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Gabon : La grande offensive foncière dans les provinces

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Face à la saturation immobilière du Grand Libreville, le gouvernement décentralise sa politique du logement. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, un vaste plan d’aménagement de 1 350 parcelles démarre cette semaine dans cinq villes de l’intérieur, de Port-Gentil à Makokou, sous la supervision du ministre Mays Mouissi.

Pendant des décennies, l’accès au foncier sécurisé est resté une équation majoritairement librevilloise. Cette centralisation historique a nourri une pression immobilière asphyxiante dans la capitale, délaissant les infrastructures des villes secondaires. C’est ce déséquilibre structurel que le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre tente aujourd’hui d’inverser.

En étendant ses opérations d’aménagement foncier hors du Grand Libreville, l’État gabonais amorce un virage stratégique. La Société Nationale Immobilière (SNI), bras armé du gouvernement dans cette transition, orchestre le déploiement simultané d’engins de chantier à travers le pays. L’objectif est double : fixer les populations locales en leur offrant un cadre de vie viabilisé et désengorger la province de l’Estuaire.

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Le front de la Ngounié et de la Nyanga

À Mouila, le ballet des bulldozers est officiel depuis le mardi 21 juillet 2026. Les opérations de terrassement lancées dans le chef-lieu de la Ngounié ouvrent la voie à 300 parcelles prêtes à bâtir. Même dynamique à Tchibanga, dans la Nyanga voisine, où les équipes de la SNI ont pris possession du site retenu pour livrer un lot identique de 300 terrains.

Plus au sud, à Ndendé, le vrombissement des moteurs a brisé le calme routier ce mercredi 22 juillet 2026. L’arrivée de la première flotte d’engins lourds prépare le terrain pour 100 parcelles. Quant à Makokou, la capitale de l’Ogooué-Ivindo, ses 200 parcelles entreront en phase active de terrassement dès la semaine du 27 juillet 2026.

Le cas particulier de la capitale économique

À Port-Gentil, l’enjeu est industriel. La ville de sable, contrainte par sa géographie insulaire et marécageuse, bénéficie d’un traitement massif de 450 parcelles. Actuellement, 250 terrains subissent un reprofilage lourd, tandis qu’une tranche complémentaire de 200 unités entrera en exécution dans les prochaines semaines.

Ce déploiement provincial n’est pas un coup d’essai isolé. Il s’inscrit dans la continuité d’un calendrier de réformes foncières particulièrement dense depuis le début de l’année 2026. Le 1er avril dernier, la SNI frappait un grand coup en mettant sur le marché 2 500 parcelles à l’échelle nationale. À Essassa, la commercialisation affichait un prix d’appel de 5 500 FCFA le mètre carré, permettant aux ménages d’acquérir 500 m² viabilisés pour 2,7 millions de FCFA. Le véritable verrou administratif sauté lors de cette opération réside dans la garantie d’obtenir, pour chaque achat, un titre foncier en bonne et due forme, l’éternel point noir des transactions gabonaises.

Le cap de la construction de masse

L’aménagement foncier actuel prépare la seconde phase de la politique présidentielle : la construction en dur. Le 2 juin 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema donnait le coup d’envoi d’un chantier titanesque de 3 100 logements intégrés, répartis entre les pôles de Bikélé-Nzong (1 600 unités) et d’Essassa (1 500 unités).

Pour le ministre du Logement, Mays Mouissi, l’enjeu des prochains mois sera de maintenir la cadence des chantiers provinciaux malgré les défis logistiques liés à l’enclavement saisonnier de certaines régions. L’accès à la propriété pour les familles de l’intérieur n’est plus une promesse sur plan, mais une réalité de chantiers en pleine activité.

Pour réussir l’aménagement simultané de 1 350 parcelles hors de la province de l’Estuaire, la Société Nationale Immobilière (SNI) doit surmonter un véritable parcours du combattant technique et géographique. Déplacer des flottes d’engins lourds, stabiliser des sols complexes et garantir l’accès aux réseaux de base représentent les principaux goulots d’étranglement de cette transition provinciale.

Le casse-tête du transport, convoyer le lourd vers l’enclave

Le premier défi de la Société Nationale Immobilière est purement kilométrique. Quitter les bases logistiques de Libreville pour acheminer des bulldozers, des décapeuses et des compacteurs jusqu’à Makokou (Ogooué-Ivindo) ou Tchibanga (Nyanga) exige une planification millimétrée. L’état des réseaux routiers : la praticabilité saisonnière des axes routiers nationaux reste le principal facteur de ralentissement des chantiers.

L’acheminement du carburant : l’approvisionnement régulier en hydrocarbures des engins de terrassement dans des communes reculées comme Ndendé représente un défi quotidien pour éviter les arrêts de chantiers.

la maintenance technique : l’absence de parcs de pièces de rechange et de techniciens spécialisés à l’intérieur contraint la SNI à concevoir des brigades mobiles pour parer aux pannes mécaniques sur les sites de terrassement.

La nature des sols : Des topographies hétérogènes

Aménager un terrain ne se résume pas à l’aplanir. Les ingénieurs de la SNI font face à des réalités géologiques radicalement différentes d’une province à l’autre, nécessitant des expertises adaptées.

L’enfer sablonneux et marécageux de Port-Gentil. Dans l’Ogooué-Maritime, les 450 parcelles prévues nécessitent des travaux de remblaiement massifs et coûteux pour stabiliser le sol avant toute viabilisation.

Le relief et la latérite de l’Ogooué-Ivindo. À Makokou, les chantiers qui débutent la semaine du 27 juillet feront face à des sols latéritiques durs, exigeant des équipements de forte puissance pour le reprofilage et l’ouverture des voies.

L’horizon VRD : au-delà du terrassement, le défi des réseaux

La finalité du programme porté par le ministre du Logement, Mays Mouissi, est de livrer des parcelles viabilisées. Le terrassement en cours à Mouila ou à Tchibanga n’est que la première étape d’une phase de Voirie et Réseaux Divers (VRD) beaucoup plus lourde.

L’extension des réseaux SEEG : connecter 300 parcelles d’un seul bloc à l’électricité et à l’eau potable nécessite une coordination technique étroite avec la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon pour éviter de créer des « quartiers fantômes ».

L’ouverture des voies d’accès : comme cela a été expérimenté sur le site d’Essassa avec l’appui du ministère des Travaux Publics, la SNI doit s’assurer que chaque lotissement provincial dispose de routes intérieures structurées pour garantir l’acheminement ultérieur des matériaux de construction des particuliers

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