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Gabon : Hermann Immongault tape du poing sur la table face à la crise de gouvernance de l’AGASA

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La crise qui secoue l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) dépasse désormais le cadre d’un simple conflit interne. En convoquant les principaux responsables de l’agence et le ministre de tutelle, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a adressé un message qui va bien au-delà de cette seule administration : les différends entre dirigeants n’ont pas vocation à être réglés sur la place publique.

Le grand déballage médiatique. Depuis plusieurs jours, les Gabonais assistent à un spectacle inhabituel. Entre accusations croisées, soupçons de malversations et déclarations relayées par les médias et les réseaux sociaux, la crise de gouvernance interne s’est progressivement transformée en affaire publique. Ce grand déballage a fini par éclipser la mission première de l’AGASA, pourtant chargée de veiller à la sécurité alimentaire du pays.

Cette dérive soulève une interrogation de fond : si le cadre juridique confère aux directeurs généraux des prérogatives importantes pour administrer leurs établissements, pourquoi choisir la médiatisation plutôt que les mécanismes prévus par les textes ? Une administration dispose pourtant d’outils disciplinaires, d’instances hiérarchiques et d’une tutelle ministérielle précisément chargés de prévenir ou de résoudre ce type de conflit.

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Un précédent dangereux pour l’État

La question dépasse d’ailleurs le seul cas de l’AGASA. L’administration des établissements publics et les entreprises paraétatiques connaissent régulièrement des désaccords entre responsables. Pourtant, ces divergences sont généralement arbitrées dans les circuits institutionnels afin de préserver la continuité du service public et la crédibilité des institutions. Si chaque différend devait être porté devant l’opinion publique avant d’être examiné par l’autorité compétente, c’est toute la chaîne de gouvernance qui s’en trouverait fragilisée.

C’est précisément ce que semble avoir voulu rappeler Hermann Immongault. Comme rapporté par Gabon Média Time, en affirmant devant les responsables de l’agence : « L’AGASA est chargée d’assurer la sécurité alimentaire des populations. Vous en êtes rendus au point où vous constituez une source d’insécurité pour le Gabonais », le vice-président du gouvernement n’a pas seulement dénoncé une crise interne. Il a réaffirmé un principe fondamental de l’administration. Les intérêts des usagers doivent toujours primer sur les conflits de personnes.

Restaurer l’autorité et la discipline

L’intervention du coordonnateur de l’action gouvernementale traduit également une volonté de restaurer l’autorité de l’État. Dans une administration moderne, la liberté d’alerter sur d’éventuels dysfonctionnements ne dispense pas du respect des procédures. Lorsqu’un conflit se transforme en affrontement médiatique, il brouille les responsabilités, affaiblit la tutelle et nourrit le doute sur la capacité de l’institution à remplir sa mission.

Autre enseignement de cette séquence : le rôle joué par certains soutiens extérieurs. Au lieu d’encourager l’apaisement et le recours aux mécanismes administratifs, plusieurs voix ont choisi d’alimenter la confrontation publique. Une attitude qui interroge sur les motivations réelles de certains acteurs, davantage enclins à attiser les tensions qu’à favoriser une sortie de crise dans l’intérêt général.

L’heure des choix pour la gouvernance publique

En donnant une semaine au ministre de l’Agriculture pour proposer des solutions, Hermann Immongault a fixé un calendrier précis. Il rappelle ainsi que la gouvernance publique ne peut se construire dans l’exposition permanente des rivalités internes. L’enjeu dépasse désormais le seul avenir de l’AGASA. Il s’agit de savoir si l’administration gabonaise entend faire prévaloir la discipline institutionnelle sur les querelles personnelles.

Car au-delà des personnes, c’est la crédibilité de l’État qui se joue chaque fois qu’une institution chargée d’une mission stratégique donne le sentiment que ses différends internes prennent le pas sur le service public.

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