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Paris : Brice Clotaire Oligui Nguema fleurit la tombe du Soldat inconnu

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En marge de la visite d’État qu’il entreprend en France depuis le 20 juillet, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a entamé ses obligations officielles par un double hommage mémoriel hautement symbolique. Le chef de l’État s’est recueilli à l’Arc de Triomphe, puis au Mont-Valérien, marquant ainsi la volonté de Libreville de consolider les liens diplomatiques et mémoriels avec Paris.

Le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a déposé une gerbe de fleurs sur la tombe du Soldat inconnu à Paris, avant de signer le livre d’or du monument. Ce geste solennel vise à honorer la mémoire des combattants de la Première et de la Seconde Guerre mondiale, notamment les tirailleurs africains engagés aux côtés des forces françaises.

Dans un second temps, Brice Clotaire Oligui Nguema s’est rendu au Mont-Valérien, principal lieu d’exécution de résistants et d’otages par l’armée nazie entre 1941 et 1944. À travers ces deux étapes, la diplomatie gabonaise réaffirme son attachement aux valeurs de liberté et entend faire du devoir de mémoire l’un des socles de la coopération bilatérale moderne entre les deux nations.

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À travers ces deux séquences mémorielles, le Président de la République réaffirme l’attachement du Gabon aux valeurs universelles de paix, de mémoire, de dignité humaine et de solidarité entre les nations. Ces hommages traduisent également la volonté de renforcer les liens historiques qui unissent le Gabon et la France, tout en rappelant que le devoir de mémoire constitue un socle essentiel pour bâtir un avenir fondé sur le dialogue, la réconciliation et la coopération entre les peuples.

Fiche historique : l’origine du Soldat inconnu

La tombe du Soldat inconnu, située sous l’Arc de Triomphe à Paris, est devenue le symbole universel du sacrifice des poilus de la Grande Guerre.

Le concept (1916). L’idée de rendre hommage à un soldat non identifié émerge en pleine guerre afin d’offrir une sépulture symbolique à toutes les familles restées sans nouvelles de leurs proches disparus.

La sélection (10 novembre 1920). Huit corps de soldats français non identifiés sont exhumés de différents secteurs du front. À la citadelle de Verdun, le jeune soldat Auguste Thin est désigné pour choisir le cercueil officiel en y déposant un bouquet de fleurs.

L’inhumation (28 janvier 1921). Après un passage au Panthéon, le cercueil est définitivement inhumé sous l’Arc de Triomphe.

La Flamme du souvenir (11 novembre 1923). Le ministre de la Guerre André Maginot allume pour la première fois la flamme sacrée. Elle est ravivée chaque jour à 18 h 30, sans interruption depuis cette date.

La contribution des combattants gabonais

L’engagement des soldats gabonais au cours des deux guerres mondiales constitue un pilier majeur de la mémoire partagée entre Libreville et Paris. Intégrés au sein des troupes coloniales, souvent regroupés sous l’appellation générique de « tirailleurs sénégalais », des milliers de Gabonais ont payé un lourd tribut pour la France.

Voici un éclairage historique condensé sur le rôle stratégique et humain des soldats gabonais dans les deux guerres, aux côtés des troupes africaines et françaises.

La Première Guerre mondiale (1914-1918) : le front africain et européen

La campagne du Cameroun. Dès 1914, le Gabon sert de base arrière face à l’empire colonial allemand voisin. Environ 1 500 tirailleurs gabonais sont mobilisés pour les combats de conquête du Cameroun allemand.

L’effort logistique massif. Plus de 56 000 civils gabonais sont enrôlés de force comme porteurs. Ils acheminent des munitions et des vivres à travers la jungle, dans des conditions extrêmes.

Les batailles oubliées. Des combats sanglants ont lieu directement sur le sol gabonais, notamment lors du choc de Mimbeng, en septembre 1914, où les troupes franco-gabonaises bloquent la pénétration allemande.

La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) : le ralliement et la Libération

Le traumatisme de 1940. Contrairement au reste de l’Afrique-Équatoriale française (AEF), l’administration coloniale du Gabon choisit initialement le régime de Vichy. En novembre 1940, la campagne du Gabon, ou bataille de Libreville, oppose brièvement les forces de Vichy aux Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle. Le ralliement du Gabon donne alors aux FFL une assise territoriale totale en Afrique centrale pour organiser la reconquête.

L’effort économique. La colonie est lourdement sollicitée pour fournir des matières premières stratégiques, notamment du bois et du caoutchouc, indispensables aux Alliés.

Le Bataillon de marche. Des soldats gabonais intègrent les Bataillons de marche de l’AEF et participent aux campagnes d’Afrique du Nord, d’Italie ainsi qu’à la libération de la France.

Une figure héroïque : le capitaine Charles N’Tchoréré

Impossible d’évoquer cette mémoire sans citer le militaire gabonais le plus célèbre de l’armée française, dont la mémoire a été honorée par Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le parcours. Né à Libreville, Charles N’Tchoréré combat durant la Grande Guerre avant de devenir l’un des rares officiers noirs de l’armée française.

Le sacrifice (7 juin 1940). Durant la bataille de France, à Airaines (Somme), le capitaine N’Tchoréré et ses hommes résistent héroïquement à l’offensive allemande. Capturé, il refuse d’être séparé des officiers blancs en application des lois raciales nazies. Il est exécuté d’une balle dans la tête par les Allemands pour avoir revendiqué sa dignité d’officier français.

Par Agnès Laplumacerbe, Envoyée spéciale à Paris

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