L’harmonisation des coefficients va désormais concerner l’ensemble des classes du premier cycle du secondaire au Gabon. Après les classes de 6e, 5e et 4e, progressivement intégrées à cette réforme structurelle entre 2024 et 2026, la classe de 3e bascule à son tour dans le nouveau dispositif dès cette rentrée scolaire 2026-2027. Cette mesure de refondation pédagogique aura un impact direct et immédiat sur les milliers d’élèves qui s’apprêtent à affronter les épreuves du Brevet d’études du premier cycle (BEPC).
Derrière cette réorganisation technique des grilles de notation, c’est une véritable transition vers l’Approche par compétences (APC) que le gouvernement gabonais entend parachever. Le principe de la réforme, désormais étendu aux classes d’examen, rompt radicalement avec le modèle académique hérité de l’époque coloniale, redéfinissant ainsi les critères d’évaluation des collégiens de l’ensemble du territoire national.
La fin des matières reines et des pondérations écrasantes
Le principe de la nouvelle grille est d’une simplicité absolue : chaque compétence évaluée bénéficiera désormais, sans exception, du « coefficient 1 ». Cette méthode comptable met ainsi fin à la forte pondération historiquement accordée à certaines matières fondamentales, notamment le français et les mathématiques, qui disposaient auparavant de coefficients supérieurs capables de sceller, à eux seuls, le sort d’un trimestre ou d’un examen.
L’objectif affiché par les technocrates du ministère de l’Éducation nationale est de placer toutes les disciplines, des sciences physiques à l’histoire-géographie, en passant par les langues ou les arts, sur un strict pied d’égalité dans l’évaluation des aptitudes des élèves.
L’Approche par compétences comme rempart contre l’échec scolaire
Selon les hauts responsables de l’Éducation nationale, cette réforme vise notamment à juguler les taux d’échec et de redoublement endémiques qui asphyxient les structures du premier cycle. En évitant qu’un apprenant ne soit lourdement pénalisé par des résultats fragiles dans un nombre restreint de matières dites « reines », le nouveau système ambitionne de proposer une évaluation globale plus équilibrée.
Cette doctrine s’aligne sur les standards internationaux de l’approche par compétences (APC), où l’évaluation mesure la capacité globale de l’élève à mobiliser des savoirs dans des situations concrètes, plutôt que sa capacité à accumuler des notes théoriques cloisonnées.
Une expérimentation décisive pour le ministère
Pour le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Christian Louembet Onguele, cette orientation s’inscrit dans une volonté ferme du gouvernement de corriger les inégalités de traitement inhérentes à l’ancien système de notation westphalien. « Par cette approche, nous mettons toutes les matières sur un pied d’égalité au premier cycle », a-t-il expliqué face aux cadres de l’administration et aux syndicats du secteur.
Le dispositif, qui fait déjà l’objet de suivis rigoureux dans les classes de transition, sera officiellement expérimenté en conditions réelles en classe de 3e au cours de l’année scolaire 2026-2027. Pour la communauté éducative, l’enjeu sera désormais d’observer si cette harmonisation des coefficients se traduira par une hausse réelle du niveau académique ou par un nivellement par le bas, un débat qui ne manquera pas d’alimenter les discussions des chefs d’établissement et des associations de parents d’élèves à l’approche de la session du BEPC 2027.
