À seulement 15 ans, la jeune karatéka, sacrée championne d’Afrique Zone 4 dans la catégorie des moins de 51 kg au Burundi, a été célébrée samedi 25 juillet à Libreville par une famille fière d’un exploit qui dépasse désormais le cadre familial pour rejoindre le patrimoine sportif national.
Il y a des médailles qui se gagnent sur un tatami et d’autres qui se gravent dans les mémoires. Celle rapportée du Burundi par Ayouma Mpolo Paraffine Christy, le 11 juillet 2026, appartient incontestablement à la seconde catégorie. À 15 ans seulement, la jeune Gabonaise a décroché la médaille d’or du championnat d’Afrique de karaté Zone 4, dans la catégorie des moins de 51 kg, offrant au Gabon une performance qui mérite d’être saluée à sa juste valeur.
Pour célébrer ce sacre et présenter officiellement cette précieuse médaille, la famille de la championne a organisé, samedi 25 juillet 2026, une cérémonie en son honneur à l’Hôtel Louis, dans le quartier éponyme de Libreville. Une réception empreinte de fierté, de reconnaissance et d’émotion, qui a rassemblé autour de la jeune championne sa famille, les responsables de la Fédération gabonaise de karaté et arts martiaux affinitaires (FEGAKAMA), les grandes figures du karaté national ainsi que ses camarades et encadreurs du Shotokan World Karaté.
La cérémonie a notamment été honorée par la présence du président de la FEGAKAMA, le Sensei Claude Pamphil Andimi Youmou, représentant la Fédération au plus haut niveau. Plusieurs responsables et acteurs majeurs du karaté gabonais avaient également effectué le déplacement, témoignant de l’importance accordée à cette jeune athlète dont le parcours commence déjà à s’inscrire parmi les belles promesses du sport gabonais.
Le Shotokan World Karaté, une école de champions
Autour de Christy, les karatékas du Shotokan World Karaté étaient également présents en nombre, conduits par leur président, le Maître Emmanuel Agaya, 6e Dan. Visiblement ému et particulièrement heureux de voir son élève atteindre la plus haute marche du podium continental, celui-ci n’a pas caché sa satisfaction devant une performance qui honore à la fois la jeune championne et le club qui l’accompagne dans sa progression.
Implanté au quartier Beau-Lieu, dans la commune d’Akanda, le Shotokan World Karaté se veut une véritable école de champions, où la rigueur, la discipline, le travail et le dépassement de soi constituent les fondations de la formation des jeunes pratiquants. La médaille d’or de Christy vient ainsi récompenser un travail de longue haleine et confirme la qualité de l’encadrement dispensé au sein de cette structure.
La cérémonie a également enregistré la présence remarquée des députés du premier siège de la Sébé-Brikolo, Marcel Germain Loumbangoye Onkamouo, et du troisième siège du même département, Max Samuel Oboumadjogo. Une présence hautement symbolique pour une championne qui revendique fièrement ses racines et dont la victoire est désormais perçue comme une source de fierté pour toute une communauté.
« Cette victoire n’honore pas uniquement Christy et sa famille, mais la nation gabonaise »
Prenant la parole au nom de la famille et en sa qualité de présidente d’honneur de la cérémonie, Mme Olga Lubanda a livré une allocution empreinte d’émotion et de reconnaissance. Elle a d’abord salué la présence de tous ceux qui ont tenu à accompagner la famille dans ce moment de fierté, voyant dans cette mobilisation « le témoignage éloquent de l’importance que vous accordez à la discipline sportive » pratiquée par Christy, mais aussi de l’affection et du soutien dont bénéficie la jeune championne.
Pour la représentante de la famille, le parcours réalisé par Christy constitue un motif d’espoir et de célébration. « Aller compétir au niveau international, remporter la médaille d’or et monter sur la plus haute marche du podium à 15 ans seulement est un espoir qui mérite d’être célébré », a-t-elle souligné.
Mme Olga Lubanda a surtout tenu à replacer cette performance dans une dimension plus large, celle de la fierté nationale. « Cette victoire et ce sacre de championne d’Afrique du karaté n’honorent pas uniquement Christy Ayouma et sa famille biologique, mais la nation gabonaise dans son ensemble », a-t-elle déclaré.
Elle a également exprimé la gratitude de la famille à l’endroit des autorités du pays, notamment du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports, ainsi qu’aux coaches et encadreurs du club, saluant le travail réalisé pour inculquer à la jeune athlète « les valeurs d’abnégation au travail, de dépassement de soi et de courage ».
S’adressant enfin directement à Christy, elle lui a adressé les encouragements de toute la famille, avant de formuler un vœu : celui de la voir poursuivre une carrière sportive couronnée de succès. « Continue de briller », lui a-t-elle lancé, comme une invitation à transformer cette première consécration continentale en point de départ d’une longue et belle aventure.
« Cette victoire est celle de toute une famille, de tout un peuple »
Avec la maturité qui caractérise déjà son parcours, la championne a ensuite pris la parole pour remercier ceux qui l’ont accompagnée et soutenue. Visiblement touchée par l’accueil qui lui a été réservé, Christy a tenu à partager cette médaille avec tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à son parcours. « Cette victoire est celle de ma famille, de mes villages Ambinda, Rome Antique, Mvivi, du canton Sébé-Louri, du département de la Sébé-Brikolo, de la province du Haut-Ogooué et de tout le Gabon », a-t-elle déclaré, donnant à son sacre une dimension profondément collective.
La jeune championne a également rendu hommage à son père, Parafin Ayouma, présent à la cérémonie, dont elle dit avoir hérité la passion du karaté. « Je continuerai à travailler avec détermination pour faire honneur à tous, particulièrement à mon père Parafin Ayouma, qui ne cesse de m’encourager par tous les moyens à la pratique de cet art martial dont j’ai hérité de lui la passion », a-t-elle affirmé.
Ses remerciements se sont ensuite étendus à ses mères, à son club, à ses coaches, à ses coéquipiers de l’équipe nationale, à son établissement, le CES Avorbam, ainsi qu’à l’ensemble du pays. Une manière, pour la jeune championne, de rappeler que derrière une médaille se trouve toujours une chaîne de solidarité, d’encadrement et de sacrifices.
La tradition de la Sébé-Brikolo à l’honneur
Fidèle à la tradition d’hospitalité et de générosité qui caractérise la Sébé-Brikolo, la cérémonie s’est également distinguée par l’onction des bénédictions et la remise de présents à la championne. Parmi les gestes symboliques, Mme Christy Loba, homonyme de la jeune médaillée d’or, lui a remis un présent spécial en guise de félicitations et d’encouragement, saluant l’honneur fait à ce prénom désormais associé à une championne d’Afrique.
Dans une atmosphère particulièrement chaleureuse, la joie a gagné toute l’assistance. Entre accolades, félicitations et témoignages de fierté, la cérémonie s’est poursuivie dans une ambiance festive autour d’un repas copieux, avant que la jeune championne ne souffle, sous les applaudissements, sur un gâteau spécialement confectionné pour célébrer son sacre.
À travers cette réception, la famille, avec à sa tête le père de la championne, Parafin Ayouma, a manifestement voulu mettre les petits plats dans les grands pour honorer sa fille et lui témoigner toute sa fierté. Une célébration familiale qui aura finalement pris les allures d’une véritable fête du karaté gabonais.
Ne pas dormir sur l’or
Mais au-delà de la fête et de l’émotion, cette médaille d’or doit surtout être considérée comme le début d’une histoire. À 15 ans, Christy Ayouma Mpolo Paraffine possède désormais ce que beaucoup de jeunes athlètes recherchent : un premier titre continental, une expérience internationale et, surtout, la confiance née de la victoire.
La responsabilité est désormais collective. La famille devra continuer à accompagner et à protéger cette jeune pépite. La Fédération gabonaise de karaté et arts martiaux affinitaires devra, elle aussi, maintenir autour d’elle un encadrement de qualité, capable de transformer ce talent en une carrière durable au plus haut niveau. Le club, les coaches et l’ensemble de son environnement sportif devront poursuivre le travail avec la même rigueur. Car une première médaille d’or ne doit jamais être une fin en soi. Elle doit être un commencement.
Christy est aujourd’hui championne d’Afrique. Demain, elle peut rêver plus grand. Le Gabon dispose peut-être, avec cette jeune fille de 15 ans, de l’une de ses futures grandes figures du karaté. À condition de ne pas laisser l’euphorie retomber, de ne pas dormir sur cette première médaille et de donner à la championne les moyens de ses ambitions.
Le Burundi lui a offert l’or. À la famille, à la Fédération et à tout le mouvement sportif gabonais de faire en sorte que cet or ne soit que le premier éclat d’un palmarès appelé, espérons-le, à illuminer durablement le karaté gabonais.
