Face à l’accumulation des déchets et à la dégradation continue du cadre de vie dans le Grand Libreville, le gouvernement de transition accélère la cadence. Mercredi dernier, le vice-premier ministre Hermann Immongault a convoqué une réunion de crise associant ministres sectoriels et édiles locaux.
L’objectif de cette réunion de haut niveau est de rompre avec la fatalité de la mauvaise gestion des ordures, mais surtout, engager une lutte frontale contre l’incivisme des populations. Entre communication de masse et menaces de sanctions, l’État gabonais promet de faire de la salubrité urbaine le reflet de sa rigueur institutionnelle.
Une task-force gouvernementale face au défi des déchets
Le constat est sans appel et la lassitude des populations, grandissante. Les tas d’ordures ménagères qui jonchent les artères du Grand Libreville ne sont plus seulement une pollution visuelle, ils représentent une urgence de santé publique.

C’est pour répondre à ce défi structurel que le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a réuni autour d’une même table les ministres concernés ainsi que les magistrats municipaux de Libreville, d’Akanda et d’Owendo.
Cette rencontre au sommet visait d’abord à dresser un diagnostic sans complaisance. Les discussions ont mis en lumière les goulets d’étranglement logistiques et financiers qui paralysent la chaîne de collecte et de ramassage des déchets. Mais au-delà de la logistique des opérateurs de nettoyage, les autorités ont pointé du doigt les failles systémiques liées à l’application des règles fondamentales d’hygiène publique dans les trois communes interconnectées.
L’incivisme citoyen dans le viseur des autorités
Si la responsabilité des collectivités locales est souvent indexée par l’opinion publique, le gouvernement a choisi cette fois de déplacer le curseur vers la responsabilité citoyenne. Au cœur des débats : les comportements inciviques généralisés, identifiés comme les principaux vecteurs de la clochardisation des espaces publics.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Adrien Nguema Mba, s’est voulu particulièrement incisif. Pour lui, le retour à une capitale digne de ce nom ne se fera pas sans un sursaut patriotique et comportemental.
« Libreville doit être une ville propre, mais il y a beaucoup d’incivilités », a-t-il martelé.
Tout en prônant un renforcement immédiat des campagnes de communication et de sensibilisation pour éveiller les consciences, le ministre a prévenu que la pédagogie avait ses limites. La salubrité devant être une coproduction entre l’État, les mairies et les administrés, l’exécutif prévoit désormais de sortir le bâton. Des mesures de rétorsion et des sanctions administratives ou pécuniaires drastiques devraient être adoptées prochainement pour réprimer les comportements anarchiques qui sabotent les efforts collectifs.
Les maires en première ligne du front de la propreté
Cette offensive gouvernementale marque un tournant dans la gouvernance locale. En mobilisant directement les édiles d’Akanda, d’Owendo et de Libreville, le pouvoir central redéfinit les cahiers des charges des municipalités. Les maires sont sommés de quitter le confort de leurs bureaux pour devenir des acteurs de terrain, à la fois médiateurs de proximité et garants de la force publique.
Ils auront la lourde charge de décliner localement la nouvelle feuille de route gouvernementale, de piloter les brigades de surveillance et de veiller au strict respect des calendriers de collecte. À travers cette remobilisation des troupes, l’ambition affichée est double : restaurer l’esthétique urbaine de l’hinterland librevillois et offrir un cadre de vie sain, sécurisé et respirable à des millions d’habitants.
Restaurer l’autorité de l’État
Au-delà des simples considérations environnementales, cette réunion s’inscrit dans une trajectoire politique globale portée par le gouvernement. Hermann Immongault n’a pas manqué de rappeler les orientations strictes du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, axées sur la discipline, la restauration de l’ordre et la transformation profonde du Gabon.
Dans la vision des autorités publiques, la propreté des villes est la vitrine de la dignité retrouvée du pays. Le VPG a rappelé avec gravité que chaque génération portait une responsabilité historique dans l’édification de la nation. Face aux laisser-aller du passé, le message du sommet de l’État se veut inflexible.
« L’État poursuivra son action avec méthode et fermeté », a insisté Hermann Immongault.
Une mise en garde qui résonne comme un avertissement à tous les niveaux de la chaîne publique : les retards seront corrigés, les défaillances managériales seront sanctionnées et les responsabilités individuelles seront établies. Dans le Grand Libreville, la guerre contre les ordures s’annonce d’ores et déjà comme le grand test de la restauration de l’autorité républicaine.













