À quelques heures des élections couplées prévues ce samedi 27 septembre, Ensemble pour le Gabon (EPG) lance une alerte sur de graves irrégularités qui « entachent déjà l’organisation » du scrutin. Le parti d’Alain Claude Bilie-By-Nze dénonce notamment l’inscription de ses candidats sur les listes de circonscriptions où ils ne sont pas en lice et un changement de dernière minute des règles de procuration.
Le communiqué, publié ce 26 septembre, dresse un tableau sombre de la préparation électorale. Ensemble pour le Gabon affirme avoir « à maintes reprises » dénoncé les conditions de préparation et l’« impréparation des plus inquiétantes » du processus.
Il révèle que « plusieurs candidats d’Ensemble pour le Gabon voient leurs noms inscrits dans des circonscriptions qui ne sont pas les leurs ». Pour le parti, « ce fait, d’une extrême gravité, constitue une atteinte flagrante à l’intégrité du processus électoral et un mépris des droits des candidats comme des électeurs ». Cette confusion s’ajoute à une directive du ministère de l’Intérieur qui a, selon le communiqué, « changé à la dernière minute les règles d’établissement de procuration », augmentant encore l’incertitude à la veille du vote.
Face à ce qu’il qualifie de « seuil inacceptable », Ensemble pour le Gabon interpelle directement le ministre de l’Intérieur, exigeant qu’il « s’explique devant la Nation ». Le parti demande des justifications sur la manière dont « de telles erreurs, lourdes de conséquences, ont pu être commises », mettant en jeu la « crédibilité des institutions et la confiance des citoyens » dans leur droit de vote.
L’EPG conclut par un appel vibrant aux forces démocratiques, à la presse et aux citoyens pour qu’ils « réagissent avec vigueur et indignation ». Le mouvement réaffirme sa détermination à « défendre, par tous les moyens légaux et légitimes, l’intégrité du processus électoral et la voix du peuple gabonais », martelant que « La démocratie n’est pas négociable ».
En prévision du double scrutin législatif et local qui se tiendra ce samedi 27 septembre 2025, le ministère de l’Intérieur, de la sécurité et de la décentralisation a pris une mesure visant à assurer le calme, la sérénité et la sécurité durant cette journée électorale : la fermeture de tous les débits de boissons sur l’ensemble du territoire national.
Cette décision a été rendue publique par un communiqué de presse officiel émis ce 26 septembre 2025. Le ministère justifie cette action en se basant sur le cadre légal existant et un arrêté ministériel spécifique. Selon le communiqué, cette restriction est prise « en application des dispositions des articles 2 et 23 de la loi n° 4/98 du 20 février 1998 portant organisation générale de la défense nationale et de la sécurité publique, et en considération de l’Arrêté n° 042/MISD du 26 septembre 2025 ».
Les débits de boissons seront fermés à titre temporaire sur une période s’étendant « du vendredi 26 septembre 2025 à 23 heures 30 minutes au samedi 27 septembre 2025 à 24 heures ».
Cette plage horaire couvre intégralement les moments importants du processus électoral : la veille, le jour du scrutin, le dépouillement et l’attente des premiers résultats.
Pour assurer la bonne exécution de cette mesure, le ministère de l’Intérieur a instruit les plus hautes autorités des forces de sécurité. Les « Commandants en Chef de la Gendarmerie Nationale et des Forces de Police Nationale sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de veiller à l’exécution de ce communiqué », peut-on lire dans le document. Cette mobilisation des forces de sécurité vise à prévenir tout débordement ou trouble à l’ordre public susceptible de perturber la quiétude des électeurs et la logistique du vote.
À quelques heures du scrutin, une vidéo virale continue de semer la discorde : le candidat UDB dans le canton Ellelem, Germain Ebolo, y qualifie le RPM de « parti de l’Estuaire » et exhorte ouvertement les populations du canton Ellelem à ne voter que pour le « parti des Fangs ». Face à ces propos incendiaires et contraires à l’unité nationale, Jean Serge Obame Mba fustige dans cette tribune ce manquement impardonnable et rappelle les candidats à l’impératif républicain de « la posture » et de « la mesure ».
À la veille du début de la campagne électorale, le Président de la République avait attiré l’attention des différents acteurs d’épargner les populations des discours aux relents sectaires. Mais, à y regarder de près, on est loin de cette consigne républicaine !
En réalité, les propos tenus par un politique du parti présidentiel à l’ouverture de la campagne dans le canton Ellelem ont laissé les populations averties pantoises. On se demande comment fait-on pour affirmer que l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) créé par le Président serait « un label né à Nkoum Yeguigne », donc d’essence Fang ; et que le Rassemblement pour la Patrie (RPM) né à Libreville serait « un parti des bilop »? C’est choquant !
Et pourtant, en scrutant les organigrammes de ces deux formations politiques, on retrouve toutes les communautés ethnolinguistiques du Gabon, et certains se demanderaient à qui profite cette sortie de piste regrettable.
Le canton Ellelem est un linéaire qui tient sur près de quatre-vingts kilomètres. Les populations y vivent en harmonie grâce aux liens de parenté et aux différentes alliances scellées entre elles. Alimenter un discours aussi sectaire serait honnêtement la preuve irréfutable de l’incapacité de certains candidats non seulement à faire preuve de sang-froid, mais aussi à gérer un mandat électif. En d’autres termes, que comptent-ils faire de ceux qui ne parlent pas fang et qui ont des intérêts familiaux dans ce canton ? Vont-ils les vouer aux gémonies ?
Les populations en période électorale attendent des politiques qu’ils viennent leur expliquer ce qu’ils comptent faire à leur profit. Sauf si l’ambition de certains est d’alimenter le tribalisme. Ce qui d’ailleurs ne prospérera pas dans la Ve République.
Au demeurant, le discours politique a des codes. Il est vrai que ces codes ne sont pas accessibles à tout le monde. Toutefois, un politique devrait durant ses échanges avec les populations avoir de la MESURE et de la POSTURE !
Dans le département de la Dola, le duel pour le siège de député entre Yves Fernand Manfoumbi (PDG) et Mays Mouissi (UDB) s’annonce épique. L’ancien ministre d’Ali Bongo persiste : « Je suis le seul capitaine à bord », ignorant le soutien massif de l’appareil d’État au candidat de l’Union démocratique des bâtisseurs.
Les consultations politiques en cours à Ndendé et ses environs mettent en lumière l’ancrage local du vice-président du PDG, Yves Fernand Manfoumbi (« Manf10 »). L’ancien député refuse de voir un nouvel arrivant s’imposer sur ses plates-bandes, au moment où le PDG doit prouver sa résilience sur le territoire national.
La campagne, qui s’achève ce 26 septembre, a été marquée par l’arrivée en renfort de hauts cadres de l’UDB, parti de son challenger Mays Mouissi. Ce dernier a notamment reçu le soutien du vice-président de la République, Séraphin Moundounga, et de plusieurs ministres du gouvernement.
Toutefois, ce déploiement ne semble pas ébranler le « prince de la Dola ». Manfoumbi s’appuie sur un bilan solide : accompagnement des jeunes entrepreneurs, aides sociales et intégration de diplômés à la fonction publique. Il est surtout resté en contact constant avec sa population, même après sa sortie du gouvernement.
L’artillerie lourde et le tacle frontal
Devant une foule acquise à sa cause, « Manf10 » a sorti l’artillerie lourde. S’adressant à la population uniquement en ipunu pour un impact maximal, il a affirmé n’avoir aucun adversaire dans la Dola.
Les propos tenus lors de ce meeting, traduits et retranscrits, ciblent directement son adversaire :
« Vous défendez un homme qui incarne aujourd’hui la quintessence de ce que l’autre camp prétendait combattre. Regardez dans votre miroir. Je n’ai changé ni de combat, ni de principes. J’ai toujours dénoncé la prédation. »
Puis, il a enfoncé le clou par une attaque frontale visant le passage de Mays Mouissi à la tête du ministère de l’Économie :« Comment rester silencieux face à cette mascarade ? Comment ne pas dénoncer ce jeune homme qui rasait les murs en France et qui, de retour au pays, utilise une pelleteuse pour s’enrichir à une vitesse qui insulte la misère du peuple gabonais ? »
Pour les observateurs, le scrutin à Ndendé s’annonce très serré. Dans cette commune à la forte réputation mystique, le combat politique pourrait bien se transformer en une guerre d’influences occultes.
200 familles, anciennement installées derrière l’Assemblée nationale et l’ambassade de Chine, ont reçu les clés de leur nouveau logement à Bikélé Nzong, après une première vague en août dernier. Quatre mois après leur déguerpissement, elles retrouvent enfin un toit.
En juin dernier, plusieurs habitations avaient été démolies dans ces zones déclarées d’utilité publique, plongeant de nombreuses familles dans la précarité. C’est un soulagement pour celles qui ont pu intégrer leur nouveau logement, le 24 septembre. « Je suis très heureuse de recevoir les clés de ma nouvelle maison », a confié Julie Ntsame, l’une des bénéficiaires. Ces derniers n’ont pas manqué de remercier le président Oligui Nguéma qui a tenu à ce que ces compatriotes en détresse soient soutenus. « Je remercie Dieu, le président de la République et tous les membres de la commission pour le travail accompli », a lancé une autre bénéficiaire, visiblement émue.
Les clés des habitations construites à Bikélé Nzong pour accueillir les familles déguerpies.
Pour les familles, ce relogement marque la fin de longs mois d’incertitude. « Le chef de l’État s’est engagé à venir en aide à toutes les familles déguerpies. Aujourd’hui, c’est un véritable bonheur. En tant que porte-parole des déguerpis, je remercie le président de la République et ses collaborateurs d’avoir permis à des centaines de familles de retrouver leur dignité », a déclaré Gréviste Ndong Ovono.
Les retards chroniques de paiement des bourses étudiantes font éclater la colère des Gabonais de la diaspora. Entre précarité au quotidien et incertitudes, beaucoup craignent pour la poursuite de leurs études.
C’est le cas d’un jeune étudiant ingénieur dans le nord de la France, qui vit, depuis deux mois, au rythme des découverts bancaires et des privations. « Je n’ai pas encore payé mes frais de scolarité, hier j’avais de quoi manger mais pas de quoi payer le trajet. Alors je fais quoi ? Je marche ? Et demain ? Comment je vais tenir?», témoigne-t-il. Son cas n’est pas isolé : en Russie, en Belgique ou au Maroc, des centaines d’étudiants gabonais dénoncent des retards allant parfois jusqu’à cinq mois.
En juillet dernier, le président Brice Clotaire Oligui Nguema annonçait la fin des bourses pour certains pays occidentaux, accusés d’alimenter la « fuite des cerveaux ». Une déclaration qui, malgré les assurances de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), a semé le doute parmi les bénéficiaires. « On peut comprendre les contraintes budgétaires, mais nous devons continuer à avoir accès aux meilleures formations », plaide un jeune compatriote.
Entre attentes financières, colère contre l’ANBG et inquiétudes face à une réforme encore floue, les étudiants disent vivre dans l’angoisse permanente. « Beaucoup craignent l’expulsion, le décrochage académique ou même le burn-out », alerte un autre, membre du collectif des boursiers à l’étranger. Déterminés à se faire entendre, ils multiplient les appels à l’aide et les manifestations, espérant que le gouvernement apportera une solution durable à ce problème récurrent.
En visite à Libreville, une délégation de la Société financière internationale (SFI), conduite par sa directrice régionale pour l’Afrique centrale et le Nigéria, Madame Dalhia Khalifa, a réitéré sa volonté d’accompagner le Gabon dans la mise en œuvre du projet de société du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Une démarche qui s’inscrit dans la continuité de sa rencontre, le 19 septembre dernier, avec le vice-président de la République.
Le 25 septembre 2025, le ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances, de la dette et des participations, chargé de la lutte contre la vie chère, Henri-Claude Oyima, a reçu, une importante délégation de la Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au financement du secteur privé. Sa directrice Afrique, Dalhia Khalifa, a réaffirmé l’engagement de l’institution à soutenir la vision de développement économique du Gabon.
L’institution dispose actuellement d’un portefeuille de projets actifs estimé à 350 millions de dollars (près de 195,3 milliards de FCFA). Ces investissements concernent en priorité les secteurs de l’énergie, des transports, de la santé, du digital et de l’agroalimentaire, à travers un accompagnement structuré autour de partenariats public-privé et d’un appui aux entreprises locales. Des équipes conjointes du ministère de l’Économie et de la SFI se réuniront dans les prochains jours pour identifier les projets capables de générer des résultats concrets au bénéfice des populations.
Avec cette présence accrue, la SFI entend consolider son rôle d’acteur clé dans le financement et l’accompagnement du secteur privé gabonais, en appui au projet de société du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a prononcé un discours marquant devant la 80ᵉ session de l’ONU, le 25 septembre, soulignant le succès de la transition pacifique au Gabon et lançant un appel pour une refonte des partenariats internationaux. Il a sollicité l’appui de l’ONU pour son plan national, visant à ancrer la stabilité politique dans une prospérité économique durable.
A la tribune onusienne, le chef de l’État est revenu sur les événements du 30 août 2023, affirmant que le processus a permis au Gabon de « renouer avec l’ordre constitutionnel ». Il a confirmé le calendrier électoral, avec la mise en place de l’Assemblée nationale et du Sénat au terme des élections législatives et locales en cours, qu’il juge comme une « étape décisive vers le rétablissement complet des institutions démocratiques ».
Exigence de justice économique pour l’Afrique
Le Président a fermement plaidé pour que l’Afrique cesse d’être un simple fournisseur de ressources. « Il n’est plus acceptable que les nations africaines demeurent cantonnées au rôle de simples pourvoyeurs de matières premières, dont d’autres fixent les prix et tirent les bénéfices », a-t-il martelé sans ambiguïté.
Il faut relever que depuis son arrivée à la tête au Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguéma prend des mesures fortes pour que les matières premières extraites dans son pays soient désormais transformées sur place. C’est le cas du manganèse dont l’exportation du brut sera interdite à partir de janvier 2029. « Nous avons choisi de transformer nos ressources sur place, de créer des emplois chez nous et de bâtir des filières industrielles africaines », a-t-il déclaré, avant de lancer un appel aux partenaires : « Nous appelons les investisseurs à s’engager dans des partenariats équitables et respectueux, fondés sur la transparence, l’équité et le respect mutuel ».
Afin d’ancrer la stabilité politique dans une prospérité économique durable, Oligui Nguéma a sollicité un accompagnement renforcé pour le Plan de croissance et de développement du Gabon. Ce programme ambitieux met l’accent sur quatre leviers clés : « l’augmentation de nos capacités énergétiques, le renforcement des infrastructures, le développement du numérique et l’employabilité des jeunes », a-t-il indiqué.
Paix, climat et réforme du multilatéralisme
Abordant les crises globales, le chef de l’État a rappelé la responsabilité mondiale vis-à-vis du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète, dont le Gabon est un « gardien ». Il a plaidé pour un partenariat mondial équitable garantissant une juste rémunération des services écologiques rendus.
Enfin, il a réitéré que la paix et la justice internationale passent par un multilatéralisme renforcé et une réforme du Conseil de sécurité, afin que l’Afrique obtienne la « place légitime qui lui revient ». Il a également lancé un appel pressant en faveur de la paix dans plusieurs zones de crise (RDC, Soudan, Corne de l’Afrique, Sahel) et réaffirmé la position du Gabon pour la levée de l’embargo imposé à Cuba.
C’est l’exhortation faite par le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation face aux rumeurs de fraude distillées ici et là. A travers cette posture, dans l’interview qu’il a bien voulue nous accorder hier jeudi, Hermann Immongault fixe le cap de sa détermination à appliquer à la lettre les instructions du chef de l’Etat par rapport au processeurs électoral : transparence, crédibilité et apaisement. Lecture !
Gabonclic.info : Monsieur le ministre, après le référendum de novembre 2024 et la présidentielle d’avril 2025, le double scrutin des législatives et des locales est en chantier, quel a été votre état d’esprit dans la préparation de cette importante consultation électorale ?
Hermann Immongault : je tiens tout d’abord à vous remercier pour cette opportunité de faire le point sur les préparatifs du double scrutin législatif et local à venir.
La préparation de ce double scrutin s’est inscrite dans la dynamique enclenchée lors du référendum constitutionnel de novembre 2024, et poursuivie durant l’élection présidentielle du 12 avril dernier.
Ce processus a été abordé avec humilité, détermination et responsabilité. Pourquoi je le dis ?
Tout simplement parce que, organiser deux élections n’est pas une tâche facile, et la feuille de route qui nous a été assignée par le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, nous commande de mener ces opérations conformément aux textes en vigueur pour qu’à terme, les résultats attendus soient salués par tous, aussi bien sur le plan national qu’à travers le monde, comme l’ont été ceux des scrutins susmentionnés.
L’objectif, ici, est de permettre la restauration de la confiance entre le peuple gabonais et leurs institutions, et des lendemains de scrutins apaisés. C’est tout le sens de la volonté du peuple gabonais, telle qu’exprimée tout le long du Dialogue national inclusif (DNI) et contenue dans l’esprit et la lettre de notre Constitution.
On peut affirmer que l’organisation de ce scrutin aura été ardue, d’autant plus que les réclamations ont fusé de tous les côtés. Comment avez-vous fait, avec vos équipes, pour arriver à démêler tous ces dossiers qui vous ont été soumis ?
L’organisation simultanée des élections législatives et locales est un exercice particulièrement complexe, tant sur le plan logistique que technique. L’Administration, fidèle à son obligation de neutralité et d’exemplarité, s’est efforcée de répondre à cette complexité avec rigueur.
Oui, la tâche a été ardue à tous les niveaux, particulièrement au moment de la centralisation des candidatures, au regard de l’engouement sans précédent que nous avons certainement sous-estimé. C’est normal, cela prouve la vitalité de notre jeune démocratie, et nous nous en réjouissons.
Nous avons renforcé les équipes, chaque réclamation a été enregistrée, instruite et, le cas échéant, renvoyée devant les juridictions compétentes pour trancher. Le travail collectif et la traçabilité des décisions ont été nos principaux outils.
Il est vrai que quelques difficultés ont été signalées, mais elles relèvent davantage de la densité et de la diversité des candidatures que d’un dysfonctionnement institutionnel. Le nombre de dossiers reçus, inégalé à ce jour, témoigne d’un réel engouement démocratique. Toutefois, il est important de préciser qu’un dossier jugé complet à sa soumission à la Commission électorale locale, ne garantit pas automatiquement sa validité lors de l’examen approfondi par la CNOCER, seule habilitée à se prononcer sur la conformité légale et formelle des candidatures.
Par ailleurs, un certain nombre de dossiers comportaient des irrégularités manifestes, notamment des divergences de dates de naissance entre autres, et ne pouvaient malheureusement pas être ignorées à ce stade.
Je nous invite donc, administrations et citoyens, à œuvrer pour une véritable culture de rigueur administrative, qui soit à la hauteur des enjeux démocratiques. Certains chantiers, comme celui de l’état-civil, sont de ceux qui nécessitent une véritable refonte en profondeur.
L’œuvre humaine étant toujours sujette aux critiques et aux accusations, quelques fois infondées, comment faites-vous pour ne pas céder au découragement ?
Vous savez, nous sommes sur des questions purement politiques, et à ce stade, les critiques ne sont pas à exclure. Elles sont mêmes, bien au contraire, à prendre en compte. Elles nous permettent de traiter d’éventuels angles morts.
Le travail qui est fait par le ministère de l’Intérieur et l’ensemble des acteurs engagés dans ce processus est fondé sur la norme et sur la confiance placée sur nous par le Chef de l’Etat. A ce titre, il n’est donc pas question pour nous de céder au découragement. Nous nous appuyons, en toute légalité, sur la procédure et la transparence de nos actes.
Nous sommes à quelques heures de ce double scrutin, quelle est votre plus grande appréhension, avant les résultats ?
À quelques heures de ce double scrutin, ma plus grande appréhension reste l’effritement de la confiance que les populations ont dans notre capacité et notre volonté à tous d’y arriver. Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas nous arrêter en si bon chemin.
Quelle a été l’accusation portée contre vous et vos équipes, que vous avez non seulement mal acceptée, mais aussi que vous avez jugée injuste ?
Comme je l’ai dit en conférence de presse, il ne s’agit pas pour nous de prendre les choses au premier degré. C’est l’exercice qui suscite des accusations de cette nature. Notre seule réponse doit se focaliser sur une continuelle remise en question pour traiter les éventuels angles morts.
Au cours de votre conférence de presse du 16 septembre dernier, vous avez fait allusion à plusieurs dossiers de candidatures frappés d’irrecevabilité. Ne pensez-vous pas, qu’il faudrait mettre en lumière ces dérives à l’avenir, pour que les lois et règlement en la matière soient scrupuleusement respectés comme le souhaitent nos compatriotes soucieux de liberté, d’équité et de transparence, afin d’éviter une contestation des résultats ?
Effectivement ! Comme vous le savez, toutes les élections organisées dans notre pays sont frappées du sceau de la transparence, tel que voulu par les plus hautes autorités et cette obligation nous engage tous.
Il nous revient alors de tout mettre en œuvre pour qu’à l’avenir, les candidats engagés à toute élection politique dans notre pays, soient suffisamment informés et outillés sur les exigences à respecter et des différents éléments à fournir à l’administration, tant sur leur forme que sur leur fond.
Monsieur le Ministre, pouvez-vous donner quelques exemples de ces dossiers jugés irrecevables, et dont les auteurs vous accusent d’avoir œuvré à leur exclusion, parce que, arguent-ils, ils seraient gênants pour le pouvoir ?
Sous réserve du secret des délibérations, les principaux dossiers concernés ici sont principalement ceux relatifs à des situations à apprécier au cas par cas. Nous pouvons citer le défaut de pièces d’identité valides, de la qualité des actes d’état civil, des procurations mal établies, des formulaires incomplets ou comportant des erreurs.
Lorsque ces manquements sont constatés par la CNOCER ou par les juridictions en cas de contentieux, la décision rendue à ce moment est celle que prévoit la loi organique n° 001/2025 du 19 janvier 2025 portant Code électoral en République Gabonaise et à laquelle on ne peut y déroger. Dès cet instant, il n’est point question ici d’évoquer une quelconque manœuvre d’exclusion volontaire de candidatures « gênantes ». Il n’y a aucune candidature gênante.
Monsieur le ministre, plusieurs délégués spéciaux se sont portés candidats sans démission préalable de leurs postes, contrairement à vos instructions. Comment justifiez-vous cela ?
Effectivement, par soucis de transparence et d’efficacité, nous avons envisagé, dans un premier temps, de faire démissionner les délégués spéciaux qui se porteraient candidats. Mais nous nous sommes buttés à une difficulté pratique. Ce sont plus d’une centaine de délégués spéciaux candidats, s’il fallait qu’ils démissionnent et les faire remplacer, dans les délais qui sont les nôtres, avec les exigences qui sont les nôtres, c’est énorme, avec les difficultés que nous avons déjà à faire fonctionner normalement l’administration. Un exemple pratique. Vous avez la Mairie du 4e arrondissement, « la Mairie du bonheur », qui a environ une centaine de mariages à célébrer à cette période. Vous enlevez le délégué spécial, sachant la lourde tâche de l’organisation de mariage durant cette période, vous allez vous confronter à une difficulté pratique. Ce que nous avons fait, sans que cela n’écorche la norme, c’est de faire en sorte qu’ils (les délégués spéciaux, ndr) soient extraits du processus électoral, qu’ils ne soient pas dans les commissions et qu’ils n’aient pas accès à l’organisation par la mairie du processus électoral dans les missions qui sont les siennes.
Donc, nous veillons à cela. Bien évidemment, lorsque nous avons constaté quelques délits, nous les avons rappelés à l’ordre et nous veillons, avec l’ensemble de nos services, à ce que cela soit respecté. Mais le risque zéro n’existant pas, nous invitons tous les Gabonais, qui sont des sentinelles, des veilleurs, et qui constatent qu’il y a des délégués spéciaux qui oublient cette norme, de nous signaler et nous les rappelons à l’ordre, sans préjudice de toutes les actions judiciaires qui pourraient être portées.
Avec le recul et en conscience, globalement, à ce stade de l’organisation des élections, ne pensez-vous pas que des erreurs auraient pu être évitées ? Par ailleurs, quel est votre niveau de satisfaction à quelques heures du scrutin de samedi ?
Me reprocher des erreurs ? Oui, et je l’assume.
Sur les erreurs, je note que certaines communications auraient pu être plus claires, et sur quelques aspects logistiques, nous aurions pu mieux anticiper.
En termes de satisfaction aujourd’hui, c’est le niveau de préparation juridique, matériel, humain et le déploiement des missions d’observation sur l’ensemble du territoire national.
S’agissant du matériel, il faut noter que les commissions électorales locales sont progressivement en possession du matériel électoral ; les responsables des commissions électorales locales et les scrutateurs ont été formés ; les dispositifs de sécurité et de transmission des procès-verbaux sont déployés ; trente-neuf (39) missions d’observation, pour un total de deux mille cent dix-sept (2117) observateurs, ont reçu à ce jour des accréditations pour ce double scrutin.
Nous restons toutefois vigilants, jusqu’à la fin du dépouillement.
Monsieur le ministre, certains candidats aux élections locales dénoncent la réapparition des noms des candidats invalidés par le Tribunal administratif. Les décisions de justice étant sans appels, comment expliquez-vous le maintien de ces candidatures dans la compétition ?
Les décisions rendues dans le cadre du contentieux des candidatures sont souveraines et s’imposent à tous. Si des candidats invalidés par les juridictions compétentes ont été maintenus, il peut s’agir des cas transmis tardivement ou simplement des simples erreurs de frappe.
Pour rappel, nous collaborons étroitement avec les juridictions compétentes pour que les décisions rendues dans le cadre du contentieux de candidatures connues par elles, soient effectivement exécutées et appliquées ; lorsque des dysfonctionnements sont signalés, ils font l’objet d’un signalement et des correctifs sont apportés dans l’immédiat.
Ici et là, certains candidats chauffent à blanc leurs potentiels électeurs. Le ministre de l’Intérieur est pointé du doigt comme étant celui qui cautionnera la victoire de tel candidat au détriment de tel autre. Que risquent ceux qui tiennent un tel discours ?
Je tiens à rappeler que, sans préjudice des dispositions du Code pénal, le Code électoral interdit et prévoit des sanctions pénales pour tout acte ou discours prohibés, tenus ou commis durant la campagne électorale ; c’est le cas, notamment, des discours de haine, d’incitation à la violence ou de déstabilisation.
Le ministère de l’Intérieur n’hésitera pas à faire appliquer la loi dans toute sa rigueur, toutes les fois où cela sera nécessaire. La liberté d’expression est un droit fondamental garanti à tous, mais n’oublions pas que l’appel à la violence ou des troubles à l’ordre public sont des délits et, donc, punis conformément aux textes en vigueur. Les responsables politiques et candidats qui se rendront coupables de tous ces faits, verront leur responsabilité engagée.
C’est pourquoi, nous appelons au sens de responsabilité des uns et des autres. Pour toutes les autres situations, cela relève de la fuite en avant où on veut chercher un bouc émissaire.
Demain samedi 27 septembre 2025, c’est jour de scrutin. Quels sont les délits électoraux à éviter ?
Les délits électoraux à éviter le jour du scrutin :
Le fait de distribuer ou de faire distribuer les bulletins, circulaires et autres documents ayant un caractère de campagne électorale (article 328 du Code électoral) ;
L’exercice par quelque moyen que ce soit, d’une pression sur un (1) ou plusieurs électeurs en vue d’influencer leur vote, d’obtenir leur suffrage ou d’empêcher la manifestation de celui-ci, sur les lieux du scrutin ou dans leur proximité immédiate (article 329 du Code électoral) ;
L’entrée dans le bureau de vote avec une arme apparente ou cachée. Cette disposition ne s’applique pas aux membres des Forces de défense et de sécurité régulièrement requis par le Président du bureau de vote (article 330 du Code électoral) ;
L’électeur ou le candidat qui, pendant le scrutin, se rendra coupable d’outrage ou de violence soit envers un ou plusieurs membres du bureau, soit envers un candidat ou son représentant, soit envers un représentant de l’ACER ou qui, par voie de fait ou par menaces, retarderont ou empêcheront les opérations électorales (article 331 du code électoral) ;
Toute personne qui fera expulser sans motif légitime de la salle de vote un membre du bureau, un représentant d’un candidat, un représentant de l’ACER ou un observateur électoral, ou qui l’empêchera d’exercer ses prérogatives. Il est de même pour celui ou celle qui s’opposera à l’inscription au procès-verbal des opérations de vote des remarques présentées par un membre du bureau, par un représentant de l’ACER, par le représentant d’un candidat ou d’une liste (article 332 du code électoral) ;
Toute manœuvre frauduleuse ayant pour but d’enfreindre les dispositions des articles 146 et suivants de la loi organique n°001/2025 du 19 janvier 2025 portant code électoral en République Gabonaise, relative au vote par procuration (article 333 du code électoral).
La répétition est pédagogique, dit-on souvent. Les Gabonais s’inquiètent des éventuels cas de fraude. Ont-ils tort ?
Le cap fixé par le chef de l’État, je l’ai dit, ce sont trois mots: la transparence, la crédibilité, l’apaisement. Le ministère et la CNOCER sont sous le feu de la transparence. Ce n’est qu’en menant un processus de transparence que nous allons réaliser de la crédibilité, ; c’est ce n’est qu’en ayant de la crédibilité que nous pouvons avoir une élection apaisée. Si nous faillissions si nous faiblissons dans la transparence, nous n’aurons pas l’apaisement. Donc les trois sont liés. Le maître-mot c’est cela. Demain, les Gabonais vont se rendre aux urnes, allez aux urnes de manière apaisée, agissez en termes de sentinelle, de veilleurs. En cas de violation de la norme, agissez en citoyen, agissez en républicain. Saisissez les juridictions compétentes, saisissez le ministère, saisissez les commissions électorales mises en place mais encore une fois, allez et comportez-vous en républicain.
Certains candidats se plaignent des cas de transhumance des électeurs dans leurs circonscriptions, que peut faire le ministère de l’Intérieur pour freiner ce phénomène ?
A priori ou a posteriori ? Il y a deux situations. L’une en termes de prévention où nous disons ce qu’est la norme, et l’autre en termes de sanctions où nous constatons que la norme a été ou n’a pas été respectée. Transparence, crédibilité, apaisement, c’est le maître-mot. Donc, sur cette question, lorsqu’il est constaté des faits de transhumance, bien évidemment, il y a le fameux fardeau de la preuve, la charge de la preuve qu’il faut pouvoir faire porter et faire la démonstration de cela. Donc là encore, indépendamment de ce que l’administration peut faire, si des candidats constatent que d’autres candidats se livrent à la transhumance, il leur revient d’accumuler tout ce qu’ils ont comme éléments de preuves, de les faire porter devant les juridictions et de saisir également la CNOCER.
Vous savez, il y a également un contentieux de résultats. Si, au moment du contentieux de candidatures, cela n’a pas pu être fait, il y a un contentieux de résultats, où la personne, avec la charge de preuve, pourra faire la démonstration d’un cas de transhumance et qui sera sanctionné. Notre Code électoral, qui a été véritablement ambitieux, a mis ces dispositions qui permettent d’éviter des situations de déséquilibre, parce que les situations où, en temps normal, on a 100 personnes dans un village, et que lors de l’élection, on en a 1000, ce n’est pas normal. Ces personnes vont élire un candidat qui aura la légalité, parce qu’il a été élu par des électeurs, mais n’aura pas la légitimité, parce qu’élu par 900 personnes venues d’ailleurs et non pas par ces 100 personnes qui sont là. La loi veut s’assurer que ces personnes qui viennent d’ailleurs ont un lien familial, un lieu professionnel avec le lieu.
Avec tout ce qu’il faut mobiliser comme moyens, s’il faut que nous soyons derrière chaque électeur, pour questionner son lien, c’est un travail considérable. C’est pour cela, encore une fois, je dis que chaque Gabonais, chaque électeur, est une sentinelle, une veille. S’il constate des faits de transhumance, il peut porter des faits devant les juridictions.
Le ministre de l’intérieur face à Véronique Niangui
Une adresse à la population concernant tous les scrutins à venir ?
À la population : venez nombreux accomplir votre devoir civique dans le calme et la responsabilité. Respectez les règles édictées par les responsables des Commissions électorales locales et des présidents des bureaux de vote pour le bon déroulement du scrutin.
Gardez vos pièces d’identité à portée de main et ne cédez ni aux pressions, ni aux provocations.
Informez-vous à travers les canaux officiels pour connaître votre bureau de vote et les horaires d’ouverture et de clôture de ceux-ci.
Je vous invite, enfin, quelle que soit l’issue du scrutin, à être et à demeurer unis : la violence ne fera pas avancer nos causes. La République passera toujours avant tout et c’est ensemble, par la participation et le respect des règles, que nous construirons la paix et la démocratie dans notre pays.
Réunis autour d’un déjeuner politique, ce jeudi 25 septembre, les leaders et militants de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) de Franceville ont tenu à rappeler, à seulement quelques heures du scrutin du 27 septembre, que leur force réside dans l’unité.
Dans la salle, les échanges allaient au-delà des discours. Les poignées de main fermes, les regards confiants et les sourires complices traduisaient la conviction des participants. Aux côtés de Jean-Pierre Oyiba et de Diane Élodie Fouéfoué Sandjo, Vice-présidente de l’UDB pour le Haut-Ogooué, les délégués provinciaux et commissaires politiques ont tenu à réaffirmer leur engagement collectif. Tous vibraient au même rythme : celui d’un parti prêt à défendre ses couleurs.
« L’objectif affiché et affirmé était de consolider notre soutien à tous les candidats investis par l’UDB dans la commune de Franceville et le département de la M’Passa », a souligné Luther Steeven Abouna Yangui, une déclaration qui a résonné comme un serment partagé.
Dans cette atmosphère de cohésion et d’espoir, l’appel était clair : rester soudés et déterminés. Pour beaucoup, ce rendez-vous n’était pas seulement un moment stratégique, mais aussi l’expression d’une vision commune, celle que porte le président de l’UDB, Brice Clotaire Oligui Nguema. À la veille du scrutin, l’UDB a choisi de miser sur ce ciment humain : la confiance et la solidarité.