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Gabon : la société civile demande des comptes sur le terrain attribué à l’UDB

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L’attribution d’une parcelle à l’UDB sur le site de Plaine-Orety, déclaré d’utilité publique et marqué par des déguerpissements en 2025, suscite une interpellation. La Coalition des Organisations de la Société Civile Gabonaise saisit le Parlement.

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Dans une communication publiée ce vendredi 30 octobre 2026, la Coalition des Organisations de la Société Civile Gabonaise annonce avoir saisi le président de l’Assemblée nationale. Elle demande l’interpellation du Vice-Président du Gouvernement et du ministre chargé de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre sur l’attribution à l’UDB, parti au pouvoir, d’une parcelle destinée à son siège à Plaine-Orety.

Les signataires disent avoir appris « avec une profonde consternation » la construction annoncée d’un immeuble de douze étages (R+12), sur une zone où des populations ont été déguerpies en 2025. Ils questionnent les conditions d’attribution, la gestion du domaine foncier public et « le respect du principe d’égalité devant l’administration ».

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Le samedi 24 octobre 2026, le Secrétariat général de l’UDB avait indiqué que le terrain aurait été acquis auprès des autorités compétentes. Mais cette explication n’aurait pas dissipé les interrogations, notamment sur « le fondement juridique de cette attribution, […] la nature du terrain et les procédures administratives » ayant conduit à sa mise à disposition.

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Le contrôle parlementaire invoqué

La Coalition invoque l’article 81 de la Constitution sur le contrôle parlementaire de l’action du Gouvernement et demande aux deux membres du Gouvernement concernés d’éclairer l’attribution. Elle cite aussi l’article 7, relatif à la contribution de la société civile au développement du pays et à la protection de l’environnement, ainsi que l’article 9 et ses principes de « justice, d’impartialité, de transparence et d’intégrité ».

La Coalition demande le fondement juridique de l’attribution, la superficie et la valeur foncière de la parcelle, l’autorité décisionnaire et la date de la décision. Elle veut savoir si le terrain relève toujours du périmètre d’utilité publique ou s’il a été déclassé ou réaffecté, quels critères ont été appliqués et si d’autres personnes ou entités ont reçu des parcelles.

La Coalition relève que le Secrétaire général de l’UDB exercerait également, selon les informations publiques dont elle dispose, des fonctions gouvernementales dans le secteur de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre. Cette situation « appelle des clarifications sur la séparation des responsabilités partisanes et gouvernementales », ainsi que sur les garanties destinées à prévenir tout conflit d’intérêts, réel ou apparent. Les signataires demandent que les éventuels risques soient examinés.

Documents publics et populations déguerpies

Au titre de l’article 14 de la Constitution, la Coalition demande la publication, dans les limites légales, des actes de déclassement ou de changement d’affectation, de celui autorisant l’attribution à l’UDB et des pièces justificatives communicables. Elle réclame aussi la liste des autres bénéficiaires, les superficies, la nature des droits et les références des actes, afin de « dissiper les soupçons » et de vérifier la conformité à l’intérêt général.

« Comment expliquer aux populations qui ont été déguerpies de cette zone, parfois dans des conditions dénoncées comme brutales, qu’un parti politique puisse aujourd’hui y entreprendre la construction de son siège », interrogent les signataires, alors que les conséquences humaines et sociales de ces opérations restent préoccupantes.

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La Coalition insiste : « La question ne saurait être éludée au motif que le bénéficiaire serait un parti politique, fût-il celui auquel appartient le Président de la République. » Selon elle, les règles de gestion du foncier public doivent s’appliquer avec impartialité, indépendamment de l’identité ou de l’influence politique du bénéficiaire. Elle demande des clarifications sur les objectifs initiaux de la déclaration d’utilité publique, la situation des personnes déguerpies et les raisons de l’affectation actuelle d’une parcelle à un projet immobilier à vocation partisane.

Sept demandes pour faire la lumière

Sept demandes sont formulées : l’interpellation des deux membres du Gouvernement ; la suspension provisoire des travaux si les vérifications le justifient ; la publication des actes relatifs au statut du site et à l’attribution ; la divulgation des autres bénéficiaires, superficies et bases juridiques ; la clarification des critères et procédures ; l’examen des risques de conflit d’intérêts ; enfin, la prise en compte des populations déguerpies.

La démarche vise à garantir qu’une attribution sur un site déclaré d’utilité publique repose sur « une base légale claire, une procédure transparente et une justification conforme à l’intérêt général ». La Coalition rappelle que « la gestion du patrimoine foncier de l’État ne saurait être assimilée à une opération privée ordinaire », puisqu’elle engage la responsabilité des pouvoirs publics, les droits des populations et la crédibilité des institutions.

La communication est portée par onze organisations : Copil citoyen ; O.N.G. Jeunes Volontaires ; O.N.G. Métiers de Maison ; O.N.G. Grâce Land ; Croissance Saine Environnement ; SOS Prisonniers Gabon ; Ligue nationale des droits humains ; Bénédicta Cantal ; Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) ; COP RESOC ; et Institut Concorde.

Les autorités sont désormais attendues sur des réponses vérifiables : quels actes fondent l’attribution et quel est le statut juridique exact de la parcelle ? Au-delà du siège de l’UDB, c’est la cohérence entre la déclaration d’utilité publique, le sort des populations déguerpies et l’usage du foncier de l’État qui est en question. La transparence permettra-t-elle de lever les doutes et de démontrer que l’intérêt général et l’égalité devant l’administration prévalent pour tous ?

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