gabonais. Pour beaucoup, c’est l’image de « l’arroseur arrosé ». Il faut rappeler que ce même parti, au pouvoir de 1967 au 30 août 2023, a fait du verrouillage numérique une arme politique de prédilection lors de chaque tension majeure.

La mémoire collective est encore marquée par les « zones d’ombre » imposées sous l’ère d’Ali Bongo Ondimba, avec des dates qui font encore date.  Août 2016 : Au lendemain d’une élection présidentielle contestée, le gouvernement avait instauré un véritable « couvre-feu numérique ». Internet fut totalement coupé le 31 août 2016, avant d’être rétabli de manière partielle et chronométrée (seulement quelques heures par jour) durant presque tout le mois de septembre. Janvier 2019 : Lors de la tentative de coup d’État du 7 janvier, l’accès au web avait été immédiatement suspendu pour empêcher la coordination des mouvements. Août 2023 : Ultime réflexe du régime déchu, Internet a été coupé le samedi 26 août 2023 dès la fermeture des bureaux de vote, pour ne revenir que le 30 août, quelques heures après le coup de libération des militaires.

À l’époque, le PDG justifiait ces méthodes par la nécessité de préserver « l’ordre public » et de lutter contre les « fake news ». Ce sont exactement les mêmes motifs qu’il juge aujourd’hui « excessifs » ou « liberticides ».

Crédibilité ou simple posture d’opportunisme ?

Dès lors, une question de légitimité se pose : le PDG est-il réellement devenu le garant des libertés ou joue-t-il simplement une partition opportuniste ?

L’ambiguïté du texte renforce ce doute. Tout en dénonçant la suspension actuelle, le communiqué admet que l’autorité administrative peut restreindre les libertés en cas de menaces à l’ordre public. Le parti va même jusqu’à suggérer des pistes de restriction ciblées (enfants et adolescents), s’inspirant des modèles australien ou français.

Si le plaidoyer d’Angélique Ngoma pour une régulation « équilibrée » est techniquement fondé, il se heurte à un déficit de crédibilité majeur. Pour une population qui a subi durant quatorze ans le « bouton off » actionné par l’ancien régime à chaque scrutin, ce virage à 180 degrés ressemble davantage à une stratégie de survie politique qu’à une sincère conversion démocratique. Le PDG appelle aujourd’hui au « dialogue » plutôt qu’à la « répression systématique » ; un conseil que ses propres cadres auraient sans doute gagné à s’appliquer à eux-mêmes lorsqu’ils régnaient sans partage sur les serveurs du pays.

Réseaux sociaux suspendus au Gabon : le gouvernement assume une “mesure strictement conservatoire”

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Face à ce qu’il qualifie de dérives numériques menaçant la stabilité des institutions, l’exécutif gabonais affiche son soutien total à la Haute Autorité de la Communication. Une décision forte, présentée comme temporaire, qui relance le débat sur l’équilibre entre ordre public et liberté d’expression.

Dans une déclaration faite mercredi 18 février 2026 au soir, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a exprimé la solidarité du gouvernement à la suite de la décision de suspension des réseaux sociaux prise par la Haute Autorité de la Communication (HAC).

La veille, mardi 17 février 2026, la HAC avait annoncé « la suspension des réseaux sociaux sur le territoire national jusqu’à nouvel ordre ». Une mesure exceptionnelle que le ministre a tenu à replacer dans son cadre institutionnel, rappelant que la HAC est « une Autorité Administrative Indépendante, investie de la mission de veiller à la liberté de la presse autant qu’à la régulation de la communication audiovisuelle, cinématographique, écrite et numérique ».

Selon le membre du gouvernement, cette décision répond à « la multiplication de contenus inappropriés, alimentant la désinformation, la manipulation, le cyberharcèlement et, plus largement, les dérives portant atteinte à la stabilité des institutions et à l’ordre public ». Il a ainsi souligné que la mesure a été prise « conformément aux prérogatives » de l’institution de régulation.

Au nom de l’exécutif, Germain Biahodjow a affirmé que « le Gouvernement exprime sa solidarité avec la Haute Autorité de la Communication dans cette démarche de préservation de l’ordre public ». Cette solidarité traduirait, selon ses mots, « la responsabilité partagée des Institutions de la République, confrontées aux défis croissants de l’usage des réseaux sociaux ».

Le ministre a cependant tenu à rassurer l’opinion publique. Il a précisé que « la mesure annoncée par la HAC est strictement conservatoire et n’entraîne pas l’interruption de l’accès à l’internet ». Il ne s’agirait donc pas d’un blocage général du réseau, mais d’une restriction ciblée et temporaire.

Dans la même déclaration, le gouvernement s’est voulu garant des principes démocratiques. Il s’est dit « soucieux de préserver la liberté d’expression et de garantir une information de qualité » et s’est engagé « à conduire un travail de réforme visant à réorganiser et à sécuriser l’écosystème national de communication numérique, tant aux plans juridique qu’opérationnel ».

Enfin, un appel solennel a été lancé aux citoyens, aux professionnels des médias et aux utilisateurs des plateformes numériques, invités « à la responsabilité et à la vigilance, afin de préserver la cohésion sociale et la paix civile », des valeurs jugées essentielles par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Si le gouvernement insiste sur le caractère provisoire de la suspension, la décision alimente avec virulence le débat public. Entre impératif de stabilité institutionnelle et protection des libertés fondamentales, la régulation de l’espace numérique s’impose désormais comme l’un des enjeux majeurs de la gouvernance contemporaine au Gabon.

 Gabon : L’alcootest pour renforcer la sécurité routière

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Malgré une légère baisse des accidents en 2024, l’absence de contrôles d’alcoolémie sur les routes gabonaises reste un angle mort majeur. Alors que le gouvernement durcit le ton, l’instauration de l’alcootest apparaît désormais comme une urgence vitale.

« De mémoire de Gabonais, je n’ai jamais vu un chauffeur être soumis à un alcootest. » Le constat de Y.B.T.V, habitant d’Alénakiri, est cinglant. Il illustre un paradoxe national. Alors que l’alcool au volant n’est qu’un secret de polichinelle, l’outil premier de sa détection brille par son absence lors des contrôles de routine.

Les chiffres récents de la Direction générale de la Sécurité routière (DGSR) affichent une note d’espoir : une baisse de 7 % des accidents entre 2023 et 2024 (passant de 2 056 à 1 928 sinistres). Pourtant, derrière ces 128 cas évités, la réalité reste macabre.

Le ministère des Transports, sous l’impulsion d’Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, martèle que «chaque kilomètre au-delà de la limite autorisée peut coûter une vie ». Mais comment gagner la bataille de la prévention si l’un des principaux facteurs de mortalité, l’imprégnation alcoolique, n’est jamais mesuré scientifiquement sur le terrain ?

Tolérance zéro ou manque de moyens ?

Le gouvernement prône officiellement la « tolérance zéro ». Radars fixes, patrouilles permanentes et verbalisations systématiques font désormais partie du paysage routier. Pourtant, l’absence de ballons et d’éthylomètres pose question. S’agit-il d’un simple manque de moyens logistiques ou d’un déficit de volonté politique pour s’attaquer à un tabou social ?

Ailleurs, le contrôle d’alcoolémie est le pilier de la sécurité routière, entraînant des retraits immédiats de permis et des sanctions pénales lourdes. Au Gabon, sans preuve matérielle du taux d’éthanol dans le sang, l’infraction reste difficile à sanctionner de manière incontestable.

L’alcootest n’est pas qu’une simple formalité technique, c’est un outil de dissuasion psychologique. Pour que les conducteurs prennent des décisions éclairées avant de prendre le volant, la menace d’un contrôle doit être réelle et systématique.

Si le déploiement des radars est une avancée, l’intégration de la lutte contre l’alcoolisme au volant est le chaînon manquant pour transformer durablement la sécurité sur nos axes accidentogènes.

Selon les standards internationaux de la prévention routière, l’alcool reste l’une des premières causes de mortalité. Au Gabon, il est temps de passer du slogan à la mesure concrète.

Gabon : La suspension des réseaux sociaux ou le naufrage économique des «entrepreneurs du clic » ?

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Depuis la suspension des réseaux sociaux par la Haute autorité de la communication (HAC), l’économie numérique gabonaise tourne à vide. Entre chute libre du chiffre d’affaires pour les PME et précarité accrue des créateurs de contenus, cette paralysie numérique menace désormais la survie de milliers d’indépendants.

Ce n’est plus une simple déconnexion, c’est une asphyxie. Au Gabon, Facebook, TikTok ou WhatsApp ne sont plus de simples plateformes de divertissement ; ils se sont imposés comme les principaux comptoirs commerciaux du pays. Aujourd’hui, ces vitrines virtuelles ont baissé le rideau, plongeant tout un écosystème dans une incertitude brutale.

Pour le tissu local des petites et moyennes entreprises, le couperet est tombé sans préavis. L’absence d’accès aux réseaux sociaux s’apparente à une fermeture forcée. Sans ces canaux, le lien est rompu : impossible d’exposer les stocks, de conclure des ventes ou d’assurer le service après-vente. Résultat, la visibilité s’effondre et, dans son sillage, le chiffre d’affaires quotidien fond à vue d’œil.

La « Gig Economy » au point mort

Le choc est tout aussi violent pour les acteurs de la « Gig Economy ». Influenceurs et youtubeurs voient leur modèle de monétisation, déjà fragile, s’évaporer. En une signature administrative, les compteurs financiers de la création gabonaise sont tombés à zéro. Les grandes enseignes ne sont pas épargnées : leurs budgets publicitaires numériques sont désormais investis dans le vide.

Dans ce silence numérique, le « système D » tente de s’organiser. Le recours aux réseaux privés virtuels (VPN) se généralise pour maintenir un semblant d’activité. Mais cette solution de secours est loin d’être équitable.

Alors que la pauvreté frappe environ 33 % de la population selon les données de la Banque Mondiale sur le Gabon, le coût d’un abonnement VPN de qualité devient une barrière insurmontable. Cette déconnexion creuse une double injustice : économique pour les commerçants et sociale pour les plus démunis.

Si les autorités promettent un rétablissement rapide, le mal semble plus profond. Au-delà des pertes sèches, c’est la réputation technologique du pays qui est en jeu. Ce black-out numérique pourrait durablement refroidir les investisseurs, désormais inquiets de la fragilité d’une infrastructure soumise aux aléas politiques.

Gabon : Tony Simard dévoile un clavier virtuel pour les langues africaines à Libreville

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L’Université franco-gabonaise Saint-Exupéry (UFGESE) a accueilli, ce mercredi 18 février 2026, une conférence de Tony Simard, président de Boîte à innovations Canada. Au cœur de son intervention : un clavier virtuel révolutionnaire conçu pour intégrer les langues vernaculaires au monde numérique.

Douglas

L’amphithéâtre de l’UFGESE était comble pour écouter l’expert canadien traiter de la « coopération intelligente ». Si les enjeux de la société de la connaissance étaient au programme, c’est une innovation concrète qui a captivé l’auditoire : un clavier numérique capable de gérer 28 langues, dont plusieurs dialectes africains majeurs.

Fang, téké, wolof… l’outil permet désormais de passer outre les limitations des claviers traditionnels souvent inadaptés aux phonétiques locales. « On modernise l’alphabet pour qu’on puisse écrire dans sa langue maternelle », a expliqué Tony Simard devant un public d’étudiants et de professionnels. Pour l’innovateur, cette technologie est le chaînon manquant pour une inclusion numérique réelle sur le continent.

Gabon : Tony Simard dévoile un clavier virtuel pour les langues africaines à Libreville

L’innovation contre l’analphabétisme

Au-delà de la prouesse technique, l’objectif est avant tout pédagogique. En facilitant l’accès aux contenus dans les langues d’origine, le dispositif vise à améliorer l’appropriation des savoirs et à renforcer l’identité culturelle des apprenants.
« L’analphabétisme n’est pas une fatalité. C’est un défi que l’innovation peut relever si l’on adapte les outils aux réalités locales », a martelé le fondateur de Boîte à innovations Canada.

Ce clavier n’est qu’une pièce d’un puzzle plus vaste : le modèle des « écoles intelligentes ». Développé par son organisation, ce concept ambitionne de connecter la jeunesse africaine aux savoirs mondiaux sans pour autant sacrifier son patrimoine linguistique. Une vision qui résonne avec force au Gabon, où la valorisation des langues nationales reste une priorité éducative majeure.

Gabon : Le CESEC s’attaque à la recrudescence des crimes de sang et milite pour  la préservation de l’Iboga

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Sous les voûtes de son siège feutré, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a donné, ce 17 février, le coup d’envoi d’une session ordinaire de 21 jours qui s’annonce électrique. Au menu de cette rentrée institutionnelle, une réflexion sans tabou sur la recrudescence des crimes de sang et une stratégie de défense de l’Iboga, trésor national menacé.

Le pays fait face à une insécurité dont la cruauté heurte régulièrement l’opinion. Face à cette « recrudescence des crimes de sang », Guy-Bertrand Mapangou, président du CESEC, n’entend pas se contenter de demi-mesures. Si l’institution réaffirme son attachement aux droits fondamentaux, elle ose une incursion sur un terrain miné : l’éventualité d’un retour à la peine de mort.

L’enjeu n’est pas tant de réclamer l’échafaud que de questionner l’impuissance apparente de l’arsenal législatif actuel. « Il s’agit d’ouvrir un large débat national », martèle la présidence de l’institution. Durant trois semaines, les forces vives du pays seront consultées pour diagnostiquer cette violence endémique et proposer des remèdes à la hauteur de l’effroi des populations.

Le second volet des travaux quitte les prétoires pour les forêts sacrées. Plante mystique aux vertus scientifiques désormais mondialisées, l’Iboga est aujourd’hui au cœur d’une bataille pour la souveraineté. Le CESEC tire la sonnette d’alarme : entre biopiratage international et surexploitation sauvage, la ressource s’épuise et le savoir ancestral s’évapore.

Pour le Conseil économique, social, environnemental et culturel, l’urgence est à la structuration. L’ambition est de transformer cette plante sacrée en un levier économique encadré, tout en sanctuarisant son statut de patrimoine national. En prônant pour une filière protégée, le CESEC veut garantir que les bénéfices de « l’or vert » profitent d’abord aux Gabonais et à la préservation de leur identité culturelle.

À travers ces deux dossiers, le CESEC affirme sa volonté de ne plus être une simple chambre consultative, mais un véritable laboratoire d’idées pour les institutions de l’Etat. En se saisissant de la sécurité des citoyens et de la protection des ressources naturelles, l’institution tente de dessiner les contours d’un Gabon plus souverain, tant sur le plan juridique que culturel.

Gabon : Georges Mpaga crie à la « tyrannie » et au musellement numérique

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Le Gabon s’est réveillé dans le silence numérique. Depuis l’annonce de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le 17 février, les réseaux sociaux sont suspendus « jusqu’à nouvel ordre ». Si le régulateur invoque la « stabilité nationale », le sénateur Georges Mpaga monte au créneau pour dénoncer une dérive autoritaire aux conséquences imprévisibles.

Pour Georges Mpaga, l’argument de l’ordre public ne tient pas. L’acteur de la société civile, aujourd’hui sous la coupole du Sénat, n’a pas mâché ses mots en qualifiant cette mesure de « tyrannique ». Selon lui, en coupant l’accès aux plateformes sociales, l’État ne se contente pas de filtrer l’information, il mutile l’espace public. « C’est une violation grave de la liberté d’expression et du droit à l’information, pourtant garantis par notre Loi fondamentale », a-t-il fustigé.

Un « cadeau empoisonné » pour le Président ?

Au-delà de l’aspect légal, le Vénérable sénateur d’Etimboué souligne une erreur stratégique majeure. Selon l’ancien leader du ROLBG, cette censure pourrait se retourner contre son propre camp. Loin de protéger le sommet de l’Etat, la suspension serait « de nature à nuire gravement au Président de la République ».

En privant les citoyens de soupapes de sécurité numériques, le pouvoir s’exposerait, selon lui, à une contestation souterraine plus virulente et à une rupture définitive du lien de confiance avec la population.

L’économie et la diplomatie sur le banc des accusés

L’alerte du sénateur est aussi pragmatique. Dans un Gabon en pleine mutation économique, les réseaux sociaux ne sont plus un luxe. Pour les PME : c’est un outil de travail vital. Pour le secteur informel : c’est un canal de vente indispensable.

Mpaga prévient : fragiliser ces revenus déjà précaires pourrait aggraver la tension sociale. Enfin, l’image du pays à l’international est en jeu. En plein processus de diversification de l’économie et à la recherche d’investisseurs étrangers, une telle restriction pourrait être lue à l’extérieur du pays comme un « recul démocratique », refroidissant au passage les éventuels bailleurs de fonds et les partenaires diplomatiques dont le pays a besoin.

En conclusion de son plaidoyer, Georges Mpaga se tourne vers le Palais Rénovation. Il appelle le Président de la République, garant de l’unité nationale, à se désolidariser de la décision de la HAC. Le sénateur plaide pour une réponse « ciblée et proportionnée ». Protéger l’ordre, certes, mais sans sacrifier les libertés qui font le sel de la démocratie gabonaise.

IMSI-CATCHER  et Arnaques par SMS : le Gabon est-il déjà ciblé ?

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Un banal contrôle routier à Paris a levé le voile sur une technologie d’espionnage redoutable. Une affaire européenne qui doit servir d’électrochoc au Gabon, où les arnaques par mobile money et SMS explosent chaque jour.

Tout commence dans les rues de France. Lors d’un simple contrôle routier, des policiers découvrent dans le coffre d’un véhicule des antennes reliées à une caisse remplie de composants électroniques. L’alerte à la bombe est levée par les démineurs, mais la menace est ailleurs : il s’agit d’un IMSI-catcher, un appareil d’interception réservé aux services de renseignement.

Ce dispositif se fait passer pour une antenne-relais. Partout où passait la voiture dans un rayon de 100 mètres, il se connectait automatiquement aux smartphones, aspirait leurs données et court-circuitait les vraies antennes des opérateurs. Libérés des filtres de sécurité, les escrocs pouvaient alors inonder les téléphones de SMS frauduleux : faux messages de l’Assurance maladie, alertes de gains d’argent, invitations à « mettre à jour » des comptes via des liens piégés. Le but : voler identifiants et coordonnées bancaires.

L'IMSI CATCHER utilisé par de nombreux escrocs à travers le monde.
L’IMSI CATCHER utilisé par de nombreux escrocs à travers le monde.

L’affaire, révélée notamment par TF1, mènera à l’arrestation de 14 délinquants. Ils reconnaissent avoir acheté, pour des dizaines de milliers d’euros, trois IMSI-catchers auprès d’un intermédiaire chinois, Kevin Yin. En suivant sa trace du Tchad au Japon, en passant par l’Europe et les Amériques, la police démantèle un véritable commerce mondial d’outils d’espionnage. En quatre mois, près de 700 000 SMS d’hameçonnage auraient été envoyés, pour un butin de plusieurs millions d’euros. Le mode opératoire a depuis essaimé, notamment en Norvège et en Suisse.

Et si les mêmes méthodes frappaient déjà le Gabon ?

Cette affaire européenne éclaire d’un jour nouveau la recrudescence des arnaques au mobile money et aux faux gains d’argent qui frappent chaque jour des Gabonais. Une question dérangeante s’impose : comment expliquer une telle précision et une telle ampleur, si ce n’est par l’usage de technologies similaires ?

Comment des escrocs parviennent-ils à contourner les serveurs des opérateurs, à cibler des zones entières, à envoyer des messages crédibles semblant provenir de sources officielles ? L’hypothèse de dispositifs de type IMSI-catcher, désormais diffusés sur le marché noir mondial, ne peut plus être écartée. D’autant que cette méthode, difficile à détecter, a déjà fait école en Norvège, en Suisse… et ailleurs.

Alerte maximale : comment se protéger maintenant

Le danger est réel ; par conséquent, la riposte doit être à la fois immédiate et collective. D’abord, une sensibilisation massive s’impose : aucun opérateur, aucune banque, aucune administration ne sollicite d’informations sensibles par simple SMS ou via un lien cliquable, et ce principe doit être martelé sans relâche. Ensuite, un renforcement technique devient indispensable : les autorités et les opérateurs doivent investir dans des dispositifs capables de détecter les fausses antennes et intensifier leur coopération au niveau régional afin d’anticiper ces menaces mobiles et transfrontalières. Enfin, des réflexes citoyens clairs doivent être adoptés : ne jamais cliquer sur un message suspect, le signaler immédiatement aux services compétents et, en cas d’alerte inhabituelle, couper ses données mobiles. Car en matière de cybercriminalité, la vigilance individuelle complète l’action institutionnelle ; l’une sans l’autre laisse la porte ouverte aux escrocs.

L’affaire de l’IMSI-catcher n’est pas une curiosité européenne. C’est un avertissement mondial. Au Gabon, ignorer ce signal, c’est laisser le champ libre à une criminalité invisible qui parle le langage le plus intime de notre quotidien : le SMS.

Peut-on se faire coudre une robe aux couleurs du drapeau gabonais ?

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Entre fierté nationale et respect des symboles républicains, la mode peut-elle s’approprier les couleurs du drapeau sans en altérer la sacralité ?

À l’occasion des compétitions sportives, des fêtes nationales ou des grands rassemblements populaires, les Gabonais arborent volontiers le vert, le jaune et le bleu. Fanions, gadgets, peintures faciales, tee-shirts et écharpes fleurissent dans les tribunes lorsque les Panthères entrent en scène. Porter les couleurs nationales devient alors un acte d’identification collective, un marqueur d’appartenance et de solidarité patriotique. Rien d’illégal en soi : célébrer son pays participe de l’expression citoyenne. Toutefois, au-delà de l’effervescence festive, une tendance interroge : celle de se faire confectionner des robes strictement aux couleurs du drapeau gabonais. La pratique est-elle juridiquement fondée ?

Le drapeau gabonais : symbole et signification

Le drapeau gabonais constitue l’un des symboles officiels majeurs de la République. Le Gabon s’est doté de son pavillon national le 9 août 1960, par la loi n°54/60, soit huit jours avant la proclamation de l’indépendance intervenue le 17 août de la même année. Ce texte fondateur définit avec précision un drapeau composé de trois bandes horizontales égales : le vert en partie supérieure, le jaune au centre et le bleu en partie inférieure. L’article 1er de la loi précise que la bande supérieure est de couleur « vert irlandais clair », la bande médiane « jaune d’or » et la bande inférieure « bleu Roy », chacune ayant une longueur égale à quatre fois la largeur et des dimensions strictement identiques. Au plan symbolique, le vert renvoie à la forêt équatoriale et à l’immense richesse végétale du pays ; le jaune évoque l’équateur qui traverse le territoire ainsi que l’éclat du soleil ; le bleu rappelle l’océan Atlantique et l’ouverture maritime du Gabon. Au-delà de ces éléments chromatiques et techniques, le drapeau incarne l’unité nationale, la souveraineté de l’État et la continuité républicaine.

Un emblème strictement encadré par le droit

Sur le plan juridique, le « drapeau gabonais » n’est pas une simple combinaison chromatique : il est défini et encadré par des normes précises relatives à ses proportions, à l’ordre des couleurs et à son usage dans les institutions. Il est hissé sur les édifices publics, utilisé lors des cérémonies officielles et intégré aux attributs protocolaires de certaines autorités. Les députés, sénateurs et élus locaux portent ainsi des écharpes tricolores lors des cérémonies solennelles, matérialisant la délégation de la souveraineté nationale qu’ils incarnent. L’usage du drapeau, dans sa forme officielle, relève donc d’un cadre républicain strict. Dans ces cas précis, l’objet est réglementé par des textes législatifs qui définissent qui peut le porter, où, et selon quelle inclinaison.

Légalité vestimentaire et exigence de sacralité

Dès lors, une robe cousue aux couleurs vert-jaune-bleu ne constitue pas, en l’état actuel du droit, une infraction si elle ne reproduit pas fidèlement le drapeau réglementaire dans ses proportions et son agencement officiel. Aucune disposition n’interdit explicitement de porter un vêtement inspiré des couleurs nationales. Toutefois, la question dépasse la stricte légalité. Le drapeau n’est pas un tissu ordinaire ni un « vulgaire chiffon » ou un tissu d’ameublement que l’on trimballe à tout bout de champ pour le simple divertissement. Il représente l’identité d’une nation tout entière, la mémoire collective et le sacrifice de ceux qui ont construit l’État. En ce sens, si la loi n’interdit pas la confection de vêtements aux couleurs nationales, le respect de la sacralité du symbole impose mesure et dignité. Comme le soulignent souvent les constitutionnalistes, l’emblème est le prolongement de l’identité de toute une nation. En faire une robe, destinée parfois à être froissée, souillée ou jetée, peut être perçu comme une désacralisation.

Patriotisme, dignité et respect de l’emblème

En définitive, le drapeau gabonais ne peut être banalisé ni assimilé à un simple objet décoratif. Symbole tangible de la République, il appelle gravité et respect. Afficher son attachement à la nation est légitime ; encore faut-il le faire avec discernement, à la hauteur de la charge historique et politique que porte cet emblème. Le véritable patriotisme ne s’exprime pas tant dans l’ostentation des couleurs que dans la fidélité aux valeurs qu’elles signifient : l’unité, la souveraineté et l’indivisibilité de la patrie.

Gabon : L’Etat muscle sa flotte de transport urbain avec 100 nouveaux bus

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Sous l’impulsion du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement a réceptionné plus de 100 véhicules destinés à la SOGATRA. Ce renforcement s’accompagne d’une réforme structurelle majeure : fin de la gratuité, passage au numérique et projet de fusion des opérateurs publics.

Le paysage des transports dans le Grand Libreville et les capitales provinciales s’apprête à changer de visage. Samedi 14 février, une centaine de bus flambant neufs ont été officiellement réceptionnés pour le compte de la Société Gabonaise de Transport (SOGATRA). Cette opération vise à répondre à la crise chronique de la mobilité en offrant une solution présentée comme « moderne, fiable et accessible ».

Au-delà de l’acquisition matérielle, c’est une véritable mutation des usages qui s’opère. L’innovation phare réside dans la digitalisation du service. La SOGATRA introduit des cartes d’abonnement intelligentes et un système de paiement électronique sécurisé via la solution MEA PAY. Des bornes de recharge seront déployées sur le territoire pour garantir l’autonomie des usagers.

Ce virage technologique marque également un tournant économique : la fin de la gratuité des transports urbains. La société s’oriente désormais vers une gestion commerciale rigoureuse pour assurer l’entretien du parc et mettre fin aux pannes à répétition qui ont paralysé le service par le passé.

Pour le Chef de l’État, cette réforme dépasse le simple cadre du confort. Elle est pensée comme un levier de productivité nationale, facilitant l’accès des travailleurs et des étudiants à leurs destinations respectives.

À terme, cette dynamique devrait aboutir à une fusion stratégique entre la SOGATRA et Trans’Urb. L’objectif serait de créer un opérateur public unique et puissant, capable de soutenir la croissance économique du pays tout en s’alignant sur les standards internationaux de développement durable.